DIANE
Lidamant est hardi d'oser gager ainsi.
Mais mon frère est sans doute impertinent aussi.
TOMIRB.
Hélas! j'ai trop parlé!
Eh ! oui^ malheureux^ tu as trop parlé ! un mot d'elle et tu es perdu. Mais ne crains rien^ rien du moins jusqu'à ce que toi et Télame soyez bien convaincus, d'abord que tête de femme n*est bien gardée que par ellemême^ ensuite que cœur de femme n'est pas à jamais imprenable.
Arrive un marchand français;
De mille beaux objets sa cassette est remplie.
Tout ce qu'il a est au service de Diane^ excepté un seul objets le portrait d'un jeune gentilhomme
Brave^ beau^ libéral, galant^ d'égale humeur, D'un esprit enjoué^ mais pourtant déjà meur^
parfait enfin; je crois bien^ c'est Lidamant chanté par PhiUppin.— Echange de portraits.
Lidamant, dès qu'il l'a reçu, admire le portrait de Diane; il tombe au plus vite amoureux d'elle; un peu plus, il ferait à Télame des aveux et des excuses, et lui demanderait la main de sa sœur. La comtesse l'arrête, —et son pari?— puis elle prête à Philippin, pour un
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tour de son invention^ six chevaux, six laquais de même livrée, et des lettres de l'amiral d'Ecosse. Avec ce renfort, il introduira Lidamant auprès de sa maitresse.
La scène reste vide, faute impardonnable à l'époque où cette pièce a paru. Entrent Diane et Lise. Il parait que Télame a vu sur le lit de sa sœur le portrait de Lidamant; sa fureur est au comble.
liLAMB.
Comment Tas-tu donc eu?
DIAHB.
Lise, par modestie, ayant les yeux baissés, En revenant du temple a trouvé sur la place
Ce portrait
(On entend une fanfare,)
Ou l'oreille me trompe.
Ou quelque cri public se fait à son de ti*ompe.
TÉLAKB.
Écoutons.
Ecoulons, nous aussi, la formule du crieur :
« Si quelqu'un a trouvé un portrait dans une boite d'or émaillée de bleu et garnie de diamants, en le rendant à celui qu'il représente, et qui Ta perdu ce matin, on lui donnera dix jacobus pour le vin. *
Télame est convaincu de l'innocence de sa sœur et lui fait, comme c'est justice, réparation d'honneur. U est interrompu par l'arrivée bruyante du chevalier
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de Finmatois^ qui lui apporte une lettre de l'amiral d^Ecosse et lui amène de sa part six magnifiques chevaux. Ce fin matois, c'est H. Philippin, qui a entrée dans la maison, qui doit y trouver un appartement, et qui va y faire apporter ses malles, dont l'une est occupée par son maître.
Philippin suffit à tout: les chevaux à soigner, Télame à tromper, Diane à séduire, Lidamant à aider; il fait tout à la fois.
Une scène de bas comique, mais assez plaisante, est celle où le pauvre amoureux sort de son coffre.
LlDAKAirr.
.... Tire-moi donc d'ici.
(Il sort la tête et un brM,)