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ALUMINIUM

106. Aluuiluiiiiii. — L'aluminiam donne un oxyde blanc (Al^3), et un hydrate également blanc, aisément soluble dans les acides^ s*il n'a pas d'abord été calciné.

Les sels d'alumine donnent des solutions incolcunes d'une saveur douceâtre et astringente ; ils rougissent le tournesol et perdent leur acide à la chaleur rouge. Les sels insolubles dans Teau se dissolvent dans l'acide chlorhydrique, à part quelques combinaisons naturelles (dites duminates) qui ne deviennent solubles que par la fusion avec du carbonate de soude.

Au chalumeau^ l'alumine et les sels aluminiques donnent une masse infusible bleu de ciel, lorsqu'on les fait rougir après les avoir humectés d'un peu de nitrate de cobalt.

La /To^as^e produit, dans la solution des sels d'ulumine, un précipité blanc et volumineux d'hydrate ou de soussel d'alumine, aisément soluble dans un excès de potasse et dans les acides. La calcination transforme Thydrate d'alumine en oxyde, qui se dissout bien plus difficilement dans les acides. Le chlorhydrate d'ammoniaque précipite, surtout à chaud, la solution de l'hydrate d'alumine dans la potasse.

L'ammoniaque se comporte comme la potasse, mais le précipité ne se redissout pas dans un excès. La présence des sels ammoniacaux n'empêche pas cette précipitation.

Les carbonates alcalins donnent le même précipité, avec dégagement d'acide carbonique; le précipité ne se redissout pas dans un excès de carbonate.

L* hydrogène sulfuré ne précipite pas les sels d'alumine, mémo lorsqu'ils sont dissous dans la potasse.

Le mlfhydrate d'ammoniaque donne, avec dégagement d*hydrogène sulfuré, un précipité blanc et volumineux d'hydrate d'aluraine, soluble dans la potasse.

Sont caractéristiques pour les sels d*alumine : les réactions avec la potasse et les sulfures, ainsi que la masse bleue qu'ils donnent au chalumeau avec le nitrate de cobalt.

107. L'alumine est une des substances les plus répandues dans la nature. Elle forme la base de toutes les terres : l'argile, la terre de pipe, la terre à foulon, le kaolin ou terre à porcelaine se composent en grande partie de silicates hydratés à base d'alumine. Un grand nombre d'autres silicates renferment de l'alumine en combinaison chimique. Le corindon, ]e saphir, le rubis, la topaze orientale, sont de l'alumine presque pure, plus ou moins colorée par de petites quantités de matières étrangères.

La pierre d'alun, ou sous-sulfate d'alumine et de potasse (/lS03,3Al20^KO + 6aq), se rencontre dans certains terrains argileux, notamment en Toscane.

Parmi les combinaisons arliticielles de l'alumine, l'o/un ou sulfate d'alumine et de potasse, est la plus importante par ses applications fréquentes dans la teinture.

108. Clironte. — Le chrome donne un sesquioxyde vert (CrW), qui est d'un vert bleuâtre, ou bleu grisâtre, à l'état d'hydrate. Il existe aussi un peroxyde de chrome (CiO-) de couleur brune, et un acide chromique (CrO'), dont il sera question au chapitre des acides (139).

Les dissolulions des st^Isdo chrome sont gôncra'cmenl

GUROMK. lit

vertes, ou violetles, et même bleues; elles rougissent le tournesol.

Beaucoup de sels de chrome se présentent sous deu^ modifipations. Les sels cristallisés solubles (par exemple, Talun de chrome) sont ordinairement d'un violet foncé, presque noir ; lorsqu'on les dissout à froid, on obtient une solution violette qui paraît rougeâtre quand on la place entre Tœil et la lumière; celte solution dépose de nouveau des cristaux violets par Vévaporation spontanée. Mais si on la fait bouillir, elle devient d*un vert-émeraude, et se dessèche par l'évaporation, sous Tintluence de la chaleur, en une masse verte incristallisable ; si Ton abandonne la solution elle redevient à la longue violette. Lorsqu'on chauffe la solution verte avec de Tacide nitrique, elle devient bleue par le refroidissement. Les solutions violettes se comportent quelquefois autrement que les solutions vertes.

La chaleur rouge décompose les sels de chrome formés par des acides volatils.

Au chalumeau , sur le fil de platine, avec le borax ou le sel de phosphore, tant dans la flamme extérieure que dans le feu d'oxydation, les sels de chrome donnent des perles transparentes, colorées en vert-émeraude.

La potasse produit, dans les solutions vertes ou violettes des sels de chrome, un précipité vert bleuâtre d*hydrate chrorpique, aisément soluble, avec une couleur verte, dans un excès de potasse et dans les acides ; si Ton fait bouillir cette solution, tout l'oxyde de chrome se précipite à l'état vert, et la liqueur se décolore. Cette précipir t^tion a aussi lieu par l'atlditioii du chlorhydrate d'am*

112 KSACnONS.

moniaque à la solution potassique. Lorsqu'on calcine i*hydrate de chrome à Tair, il se convertit d'abord en peroxyde de chrome, de couleur brune ; mais si l'on continue la calcination, ce peroxyde perd de l'oxygène et se convertit, avec une vive ignition , en sesquioxyde anhydre, insoluble dans les acides. (Beaucoup de sels de chrome cristallisés deviennent également insolubles dans l'eau et dans les acides, lorsqu'on expulse leur eau de cristallisation par la chaleur.)

Vammoniaque donne, dans les solutions vertes ou violettes , un précipité d'hydrate chromique , d'un bleu grisâtre, tirant sur le violet; la liqueur surnageante est rougeâtre, si l'on a employé un excès d'ammoniaque; mais tout Toxy^le de chrome se précipite si l'on porte le mélange à Tébullition.

Le phosphate de soude produit, dans les solutions violettes ou bleues (lorsqu'elles sont neutres), un précipité violet bleuâtre; les solutions vertes n'en sont pas précipitées immédiatement, mais au bout de quelque temps elles déposent un précipité volumineux de couleur verte.

Uhyd?vgène sulfuré ne précipite pas les sels de chrome.

Le sul (hydrate d'ammoniaque y produit un précipité verdâtre d'hydrate chromique, avec dégagement d'hydrogène sulfuré.

Lorsqu'on fait fondre un sel de chrome avec du «o/pêtre et du carbonate de soude, il se convertit en chromate alcalin, soluble dans l'eau avec une couleur jaune.

Lorsqu'on ajoute du hioxyde de plomb (oxyde puce) à la dissolution de l'oxyde de chrome dans la potasse, et qu'on chauffe le mélange , tout le chrome passe à l'état

BARYUM. 113

de chromate de plomb; celui-ci reste en dissolution dans la liqueur alcaline, et peut en être précipité par Tacide acétique. La même réaction s'observe avec Toxyde de chrome rendu insoluble dans la potasse par TébuUition de sa solution alcaline.

Sont caractéristiques pour les sels de chrome : la couleur des sels, leur réaction au chalumeau et leur transformation en chromâtes.

109. Le chrome se rencontre dans la nature, particulièrement à l'état de fer chromé (combinaison d'oxyde de chrome et d'oxyde de fer) ; c'est une matière noire, métalloïde, infusible au chalumeau , formant des nids ou des amas dans les serpentines du département du Yar. On exploite ce minéral pour en fabriquer le chromate de potasse, qui sert à la préparation du jaune de chrome et d'autres chromâtes.

QUATRIÈMB GROUPE.

Mélaux dont les solutions ne précipitent ni par Thydrogène sulfuré, ni par le sulfhydrate d'ammoniaque, mais qui précipitent par les carbonates alcalins.

110. Baryum. — La baryte ou oxyde bary tique (BaO) est d'un blanc grisâtre. Elle s'échauffe vivement avec l'eau, en donnant un hydrate peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante. Sa solution ramène au bleu le tournesol rougi par les acides; elle se carbonate promptement à l'air. Le peroxyde de baryum (BaO^) est une poudre d'un blanc grisâtre.

Les sels de baryte sont incolores; la plupart sont insolubles dans l'eau. Le chlorure et le nitrate sont solu- I. 10.

Hk RBACTIOMS.

bles dans Teau, ne se dissolvent pas dans Talpool, et ne tombent pas en déliquescence à Tair humide.

La potasse pure, non carbonatée , ne précipite Ips isçiU barytiques qu'en solution concentrée; le précipité bl^nq d*hydrate se redissout dans Teau.

Vammoniaque ne précipite pas les sels barytiques.

Les carbonates alcalins donnent un précipité blanc de carbonate de baryte (CO^,BaO), soluble avec effervescence dans les acides chlorhydrique et nitrique. .

Le phosphate de soude donne un précipité blanc de phosphate barytique, soluble dans les mêmes acides.

L'acide sulfurique et les sulfates solubles produisent immédiatement, même dans les solutions les plus étendues, un précipité blanc de sulfate de baryte (SO^.BaO), insoluble dans les acides dilués et dans les alcalis.

Une solution de chromate de s^ron^t arié donne immédiatement un précipité jaune de chromate de baryte {CrO^BaO).

U acide fluosilicique donne un précipité blanc cristallin de fluosilicate de baryte (BaF,SiF2) , peu soluble dans les acides chlorhydrique et nitrique dilués.

L'acide oxalique ne donne un précipité blanc d'oxalate de baryte (C'•^O^BaO) que dans les solutions concentrées. La précipitation est favorisée par l'addition de Tammoniaque ; elle n'a pas lieu dans les solutions très étendues.

Sont caractéristiques pour les sels de baryte : les réactions de l'acide sulfurique et de l'acide fluosilicique.

111. La baryte se rencontre dans la nature, particulièrement à l'état de sulfate. Cette combinaison (SO^,BaO) constitue le spath pesant des minéralogistes; elle se pré-

siaOiNTiuM. 115

sente en cristaux om en masses compactes très pesantes (d'une pesantaMr spécific|ue d'environ ^,5) dans les filons métallifères d'un grand nombre de localités.

La baryte car^onatée ou withérite {CO^,BaO) se présente en cristaux ou en masses blanches Qt}reuses, et accompagne quelquefois les galènes. C'est avec ces deux minerais qu'on prépare les autres combinaisons barytiques.

112. Strontium. — La strontiane ou oxyde strontique (SrO) présente les mômes caractères que la baryte.

Les sels de strontiane sont incolores ; ils ont beaucoup de ressemblance avec les sels de baryte correspondants, La plupart sont peu solubles dans l'eau. Le chlorure est soluble dans l'alcool anhydre, le nitrate est soluble dans l'alcool aqqeux. Ni le nitrate ni le chlorure ne sont déliquescents.

Les sels de strontiane, dissous dans Valcool, lui communiquent la propriété de brûler avec une bel|e flamnie cramoisie; il ne faut pas confondre cette coloration aveq la teinte rouge jaunâtre produite par les sels de chaux, dans les mêmes circonstances.

La potasse^ V ammoniaque^ les carbonates alcalins et le phosphate de soude se comportent avec les sels de strontiane comme avec les sels de baryte.

L'acide sulfurique et les sulfates solubles donnent un précipité blanc de sulfate de strontiane (SO^SrO), insoluble dans les acides et les alcalis. Toutefois, ce précipité n'est pas tout à fait insoluble dans l'eau comme le précipité do sulfate de baryte. Aussi, lorsque les solutions

des sels de strontinne sont étendues, le précipité n'apparaît qu'au bout de quelque temps; de même, il ne se produit qu'après quelques instants, même dans les solutions concentrées , par remploi d'une solution de gypse (sulfate dechauic).

V acide fluosîlicique ne précipite pas les solutions des sels de strontîane.

Vacide oxalique se comporte avec elles comme avec les sels de baryte.

Sont caractéristiques pour les sels de slrontiane : la coloration qu'ils communiquent à la flamme de Talcool, la non -précipitation de leur solution par l'acide fluosilicique, et la précipitation par une solution de gypse.

113. La célestine ou strontiane sulfatée est le minéral qui sert à la préparation des combinaisons de strontiane; elle se rencontre en masses fibreuses d'un bleu clair dans les terrains de gypse et de sel gemme. On la trouve en rognons dans les marnes vertes qui accompagnent la pierre à plâtre de Montmartre et des buttes de Sannois, près de Paris.

Le nitrate de strontiane entre dans la composition des feux de Bengale rouges.

ll/i. Caleiunt. — La chaux ou oxyde calcique (GaO) présente les mêmes caractères que la baryte et la strontiane. L'hydrate de chaux est moins soluble dans l'eau que ces deux oxydes ; il se dissout moins dans l'eau chaude que dans l'eau froide.

Les sels de chaux sont incolores. Le chlorure et le

CALGIUir. 117

nitrate sont déliquescents, et se dissolvent dans l'alcool absolu.

Chauffés avec de Valcool ordinaire, les sels de chaux solubles lui communiquent la propriété de brûler avec une flamme rouge jaunâtre , qu'il ne faut pas confondre avec celle des sels de strontiane.

La potasse^ Y ammoniaque^ les carbonates alcalins et le phosphate de soude se comportent avec les sels de chaux comme avec les sels de baryte.

L'acide sulfurique et le sulfate de soude donnent immédiatement un précipité de sulfate de chaux, dans les solutions concentrées; ce précipité est soluble dans beaucoup d'eau , et surtout dans les acides. Les solutions moins concentrées ne précipitent qu'au bout de quelque temps, et les solutions diluées ne précipitent pas du tout; toutefois dans les solutions étendues le précipité apparaît par l'additiou de l'alcool. Les sels' de chaux ne précipitent pas par une solution de gypse.

Le chromate de strontiane ne les précipite pas.

Vacide fluosilicique ne les précipite pas non plus.

Vacide oxalique produit dans les solutions neutres des sels de chaux, même les plus étendues, un précipité blanc d'oxalate de chaux, fort soluble dans les acides chlorby* drique et nitrique , insoluble dans les acides acétique et oxalique. L'addition de l'ammoniaque favorise la formation du précipité.

Sont caractéristiques pour les sels de chaux : les réactions de l'acide sulfurique et de l'acide oxalique.

115. La chaux se rencontre dans la nature, principalement à l'état de carbonate, de sulfate et de silicate.

118 RBACTiOHS.

La craie, le marbre ^ le spath d'Islande^ les catcaireê sont autant de variétés de carbouate de chaux (CO^,GaO). Les dolomies sont des carbonates de chaux et de magnésie (COSCaO+ CO^HgO) mélangées de petites quantités de matières argileuses ; elles se présentent soit en cristaux rhomboédriques, soit en masses saccharoïdes, compactes ou terreuses.

Le gypse onpierre à plâtre (SO^,CaO + 2aq), forme des masses compactes ou des cristaux lamelleux. Vanhydrite ou sulfate de chaux anhydre (SO^,GaO) se renoontre en masses cristallines, dans les Alpes. Le glaubérite ou sulr fate de soude et de chaux (SO^NaO+ S03,CaO) se trouve en cristaux disséminés dans le sel commun des mipes de Vie (département de la Meurthe) et de Villa -Rubia en Espagne.

Un grand nombre de silicates naturels renferment de U chaux en combinaison chimique.

116. Rlasnésiuiii. — La magnésie ou oxyde magnésique (MgO) constitue une poudre blanche, peu soluble dans l'eau.

Les sels de magnésie sont incolores, et fort amers. A Texception du sulfate et du phosphate, ils se décompor sent à la chaleur rouge.

Au chalumeau , sur le charbon , les sels de magnésie, humectés avec du nitrate de cobalt, donnent, par la ealcination, une masse couleur de chair.

La potasse et \2i baryte caustique donnent, surtout à rébuliition, un précipité blanc volumineux d'hydrate de magnésie, soluble dans les sels ammoniacaux.

MAdfîlstdfiÉ. M

L'ammoniaque produit dans les solutions neutres le flQême précipité ; mais elle ne précipite pas les solutions acides^ môme après la neutralisation par Tarnihoniaque.

Le carbonate de pofûkse produit, surtout à chaud, un précipité blanc et volumineux de sous-carbonate de magnésie, soliible dans les sels ammoniacaux. La présence de ces sels empêche entièrement la précipitation.

Le carbonate d'ammoniaque ne précipite pas à froid les sels de magnésie; la précipitation n*est que fort inconi'plèteà chaud. Laprésencedu chlorhydrate d'ammoniaque ou d'autres sels ammoniacaux empêche entièrement la précipitatioh.

L'acide Bulfnnque et Vacide fliliosilicique ne précipitent pas les sels de magnésie.

Le phosphate de soude donne, surtout à chaud, un précipité blanc et floconneux de phosphate de magnésie. En présence des sels ammoniacaux , le précipité est cristallin (phosphate d'ammoniaque et de magnésie, PO^NH*0,2MgO), soluble dans les acides, insoluble dans l'ammoniaque; dans les solutions étendues, ce précipité n'apparaît que si l'on agile fortement la liqueur avtBC une baguette de verre.

Vacide oxaHque ne précipite pas les sels magnésiens ; mais Voxalote d'ammoniaque donne un précipité blanc d'oxalate de magnésie, dont la formation est empêchée par la présence du chlorhydrate d'ammoniaque ou d'autres sels ammoniacaux.

Sont caractéristiques pour les sels de magnésie : la réaction du pljo«phalo de soude en présence des sels am-

120 BiACTIONS.

moniacaux, et la réaction au chalumeau avec le nitrate de cobalt.

117. La magnésie se rencontre dans la nature à l*état de carbonate, de silicate et de sulfate.

Les dolomies (115) sont des carbonates de magnésie et de chaux.

Le sel d'Epsom ou magnésie sulfatée (S0^,HgO + 6aq) se rencontre en masses fibreuses, encaissées dans le gypse d'Espagne et du département de TAube, et en solution dans les eaux minérales de Sedlitz, d'Egra, etc.

Beaucoup de silicates naturels renferment de la magnésie.

Plusieurs composés magnésiens artificiels sont employés en médecine, notamment le sous-carbonate, connu sous le nom de magnésie blanche , et le sulfate ou sA amer.

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