RÉACTIONS PARTICULIÈRES
a. Alumine. Al^Os.
1^ L'alumine et son hydrate sont incolores et fixes. L'alumine, portée au rouge ou cristallisée, se dissout lentement et très-difficilement dans les acides qui dissolvent facilement son hydrate amorphe. Après avoir été chauffée au rouge avec des alcalis^ Talumine se dissout facilement dans les acides.
2° Les sels alumi niques sont incolores par eux-mêmes ; la plupart d'entre eux ne sont pas volatils: les uns sont solubles, les autres insolubles. Les sels solubles ont une saveur douceâtre et astringente, ils rougissent le tournesol et perdent leur acide au rouge. Les sels insolubles , à l'exception de quelques-uns qu'on trouve dans la nature, se dissolvent dans le chloride hydrique. Ceux des sels qui sont insolubles dans le chloride hydrique s'y dissolvent après qu'on les a portés au rouge avec du carbonate sodique ou du bisulfate potassique. -
3° La potasse forme dans les solutions d'alumine un volumineux précipité d'hydrate aluminique Al^O^, 3 HO, retenant delà potasse, et souvent aussi un sel basique ; il se redissout en entier et facilement dans un excès du précipitant, d'avec lequel on le sépare à froid, mais plus complètement à chaud, par une addition de chlorure ammonique (comparez § 23) dans le cas où la liqueur ne contient pas de substances organiques, ce qui est presque toujours le cas, lorsqu'on l'a filtrée sur du papier. Pour précipiter tout l'oxyde aluminique de cette solution, il faut l'acidifier avec du chloride hydrique, la chauffer et y jeter alors un peu de chlorate potassique qui détruit toute la matière organique; on précipite ensuite l'oxyde aluminique par l'ammoniaque. La présence des sels ammoniacaux n'empêche pas l'aluipine d'être précipitée par la potasse.
A^ Vammoniaque produit de même un précipité d'hydrate alu* minique retenant de l'ammoniaque et un sel basique. Il peut aussi
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êlre redissous par un grand excès du précipitant, lorsque la solution ne contient pas de sels ammoniques ; mais celte solution, qui ne s'opère jamais facilement, devient d'autant plus difficile que la liqueur contient plus de sels ammoniacaux. Cette manière d'agir explique pourquoi Thydratealum inique est précipité en totalité de sa solution dans la potasse par un excès de chlorure ammonique. 50 Lorsqu'on fait rougir au chalumeau de Talumine ou une de ses combinaisons, qu'on porte alors sur elle un peu d'une solution de nitrate cobcUteuœ, et qu'on fait rougir de nouveau, on obtient un mélange infusible de ces deux oxydes, coloré en beau bleu de ciel foncé. Cette couleur n*est bien sensible qu'après le refroidissement, et parait violette à la flamme des bougies.
&. Oxyde chrômique. Gr^Os.
i^ L'oxyde chrômique se présente sous forme de poudre verte, et son hydrate sous forme de poudre gris verdâlre tirant davantage sur le bleu. L'oxyde chrômique existe sous deux modifications, dont l'une se dissout, quoique lentement, dans les acides étendus, qui n'attaquent point du tout l'autre de ces modifications. Sous cette dernière forme, il se dissout, quoique lentement, dans l'acide sulfurique concentré et bouillant. La variété soluble, lorsqu'on la chauffe fortement, entre en vive incandescence, et passe à l'état de modification insoluble. L'hydrate chrômique se dissout avec facilité dans les acides.
2** On retrouve dans les sels ces deux modifications de l'oxyde : ceux qui correspondent à la modification insoluble sont violet clair, en général insolubles dans l'eau et les acides, tandis que ceux qui correspondent à la modification soluble sont verts; ils sont, les uns solubles, les autres insolubles dans l'eau ; tous, sans exception, se dissolvent dans le chloride hydrique. Beaucoup des sels verts passent^ lorsqu'on les chauffe, à la modification insoluble, en prenant une teinte violette. Fondus avec de la soude, ces sels repassent à la modification soluble. Les solutions des sels chrômiques possèdent, même lorsqu'elles sont fortement étendues, une teinie caractéristique vert noirâtre, rouge par Iransmission. Les solutions de quelques sels doubles , tels que l'alun de chrome, sont violet noirâtre. Les sels chrômiques solubles rougissent le tournesol ; ceux qui sont à acide volatil se décomposent au rouge.
d^ La potasse produit dans les solutions de ces sels un précipité vert bleuâtre d'hydrate chrômique Cr^Oj + 5 HO, qui se dissout facilement et complètement dans un excès du précipitant, qu'il colore en vert émeraude. Cette solution, bouillie pendant longtemps, abandonne Toxyde, qui s'en sépare de nouveau en totalité dans le cas où la liqueur ne contient pas de substances organiques en dissolution (Foy. §88, a, 3) et en laissante liqueur toutà faitincolore. Lorsqu'on verse dans cette solution du chlorure ammonique, et qu'on la chauffe, on en précipite de même tout l'oxyde chrômique.
4» Vammoniaqvs produit le même précipité d'hydrate chrômique, qui, peu soluble à froid, dans un excès du précipitant qu'il colore en lilas clair, s'en sépare en totalité lorsqu'on chauffe ensuite la solution.
5« Lorsqu'on fond de l'oxyde chrômique, ou quelqu'une de ses combinaisons , avec du salpêtre et un peu de carbonate sodique , on obtient toujours du chrômate alcalin provenant de faction de Toxygène, du nitrate décomposé; Toxyde chrômique passe par là à l'état d'acide, qui s'unit tant avec la potasse du salpêtre décomposé qu'avec la soude, en présence de laquelle il se trouve. [Voyez les réactions de Tacide chrômique, § 97. 6.)
6® Le sel de phosphore dissout l'oxyde chrômique et ses sels, avec lesquels il forme» tant à k flamme d'oxydation qu'à celle de réduction, des perles d'un vert jaunâtre clair, passant, par le refroidissement, au vert émeraude. Le borax agit d'une manière analogue.
Conclusions et observations. — La solubilité des hydrates, chrômique et aluminique dans la potasse caustique; et leur précipitation de cette solution par le chlorure ammonique les sépare nettement d'avec les oxydes des autres groupes, et peut servir à faire reconnaître l'alumine dans tous les corps qui ne contiennent pas d'oxyde chrômique. Quand cet oxyde s'y trouve, ce qu'annonce souvent déjà la couleur de la solution, et toujours l'action du sel de phosphore, il faut l'en écar»er avant que de séparer Palumine. On y parvient en faisant fondre le mélange avec du salpêtre. La précipitation de l'oxyde chrômique par l'ébullition de sa Solution dans la potasse, bien que suf&samiiient marquée quand
on prolonge rébullilion assez longtemps, n'en donne pas moins lieu à de fréquentes erreurs, parce que la présence des substances organiques dans la solution Tempèche de s'effectuer. 11 est important enfin de ne pas omettre que les alcalis ne produisent pas de précipité dans les solutions d'alumine, lorsqu'elles contiennent des substances organiques fixes, telles que du sucre, de Tacide tarlrique, etc., dont la présence n'influence pas, dans ce cas, d'une manière sensible, la précipitation de l'oxyde cbrômique.