‹ Précis d'analyse chimique qualitativeChapitre 96 sur 130 · Coloration par la sonde canstiqne. — On ajoutc · texte numérisé non relu

Coloration par la sonde canstiqne. — On ajoutc

1 volume d'une solution de soude (d'une densité de l,3/i) à 5 volumes d*huile, en mélangeant le mieux possible, et Ton chauffe le mélange jusqu'à Tébullition.

Ne se colorent pas ou se colorent à peine :

Huile de pied de bœur, blanc sale légèrement jaunûlro.

— de saindoux, blanc rosé.

— de colza, \

— d'œilleUe, I blanc sale jaunâtre.

de noix,

de sésame,

de ricin, ) . ,

, ;. blanc,

d arachide, J

— de ricin, J

Prennent une coloration prononcée:

Huile de dauphin, \

— de cachalot, > rougeâlre.

— de foie de morue, )

— de chènevis, jaune brunâtre, épaisse.

— de lin, jaune, fluide.

La soude caustique de la concentration indiquée est particulièrement utile pour distinguer les AutV^se/^jDomon par la coloration rougequ*elle leurcommunique. On peut aussi consulter le tableau précédent lorsqu'il s*agit non de découvrir une falsification, mais de s'assurer delà nature de riiuile elle-même. Ainsi Vhnile de chènevis acquiert une teinte rouge brun, et devient si épaisse que le vase qui la renferme peut être renversé sans rien perdre de son contenu, tandis que Vhuile de lin prend une couleur jaune beaucoup plus brillante et reste fluide ; Vhuile d'arachide donne une masse blanche et devient solide par l'addition de l'alcali ; les huiles de Gallipoli et de colza se comportent de môme ; les autres huiles restent fluides.

Lorsqu'on a recours, dans les essais des huiles, aux

MATIÈRES ANIMALES. (i39

pfionomènos de coloralion que nous venons de résumer, il faut user de beaucoup de circonspection et ne jamais se prononcer sans avoir t'ait les mômes expériences sur des échantillons d*huile sur la pureté et Torigine desquels on ait une entière certitude.

ABTAIiTSE BES KATISasa ANIMAXiSS.

318. FI n'est guère possible, dans l'état de la science, de donner, pour les matières animales, une méthode d'analyse qualitative qui soit aussi générale et aussi rigoureuse que celle qu'on emploie pour les substances minérales. Le plus souvent, pour mettre en évidence les substances animales, on est obligé de les isoler et d'étudier ensuite leurs caractères à l'aide du microscope et des réactifs chimiques. Dans quelques cas seulement on peut suivre une marche plus générale.

Caractèues des principales substances animales.

319. Matières aibnmlnoidteft. — Ces matières, très répandues dans les liquides et dans les parties solides de l'organisme animal, comprennent Valbumine, h fibrine et la caséine. Elles sont toutes composées de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène et de soufre, dans des proportions peu différentes; on y trouve également du phosphore, probablement à l'état de phosphate.

Elles sont toutes amorphes, et se décomposent par la distillation, en dégageant des produits ammoniacaux et de l'hydrogène sulfuré.

Elles se présentent sous deux modifications, l'une so-

/|/lO ANALYSES SPECCALES.

lubie, Tautre insoluble. On sait, par exemple, que Talbuniinequi, en dissolution dans Teau, forme le blanc d'œuf, est coagulée par la chaleur et devient ainsi entièrement insoluble dans le même liquide; cette coagulation ne change pas la composition de Talbumine. Ce passage d'une modification à Tautre ne s'effectue pas de la même manière pour toutes les substances albuminoïdes : il a lieu tantôt par rébullition du liquide qui les renferme, tantôt par l'addition d'un acide minéral, tantôt déjà d'une manière spontanée.

Les matières albuminoïdes présentent plusieurs réactions caractéristiques :

Les alcalis caustiques les dissolvent; si Ton sature la solution par l'acide acétique, il se forme un précipité gris, floconneux, accompagné d'un dégagement d'hydrogène sulfuré; en même temps on trouve alors de l'acide phosphorique dans la liqueur.

Vacide chlorhydrique concentré et bouillant les dissout, en prenant une teinte violacée. Cette réaction est surtout tranchée avec l'albumine.

V acide nitrique concentré les colore en jaune.

L'iode leur communique également une coloration jaune, qui est surtout caractéristique quand on observe la réaction au microscope.

Le nitrate de mercure (obtenu par la dissolution du mercure métallique dans l'acide nitrique étendu) les colore en rouge.

Presque tous les sels métalliques précipitent la dissolution des matières albuminoïdes ; les précipités sont peu caractéristiques.

MATIÈRES ANIMÂLI-S. lil\\

Voici les caraclères distinctifs des matières albuminoides :

Albumine. — Une solution d'albumine se coagule ù la tempéralurc de 70'. Lorsque la liqueur est alcaline, il faut, pour produire la coagulation, la saturer d'ubord par Pacide ùcétique, en évitant d'empluyer celui-ci en excès. L^acide acétique ne coagule pas les solutions d'albumine. L'acétate de plomb et le sulTate de cuivre précipitent Talbumiue de ses dissolutions.

Fibrine. — Elle se distingue des autres matières albuminoïdes par la propriété qu'elle possède de se coaguler spontanément. Elle ne peut exister en dissolution dans un liquide, qu'autant qu'il est sous l'influence de la vie; dès qu'il y est soustrait, la fibrine passe de la modification solublc à la modification insoluble.

Caséine. — La solution de la caséine ne se coagule pas par l'ébulli-' tion, mais, pendant Tévaporation, elle se recouvre d'une pellicule.

L'acide acétique précipite la caséine de ses dissolutions ; le précipité se redissout dans un excès d'acide.

Sous rinfluence de la présure, les solutions de caséine sont coagulées à la température de 40".

320. Sous les noms de globuline et de vilelline, on a désigné deux matières albuminoïdes qui diffèrent en quelques points des substances précédentes.

La globuline , en combinaison avec la matière colorante du sang {kématine), constitue les globules de ce liquide ; on la trouve aussi dans le cristallin de l'œil. Elle se rapproche de l'albumine par ses propriétés, toutefois elle s'en distingue en ce que sa solution ne se coagule qu'à une température (93**) voisine du point d'ébullition de l'eau. Aiguisée de quelques gouttes d'acide acétique, la solution de la globuline se trouble, et donne ensuite

l\U2 ANALYSES SPÉCIALES.

un précipité floconneux par la neutralisation de le liqueur avec Tammoniaque.

La vitellineest la matière albuminoide du jaune d*œuf. Elle n'est pas précipitée de ses solutions par Tacétatc de plomb et le sulfate de cuivre ; ce caractère sert à la distinguer de Talbumine.

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