TORSE DU SATYRE AU REPOS
(Musée du Louvre.)
celui-ci F affirme, l’inscription même que Praxitèle avait gravée sur la base de sa statue. Ainsi qu’il est d’usage dans ces dédicaces, l’auteur des distiques fait parler la statue :
Praxitèle a représenté fidèlement l’amour dont il a souffert.
Il en a tiré le modèle de son propre cœur.
Il m’a donné à Phryné, pour prix de moi -même ; si je lance des philtres,
Ce n’est plus à coups de flèches, c’est par la fixité de mon regard.
Ce qui ajoute à l’effet de cette tête, c’est les longues boucles de cheveux qui s’enroulent capricieusement autour d’elle, qui ondulent sur les tempes et le cou ; c’estla finesse et la pureté des traits, c’est l’œil étroit et long, très reculé dans la cavité orbitaire et tout trempé d’ombre.
Le maître a créé ainsi un type, celui de l’amour tendre et rêveur, qui allume et nourrit la passion dans le cœur des jeunes hommes et des jeunes femmes. Ce type, l’art des contemporains et celui des plus proches successeurs de Praxitèle le reproduiront, jusqu’au jour où le goût de la Grèce alexandrine, un peu puéril dans sa mièvrerie, y substituera un type beaucoup moins expressif, celui de ces enfants joufflus et espiègles que l’on voit se divertir à toute sorte de jeux dans les fresques de Pompéi et qui deviendront, chez les modernes, les Amours de l’Albane, chers au maniérisme duxvii6 et du xvme siècle.
Le Praxitèle que nous avons défini d’après X Hermès d’Olympie est déjà presque tout entier dans cette tête indolemment penchée, dans la profusion et les frissons de cette chevelure, dans la coupe de ce charmant visage.
L’artiste est bien près, là, d’avoir trouvé sa formule définitive. Pour le voir l’atteindre, il suffit d’étudier celles de ses figures viriles que l’on est fondé à considérer comme des œuvres de sa pleine maturité. Ce qui les caractérise toutes, malgré leur diversité, c’est que la forme vivante s’y montre sous un aspect nouveau. Elle n’y est plus représentée dans la suspension momentanée d’un mouvement qui va se continuer. Accoudées à un support, ces figures s’offrent à la vue dans l’attitude d’un nonchalant abandon.
Praxitèle s’est émancipé. Il n’obéit plus qu’à l’appel de son génie, dont les secrets penchants sont d’accord avec les goûts et les tendances de la société où il vit, société qui, malgré des soubresauts d’énergie, est plus éprise des loisirs élégants et des plaisirs de l’esprit que de l’activité politique et du déploiement de force qu’elle exige.
Cette nouvelle série d’images, Praxitèle l’inaugure par son Satyre au repos , figure dont nous possédons des copies et des variantes nombreuses. On serait tenté de croire que ce Satyre était celui que les anciens appelaient le Périboétos, c’est-à-dire le fameux , le célèbre entre tous; mais il semble résulter d’un texte de Pline que le Périboétos était groupé avec Dionysos et Métlié (l’ivresse). Quoi qu’il en soit, on ne saurait douter que le Satyre au repos n’ait joui d’une grande réputation dans l’antiquité. La copie qui donne la meilleure idée de l’ensemble est le marbre du Musée capitolin, à Rome (fig. 11); mais le Louvre conserve le torse d’une statue du même type qui
PltAXITÈLE.
était d’une exécution plus libre et plus poussée (fig*. 12). Le modelé y est d’une rare délicatesse et, entre le lisse de la chair et la vigueur des plis de la draperie, il y a un franc contraste, du genre de celui que nous avons noté dans X Hermès. La facture est si magistrale que des juges très compétents ont été jusqu’à se demander si l’on n’aurait point là, par aventure, un débris du marbre original de Praxitèle.
L’attitude du Satyre est déjà, mais à l’inverse, celle de l’Hermès. Une peau de panthère jetée sur l’épaule et en travers du buste, le jeune démon a le bras droit posé sur un tronc d’arbre. Le poids du corps porte sur cet avantbras et sur le coude, d’une part, et de l’autre sur la jambe gauche. C’est la saillie de la hanche qui soutient le bras gauche mollement replié ; celui-ci s’y appuie par le revers de la main. La jambe droite, au lieu d’être, comme dans XHermès , seulement ramenée en arrière, passe derrière la jambe portante; son pied ne touche le sol que par les orteils. La figure, ici, pèse donc davantage sur le support; elle est plus inclinée vers le côté; mais, à cette nuance près, c’est le même parti pris. Ici, comme dans le marbre d’Olympie, l’œil prend plaisir à suivre les sinuosités des contours, ces courbes qui se répondent d’un flanc à un autre et des flexions du bras à celles de la jambe, qui se font équilibre sans être exactement symétriques. Il n’est pas jusqu’à l’attribut que tenait la main droite qui ne concoure à l’impression générale. C’est une flûte. Le Satyre en jouait quelques instants plus tôt; mais il l’a
détachée do ses lèvres pour savourer les délices d’une tranquillité que ne troublerait pas le plus léger effort de l’esprit et des muscles.
Couronné d’une forêt luxuriante de cheveux qui, par derrière, tombe jusqu’au bas de la nuque, le visage est d’un autre galbe que celui de l’Hermès; il est plus large, moins allongé par en bas. Le front a la même protubérance horizontale; mais il est moins haut. Les traits devaient avoir ici une autre expression que chez Hermès, le patron de Y agora où discourent les orateurs, ou que chez cet Eros dont la physionomie méditative trahit une inquiétude éternelle. Il y avait là des nuances que ne pouvait faillir à marquer un psychologue aussi fin que Praxitèle. Les vieilles superstitions ancestrales prêtaient au Satyre des pieds de bouc. Si ce passé n’était plus rappelé ici que par un signe à peine visible, par les oreilles qui pointaient dans l’épaisse chevelure, le sculpteur, en achevant de développer le type qu’il avait ébauché dans une œuvre antérieure, voulut indiquer clairement ce qu’il y avait de primitif et commp d’élémentaire dans la nature de cet échappé des grands boî^, de cet amant lascif des Nymphes et des Monades. L’àmç, chez le Satyre, est à peine éveillée. Dans un corps qui a foute la perfection des formes d’une jeunesse en fleur, elle est restée celle d’un enfant, en qui la joie de vivre est toute sensuelle. Il n’y a ni une pensée ni même un sentiment profond dans le vague de son regard, dans le sourire de ses joues et de ses lèvres.
L’original du Satyre au repos était probablement en
marbre. C’est en bronze qu’avait été exécutée une autre statue qui ne fut guère moins célèbre, X Apollon sauroctone ou « tueur de lézard ». Complètement nu, le jeune dieu s’appuie, à gauche, sur un tronc d’arbre le long duquel monte un lézard. De sa main droite, qui tenait une flèche, il s’apprête à percer l’animal, tandis que, pour barrer le passage à celui-ci dans le cas où le trait ne l’atteindrait pas, le bras gauche s’arrondit en avant du support contre lequel son coude s’applique. Peut-être, dans quelque sanctuaire, en vertu d’un mythe local dont tout souvenir s’est perdu, le lézard était-il consacré à Apollon, ce qui aurait suggéré à Praxitèle l’idée de sa composition. Chargé d’exécuter une statue du dieu pour le temple d’Apollon Sminthios, en Éolide, Scopas avait placé sous un des pieds de sa figure un rat (a^(v0o;).
Il existe du Sauroctone de nombreuses copies. Nous reproduisons celle du Louvre, où la tête tout au moins semble avoir gardé presque intacte la grâce exquise de l’original (fîg. 13).
Le Sauroctone paraît avoir été, pour la délicatesse et la perfection du modelé, plus avancé encore que le Satyre au repos ; il doit être presque contemporain de X Hermès. Le rendu y avait, surtout dans la région abdominale, la même souplesse merveilleuse. Le mérite est ici d’autant plus grand que le Sauroctone est presque un adolescent; il est à cet âge où, chez la plupart des sujets, les formes ont encore une gracilité un peu anguleuse. Celles que le maître avait prêtées à son Apollon, tout en restant très jeunes,
n’avaient pas ce défaut. On est tenté de se demander s’il n’en a pas emprunté à un modèle féminin quelques éléments, tels que la rondeur de l’épaule et celle des pectoraux ; ces parties du corps s’étoffent plus vite et plus tôt chez les femmes que chez les hommes. Quant à la tête, elle serait toute féminine, n’était la largeur du front. Donner au front ce développement, c’était rappeler qu’il s’agissait là d’Apollon, le dieu de la poésie et le maître de la lyre. A ce détail près, c’est presque la tête de l’Aphrodite cnidienne. Même chevelure ondulée, que compriment de légères bandelettes et que sépare en deux masses une raie médiane. Même œil très enfoncé et très fendu; m me bouche fort petite, avec la lèvre inférieure un peu saillante. Même douceur et même pureté de tous les traits. Si le hasard avait voulu que cette tête survécût détachée du corps qu’elle surmontait, les plus habiles connaisseurs s’y seraient peut-être trompés, et c’est comme tête de femme qu’elle ligurerait dans les musées.
Ce qui fait donc à la fois le charme et la singularité de cette statue, ce n’est pas seulement l’attitude qui brise la symétrie des épaules, qui dégage la hanche et imprime à tous les contours de ce corps immobile une sorte de vibration cadencée. Une pose analogue nous avait permis de signaler ces mêmes mérites dans le Satyre au repos comme dans 17 fermes. Ce qu’il y a ici de très particulier, c’est l’art consommé avec lequel le sculpteur a fondu dans un même être les beautés propres à chacun des deux sexes et fixé ainsi dans le bronze les incertitudes et les ambi-
guïtés de cette heure fugitive où la nature semble hésiter encore entre les deux types que bientôt, lorsque la puberté aura achevé son œuvre, elle va distinguer par un ensemble de formes nettement définies.
A la suite d’ouvrages tels que les Satyres, les Éros et le Sauroctone, on a proposé de placer quelques autres types dont l’origine praxitélienne n’est certifiée par aucun auteur ancien, mais où la pose et la facture ont tous les caractères du style de Praxitèle ; ils ont du prendre naissance dans l’atelier de Praxitèle ou tout au moins dans celui de quelqu’un de ses élèves.
Tel est le cas pour le type dit de Y Apollon lycien . Si l’on a ainsi dénommé cette statue, c’est parce qu’une figure de ce type décorait un des principaux gymnases d’Athènes, le Lycée, célèbre par l’enseignement qu’y donna Aristote. Dans un de ses Dialogues des Morts , Lucien fait causer Anacharsis, le légendaire philosophe Scythe, avce Solon, le sage législateur d’Athènes. Celui-ci conduit son interlocuteur au Lycée ; il lui montre la statue d’Apollon qui décorait l’édifice : « Yois-tu, lui dit-il, l’image du dieu et comment il s’appuie sur un pilier ? Sa main gauche tient l’arc, tandis que son bras gauche, s’arrondissant au-dessus de sa tète, laisse entendre qu’il se repose après un effort pénible. »
En quelques mots, Lucien a fourni là une très exacte description de la statue (fig. 14). L’attitude rappelle celle de Y Hermès; mais, ici, le bras gauche pèse moins fortement sur le support. De ce côté, la jambe n’est pas entièrement libre ni ramenée derrière l’autre, comme dans Y Hermès;
PlîAXlTULE.
elle est à demi tendue et le pied pose à plat sur le sol. Le sculpteur a voulu donner ainsi à la ligure plus de noblesse et de dignité. La tête a quelque chose du port de celle de 1 Api irodite cnidienne. Les yeux regardent au loin. Avec le gros nœud de cheveux qui couronne le milieu du front et les longues mèches qui ondulent autour des tempes, du sourcil et des joues, la coiffure n’est celle d’aucune autre des statues que nous avons étudiées jusqu’ici. Une fois de plus, on trouve là l’occasion d’admirer la variété des effets que le maître tire de la chevelure et qu’il fait concourir à l’expression personnelle de l’image. On pourrait relever encore ici d’autres traits qui justifieraient l'attribution proposée ; mais ce qui ne laisse guère place au doute, c’est l’impression que donne tout d’abord l’aspect de la figure, avec le balancement et le calme de ses lignes cou lantes.
11 serait facile d’allonger cette sorte de supplément à la liste des ouvrages du maître. On aurait les mêmes raisons d’y faire entrer un Bacchus qui a lui aussi le bras droit replié sur la tète et ne diffère guère de X Apollon lycien que par les attributs. Des feuilles de vigne et des grappes de raisin se mêlent à ses cheveux ; il a une nébride ou peau de bête jetée en sautoir autour du torse; des pampres s’enroulent autour du tronc qui sert de soutien au bras gauche. Praxitèle avait exécuté plusieurs statues de Dionysos. Ce doit être de l’une d’elles que dérivent les Bacchus figurés dans cette attitude. L’un des plus souvent reproduits est au Louvre. On s’est demandé si le type du
Bacchus barbu, connu sous le nom de Sardanapale , n’aurait pas cette môme origine.
On cite encore, comme plus ou moins apparentes aux ouvrages authentiques de Praxitèle, deux Hermès , dont l’un est à Florence, aux Offices, et l’autre à Rome, au Vatican. C’est aussi son style que I on croit retrouver dans un Héraclès jeune, de la Villa Albani. La tète est barbue et légèrement souriante. Le dieu est drapé dans la peau de lion ; mais le mulle du fauve, au lieu d’ombrager comme d’ordinaire le front d’Héraclès, s’étale sur sa poitrine. Dans la variante qui vient ainsi modifier le thème traditionnel, il y a une innovation qui est bien dans le goût de Praxitèle.
A la suite de toutes ces œuvres du maître auxquelles nous n’avons accès que par l’intermédiaire de copies qui ont laissé se perdre en route une partie de la saveur du modèle, il convient de placer des fragments dans lesquels on a pensé pouvoir reconnaître les débris d’originaux disparus. 11 s’agit de deux têtes dont l’une provient d’Eleusis et dont l’autre est au Musée britannique.
En 1885, au cours des fouilles d’Eleusis, on trouvait une dédicace à Eubouleus, dans laquelle ce héros local s’était associé au « dieu et à la déesse », c’est-à-dire à Hadès et à Coré; d était d’ailleurs déjà connu par un décret attique du vc siècle, où son nom figurait en même compagnie. Tout près du lieu où avait été recueillie l’inscription, on déterra un buste en marbre qui, par en bas, n’était que dégrossi ; il avait été inséré entre les épaules
<lTint‘ sial uo ou dans l'évasement terminal d’un d(‘ ces
piliers décoratifs < j ih ‘ 1 on appelait des hernies. La découverte de celte dédicace et de cette tète toute voisine remirent en mémoire une inscription qui, gravée sur une gaine de ce genre, avait été signalée par Winckelmann. On v lisail ces deux mots : ’EuSouasu? IIpxçiiéAcuç.
L’inscription était de l’époque romaine; mais rapprochée d'autres étiquettes de même rédaction, Eà^pâvspoç
et ’A rS/Xo') M-jpwvoç, que Ton avait relevées sur d’autres hernies, elle prouvait qu'il existait alors, attribuée à Praxilèle. une statue ou tout au moins un buste d ’ Eubouleus. La tète qui surmontait jadis Thermes romain avait disparu.
Deux archéologues éminents, MM. Otto Benndorf et Adolf Furtwængler, que Ton n’a pas coutume de voir du même avis, s’accordèrent à proposer de reconnaître, dans h* marbre d’Eleusis, l’original dont une copie aurait jadis orné le piédestal du Vatican. Le type que représente ce marbre a certainement joui, dans l’antiquité, d’une assez grande célébrité. Il en aété ramassé, à Eleusis même, deux autres répliques, d’ailleurs d’un travail très médiocre, eton le retrouve encore dans une tète conservée au Capitole et dans une autre qui, à Mantoue, a longtemps passé pour un portrait de Virgile. La question est de savoir si, par la beauté, de son exécution, la tête découverte en 188-i mérite vraiment l’honneur que l’on veut lui décerner.
Dans la légende éleusinienne. Eubouleusétail d abord un porcher dont le troupeau avait été englouti dans les entrailles de la terre lors du rapt de Perséphoné par Hadès.
L’imagination des initiés ne cessant pas de travailler sur ces mythes, il était devenu, par la suite, le frère de Triptolème et le fds de Déméter. Il était honoré, à ce titre, comme un des génies du monde souterrain. Le sculpteur parait s’être souvenu de la donnée première du mythe. Cette face large et un peu lourde, avec ses cheveux en broussailles, rabattus sur le front qu’ils rétrécissent, conviendrait bien au rustique gardeur de porcs (fig. 15). On trouve une certaine analogie entre le galbe de ce visage et celui du Satyre au repos; mais on se fonde surtout, pour justifier l’attribution proposée, sur le faire de la chevelure. On se prévaut de la liberté avec laquelle le statuaire s’est servi du trépan pour détacher les mèches les unes des autres. On ne saurait nier pourtant qu’il n’y ait des différences sensibles entre l’exécution de cette tête et celle de la tête de Y Hermès. Les coins de la bouche ne sont pas, ici, comme chez l’Hermès, ciselés au trépan; la paupière inférieure n’est pas traitée avec la même délicatesse. Tout le rendu des chairs est un peu flou et sans accents.
Pour expliquer cette infériorité de la tête éleusinienne, on a dit que celle-ci est antérieure à Y Hermès et que Praxitèle, quand il l’a sculptée, n’avait pas encore toute sa maîtrise. L’explication est plausible ; nous hésitons pourtant à nous prononcer. Cette tête semble bien être une œuvre attique du ivc siècle et certains traits qui la caractérisent sont dans le goût de Praxitèle. Nous avons cependant quelque peine à y reconnaître sa main. Nous inclinerions plutôt à y voir l’ouvrage d’un de ses élèves
qui, chargé de fournir au sanctuaire d’Eleusis une image d’Eubouleus, aurait voulu donner un pendant au Triptolème que Praxitèle avait, d’après Pline, groupé avec Déméter et Coré. Il y aurait assez bien réussi pour que la postérité s’y soit trompée.
Ce qui laisse une impression bien plus franche, celle' de l’œuvre d’un maître, c’est la tête de Londres. Elle provient de la galerie de Lord Aberdeen et cette collection était surtout composée d’objets acquis en Grèce même, au cours d’un voyage. Le marbre est un très beau Paros, recouvert d’une chaude patine. 11 n’a subi aucun grattage, aucune restauration. Un n’a pas touché au nez, dont le bas a été emporté par quelque choc violent. A cette blessure et à quelques éraflures près, la face est presque intacte. 11 manque aussi la partie postérieure du crâne, qui était faite d’une pièce rapportée. Les ressemblances avec Y Hermès sont ici très frappantes. Les proportions sont sensiblement les mêmes, soit pour l’ensemble du contour, soit pour les divers traits du visage. C’est, jusque dans de menus détails où la concordance des partis pris est vraiment significative, la même manière de traduire la nature.
Les cheveux forment une masse moins touffue que dans Y Hermès ; mais tout pareil est le mouvement des boucles qui se jouent autour du front et sur les tempes. Ici, d’ailleurs, le trépan a donné plus de profondeur aux creux (jui séparent les mèches et, ainsi, plus d’effet aux contrastes de l’ombre et de la lumière. Le front a, de part et d’autre, le même modelé. On y retrouve, très marqué,