ACIDE NITRIQUE
trique avec l'empois d*amidon, et des sels de palladium, sont caractéristiques pour les iodures.
161. Les iodures à base de potassium, de sodium, de calcium et de magnésium se rencontrent en petite quantité dans l'eau de mer et dans l'eau de plusieurs sources salées. On les trouve en quantité plus notable dans les cendres des fucus qui croissent sur les bords de la mer.
L'iodure d'argent constitue un minéral jaune assez fréquent au Chili.
TROISIÈME GROUPE
Acides dont les solutions ne précipitent ni par le chlorure de baryum ni par le nitrate d'argent.
162. Acide nitrique. •— L'acide nitrique (N0^ HO) est un liquide incolore, fumant à l'air, coloré en rouge ou en jaune lorsqu'il contient de l'acide nitreux ; il détruit promptement les matières organiques, et colore beaucoup d'entre elles en jaune foncé. L'acide nitrique anhydre (NO^,NO^) se présente sous la forme de cristaux assez altérables, bouillant à U5 degrés.
■ Les nitrates neutres (NO\MO) sont tous solubles dans l'eau ; quelques soiis-nitrates (NO^nMO) y sont insolubles, mais ils se dissolvent dans les acides.
La chaleur rouge les décompose avec dégagement d'oxygène et de vapeurs rutilantes.
Quand on projette un nitrate sur des charbons ardents^ ou qu'on introduit un morceau de papier ou toute autre substance organique dans un nitrate maintenu en fusion, il s'effectue une vive déflagration.
172 BBACTIONS.
Quand on verse de V acide sulfurique concentré dans la solution d*un nilrate, et qu'on jette dans le mélange refroidi un cristal de protosulfaie de fer^ on le voit s'entourer d*une auréole brune ou noire. Cette coloration est due à une combinaison particulière du bioxydc d'azote avec le sulfate de fer; le bioxyde d'azote provient luimême d'une désoxydation de l'acide nitrique libre en présence d'une autre portion de sel de fer. Pour bien apercevoir cette coloration, il Tant éviter d'agiter la matière et surtout de la chauffer.
Si Ton ajoute une goutte d*une solution d'indigo à la solution d'un nitrate, de manière à la colorer en bleu, puis quelques gouttes d'acide sulfurique, elle se décolore par rébullition, Tindigo s'oxydant aux dépens de l'acide nitrique mis en liberté.
Quand on mélange un nilrate avec de la limaille de cuivre, et qu'on y verse de l'acide sulfurique concentré, il se développe, par la chaleur, des vapeurs rutilantes.
La déflagration sur les charbons rouges et la réaction du protosulfate de fer, sont caractéristiques pour les nitrates.
163. On trouve les nitrates, particulièrement ceux à base de chaux, de potasse, de magnésie, dans tous les lieux habités, sombres et humides, dans les écuries, les caves, les bergeries, etc. Les plantes qui croissent près des murailles, comme la pariétaire, la mercuriale, la bourrache , la buglosse , en renferment abondamment. Dans les grandes plaines de la Chine, de l'Inde, de l'Egypte, la terre est tellement pénétrée de nitrate de potasse {sol' pêtre), qu'elle donne ce sel par un simple lessivage. Le
AGIDB CALORIQUE. 173
nitrate de soude {salpêtre du Chili) forme des dépôts (rès étendus dans le Pérou et le Chili.
164. Acide elilorique.— L*acide chlorique à Téta très concentré se présente sous la forme d'un liquide jaune, huileux, ayant une odeur semblable à celle de l'acide nitrique. Il rougit le tournesol , mais la couleur blanchit bientôt. Il est fort soluble dans Teau.
Les chlorates neutres (ClO^iMO) sont solubles dans Teau; quelques sous-chlorates y sont insolubles, mais solubles dans les acides dilués.
La chaleur décompose tous les chlorates , même audessous du rouge, en donnant de l'oxygène et du chlorure qu'on reconnaît par les sels d'argent.
SvLV les charbons incandescents, les chlorates se comportent comme les nitrates ; il est même des chlorates qui détonent violemment par le choc en présence des corps combustibles.
Vacide stdfurique concentré colore les chlorates en jaune , et en dégage déjà à froid des vapeurs jaunes d'acide hypochlorique (CIO*).
Chauffés avec Y acide chlorhydrique , les chlorates dégagent un gaz jaune, composé d'un mélange de chlore et d'acide hypochlorique.
Avec une solution d'indigo, les chlorates se comportent comme les nitrates.
Sont caractéristiques pour les chlorates : la déflagration sur les charbons roîigcs, le dégagement du gaz hypochlorique par l'acide sulfuriqueet la formation dos chlorures par la calcinatiou. La manière la plus sûre de
i7/| RÉACTIONS.
(lôoouvrir los chlorates, consiste à calciner au rouge la niatioie quon examine, et à faire sur le résidu les réactions qui caractérisent les chlorures.
Tous les chlorates sont des produits artificiels. Le chlorate de potasse est particulièrement employé dans les laboratoires de chimie pour la préparation de l'oxygène.
B. Acides organiques.
165. Les acides organiques, pris en considération dans ce livre, peuvent être divisés en deux groupes :
Premier groiîpe : Acides pouvant être volatilisés par l'ébullition de leurs sels avec Tacide sulfurique étendu* 11 conjprend : les acides cyanhydrique, acétique^ formique et bimzaïquc.
Deuxième groupe : Acides ne pouvant pas être volatilisés par rébullition de leurs sels avec Tacide sulfurique étendu. 11 comprend : les acides oxalique^ tartiHque^ ci* trique et lualique,
1G6. Acide cyaiiHydrique. — L'acide cyanhydrique (IIC^N ou IlCy) forme un liquide très volatil et incolore, dont la vapeur est combustible et brûle avec une flamme bleuâtre. Il possède une odeur rappelant celle des amandes amères, et constitue un poison extrêmement violent. Il se décompose promptement à l'état de pureté en déposant une matière brune. L'acide étendu d'eau ou d'alcool est plus stable.
Les cyanures alcalins et terreux sont solubles dans l'eau ; ils ne se décomposent pas par la chaleur hors du
ACIDK CYANHYDRIQUE. 175
contact de Tair. Les autres cyanures sont insolubles dans Teau, et se décomposent par la chaleur en donhant du métal ou du carbure.
Si Ton fait fondre V oxyde de^plomb, de cuivre^ d'antimoine, d'étain, etc., avec un cyanure alcalin, ces oxydes se réduisent à Tétat métallique.
Avec les acides minéraux, notamment avec Tacide sulfurique, la plupart des cyanures dégagent de Tacide cyanhydrique , reconnaissable à Todeur d'amandes amères.
Beaucoup de cyanures métalliques sont difficilement décomposés par les acides minéraux , les acides chlorbydrique et sulfhydrique exceptés ; ils se dissolvent par contre dans les cyanures alcalins.
Le nitrate d'argent donne dans la solution des cyanures un précipité blanc de cyanure d'argent (AgCy), sôluble dans le cyanure de potassium, peu soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide nitrique, se décomposant par la chaleur rouge en gaz cyanogène (brûlant avec une flamme pourpre) et en argent métallique.
Lorsqu'on mélange un cyanure alcalin avec du sulfate ferroso'ferrique , puis avec de l'acide chlorhydrique, la liqueur est colorée par du bleu de Prusse. Pour reconnaître par cette réaction l'acide cyanhydrique libre, il faut préalablement ajouter de la potasse à la liqueur.
Les réactions précédentes ne sont pas applicables au cyanure de mercure. Pour obtenir avec ce sel les réactions des cyanures, il faut d'abord en séparer le mercure. La réaction du bleu de Prusse se produit si l'on ajoute au cyanure de mercure de l'acide chlorhydrique et du fer
métallique qui précipite le mercure ; on y verse ensuite de la potasse, puis de Tacide chlorhydrique qui dissout le précipité d*oxyde ferroso-ferrique, en laissant le bleu de Prusse en suspension dans le liquide.
Lorsqu'on ajoute un excès de pelasse à une solution d*acide cyanhydrique, puis de l'oxyde de mercure en poudre fine, celui-ci se dissout aussi aisément que dans Tacide cyanhydrique libre.
Les cyanures doubles ne donnent pas non plus toutes les réactions des cyanures simples ; toutefois ils dégagent de Tacide cyanhydrique quand on les distille avec Tacide sulfurique.
Le ferrocyanure de potassium (2CyFe,^CyK) précipite les sels de fer au maximum en bleu foncé, les sels de cuivre en marron, les sels de fer au minimum en blanc, bleuissant à l'air. Il n'est pas précipité par le sulfhydrate d'ammoniaque.
Le dégagement de l'acide cyanhydrique par les acides minéraux et la formation du bleu de Prusse par les sels de fer sont caractéristiques pour les cyanures.
Tous les cyanures sont des produits artificiels. Le cyanure de potassium et le ferrocyanure de potassium sont les cyanures les plus employés dans les arts et dans les laboratoires de chimie.
167. Acide «cëtique. — L'acide acétique hydraté (C^H^O^jHO) se présente sous la forme de cristaux incolores, feuilletés et transparents, qui fondent à 17 degrés en un liquide incolore, très acide et d'une forte odeur piquante. La chaleur le volatilise entièrement (à 120*»)
ACIDB ACÉTIQUE. 177
sans le décomposer ; sa vapeur est combustible et brûle avec une flamme bleue. Il se mêle en toutes proportions avec Teau et Talcool.
L*acide acétique anhydre (C^HW,C^H303) est un liquide incolore, bouillant à i37°,5, et d'une odeur très forte qui excite le larmoiement ; verso dans l'eau, il tombe au fond et ne s'y dissout que par Tagitation ou si l'on chauffe légèrement le liquide.
La plupart des acétates sont solublcs dans Teau e l'alcool ; la plupart sont même fort solubles dans l'eau.
La chaleur rouge les décompose en donnant, entre autres produits, de l'acide acétique et de l'acétone, et en laissant du métal , de l'oxyde, ou du carbonate mélangé (le charbon. .
Chauffés avec de Vacide sulfurique dilué, les acétates dégagent de l'acide acétique, reconnaissablc à son odeur piquante ; chauffés avec de l'acide sulfurique concentré et de l'alcool, ils dégagent de l'éther acétique reconnaissablc à son odeur agréable.
Chauffés avec de Vacide arsénieux et un alcali caustique fixe en poudre bien desséchée, les acétates dégagent du cacodyle (arséniure de mélhyle), remarquable par son odeur repoussante.
Le perchlorure de fer, mélangé avec un acétate neutre, prend une teinte rouge foncée ; l'acide acétique libre ne donne pas cette réaction.
Le nitrate d'argent produit , dans les acétates neutres, un précipité blanc cristallin d'acétate d'argent (C^HW, AgO). peu soluble dans l'eau froide, soluble dans l'eau bouillante.
178 HÉACTIONS.
Le protonitrate de mercure produit , dans Tacide acétique et dans les acétates neutres, un précipité blanc cristallin d'acétate de mercure (C^H^O^jHg^O), que Teau bouillante décompose en partie en séparant du mercure métallique.
Quand on distille une acétate avec de Tacide sulfurique étendu, et qu'on met la liqueur distillée en digestion avec un excès à' oxyde de plomb ^ on obtient une solution de sous-acétate à réaction alcaline.
Sont caractéristiques pour les acétates : Todeur et la volatilité de l'acide acétique qu'on en expulse par l'acide sulfurique, les réactions du perchlorure de fer et de l'acide arséiiieux.
Tous les acétates sont des produits factices : l'acétate de plomb [sel de Saturne), l'acétate et le sous-acctate de cuivre {verdet, vert de gris), sont employés dans la teinture.
168. Acide fformlque. — L'acide formique (G^H 03,H0) est un liquide incolore d'une odeur extrêmement piquante, semblable à celle des fourmis qu'on irrite. Il est très corrosif et produit sur la peau de véritables brûlures. Il se môle à l'eau en toutes proportions. Il est volatil sans décomposition et bout à 100'' ; sa vapeur est inflammable et brûle avec une flamme bleue.
Les formiates sont solubles dans l'eau.
Chaufies avec de Vacide sulfurique dilué, ils dégagent de l'acide formique reconnaissable à son odeur. Lorsqu'on chauffe l'acide formique ou un formiate avec de l'acide sulfurique concentré, ils se décomposent sans
ACIDE FORMIQUE. i7fi
noircir en dégageant du gaz oxyde de carbone qui , allumé, brûle avec une flamme bleue. Cette réaction se conçoit si Ton considère que Tacide formique renferme les éléments dé l'oxyde de carbone et de Feau :
Acide formique. Oxyde de carbone. Eau.
Lé nitrate d'argent ne précipite pas l'acide formique libre, et ne précipite les formiates à base d'alcali qu'en solution concentrée. Le précipité, d'abord blanc et cristallin, se réduit rapidement à l'état métallique ; à chaud cette réduction s'opère immédiatement ; elle a lieu aussji si l'on chauffe, avec le nitrate d'argent, l'acide formique libre, même en solution étendue. L'acide formique, dans celte réaction, s'oxyde et passe à l'état d'acide carbonique :
C«H0î,H0 4- 2(N05,AgO) = 2Ag +2(N05,H0) + âCO*.
Ac. formique. Nitrate d'argent. Argent. Ac. nitrique. Ac. carbonique.
Le nitrate de mercure ne précipite pas l'acide formique libre ; mais, dans les solutions concentrées des formiates à base d'alcali, il produit un précipité blanc, peu soluble, deformiate de mercure ; celui-ci devient gris au bout de quelque temps, en mettant en liberté du mercure métallique. Cette réduction s'opère immédiatement à chaud, même dans des liqueurs étendues.
IjC bichlorure de mercure étant chauffé avec l'acide formique, se réduit en donnant un précipité de protochlorure de mercure; si la liqueur est portée en ébullition, il se produit du mercure métallique.
Le perchlorure de fer colore en fougo foncé la solution des formiates neutres ; lorsqu'on fait bouillir la liqueur
presque tout le fer se précipite à Télat de soi Est caractéristique pour Tacicle formique : la i tion quMl fait éprouver aux sels d'argent et de me L'acide formique se produit dans une foule de lions, notamment par Toxydation des matières orga (fécule, sucre, gomme) au moyen d'un mélange c sulfurique et de peroxyde de manganèse. Il est i par les fourmis qui le projettent lorsqu'on les irr entre également dans la composition de la liqueur tique qui est contenue dans les poils des cheni d'autres insectes.
169. Acide benaEoVque. — L'acide ben (OWO^^HO) se présente sous la forme de pa incolores et brillantes; celui du commerce pt généralement une légère odeur de benjoin. Il se tilise et se sublime entièrement par la chaleur, en dant des vapeurs acres qui irritent la gorge. II e peu soluble dans l'eau, mais il se dissout aisémen l'alcool et dans l'éther.
Les benzoates à base d'alcali ou de terre alcalii solubles dans l'eau; lorsqu'on ajoute un acide mil leur solution aqueuse, l'acide benzoïque se préc l'état cristallin.
Vacétate de plomb ne précipite pas immédia l'acide benzoïque libre, mais il précipite des blancs dans la solution des benzoates à base d'aï
Le nitrate d'argent la précipite en blanc caillebc précipité est soluble dans l'eau bouillante et se 1 ar le refroidissement en paillettes.