ACIDE FLUORHYDRIQUE
fumaroles qui se dégagent des soufflards volcaniques, en Toscane. On Ta aussi trouvé à Tétat solide, en masses nacrées {sassoline des minéralogistes), dans Tintérieur du cratère de Vulcano.
Les borates naturels sont : le borax ou tinkal, biborate de soude, qui existe en dissolution dans plusieurs lacs de rinde ; Isiboractte^ borate de magnésie, en petits cristaux cubiques , disséminés dans les gypses de Lunebourg et duHolstein; V hydi^oboracite ^ borate hydraté à base de magnésie et de chaux, en masses fibreuses, dans certaines localités du Caucase.
C'est avec Tacide borique naturel qu'on prépare le borax employé dans les arts, ainsi que les autres borates.
liiS. Acide lluorKydrifiue. — L'acide fluorhydrique (HF) est un liquide incolore, volatil , répandant à l'air des fumées acides. Il se mêle à l'eau en toutes proportions. Il est remarquable par la propriété qu'il possède de dissoudre la silice, et d'attaquer tous les silicates insolubles dans l'acide chlorhydrique, tels que le verre et la porcelaine.
Les fluorures alcalins sont solubles dans l'eau ; les fluorures terreux y sont insolubles ou très peu solubles ; les fluorures d'aluminium, de mercure, de fer, y sont très solubles; les fluorures de zinc, de plomb, de cuivre, y sont insolubles. Beaucoup de fluorures insolubles se dissolvent dans l'acitle fluorliydrique.
La plupart des fluorures résistent à l'action de la chaleur rouge.
Le clilorurp de calcium p"oduit dans la solution dt^s
fluorures neutres un précipilé gélatineux et transparent de fluorure de calcium , insoluble à froid dans les acides chlorhydrique et nitrique , ainsi que dans les liqueurs alcalines.
Lorsqu'on chauffe avec de Vacide sulfurîque concentré^ dans un creuset de platine, un fluorure réduit en poudre, il dégage des vapeurs d'acide fluorliydrique qui dépolissent le verre. Pour faire cette réaction , qui est entièrement caractéristique pour les fluorures , on fait fondre un morceau de cire sur une plaque de verre, à la surface de laquelle on Tétend ensuite bien uniformément. On trace quelques caractères sur cette couche de cire, à l'aide d'un morceau de bois pointu qu'on appuie assez fortement pour mettre le verre à nu ; on maintient la plaque ainsi préparée sur le creuset d'où se dégagent les vapeurs fluorliydriques, et, après l'y avoir laissé exposée pendant quelques minutes, on f^nlève la cire et l'on nettoie la surface de la plaque avec un peu d'éther ou d'essence de térébenthine. On trouve alors gravés dans le verre les caractères qu'on avait tracés sur la plaque.
Mêlés avec du sable siliceux et chauffés avec l'acide suH'urique concentré, les fluorures dégagent du gaz fluosilicique (SIF-^) qui fume à l'air, et se dissout dans l'eau en déposant de la silice gélatineuse. Cette réaction est fort sensible : on n'a qu'à chauffer le mélange dans un petit ballon k l'ouverture duquel on a fixé, au moyen d'un bouchon percé, un petit tube humecté d*eau intérieurement; le gaz, en traversant ce tube, ne tarde pas à le' rendre trouble dans toute sa longueur.
1/i9. Le spath fluor ou fluorure de calcium (CaF) est
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la matière première avec laquelle s'obtiennent toutes les combinaisons fluorées; il se rencontre le plus souvent en cubes, de couleurs vives et variées, dans les filons qui accompagnent les minerais d'étain, de plomb ou de cuivre.
Le fluor est aussi fréquemment associé à certains phosphates naturels {i[\5).
150. Acide carbonique. — * Dans les circonstances ordinaires, Tacide carbonique est anhydre (CO^) et se présente sous la forme d'un gaz incolore, plus pesant que Tnir, éteignant les corps en combustion , et troublant l'eau de chaux. L'eau, à la température ordinaire, dissout un volume de gaz acide carbonique égal au sien ; la solution a une saveur aigrelette et piquante, et abandonne tout son acide carbonique quand on la chauffe.
Il existe des carbonates neutres (CO^,MO), des bicarbonates (200^, MO), des sesquicarbonates (3C02,2i\IO) et des sous-carbonates (GO^,nMO).
Les carbonates neutres à base de métal alcalin sont seuls sohibles dans Veau ; leur solution possède une réaction très alcaline. Les carbonates acides à base de chaux, de baryte, de strontiane, de magnésie, de fer et de manganèse sont aussi solubles dans l'eau , mais la solution se décompose par l'ébuUition, en déposant du sel neutre.
Lu chaleur décompose tous les carbonates, à part ceux à base de potasse, de soude, d'ammoniaque, de baryte et de strontiane.
Les acides minéraux décomposent tous les carbonates avec effervescence ; le gaz dégagé est incolore , sans I. U
odeur, et trouble Veau de chaux (employée en excès). Cette réaction est caractéristique pour les carbonates. Il faut, pour décomposer les carbonates et surtout les carbonates des métaux alcalins par Tacide chlorhydrique ou nitrique, employer un excès d'acide , parce qu'en n'y mettant pas celui-ci en quantité suffisante , on n'arrive souvent qu'à former d'abord des bicarbonates , sans déterminer d'effervescence.
Les chlorures de calcium et baryum précipitent immédiatement en blanc les carbonates alcalins neutres; les bicarbonates n'en sont précipités qu'à l'ébullition .
151. On trouve dans la nature les carbonates à base de chaux [calcaires, marbre, craie, 115), de magnésie [dolomies, 115), de fer {fer spathique, 101), de cuivre [malachite et azurite, 9i), etc.
Plusieurs carbonates se préparent artificiellement et s'emploient dans les arts, tels sont notamment les carbonates à base de soude, de potasse, de magnésie et de plomb [cérusc).
152. Acide «tlicique. — L'acide silicique ou silice (Si02,xH0), précipité de ses solutions, se présente à l'état d'une masse gélatineuse, soluble dans les acides et dans les alcalis. La calcination le transforme en silice anhydre (SiO^), qui se présente sous la forme d'un sable blanc, non cristallin, insoluble dans les acides (à l'exception de l'acide fluorliydri((ue), soluble dans les alcalis caustiques et carbonates par l'ébuHition et surtout par la fusion.
Ces caractères sont ceux que présente aussi la silice
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anhydre que l'on rencontre dans la nature {quartz^ cristal de roche).
Au chalumeau , avec le sel de phosphore , cette silice donne une perle incolore, où elle reste suspendue sous la forme d'une masse opaque , qu'on voit surtout quand la perle est encore rouge ; avec le carbonate de soude, on obtient une perle incolore, en même temps qu'un dégagement d'acide carbonique.
Les silicates alcalins à excès de base sont seuls solublés dans l'eau. Les autres silicates sont insolubles ; quelques-uns se dissolvent dans l'acide chlorhydrique. Tous les silicates deviennent solubles quand on les fait fondre avec un excès de carbonate alcalin.
Tous les silicates sont indécomposables par la chaleur rouge.
Les solutions concentrées des silicates alcalins précipitent, par les acides, de la silice à l'état gélatineux; si les solutions sont étendues, la silice reste en dissolution, ' mais si l'on évapore à siccité , et qu'on reprenne par l'eau, la silice reste à l'état de sable blanc.
L'insolubilité de la silice anhydre dans tous les acides (à l'exception de l'acide fluorhydrique) , et la manière dont elle se comporte au chalumeau, sont caractéristiques pour les silicates.
153. Les silicates composent la plupart des minéraux que les anciens minéralogistes désignaient sous le nom de pierres. Ils présentent deux groupes distincts : les silicates anhydres et les silicates hydratés. Les premiers sont, en général, durs, insolubles dans les acides, et pour la plupart inattaquables par ces réactifs. Les seconds, au
contraire, presque tous tendres, sont rayés par une pointe d'acier , et se dissolvent avec facilité dans les acides.
<x. Parmi les silicates naturels qui se décomposent par Tacide chlorhydrique, en mettant en liberté de la silice gélatineuse, on remarque :
La mésotype ou natrolithe^ silicate hydraté à base desoude et d'alumine ; la mésolite^ silicate hydraté à base de soude, de chaux et d'alumine ; Uscolézite, silicate hydraté à base de chaux et d'alumine. Ces trois minéraux se trouvent-en aiguillesou en niasses circulaires et radiées dans les terrains volcaniques de l'Auvergne, d'Islande, etc. On lescomprend quelquefois sous la dénomination de zéolithes radiées.
La stilbite^ silicate hydratt^ à base de chaux et d'alumine, avec fie petites quantités de soude, se trouve également dans les rochas volcaniques, en lamelles cristal- Hnes ou en masses fibreuses et mamelonnées d'un blanc «laiteux.
Vapophyllife^ silicate hydraté à base de chaux et de potasse, se trouve en masses lamelleuses ou en cristaux dans les roches volcaniques des îles Feroëet de l'Islande.
Vaiialcime^ silicate hydraté à base de soude et d'alumine, se présente en cristaux dérivés du cube, couleur de chair, et disséminés dans les basaltes du Vésuve et duTyrol.
La leucite ou amphigène, silicate de potasse et d'alumine, cristallisé en trapézoèdres, d'un blanc laiteux, dans les laves de la Somma et d'Albano, près de Rome, etc.
La laumonite ou zéolUhe efflorescente^ silicate hydraté à base de chaux et d'alumine, en cristaux allongés, d'un
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blanc laiteux, dans la mine de Huelgoat en Bretagne.
La chabasie^ silicate hydraté à base de chaux et d*alumine (avec de la soude et de la potasse), cristallisé en rhomboèdres obtus très voisins du cube (de là le nom de zéolithe cubique donné à ce minéral par les anciens minéralogistes); sa couleur est d'un blanc laiteux ou d'un blanc rougeàtre; elle se trouve dans les amygdaloïdes d'Oberstein en Prusse rhénane.
La brewstérite, silicate à base de baryte, de strontiane et d'alumine, en cristaux blancs, d'un éclat vitreux.
La dioptase, silicate hydraté à base de cuivre, en prismes hexagones, d'une belle couleur émeraude.
L'écume de mer ou magnésite^ silicate hydraté à base de magnésie, analogue à la craie par ses caractères extérieurs, appartenant aux formations tertiaires d'eau douce ainsi qu'aux terrains serpentineux.
Le labradorite , silicate à base de chaux , de soude et d'alumine, en masses lamellaires, d'un gris de cendre, offrant souvent des reflets colorés très variés , dans les roches basaltiques du Labrador.
p. Les silicates suivants ne sont pas décomposés par l'acide chlorhydrique :
Les feldspaths^ silicates à base d'alumine et de potasse, de soude, de chaux ou de lithine, formant la base de la plupart des roches composées qu'on trouve dans les terrains de cristallisation.
Les pyroxènes, silicates à base de chaux et de magnésie, ou de chaux et de fer ou de manganèse, différemment colorés et cristallisés, formant des veines ou des (lions dans les roches de cristallisation.
Les amphiboles , silicates semblables aux pyroxènes , renfermant les mêmes bases, mais dans des proportions différentes.
Leperidot, silicate à base de magnésie et de fer, substance vitreuse, le plus souvent verte, en rognons ou en grains disséminés dans les basaltes de l'Auvergne et du Vivarais.
Les micas, silicates à base de magnésie, de potasse, de lithine, d'alumine, de fer, en proportions très variables, différemment colorés, en feuillets très brillants, élastiques et susceptibles de se diviser. Ils entrent dans la composition des granités, des gneiss, des micaschistes, etc.
Les tourmalines, silicates à base de chaux, de magnésie, dépotasse, de soude , d'alumine, en proportions très variables, le plus souvent avec de l'acide borique, en cristaux ordinairement noirs, disséminés dans toutes les roches cristallines, et remarquables en ce qu'ils acquièrent par la chaleur l'électricité polaire.
Les épidotes, silicates à base de chaux et d'alumine, ou de fer et d'alumine, en prismes allongés, formant des masses bacillaires, grisâtres ou d'un vert Foncé, dans les terrains granitiques des Alpes et de beaucoup d'autres localités.
Les grenats, silicates à base de chaux et d'alumine; ou de fer et d'alumine, ou de manganèse et d'alumine, cristallisés en dodécaèdres rhomboïdaux, différemment colorés, et abondamment disséminés dans les diverse^ roches de cristallisation, telles que les micaschistes, les gneiss, les roches serpentineuses, etc.