SECONDE DIVISION
Oxydes non préoîpîtablet par le ohloride bydrî<pie.
RÉAGTIOiNS PARTICULIÈRES.
a. Oxyde mercurique. HgO,
lo En général l'oxyde mercurique se présente sous forme de masse cristalline rouge vif, quelquefois orangée, qui, lorsqu'on la broie, se change en une poudre rouge jaunâtre terne. Lorsqu'on le chauffe, il prend d'abord une teinte plus foncée, puts^ au rouge faible, il se décompose en oxygène et mercure. L'hydrate mercurique est jaune. Tous les deux se dissolvent facilement dans les acides chloride hydrique et nitrique.
2" Les sels mercuriques se volatilisent au rouge ; les uns sans se décomposer, les autres en se décomposant. Presque tous sont incolores. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol. Au contact d'une grande masse d*eau, les sulfate et nitrate mercurique se changent en sel acide soluble, et sei basique insoluble.
3*^ Le sulfide hydrique et le sulfure ammonique , versés en Irèspelile quantité dans les solutions mercuriques, y produisent, après qu'on a secoué le mélange , un précipité parfaitement blanc ; quand on les y verse en plus grande quantité , le précipité de-
vient jaune orange, ou brun rouge; enân, lorsqu'on en verse un grand excès, on obtient un précipité parfaitement noir de sulfure raercurique, HgS. Ces changements de coloration, en présence de quantités variables de sulfide hydrique, distinguent suffisamment Toxyde mercurique d'avec tous les autres oyxdes. Ce phénomène est dû à ce qu'il se forme d'abord une combinaison double de sulfure mercurique et du sel non décomposé, qui est par exemple avec le chlorure mercurique, HgCl+2HgS; combinaison qui se colore d^autant plus que la quantité du sulfure mercurique devient plus considérable. Le sulfure mercurique est insoluble dans le sulfure ammonique et le cyanure potassique, ainsi que dans les acides nitrique et chloride hydrique, même bouillants. La potasse caustique le dissout en entier ; Teau régale le décompose, puis le dissout avec facilité.
4° Lapotasse^ versée dans des solutions mercuriques neutres, ou faiblement acides, en quant té insuffisante pour précipiter tout Toxyde, y produit un précipité brun rouge, passant au jaune sous l'influence d'un excès du précipitant. Le premier est un sel basique, et le second de l'hydrate mercurique pur ; ils sont tous les deux insolubles dans un excès du précipitant. Celte réaction n'a pas lieu, ou ne se manifeste que d'une manière Irès-incômplète dans les solutions très-acides. Lorsque la liqueur contient des sels ammoniacaux, il ne se forme plus de précipité rouge brun, ou jaune, mais bien un précipité blanc, du à la formation d'un composé du sel mercurique avec de Tamide mercurique. Ainsi, par exemple, dans ces mêmes conditions, on précipite de la solution de sublimé corrosif, du chioro-mercurate amido-mercurique HgCl+HgNH,.
5" L'ammoniaque détermine la formation des mêmes précipités blancs que fait naître la potasse en présence des sels ammoniacaux.
6** Le chlorure stanneux, ajouté en petite quantité aux sels mercuriques, les fait passer à un degré inférieur d'oxydation, ce qui amène toujours la formation d'un précipité blanc de chlorure mercureux, Hg,Cl. Ajouté en excès, il leur enlève tout leur oxygène et leur acide, ce qui produit, comme nous Tavons déjà vu, dans le même cas, pour l'oxyde mercureux, la réduction du mercure qui apparaît à l'état métallique. Alors le précipité» d'abord
§ 92. 1 GHAP. m. DES RÉACTIONS. 105
biane, passe au gris, et dépose des globules métalliques quand on le fait bouillir avec du chloride hydrique.
7* En conlact avec le cuivre métallique, ou chauffés dans un tube avec de la soude, les sels mercuriques se comportent de même que les sels mercureuz.
d. Oxyde cuivrique. GuO.
!<» L'oxyde cuivrique est une poudre noire indécomposable au feu. Son hydrate est bleu clair. Tous les deux se dissolvent avec facilité dans les acides chloride hydrique, nitrique et sulfurique.
2** Les selscuivriques se décomposent sensiblement, déjà à une chaleur rouge peu élevée, sauf le sulfate, qui résiste à une chaleur un peu plus forte. Incolores lorsqu'ils sont anhydres, ils possèdent, à Tétat hydraté, une couleur bleue ou verte, que leurs dissolutions conservent lors même qu'elles sont assez étendues. Presque tous les sels neutres sont solubles dans Veau ; ceux qui s'y dissolvent, rougissent le tournesol.
3** Le sulfide hydrique et le sulfure ammoniqw produisent toujours, dans les solutions cuivriques, acides, neutres ou alcalines, des précipités brun noir de sulfure cuivrique, CuS, qui est insoluble dans les acides étendus , ainsi que dans les alcalis caustiques. Lçs solutions des sulfures potassique et sodique ne le dissolvent pas non plus, même à chaud. Comme, en échange, il n'est pas^tout à fait insoluble dans le sulfure ammonique, il faut éviter d'employer ce dernier réactif pour séparer le sulfure cuivrique d'avec ceux des autres métaux. Le sulfure cuivrique est facilement décomposé et dissous par l'acide nitrique bouillant : la solution de cyanure potassique le dissout en entier. Quand les solutions cuivriques contiennent un excès d*un acide minéral concentré, le sulfide hydrique ne les précipite qu'après qu'on les a étendues d'eau.
4° La potasse produit un volumineux précipité bleu clair d'hy- Tlrate cuivrique, CuO, HO. Cet oxyde passe au noir et se contracte après quelque temps, et, à froid déjà, lorsqu'on s'est servi d'un excès de potasse, et que les solutions sont très-concentrées. Cet effet se produit toujours lorsqu'on fait bouillir la liqueur dans laquelle le précipité est en suspension ; l'hydrate passe alors à l'étitt d'oxyde.
*i06 ANALYSE CHIMIQUE QUAUTATIVE. [§ 92.
50 Le ooirbonate potassique produit un précipité basique de carbonate et d'hydrate cuivrique, CuO, COj-+-CuO, HO, bleu verdàlre, passant, par Tébullilion, au brun noir. Il se dissout dans Tammoniaque, qu'il colore en bleu d'azur, et dans le cyanure potassique, qu'il colore en brun.
Q^ L'ammoniaque, ajoutée en petite quantité, produit un précipité bleu verdâtre de sel basique de cuivre^ très-soluble dans un excès du précipitant, avec lequel il forme une solution limpide du plus beau bleu d'azur, due à la formation d'un sel double basique de cuivre et .d'ammoniaque; la formule de celui qui prend naissance avec le sulfate cuivrique est NH^, CuO+ NH3, HO, SO3. Cette coloration ne disparaît que lorsque la liqueur est excessivement étendue. Ce n'est qu'après longtemps que la potasse produit, à froid, dans cette liqueur bleue, un précipité d'hydrate cuivrique bleu ; il suffit de la faire bouillir pour que tout le cuivre se précipite à l'état d'oxyde noir. Le carbonate amnionique agit sur les sels cuivriques absolument de même que l'ammoniaque pure.
70 Le cyano-ferrite potassique produit, dans les solutions même très-étendues, up précipité brun rouge de cyano-ferrile cuivrique, Cfy + 2Cu, qui est insoluble dans les acides étendus et décomposable par la potasse.
8° Le fer métallique, en contact avec les solutions cuivriques, s'y couvre presque instantanément, lorsqu'elles sont concentrées, d'un enduit rouge de cuivre métallique qui ne se forme qu'après un certain temps, lorsqu'elles sont étendues. Cette réaction, qui est très-sensible, se manifeste plus facilement quand la liqueur contient un peu d'un acide libre, tel que du cbloride hydrique.
9" Quand on mêle avec de la. soude une combinaison de cuivre, et qu'on la chauffe à la flamme intérieure du chalumeau, on obtient, sans qu'il se forme d'enduit, du cuivre métallique, qu'on reconnaît facilement en le broyant avec le charbon qui l'entoure, et lavant le tout avec de l'eau, qui enlève le charbon et laisse le cuivre sous forme de brillantes écailles métalliques rouges.
c. Oxyde bismuthique. BiOj.
i* L'oxyde bismuthique est une poudre jaune qui, lorsqu'on la r.hauffe, passe au jaune foncé, et fond lorsqu'elle arrive au rouge. L'hydrate bismuthique est blanc. L'oxyde et son hydrate se dissol-
§ 92. ] CHAP. m. DES RÉACTIONS. 107
vent facilemenl dans les acides chloride hydrique, nitrique et sulfurique.
2« Les sels bisraulhiques sont, à peu d'exceptions près (chlorure bismuthique), fixes ; la plupart d'entre eux se décomposent au rouge. Us sont incolores; les uns se dissolvent dans l'eau, les autres ne s'y dissolvent pas. Ceux qui s'y dissolvent rougissent le tournesol lorsqu'ils sont neutres, et se décomposent, lorsqu'on les met en contact avec beaucoup d'eau, en sels acides solubles et en sels basiques insolubles.
3" Le sulfide hydrique et le sulfure ammonique produisent toujours dans les solutions neutres ou acides un précipité noir de sulfure bismulhique, BiS,, insoluble dans les acides étendus, les alcalis» les sulfures alcalins et le cyanure potassique. L'acide nitrique con-> centré el bouillant le décompose et le dissout facilement. Les solutions bismulhiques, contenant un excès d'acides chloride hydrique, ou nitrique concentrés, ne sont précipitées par le sulfîde hydriue qu'après avoir été étendues d'eau.
40 La potasse et ^ammoniaque en précipitent de Phydrate bis* muthique, blanc, insoluble dans un excès du précipitant.
5<> Le carbonate potassique en précipite du carbonate bismuthique basique, BiO^, CO,, sous forme de masse blanche et volumineuse, insoluble dans un excès du précipitant, ainsi que dans le cyanure potassique.
6" Le chrômate potassique en précipite une poudre jaune, qui est du chrômate bismuthique, BiOs, CrO,. On le distingue du chrômate plombiqueen ce qu'il est soluble dans l'acide nitrique étendu^ et insoluble dans la potasse.
1^ La réaction caractéristique des sels neutres de bismuth est là manière dont ils se décomposent au contact de l'eau en sels acides solubles et sels basiques insolubles. Lorsqu'on étend une solution bismuthique de beaucoup d'eau, on obtient aussitôt, lorsqu'elle ne contient pas un trop grand excès d'acide libre, un précipité du plus beau blanc. C'est le chlorure bismuthique qui possède ce caractère de la manière la plus sensible, parce que le chlorure bismuthique basique Bi CI3 -h 2 BiO^ est presque absolument insoluble daus l'eau. Quand l'eau ne produit pas dans la solution du nitrate un précipité, parce qu'elle contient trop d'acide libre, où l'y fait paraître à l'instant en neutralisant l'acide par une addition
d'acélale basique de plomb. Avant que de faire usage de ce moyen, il faut naturellement s'assurer que la liqueur ne contient pas d'acide sulfurique, etc. On distingue facilement les précipités bismuthiques d'avec ceux d'antimoine qui se forment dans les mêmes circonstances, à ce que ces derniers se dissolvent dans l'acide tartrique, qui ne dissout pas les premiers.
8^ Lorsqu'on mêle avec de Xsl soude une combinaison bismuthique, et qu'on la chauffe sur du charbon à la flamme intérieure du chalumeau, on obtient des grains de bismuth cassants et qui se brisent en éclats sous le marteau. En même temps le charbon se couvre d'un léger enduit d'oxyde jaune.
d. Oxyde cadmique.
4° L'oxyde cadmique est une pondre jaune brun, inaltérable au feu. Son hydrate est blanc. Tous les deux se dissolvent facilement dans les acides chloride hydrique, nitrique et sulfurique.
2** Les sels cadmiques sont incolores ou blancs ; la plupart d'entre eux sont solubles dans l'eau. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol et se décomposent au rouge.
3*^ Le stdfide hydrique et le sulfure ammonique produisent, dans ses solutions acides, neutres et basiques, un précipité jaune vif de sulfure cadmique, CdS insoluble dans les acides étendus, les alcalis, les sulfures alcalins et le cyanure potassique. L'acide nitrique concentré et bouillant le décompose elle dissout avec facilité. Les solutions qui contiennent un trop grand excès d'acide, ne sont précipiiées qu'après avoir été étendues d'eau.
A° La potasse produit un précipité blanc d*hydra te cadmique, Cd 0, HO, insoluble dans un excès du précipitant.
5" L'ammoniaque précipite de même de l'hydrate blanc ; mais, employée en excès, elle le redissout en totalité, en formant avec lui une solution limpide et incolore.
6^ Les carbonates potassique et ammonique produisent tous les deux un précipité blanc de carbonate cadmique GdO, CO,, insoluble dans un excès du précipitant. La présence des sels ammoniacaux n'empêche point cette précipitation. Ce précipité est facilement dissous par la solution de cyanure potassique.
1^ Quand on mêle avec de la soude une combinaison de cadmium, et qu'on la chauffe sur un charbon, au feu de réduction, le
§ 92. ] CHAP. m. DES RËACTlOiNS. 109
charbon se couvre d'un enduit jaune rougeâtred'o\yée cadmique, provenant de ce que le cadmium se volatilisant au moment mèmt! où il se réduit, il se réozyde au contact de la flamme extérieure.
Condwion et observations. — Nous avons déjà dit qu*au moyen du chloride hydrique on peut séparer complètement les oxydes de la seconde section du cinquième groupe d'avec les oxydes mercureux et argenlique, et d'une manière incomplète, d*avec Toxyde plombique.
L*oxyde mercurique se distingue des autres par Tinsolubilité dans Tacide nitrique bouillant du sulfure qui lui correspond, ce qui fournit un moyen fort commode de le séparer. Les réactions qu'il présente avec Toxyde slanneux, avec le cuivre métallique, et par la voie sèche, indiquent facilement sa présence dans les solu* tions d'où on a éloigné l'oxyde mercureux.
Les oxydes cuivrique et cadmique se distinguent des autres, en ce que les précipités formés dans leurs solutions par l'ammoniaque se redissolvent dans un excès du précipitant, ce qui n'arrive pas aux sels plombiques et bismulhiques, parcequ'ils y sont insolubles. On sépare l'oxyde bismuthique d'avec l'oxyde plombique par Tacide sulfurique, et on le reconnaît avec certitude à la décomposition de ses sels, opérée par l'eau. Nous avons déjà indiqué quels sont les autres moyens de reconnaître la présence du plomb. On sépare les oxydes cuivrique et cadmique par le carbonate ammonique : le premières! nettement caractérisé par son action sur le cyanoferrite potassique, sur le fer métallique, ainsi quepar lechidumeau. On reconnaît facilement l'oxyde cadmique à son sulfure jaune insoluble dans le sulfure ammonique, et à l'enduit spécial auquel il donne naissance, quand on le réduit sur le charbon.
Voyez au second chapitre de la seconde partie, additions et observations^ au § 120, la séparation des oxydes du cinquième groupe au moyen du cyanure potassique.
\ 10 ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. § 9 i.
SIXIÈME GROUPE
Oxydes auriqae, platinique, antimonique, stanneux et stannique. Acides arsénieux et arsénique (!)•
Propriétés du groupe» — Les sulfures correspondants à ces oxydes sont insolubles dans les acides étendus. Ils forment avec les sulfures alcalins des sels doubles, dans lesquels ils jouent le rôle d'acides ; c'est ce qui fait que ces oxydes, qui sont totalement précipités de leurs solutions acides par le sulfide hydrique, ne le sont pas du tout de leurs solutions alcalines. Une fois précipités, ces sulfures se dissolvent dans les sulfures ammonique, potassique et autres, d'où ils sont précipités par les acides.
Nous partagerons les oxydes de ce groupe en ces deux sections :
{0 Ckcydes dont les sulfures correspondants sont insolubles dans les acides chloride hydrique ou nitrique. Oxydes aurique et platinique,
2*> Oxydes dont les sulfures correspondants sont solubles dans les acides chloride hydrique ou nitrique. Oxydes anlimonique, stanneux, stannique, et acides arsénieux et arsénique.
PAEMiÊRE SECTION.
kËACTIONS PARTICULIÈRES.
a; Oxyde aurique. AuGg.
io L*oxyde aurique est utie poudre tioir brun, et son hydrate une poudre brun marron. Tous les deui se réduisent quand on les expose à Taclion de la lumière ou de la chaleur. Ils sont insolubles dans les acides oxydés éteddus; en échange, ils se dissolvent
[i) Nous reviendrons sur les acides de l'arsenic en nous occupant dès acides. Si nous les avons réunis ici aux oxydes métalliques, c'est uniquement parée que les caractèréi du sulfide arsénieux peuvent le faire confondre avec quelques>uns des oiydes du sixième groupe, et paice que, dans notre méthode d'analyse, on obtient toujours lé iulSde arsénieux dans le même précipité que les sulfures antimonique, itaonique et autres.
§94.] CHAP. III. DES RÉACTIONS* lil
facilement dans le chloride hydrique. Les acides nitrique et sulfurique dissolvent Toxyde aurique lorsquMls sont concentrés ; Peau précipite Toxyde aurique de ces solutions.
2^ Les sels oxydés d*or ne sont pour ainsi dire pas connus. Les sels baloïdiques possèdent une teinte jaune que leurs solutions conservent, même lorsqu'elles sont très-étendues. Tous sont facile* ment décomposés par une chaleur rouge. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol.
3<> Le sulfide hydrique précipite totalement Tor de ses solutions neutres et acides, sous forme de sulfure noir. Au S,, peu soluble dans la potasse et insoluble dans les acides simples ; soluble dans les polysulfures alcalins et dans Teau régale.
4'' Le sulfure ammonique produit le même précipité que le sulfide hydrique; il est soluble dans un assez grand excès du précipitant, mais seulement dans le cas où le sulfure ammonique contient un excès de soufre.
S<> La potasse fait naître dans les solutions concentrées, et surtout à l'aide de la chaleur, un précipité jaune rougefttre d'oxyde aurique peu soluble dans un excès du précipitant. Dans ce préci« pi té Toxyde est toujours mêlé à un sel d'oxyde d*or, à du chlorure aurique, ou à de la potasse. Elle ne précipite pas à froid les so« lutions acides.
6** Uammoniaque ne produit aussi que dans les solutions concentrées un précipité jaune rougeâlre d'aurale ammonique (or fulminant). Quand les solutions contiennent un acide libre, ou un sel ammoniacal, sa précipitation n'a lieu qu'à l'aide de l'ébuUition.
7° Le chloride stannique mêlé de Morure stanneux produit, dans les solutions d'or les plus étendues, un précipité ou une coloration pourpre, tirant plus ou moins sur le violet, le rouge brun, ou toute autre nuance analogue, en y déterminant la formation de pourpre de Gassius, qui est un état particulier de l'or métallique. Ce précipité est insoluble dans le chloride hydrique.
8** Les sels ferreux réduisent les solutions d'oxyde aurique dont ils séparent Tor métallique sous forme de poudre brune excessivement ténue, qui ne prend l'éclat métallique que lorsqu'on la comprime avec un corps dur, tel qu'un anneau de clef, ou une lame de couteau. La liqueur qui tient le précipité en suspension parait bleu noirâtre par transmission.
b» Oxyde platinique. PlO^.
{^ L*oxyde plalinique est une poudre brun noir ; son hydrate est une poudre brun rouge. Tous les deux se réduisent lorsqu'on les chauffe ; ils se dissolvent facilement dans le chloride hydrique, mais difficilement dans les oxacides.
2^ Les sels platiniques se décomposent au rouge. Us ont une couleur rouge brun, que leurs solutions conservent, même lorsqu'elles sont fort étendues. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol,
3^Lesulfide hydrique qui est sans action, ou du moins, dont Taction est incomplète sur les solutions alcalines, précipite, après quelque temps, de celles qui sont acides ou neutres, du sulfide platinique, PtS,, brun noirâtre. En chauffant la solution traitée par le suldde hydrique, le précipité de sulfide s'y forme immédiatement, il est soluble dans un grand excès de potasse, ou de sulfures alcalins, surtout lorsqu'ils sont sursulfurés. Le sulfide plali* nique est insoluble dans les acides nitrique et chloride hydrique; il se dissout dans l'eau régale avec facilité.
4* Le sulfure ammonique produit, comme le sulûde hydrique, un précipité soluble dans un grand excès du précipitant, lorsqu'il contient un excès de soufre. Les acides le précipitent de cette so« lution sans l'altérer.
^^ La potasse et l'ammoniaque produisent dans les solutions platiniques, lorsqu'elles ne sont pas trop étendues, un précipité de chloro-platinate potassique, ou ammonique, jaune, cristallin, insoluble dans les acides, et qui, à Taide de la chaleur, se dissout dans un excès du précipitant. La présence du chloride hydrique, libre, favorise cette précipitation en transformant les alcalis libres en chlorures.
6^ Le chlorure stanneux, parce qu'il réduit l'oxyde et le chloride en les ramenant à l'état de protoxyde ou de chlorure, colore la liqueur en brun rouge foncé ; mais ne la précipite pas.
Conclusion et observations, — Les caractères de l'or et du pla* tine sont tellement marqués qu'ils permetteni, au moins la plupart
§95.] CHAP. III. DES RÉACTH)NS. il3
du lemps, de les distinguer facilement, tant l'un de Tautre, que d'une foule d'autres oxydes. Les réactifs spéciaux de Tor sont les sels stanneux et ferreux; ceux du platine sont la potasse ou Tammoniaque, en présence du chloride hydrique libre ; ou bien, ce qui revient au même, les chlorures potassique ou ammonique.