TÊTE D’HÉRACLÈS JEUNE
(Musée Britannique.)
membres et ses. cheveux au sortir des fraîcheurs de Tonde.
Alcamènc avait fait un premier pas dans cette voie ; mais ce fut Praxitèle, ce semble, qui donna le signal d’une reprise de la marche en avant. Le second moment de cette évolution serait représenté par un type, celui de Y Aphrodite à sa toilette, dont l’invention paraît lui appartenir. Ce type, c’est celui dont l’exemplaire le plus célèbre est notre Vénus d’Arles , au Louvre (fig. 17). Ce qui a conféré à cette hypothèse presque la valeur d’une certitude, c’est le fait indéniable que la tête de cette Aphrodite reproduit, à peu de chose près, trait pour trait, celle de l’Aphrodite de Cnide (fig. 18). Même arrangement de la chevelure, qui, serrée par une double bandelette, donne au front la même forme triangulaire ; même coupe de la face. Il n’est pas jusqu’au bracelet du bras gauche qui ne complète la ressemblance. Les différences ne portent que sur des détails qui ne s’aperçoivent pas à première vue. La tête est plus penchée de côté. L’œil y est moins profondément enchâssé dans son cadre et la paupière inférieure moins atténuée. Le visage a une expression charmante de coquetterie grave qui n’est pas tout à fait celle de la Cnidienne.
Toutes légères qu’elles soient, ces différences confirment la conjecture que suggère la donnée générale de la figure, ce dévoilement du corps de la déesse qui n’est encore que partiel. L’attitude rappelle celle de YEiréné , œuvre d’un sculpteur plus âgé, celle aussi du Satyre qui verse à boire , un des premiers ouvrages importants de Praxitèle.
Ici, aucune virtuosité dans la draperie ; elle est d’une exécution très simple. Même observation aussi pour la manière dont est traité le nu. Quelque compte qu’il faille tenir de la hâte du copiste, qui a fait porter sur la tète son principal effort, son modèle a dû lui donner, pour le devant du corps, quelque chose de ces grands plans qui se terminent, sur le côté, par des lignes assez dures.
On a donc l’impression que l’original de cette statue a précédé le Faune au repos ou la Cnidienne. Ce n’est plus une œuvre de début; mais ce n’est pas encore une des œuvres où le maître a pleinement réalisé son idéal.
Sur le sens du motif, que reproduisent d’ailleurs des pierres gravées et des monnaies, il ne saurait y avoir de doute. La main gauche tenait un miroir. L’avant-bras droit a été mal restauré par Girardon. 11 était sûrement plus rapproché de la tête, avec la main tendue vers les ondes des cheveux qu’elle s’apprêtait à lisser.
Une jolie figure du musée britannique, la Vénus Townley ou Vénus d’Ostie est étroitement apparentée à la Vénus d’Arles . C’est le même motif avec la disposition inverse; le miroir était dans la main droite. La tête est là plus coquette. Les seins sont plus rapprochés et plus saillants. Le ventre est plus découvert. C’est peut-être la copie de quelque réplique due au maître lui-même, réplique où il aurait introduit quelques variantes qui ne changent pas le caractère de l’œuvre. On s’est demandé si l’original de la Vénus d’Arles n’aurait pas été l’Aphrodite qui était groupée, à Thespies, avec les deux statues de Phryné et