ACIDE SULFHYDRIQUE
de fer, de manganèse et de zinc, sont décomposés par les acides minéraux étendus, avec dégagement de sulfure d*hydrogène, reconnaissable à son odeur, et à son action sur une bande de papier humectée d'acétate de plomb^ qu*il noircit. (Lorsque les combinaisons appartiennent à un degré supérieur de sulfuration , les acides produisent en même temps un trouble laiteux ou un dépôt blanc de soufre.)
Les autres sulfures se dissolvent dans Vacide nitrique bouillant, dans Veau régale^ ou dans Vacide chlorhydrique additionné de chlorate de potasse, avec formation d'acide sulfurique, et quelquefois avec dépôt de soufi^e.
Fondus avec du carbonate de soude, les sulfures insolubles donnent une masse qui, humectée d'eau et placée sur une pièce d'argent y produit une tache noire; les sulfures solubles donnent cette réaction sans qu'on ait besoin de les chauffer avec le carbonate de soude.
Sont caractéristiques pour les sulfures : Todeur de rhydrogène sulfuré qu'on en dégage par les acides, leurs réactions avec les sels de plomb ou d'argent, ainsi qu'au chalumeau.
155. On trouve dans la nature un grand nombre de sulfures : les pyrites, les blendes, les galènes des minéralogistes sont des sulfures à base de fer, de zinc, de plomb, etc. Nous en avons parlé en nous occupant des métaux. La plupart des eaux minérales sulfureuses doivent leurs propriétés à des sulfures de calcium, de sodium ou de magnésium.
Parmi les sulfures qui sont obtenus artificiellement, il faut citer : le foie de soufre, mélange de sulfure de potas-
sium et de sulfate de potasse, avec lequel on prépare les bains sulfureux (dits de Baréges) ; le vermillon ou sulfure de mercure rouge , qu'on emploie dans la peinture, etc.
156. Acide chlorliyclrlque. — L'acide chlorbydrique (HCl) est un gaz incolore, fort acide, répandant à Tair d'abondantes fumées suffocantes. Il est excessivement soluble dans Tcau.
Les chlorures neutres sont, en général, solubles dans l'eau , à l'exception du chlorure d'argent, du protochlorure de mercure, et du chlorure de plomb ; les sous-chlorures sont insolubles dans l'eau, mais solubles dans les acides.
La chaleur volatilise beaucoup de chlorures (de mercure, d'antimoine, de zinc, d'arsenic, d'étain) ; d'autres chlorures se décomposent au rouge.
Le nitrate d'argent précipite la solution des chlorures en blanc caillebotté (chlorure d'argent, AgCl), insoluble dans l'acide nitrique, fort soluble dans Tammoniaque; le précipité noircit à la lumière , fond à une très forte chaleur, et se prend par le refroidissement en une masse cornée.
Chauffés avec du bioxyde de manganèse et de Yacide sulfurique, la plupart des chlorures dégagent du chlore gazeux , reconnaissable à l'odeur, à la couleur et à l'action blanchissante qu'il exerce sur les matières colorantes végétales.
V acétate de plomb produit, dans la solution des cbld-
ACIDE CHLORHYDRIQDE. 167
rures, un précipité blanc et cristallin de chlorure de plomb (PbCI), soluble dans Teau bouillante.
Le protonitrate de mercure donne un précipité blanc de protochlorure de mercure (Hg^Cl).
La réaction des sels d'argent est caractéristique pour les chlorures.
157. Le chlorure le plus répandu dans la nature, et qui sert de matière première pour la préparation du chlore et de tous les autres chlorures , c*est le chlorure de sodium ou sel gemme qu'on trouve en mines presque inépuisables en France (Vie et Dieuze , département de la Meurthe) , en Angleterre, en Allemagne, en Pologne (Wieliczka), et en dissolution dans Teau de mer (la proportion du chlorure de sodium y varie de 10 à 25 millièmes), ainsi que dans toutes les sources salées.
Parmi les chlorures artificiels , les suivants méritent d*être mentionnés : les deux chlorures de mercure {calomet, Hg^Cl, et sublimé corrosif, HgCl) employés dans l'art de guérir; le chlorure d'antimoine ou beurre d'antimoine (SbCP), servant aux médecins pour cautériser certaines plaies, et aux armuriers pour bronzer les canons de fusil ; le protochlorure d'élain ou sel d'étain (SnCl), d'un usage fréquent dans la teinture; le chlorure de calcium (CaCI), connu par son avidité pour l'eau et servant, dans les laboratoires de chimie, comme agent de dessiccation, etc.
158. Acide bromliydrique. — L'acide bromhydrique (HBr) est un gaz qui présente des caractères semblables à ceux de l'acide chlorhydrique.
Les bromures présentent la plus grande analogie avec
i6d RÉACTIONS.
les chlorures » sous le rapport de la solubilité , et de la manière dont ils se comportent avec la chaleur.
Le nitrate d'argent donne , dans la solution des bromures, un précipité jaunâtre de bromure d'argent (AgBr], insoluble dans l'acide nitrique, et peu soluble dans l'ammoniaque; le précipité se colore en violet à la lumière.
Le chlore décompose les bromures ; quand on ajoute (le l'eau chlorée à un bromure, le liquide se colore en jaune rougeâtre par du brome mis en liberté, dont on peut s'emparer en agitant le liquide avec de Téther.
V acide nitrique décompose les bromures (à Texception de ceux de mercure et d'argent) en isolant du brome, qui colore le liquide en jaune rougeâtre. Le brome mis en liberté colore en jaune l'empois d'amidon.
Chauffés avec de Vacide sulfurique et du bioxyde de manganèse, la plupart des bromures dégagent du brome en vapeurs jaune rougeâtre.
Les réactions du nitrate d'argent^ du chlore et de l'acide nitrique sont caractéristiques pour les bromures.
159. Les bromures à base de sodium, de calcium ou de magnésium sont contenus en petite quantité dans l'eau de mer et dans l'eau des sources salées. On a aussi trouvé du bromure d'argent au Mexique et à Huelgoat en Bretagne.
160. Acide iodhydrique. — L'acide iodhydrique (Hl) est un gaz semblable aux acides chlorhydrique et bromhydrique. Sa solution aqueuse est incolore; mais elle brunit rapidement à l'air en mettant de l'iode en liberté ({ui se dissout dans l'acide iodhydrique.
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Les iodures métalliques présentent beaucoup de rapports avec les chlorures et les bromures; cependant il existe un plus grand nombre d*iodures insolubles dans l'eau (notamment les iodures de cuivre au minimum, de mercure au minimum et au maximum, d'argent, de plomb]. Ils sont sans odeur et souvent d'une belle couleur.
La chaleur volatilise plusieurs iodures.
Le nitrate d'argent donne dans la solution des iodures un précipité jaune clair d*iodure d'argent (Agi), insoluble dans Tacide nitrique étendu , et presque insoluble dans l'ammoniaque.
Le bichlorure de mercure précipite en jaune (biiodure de mercure, Hgl), et le précipité se transforme en peu d'instants en une poudre cristalline d'un beau rouge , soluble dans un excès d*iodure alcalin, dans un excès de bichlorure de mercure, et dans l'acide clilorbydrique.
Le protonitrate de mercure donne un précipité jaune verdâtre de protoiodure de mercure (Hg^J).
Un mélange de sulfate de cuivre et de protosulfate de fer précipite du protoiodure de cuii^re (Cu^J) d'un blanc sale, taudis que le liquide se colore en brun par de l'iode mis en liberté. L'addition d'un peu d'ammoniaque favorise la précipitation de l'iode. Ni les chlorures, ni les bromures ne présentent cette réaction avec un mélange de sulfate de cuivre et de sulfate de fer.
xSeau chlorée colore en jaune la solution des iodures, en mettant de l'iode en liberté, et le li<|uide bleuit alors par Vempois d'arnidon. Cette réaction est fort sensible et décèle les moindres quantités d'iode. Les iodures seuls,
bien entendu, ne la présentent pas. L'eau chlorée qu'on emploie pour mettre Tiode en liberté doit y être versée avec beaucoup de précaution, car si on la verse en excès sur riodure il se produit un chlorure d'iode qui ne bleuit pas Tempois d'amidon.
Chauffés avec Vacide nitrique^ les iodures secs dégagent des vapeurs rutilantes et des vapeurs violettes d^iôde. Si Ton ajoute Vacide nitrique à la solution d'un ioduro, l'iode devient libre et colore alors en bleu Yempois d'amidon.
Chauffés avec un mélange d'acide sulfurique et de bioxyde de manganèse, los iodures dégagent des vapeurs violettes d'iode. L'acide suUurique conc<^ntré peut seul déjà dégager des vapeurs d'iode, si ou le cliauffe avec un iodure ; alors il se produit en même temps de Tacide sulfureux. Lorsque l'iode est en très petite quantité , il est impossible de le reconnaître à la couleur de sa vapeur, et il faut alors employer l'empois d'amidon. Le moyen le plus sûr pour découvrir l'iode dans une substance non dissoute consiste à y verser de l'acide sulfurique concentré, après l'avoir mise dans un petit ballon, qu'on ferme ensuite légèrement avec un bouchon, auquel on a suspendu une bande de papier enduite d'un peu d'empois d'amidon ; cette bande se colore en bleu, dans l'espace de quelques heures, pour peu que la matière contienne de l'iode.
Une solution de nitrate ou de chlorure de palladium produit, dans la solution des iodures, un précipité noir d'iodure de palladium (PdJ).
Les réactions de l'acide chlorhydrique, de l'acide qh