CINQUIÈME GROUPE
Oxydes argentique, mercureux, mercurique, plombiqae^ bismuthique, cuivrique et cadmique.
Propriétés du groupe, --^Les sulfures correspondant à ces oxydes étant insolubles dans les acides étendus, ainsi que dans les sulfures alcalins, leurs solutions, qu'elles soient neutres, alcalines ou acides, sont toujours précipitées par le sulfide hydrique ; il n'y a d'exception à faire que pour les oxydes cuivrique ^t mercurique qui sont légèrement solubles dans les sulfures alcalins, ainsi qu'on l'a observé en décrivant les caractères de ces oxydes.
Pour plus de facilité, nous partagerons les oxydes de ce groupe en deux sections :
i» Oxydes prédpitables par le cUoride hydrique i — Oxydes argeutique, mercureux et plombique.
2<> Oxydes nonprécipités par le cUoride hydrique, — Oxydes mercurique, cuivrique^ bismuthique et cadmique*
II faut tenir compte du plomb dans Tune et l'antre de ces sections, parce que le peu dé solubilité de son chlorure pourrait le faire prendre pour celui d'argent ou de mercure. Nous ne possédons pas de mojrens capables de séparer, d'une manière plus complète, les oxydes de la seconde section, les uns d'avec les autres, pour en former deux groupes distincts.
t>REMIÈRE i)lVI^ION.
Oxydes préoipiiables par le chlorîdé hydrique.
HIÉACTIONS t^ARTldULIÈRES.
a. Oxyde argentique. AgO.
1" L'oxyde argentique est une poudre gris brun très Soluble daniâ l'acide nitrique étendu. Il ne produit pas d'hydratte.
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2» Les S6ls argentiques sont fixes, incolores, et passent presque tous au noir lorsqu'on les expose à la lumière. Les sels solubles neutres n'ont pas d'action sur les couleurs végétales, et se décom* posent au rouge.
3^ Le sulfide hydrique et le sulfure ammonique y produisent un précipité noir de sulfure argeniique, AgS, insoluble dans les acides étendus, les alcalis, les sulfures alcalins et le cyanure potassique. U est facilement décomposé par Tacide nitrique bouillant, qui le dissout en en séparant du soufre.
4^ La potasse et Vamfnoniaque précipitent Toxyde argeniique, de ses solutions, sous forme de poudre brun clair, insoluble dans la potasse, très-soluble dans Tammoniaque. La présence des sels ammoniacaux empêche cette précipitation, en partie ou totale* ment.
50 Le chloride hydrique^ air^i que les chlorures solubles^ y produisent un précipité blanc, caséiforme, de chlorure argeniique, AgCl. Quand la liqueur est excessivement étendue, elle ne fait que prendre une teinte opaline blanc bleuâtre. Exposé à la lumière, le chlorure argeniique, d'abord blanc, se colore en violet, puis en noir. Insoluble dans Tacide nitrique, le chlorure argeniique se dissout facilement dans Tammoniaque, en donnant naissance à du chlorure double d'argent et d'ammoniaque. Les acides le séparent de cette nouvelle combinaison sous forme de chlorure. Gh(iu(ré, le chlorure argeniique fond, sans se décomposer, et se transforme en une masse translucide, d'aspect corné.
Q*^ Les combinaisons d'argent, mêlées avec de la soude et exposées à la flamme intérieure du chalumeau^ produisent de petits globules métalliques blancs, brillants et malléables, sans former d'enduit autour d'eux.
b. Oxyde mercureux. Hg^O.
1" L'oxyde mercureux est une poudre noire, très-soluble dans Tacide nitrique, et qui, lorsqu'on la chaufife, se volatilise en se décomposant. 11 ne forme pas d'hydrate.
2o Les sels mercureux se volatilisent à la chaleur rouge ; les uns, sans se décomposer, les^ autres, en se décomposant, ei en meitant alors leur mercure en liberté. La plupart d'entre eux sont incolores. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol et se décom-
iOO ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§94.
posent, en présence de beaucoup d'eau, en sel basique insoluble et sel acide soluble.
3® Lb sulfide hydrique, ainsi que le sulfure ammoniqne, y produisent un précipité de sulfure mercureux, Hg^S, insoluble dans les acides étendus, les sulfures alcalins et le cyanure potassique. Le sulfure potassique le décompose en mercure métallique et sulfure mercurique, qu'elle dissout. L'acide nitrique n'a pas d'action sur le sulfure mercureux, que dissout facilement Teau régale.
4'* La potasse et l'ammoniaque y produisent tous les deux des précipités noirs, insolubles dans un excès du précipiiant. Us sont formés : le premier, d'oxyde mercureux, le second, d'un sel basique d'oxydes mercureux et ammoni(|ue, NHg, 3HgjO, NOj, HO.
5" Le chloride hydrique et les chlorures solubles en précipiient du chlorure mercureux, Hg^Gl, sous forme d'une poudre fine d'un blanc éblouissant. Les acides chloride hydrique et nitrique ne dissolvent pas à froid le chlorure mercureux ; mais en les faisant bouillir longtemps ensemble, on finit par le dissoudre, quoique avec beaucoup de peine. Alors il se forme, avec le Chloride hydrique, du chlorure mercurique; il se sépare en même temps du mercure métallique ; et avec l'acide nitrique, du chlorure mercurique et du nitrate mercurique. L'acide chloronilrique, de même aussi que l'eau de chlore, dissout facilement le chlorure mercureux, qu'ils changent tous les deux en chlorure mercurique. L'ammoniaque et la potasse décomposent le chlorure mercureux, et en séparent de l'oxyde mercureux qui est noir.
6° Quand on dépose, sur une lame de cuivre décapé, une goutte d'une solution neutre, ou faiblement acide, d'un sel mercureux, qu'on lave après quelques instants, et qu'on frotte la tache grise, qui s'est produite, avec de la laine, du papier, etc., elle prend réclat métallique et la blancheur de l'argent ; quand on la chaulTe, elle disparaît, parce que le mercure se volatilise.
7<* Le chlorure stanneux produit, dans les sels mercureux , un précipité gris de mercure coulant, qu'on réunit facilement en globules en le secouant, le chauffant, ou mieux, en le faisant bouillir avec du chloride hydrique.
S^ En faisant un mélange bien intime d'un sel de mercure avec de la soude effleuriey qu'on met dans un tube, où on le couvre avec une conclue de soude pulvérisée, puis, où on le chauffe à la flamme
§ 91.] CHAP. m. D£S RÉACTIONS. iOl
du chalumeau, il s*opère toujours une décomposition, ensuite de laquelle du mercure métallique est mis en liberté. Ce métal se sublime au-dessus du point chauffé, sous forme d'enduit gris, qu'il suffit de frotter avec une baguette de verre pour en réunir les particules excessivement ténues en globules plus visibles.
c. Oxyde plombique. PbO.
1" L'oxyde plombique est une poudre jaune, ou jaune rougeàtre, qui, lorsqu'on la chauffe, se fond en une masse vitreuse. Son hydrate est blanc. Tous les deux se dissolvent facilement dans les acides nitrique et acétique.
2<* Les sels plombiques sont fixes, incolores ; les sels neutres solubies rougissent le tournesol, et se décomposent au rouge.
3** Le suLfide hydrique et le stUfwe ammonique y produisent un précipité noir de sulfure plombique, PbS, insoluble dans les acides étendus, les alcalis, les sulfures alcalins et le cyanure potassique. Ce précipité est dissous par l'acide nitrique concentré et bouillant, qui le change en nitrate plombique et en soufre; mais en continuant l'action, comme on oxyde le soufre et qu'on le transforme en acide sulfurique, ce dernier décomposant une partie du nitrate plombique forme du sulfate plombique qui se mêle à l'état de poudre blanche avec le soufre non oxydé. Lorsqu'on traite par le suifide hydrique, une solution plombique contenant beaucoup de chloride hydrique, il y fait naître un précipité rouge qui ne passe au noir que sous l'action d'un grand excès de sulôde hydrique.
Lorsqu'une solution plombique contient un excès d'un acide minéral concentré, le suifide hydrique n'y forme de précipité qu'après qu'on l'a étendue d'eau.
4^ La potasse et Vaamoniaque en précipitent des sels basiques, sous forme de masse blanche insoluble dans l'ammoniaque, et peu solubledaus la potasse. L'ammoniaque ne produit pas de précipité dans les solutions d'acétate plombique, parce qu'il s'y forme alors de l'acétate plombique tribasique. qui est soluble.
h^ Le carbonate potassique en précipite du carbonate plombique, PbO, COj, sous forme de poudre blanche, insoluble dans un excès du précipitant, ainsi que dans le cyanure potassique.
6** Le chloride hydrique et les chlorures solubles produisent, dans
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l/es .solutions' concentrées^ un précipité blanc et lourd de chlorure plombique, Pb Cl, qui ne se dissout que dans beaucoup d'eau, et, en plus grande quantité, à l'aide deTébuliition. L'ammoniaque -ne Tallère pas ; il est moins soiuble dans le chloride hydrique et l'acide nitrique que dans Teau.
T V acide suif urique, ainsi que les sulfates, y produisent un précipité blanc de sulfate plombique, PbO , SOg, presque insoluble .dans r^au et les acides étendus. Celle précipitation pe se fait pas immédiatement ; souvent même elle ne s'elfeclue que longtemps après, dans les solutions très -étendues, surtout lorsqu'elles contiennent beaucoup d'acide libre. Dans tous les cas, il est bon.d'a- .jo.uterun assez grand excès d'acide sulfurique étendu, qui augmente la sensibilité de la réaction, parce que le sulfate plombique est beaucoup plus insoluble dans l'acide sulfurique étendu que dans Teau. l\ s'en dissout quelque peu dans l'acide nitrique concentré ; le chloride hydrique concentré et bouillant ne le dissout qu'avec peine ; la potasse caustique le dissout plus facilement. Les sels ammoniacaux, et le sulfate surtout, empêchent, en partie ou totalement, la précipitation.
8° Le chrômate potassique y produit un précipité jaune de chrômate plombique, PbO, CrO,, soiuble dans la potasse caustique, peu soiuble dans l'acide nitrique étendu.
9" Les combinaisons du plomb, mêlées avec de \a.soude,ei chauffées sur le charbon k la flamme de réduction , produisent trèsfacilement de petits globules métalliques, mous.et malléables, de plomb ; en même temps le ctiarbon se couvre, autour d'eux, d'un -enduit jaune d'oxyde plombique*
Condusiom et observations, -^ Les oxydes appartenant à la première section do cinquième groupe, sont caractérisés, de la manière la plus parfaite, par les chlorures qui leur correspondent. Leur manière d'agir, en présence de l'ammoniaque, est tout aussi utile pour les reconnaître que pour les séparer. Nous avons vu que le chlorure argentique est soiuble dans ce réactif, qui ne dissout pas les chlorures mercureux et plombique. Comme nous pouvons précipiter, par l'acide nitrique, le chlorure argentique
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de sa solution ammoniacale, et que cette réaction empêche de le confondre avec aucun autre , nous n'avons pas besoin d'autres procédés pour découvrir l'argent.
Des deux autres chlorures, celui de mercure est changé, par Tammoniaque, en proloxyde noir, tandis que celui de plomb n'est pas altéré. On peut séparer l'oxyde mercureux .d'avec le chlorure plombique en les faisant bouillir avec de Teau, qui dissout le second sans agir sur le premier; ou bien avec l'acide nitrique, qui ne dissout que l'oxyde mercureux. L'oxyde mercureux est suffisamment caractérisé par les réactions que nous venons d'indiquer. On caractérise suffisamment le plomb au moyen de l'acide sulfurique et du chrômate potassique.