C. Sels insolubles dans l'eau et dans les acides
266. Le nombre des sels insolubles, à la fois dans Teau et dans les acides, est très limité ; aussi n'a-t-on à prendre en considération que les composés suivants :
Chlorure d*argent,
Sulfate de baryte, Sulfate de strontiaue, Sulfate de chaux, Sulfate de plomb.
Fluorure de calcium , Fluosilicate de baryte.
Bromure d*argent, lodure d'argent.
Chlorure de plomb.
Silice.
Parmi ces corps, le sulfate de chaux et le chlorure de plomb se dissolvent dans Teau en petite quantité, et le sulfiite de plomb est un peu soluble dans Tacide chlorhydrique. Cependant, la solubilité de ces trois corps est assez faible pour qu'il soit avantageux de les traiter comme des sels tout à fait insolubles.
Dans le cas qui nous occupe, on détermine à la fois l'acide jet la base.
On commence par humecter une certaine quantité du sel proposé avec une goutte de sulfhydrate d'ammoniaque :
A, 11 devient noir, I B, Il reste blanc.
Sulfate de plomb, Chlorure de plomb, Chlorure d*argeDt, Bromure d*argeat , lodure d'argent.
Sulfate de baryte.
Sulfate de stronliane.
Sulfate de chaux.
Silice,
Fluorure de calcium ,
Fluosilicate de baryte.
A. Le sel noircit par le sulfhydrate d'ammoniaque. — On en met une quantité plus considérable en digestion à une
S&6 ANALYSES SPÈCIALK8.
douce chaleur, avec du sulfhydrate d'ammoniaque ; le métal est ainsi transformé en sulfure et Tacide passe dans la solution. On étend d'eau, on filtre et l'on examine à part le résidu et la solution.
Résidu, -— Oq dissout dans l'acide nitrique le résidu lavé, on étend la diisolution de beaucoup d'eau, et Ton y cherche le pUmb par Tacide sulfurique, Vargent par Tacide ohlorhjdrique et Tammoniaque.
Solution, — On ajoute un excès diacide chlorhydrique à une portion de la solution , et Ton fait bouillir pour chasser Thydrogène sulfuré ; on étend d'eau , et Ton cherche Vacide sulfuriquô par le chlorure de baryum; à une autre portion, on ajoute de Tacide nitrique pur, on chasse Thydrogène sulfuré par rébnilltfon, et Ton cherche par le nitrate d'argent Vacide chlorhydrique , Vaoid$ bromhydriquê et Vacide iodhydrique. On distingue ces trois acides par les procédés iqdiqués pour les sels solubles dany Teau.
B. Le seine noircit pas par le sulfhydrate d'ammoniaque» •—On fond une petite quantitédu composé, réduit en pou^ dre fine, avec quatre fois son poids d'un mélange de carbonate de soude et dépotasse, et Ton fond le tout dans un petit creuset de platine sur la lampe à double courant d*air. On laisse refroidir la masse fondue, puis on la fait bouillir avec de Teau.
Tout se dissout. — On sursature la solution par l'acide chlorhydrique , et l'on évapore k siccité. Un résidu blanc insoluble dans l'acide chlorhydrique dilué indique la silice.
Il reste un résidu blanc. — Dans ce cas , le corps proposé est un sulfate alcalino-terreux, du fluorure de calcium ou du fluosilicate de baryte. On filtre, on lave avec soin le résidu de carbonate insoluble, puis on le dissout dans une petite quantité d'acide chlorhydrique dilué, et l'on détermine, par les essais indiqués précédemment pour les sels solubles dans l'eau, si la solution contient de la baryte, de la strontiane ou de la chaux.
EMPUISONNBMKNT PAR l'aRSËNIC. 3/|7
Dans la liqueur léparée par le filtre du carbonate insoluble» on cherche Vacide sulfurique au moyen du chlorure de baryum.
Si l'on ne découvre pas cet acide, il faut chercher Vacide fluor* hydrique et Vacide fluosiliciqw en chauffant le sel proposé avec de racide sulfurique concentré : Tacide fluorhydrique se reconnaîtra à Taction corresive quMl exerce sur le verre; Tacide fluosilicique, à la formation de silice gélatineuse qu'on observera en dirigeant dans Teau tes vapeurs dégagées pnr Tacide sulfurique concentré*
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D'BMPOiaomnDnnT.
267. Au point de Tue chimique, Tarscnic libre ou combiné est facile à reconnaître. Sa volatilité, l'odeur alliacée qu'il répand au contact des charbons ardents, permettent de le distinguer aisément des corps avec lesquels il présente le plus d*anaIogie. Les réactions que nous avons décrites, suffisent, dans la plupart des cas» pour en démontrer la présence dans une dissolution.
Il n'en est plus ainsi lorsque Tarsenicest incorporé aux tissus de l'organisme, ou mélangé avec des matières organiques qui en masquent les propriétés. Le monstrueux abus dont il est souvent Tobjet , donne un intérêt parti* culier aux procédés qu'on met en usage pour en accuser les moindres traces.
Dans toute expertise, on doit chercher d'abord s'il existe du poison en nature dans les matières incriminées. Lorsqu'on rencontre, soit dans les matières vomies j soit dans l'estomac ou les intestins, de petites masses blan-
châtres qu'on soupçonne être de racide arsénieux, on les met de côté pour les soumettre aux essais indiqués plus bas. Dans le cas contraire, on triture ces matières, on les délaie dans Teau froide , puis on décante après que les parties les plus lourdes se sont déposées; on relire de ce dépôt, par des moyens mécaniques, toutes les parties suspectes.
Pour reconnaître si celles-ci se composent d'acide arsénieux, on en introduit une parcelle au fond d*un petit tube étiré en pointe (fig. 25), et Ton place par-dessus une
petite esquille de charbon.
^gs^^^^^^^^""^^^ ^ A l'aide d'une lampe à alcool, on chauffe au rouge d'abord la partie occupée par le charbon b, puis celle qui contient la matière sus* pecte a : la pointe effilée s'affaissera alors dans la flamme, l'acide arsénieux volatilisé, passant en vapeur sur le charbon incandescent, sera réduit, et l'on verra se déposer, dans la partie froide du tube c, un anneau d'arsenic , sous la forme d'un miroir métallique brun noir, très brillant. Mais, pour que la preuve soit entière, cet anneau a encore besoin d'être soumis à quelques essais que nous indiquerons plus loin (270).
La recherche de l'arsenic absorbé et répandu au sein des tissus , exige d'autres manipulations préparatoires. Les propriétés chimiques de l'agent toxique sont alors entièrement dissimulées par les substances organiques auxquelles il est incorporé, et aucun réactif n'en peut