BELLE-OMBRE
Huit sols. »
Huit sous! précieux détail^ quand on pense que vingt ans après cette comédie^ Molière était à Lyon, qu'il avait la même peine peut-être à recruter un public, etqueses premiers admiraleursétaientadmis^ pour huit sous, dans les jeux de paume où commença sa renommée.
M. de Blandimare, peu confiant dans la recette de cette soirée, invile la troupe à un souper, qui se passe dans l'entr'acte. A Touverture du second acte, les comédiens et leur amphitryon sont encore à table.
M. DE BLANDIMARE.
« Qu'on apporte à laver; nous ne faisons plus rien à table. Çà, donnez-moy la main, mademoiselle de Beau....
MADEMOISELLE DE BEAC-SOLBIL.
De Beau-Soleil, à votre service, monsieur.
M. DE BLANDIMARE.
La faute de ma ménioire est fort excusable, car toutes les terres des comédiens ont tant de rapport aux noms^ qu'il est bien difficile qu'on ne les prenne l'un pour l'autre : M. de Bellerose, de Belleville, Beauchâteau, Bellernche, Beaulieu, Beaupré, Bellefleur, Belle-Epine, Beau-Soleil, Belle-Ombre, enfin eux seuls possèdent toutes les beautez de la nature. »
gbougbs de scudbry. 22i
M. de Blandimare a grande autorité auprès de la troupe qu'il traite. Après cette critique des noms et titres^ il fait un long dénombrement de toutes les qualités que doit posséder un bon comédien^ et prie ses convives de lui réciter quelques vers.
M. DE BLANDIMARE.
« Quelles pièces avez- vous ?