Aeide nitrique* li^s
L'acide du commerce contenant presque toujours de l'acide sulfuriqne ou du chloride hydrique, on y verse une solution de nitrate argenlique ; tant qu'il y forme encore un précipité de chlorure argeniique, on laisse déposer et on décante l'acide dans une cor« nue, où on le distille presque à siccité. On étend Tacide distillé avec de Teau jusqu'à ce qu'il ne pèse plus que 1 ,2.
Examen. — Il doit être incolore et ne laisser aucun résidu lorsqu'on l'évaporé ; il ne doit pas troubler les nitrates argenlique et barytique qu'on ne doit y verser qu'après l'avoir étendu de beaucoup d'eau, parce qu'ils sont insolubles dans l'acide nitrique concentré.
Usage, — Cet acide est employé surtout comme dissolvant chimique des métaux, des oxydes, des combinaisons du soufre, des sels oxydés, etc. 11 agit sur les métaux et les sulfures métalliques, d'abord eu les transformant aux dépens d'une certaine partie de
it ANALYSE CHIMIQUE QUALlTATiVE. [§21.
son oxygène en oxydes, qu'il dissout ensuile en s'y unissant pour former des nitrates. La plupart des oxydes se dissolvent aussi dans l'acide nitrique à l'état de nitrates, de même que les oxydes des sels à acide faible, que Tacide nitrique décompose en en déplaçant Tâcide. Il dissout les sels à acide non volatil tout à fait delà même manière que le chloride hydrique. L'acide nitrique est Toxydanl le plus généralement employé, par exemple, pour transformer Foxyde ferreux en oxyde ferrique, pour décomposer Tiodide hydrique et les iodures, etc.
S. AeMe chloroiiitriqae. KClsOj ou liClOt*
Préparation, — On mélange une partie d'acide nitrique pur avec 3 ou 4 de chloride hydrique pur.
Usage. — Lorsqu'on mélange les acides nitrique et chloride hydrique, ils se décomposent mutuellement de manière à former du chlore, de l'eau, et deux combinaisons gazeuses douées, suivant les circonstances, de la formule NClOj, ou NCljO,. Lorsqu'on fait le mélange avec 1 éq. d'acide nitrique, pour trois de chloride hydrique, on peut envisager qu'il ne se forme que de l'acide chlorohyponitrique, du chlore et de l'eau, suivant l'équation NOj-h 3ClH=NCljOj+Cl,3HO. Cette décomposition s'arrête au moment où la liqueur est saturée de chlore et recommence aussitôt qu'on change cet état de saturation en chauffant le mélange ou en y introduisant un corps capable d'en absorber le chlore. L'eau régale nous offre donc une source inépuisable de chlore et d'acides chloronitriques, et constitue un de nos moyens de chloruration les plus énergiques : aussi est-elle essentiellement employée à la dissolution de tous les métaux qui ne forment pas avec le chlore des combinaisons insolubles. Elle sert à dissoudre l'or et le platine qui, tous les deux, sont insolubles dans le chloride hydrique et l'acide nitrique employés isolément, puis enfin à décomposer différents sulfures, tels que le cinabre, etc.
4« AeMe aeétiquo. CiHsOj^idi*
Préparation, -^ On broie 10 parties d'acétate plombique neutre avec trois parties de sulfate sodjqueeffleuri; oo place le tout dans
une cornue, et on yerse dessus un mélange froid de 27sP&rti6s d'acide sulfurique et d'autant d'eau, puis on distille au baiu de sable jusqu'à sèc. On doit joindre le récipient à la cornue par un réfrigérant de Liebig.
Examen. — Il ne doit pas laisser de résidu lorsqu'on l'évaporé, ni précipiter quand on le traite par le sulfide hydrique ; et après l'avoir étendu d'eau, lorsqu'on y verse les solutions d'argent et de baryte; cette dernière ne doit pas le troubler^ même après qu'on l'aura fait bouillir avec de l'acide nitrique. Lorsque ce dernier cas se présente, c'est la preuve que l'acide acétique est souillé d'acide sulfureux; il faut alors le rectifier après l'avoir laissé quelque temps en digestion sur du suroxyde plombique brun. Il ne doit pas altérer lasolution d'indigo avec laquelle on le fera bouillir . ( Voir § 1 5, a.)
Usage, — L'emploi de cet acide est basé sur ce qu'il y a des substances qu'il dissout et d'autres qu'il ne dissout pas. Par exemple, il sert à distinguer l'oxalate d'avec le phosphate calcique. L'acide acétique sert encore àacidulerles liqueurs dans lesquelles on veut éviter la présence des acides minéraux.
é» Chlorure mnoiOBiqae* MII^^Cl»
Préparation. — On l'obtient ordinairement assez pur en faisant recrislalliser le sel ammoniac du commerce. Lorsqu'il contient du fer, il faut verser du sulfure ammonique dans sa solution, et laisser le précipité se former; fillrcr, puis verser dans le mélange du chloride hydrique jusqu'à cequ'il devienne faiblement acide ; faire bouillir, filtrer de nouveau, neutraliser avec de l'ammoniaque, et faire cristalliser. Sa solution se fait avec 1 partie de sel ammoniac pour 8 d'eau.
Eccamen. — Évaporée sur une feuille de platine, la solution de sel ammoniac y laisse un résidu qui doit se volatiliser en [totalité lorsqu'on continue aie chauffer. Cette solution, qui doit être parfaitement neutre, ne doit pas être altérée par le sulfure ammonique.
Usage, — Le sel ammoniac est essentiellement employé à tenir en dissolution certains oxydes, tels que Toxyde magnésique ou l'oxyde manganeux, ou des sels tels, par exemple, que le tartrate ealcique, en présence.d'autres oxydes ou de sels précipitables, dans les mêmes circonstances, par l'ammoniaque ôu]quelque autre réac-
tif. Cet usage-là est basé sur la singulière tendance qu'ont les sels ammoniacaux à former avec certains autres sels des combinaisons doubles solubles. Il sert aussi à distinguer entre eux beaucoup de précipités qui se ressemblent par la plupart de leurs caractères physiques : c'est ainsi qu'on sépare le phosphate ammonicomagnésique, qui y est insoluble, d'avec les autres précipités magnésiques. 11 sert à séparer de leur solution, dans la potasse, plusieurs corps, tels que Talumine et Toxyde chrômique, qui sont insolubles dans l'ammoniaque; le sel se décompose alors en produisant du chlorure potassique, de l'eau et de l'ammoniaque. Il est tout spécialement employé pour précipiter le platine de ses solutions, sous forme de chloro-platinate ammonique.
C. Réactifs essentiellement employés à séparer ou caractériser ultérieurement les groupes des corps.
!• Papiers réactifs.
a. Papier bleu de tournesol.
Préparation, — On fait digérer une partie de tournesol du commerce dans 6 parties d'eau, et on divise la solution bleu foncé qu'on obtient en 2 parties. On sature l'alcali libre de l'une d'elles en y plongeant une baguette de verre trempée dans de l'acide sulfurique faible et remuant avec force la solution; on répète l'immersion de la baguette jusqu'à ce que la solution rougisse ; on y joint alors l'autre moitié de la liqueur bleue, et on verse le tout dans une capsule où l'on plonge alors des bandes de papier mince et non collé qu'on suspend à des fils pour les dessécher. La teinte de ce papier ne doit être ni trop forte ni trop faible.
Usage. — Le papier bleu de tournesol sert à découvrir les acides qui font passer sa couleur au rouge. H est à remarquer que le même changement de teinte peut être dû à la présence de la plupart des sels neutres à base d'oxydes métalliques insolubles dans l'eau.