TROISIÈME DIVISION
a. Acide phosphorique. PO5.
Nous ne parlerons ici que de l'acide phosphorique tribai^ique, parce que c'est lui et ses sels qui reviennent le plus souvent en pharmacie. Nous ne parlerons pas des acides bibasique et unibasique et nous nous contenterons d'observer que beaucoup de leurs sels passent à l'élat de phosphates Iribasiques, lorsqu'on les chauffe
§99.] CHAP. m. DES RÉACTIONS. 139
avec des acides forts ; surtout, avec de Tacide sulfurique concenlré. Tous, sans exception, subissent celte métamorphose quand on les fond avec du carbonate sodique.
lo L'hydrate de l'acide phosphorique ordinaire, PO5 + 3H0, constitue des cristaux limpides qui, à Tair, se changent rapide* ment en une solution sirupeuse et non caustique. Chauffé, il perd un ou deux atomes d'eau et se change par conséquent alors en hydrate d'acide pyro ou mélaphosphorique.
2o Les phosphates des bases fixes ne se décomposent pas complètement lorsqu'on les chauffe ; mais, suivant le degré de chaleur employé, ils peuvent se transformer en pyro ou métaphosphates, suivant qu'ils perdent un ou deux équivalents d'eau basique. Parmi ces sels, les phosphates alcalins sont les seuls, qui, à Tétat neutre, soient solubies dans Teau. Leur solution possède une réaction alcaline.
30 Le chlorure bary tique produit, dans la solution aqueuse des phosphates neutres ou basiques, un précipité de phosphate barytique blanc, 2BaO, HO, PO5, ou 3BaO, PO5, soluble dans les acides nitrique et chloride hydrique, peu soluble dans le chlorure ammonique (\ ).
40 La solution de gypse fait naître, dans les solutions neutres ou alcalines, un précipité blanc de phosphate calefque, 2CaO, HO, PO5, ou 3CaO, PO5, très-soluble dans les acides, même dans Ta* cide acétique.
50 Le chlorure ou le svdfate magnésique produisent, dans les liqueurs neutres, un précipité blanc de phosphate magnésique, 2MgO, HO, POg, qui n'est sensible que dans les solutions concentrées, surtout après qu'on les a chauffées. Mais si on verse dans la liqueur de Vammoniaque libre ou carbonatée^ il se forme, même dans les solutions très-étendues, un précipité blanc, cristallin, de phosphate ammonico-magnésique,2MgO, NH^O, POg, qui se dépose facilement au fond du vase, et qui, insoluble dans Tammoniaque et dans le chlorure ammonique, se dissout facilement dans les acides, même dans Tacide acétique. Le précipité ne se forme souvent
(i) Le précipité qui se Torme a la première de ces formules, lorsque la solution contient un phosphate alcalin à deux équivalents de base fixe ou d'ammoniaque ? torsqa'il en a trois, le précipité possède la seconde de ces formules.
qu'après un cerlain temps : on facilite sa production en remuaDt la liqueur (§ 87, d. 7).
Les solutions des sels magnésiques produisent aussitôt, dans les solutions même étendues des phosphates à trois équivalents de base fixe, un précipité de phosphate magnésiqne basique, 3MgO, POj.
6<» Le nitrate argentique précipite, de la solution des phosphates alcalins neutres et basiques, du phosphate argentique, PO, + 3 (AgO), jaune clair. Si la liqueur dans laquelle s'est formé le précipité contenait un phosphate basique, elle devient alors neutre; si elle contenait un sel neutre, elle devient acide, parce que, pour trois équivalents d'oxyde argentique que Tacide nitrique cède à Tacide phosphorique, il ne reçoit que deux équivalents d'alcali et un équivalent d'eau ; or, comme ce dernier ne lui ôte rien de ses propriétés acides, il est clair que la solution doit devenir acide dans le second cas.
7^ L'acétate plombique produit, dans les solutions neutres ou alcalines, un précipité blanc de phosphate plombique, 3PbO, P0„ soluble dans Tacide nitrique, presque insoluble dans Tacide acétique. La manière dont il se conduit, lorsqu'on le traite par le chalumeau, offre un excellent moyen de découvrir Tacide phosphorique. Chauffé sur le charbon, à la flamme intérieure du chalumeau, il ne se réduit pas, ou avec la plus grande peine, et la perte ainsi obtenue, transparente et incolore à la flamme d'oxydation, se trouble par le refroidissement à mesure qu'elle cristallise, et présenle presque toujours alors une forme dodécaédrique bien netle.
8o Lorsqu'on verse dans une liqueur contenant de l'acide phosphorique sousune forme quelconque, et additionnée d'un léger excès d'acide nitrique ou chloride hydrique, une assez forte proportion d'acétate potassique ou sodique, puis une goutte de chlorure ferrique, il y détermine la formation d'un précipité blanc jaunâtre en flocons gélatineux, de phosphate ferrique. Il faut éviter d'employer un excès de chlorure ferrique, parce que Tacélale ferrique qu^il produit, et qui colore la solution en rouge, dissout un peu de phosphate ferrique. Cette réaction est fort imporlanle, puisqu'elle sert à déceler la présence de l'acide phosphorique dans les phosphates des terres alcalines. Quand on veut extraire de ces combinaisons la totalité de l'acide phosphorique, on doit ajouter
§ 99. ] CHAP. Iir. DES RÉACTIONS. 44i
de chlorure ferrique pour colorer en rougeâire la solution, qu'on fait ensuite bouillir, ce qui en précipite tout l'oxyde ferrique, avec l'acide phosphorique ; puis, on filtre. Les terres alcalines restent à rétat de chlorure, dans la liqueur filtrée.
Dans le cas où cette réaction doit servir à déceler une petite quantité d'acide phosphorique, en présence d'une grande masse d'oxyde ferrique, on fait bouillir la solution chlorhydrique avec du sulfite sodique, jusqu'à ce qu'elle se décolore, ce qui indique la transformation du chlorure ferrique, en chlorure ferreux. Gela fait, on yerse dans la liqueur, du carbonate sodique, jusqu'à ce qu'elle deirienne presque neutre, puis, de l'acétate sodique, et enfin, une goutte de chlorure ferrique. Ce procédé est basé sur rinsolubiiilé du phosphate ferrique dans le chlorure ferreux.
90 J'indiquerai, § 121, i. a, le moyen de déceler l'acide phosphorique par le molybdale ammonique, ainsi qu'un nouveau moyen de le séparer d'avec l'oxyde aluminique.
b. Acide borique. BO^.
1 o Anhydre, Tacide borique constitue un verre incolore ; hydraté, une masse blanche et poreuse ; cristallisé, des espèces d'écaillés brillantes. Il est soluble dans Teau et dans TalcooL Ses solutions rougissent le tournesol et brunissent le curcuma.
Ufi Les borates ne se décomposent pas au rouge ; les borates alcalins sont les seuls qui se dissolvent facilement dans Teau. Leurs solutions sont incolores et présentent toutes, même celles des sels acides, une réaction alcaline.
ZoLe chlorure barytique produit, dans les solutions des borates, quand elles ne sont pas trop étendues, un précipité blanc de borate barytique, BaO, B0„ soluble dans les acides et dans les sels ammoniacaux.
4^ Le nitrate argei^ique produit, dans les solutions concentrées des borates, un précipité blanc de borate argentique, AgO, B0„ soluble dans Tacide nitrique et dans l'ammoniaque.
50 En versant de Yacide sulfurique ou du cMoride hydrique dans les solutions des borates très-concentrées et préparées à chaud, il s'en précipite, par leîrefroidissement, de l'acide borique en brillantes écailles cristallines.
60 Lorsqu'on verse de Talcool sur de l'acide borique libre ou sur
i42 ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§99.
des borates, après avoir ajouté à ces derniers de l'acide sulfurique, afin de mettre en liberté Tacide borique, et qu'on Tallume, la flamme de l'alcool se colore, surtout quand on remue le mélange, en vert jaunâtre. Cette coloration provient de l'acide borique qui, enlraîué par la flamme de Talcool, est porté par elle au rouge. Cette réaction devient beaucoup plus sensible lorsqu'on chauffe la capsule contenant le mélange, qu'on allume Talcool, qu^on le laisse brûler un instant, qu'on Téteint, puis le rallume ensuite. Alors, au moment où la flamme s'élève pour la première fois, ses bords paraissent verts, lors même que la substance qu'on examine contient trop peu d'acide borique pour qu'il colore la flamme en suivant le procédé habituel. Il faut prendre de l'acide sulfurique concentré et en prendre assez.
c. Acide oxalique. Cs 08=:0.
lo L'hydrate d'acide oxalique est une poudre blanche; l'acide oxalique cristallisé constitue des colonnes rhombes et incolores. Ces deux composés se dissolvent facilement dans l'eau et dans l'alcool. Chauffé brusquement dans des vases ouverts, une partie de l'hydrate se décompose, tandis que l'autre se volatilise sans se décomposer. Ces vapeurs excitent violemment la toux.
2o Au rouge, tous les oxalates se décomposent en acide et en oxyde carbonique. Quand les oxalates alcalins et terreux sont purs, ils se changent alors, sans déposer de charbon, en carbonates, et les oxalates métalliques laissent, suivant le degré de réductibilité de leur base, le métal pur ou son oxyde. Les oxalates alcalins, ainsi que quelques-uns des oxalates métalliques, sont les seuls de ces sels qui soient solubles dans l'eau.
30 Le chlorure bary tique produit, dans les solutions neutres des oxalates, un précipité blanc d'oxalale bary tique, BaO, 0, soluble dans les acides nitrique et chloride hydrique, et moins soluble dans les sels ammoniacaux, que le borate barytique.
40 Le nitrate argentique produit, dans les mêmes circonstances, un précipité blanc d'oxalale argentique, AgO, Ô, soluble dans l'acide nitrique et dans l'ammoniaque.
50 LVau de chaux, ainsi que tous les sels calciques solubles et la solution de gypse, produisent, dans les solutions de l'acide libre et combiné, même lorsqu'elles sont très-étendues, un précipité
§ 09.] CHAP. m. DkS RÉACT10i\îS. U:i
blanc très-divisé d'oxalale calcique, CaO, 0, qui se dis^ut 1resfacilement dans les acides nilrique el chloride hydrique, et qui est presque insoluble dans les acides oxalique el acétique. Les sels ammoniacaux n'empêchent point sa formation. Une addition d'ammoniaque facilite beaucoup la précipitation des sels calciques par l'acide oxalique.
6<> En chauffant de Tacide oxalique, ou un oxalate desséché, avec un excès d'acide sulfurique concentré, on lui enlève l'eau nécessaire à son existence; aussi l'acide oxalique se décom-* pose-l-il alors en acide et en oxyde carbonique, qui se dégagent en produisant une forte effervescence, Cfi^ == CO + COj* Quand on n'a pas opéré sur une trop petite quantité de matière, on peut allumer l'oxyde carbonique qui se dégage; il brûle avec une flamme bleue. Si, dans cette action, l'acide sulfurique prend une teinte foncée, c'est une preuve que l'acide oxalique était mé* langé avec une substance organique.
d. Fluoride hydrique. PIB.
i^ Cet acide est un fluide incolore, très-volatil, fumant à Vait^ dégageant des vapeurs piquantes, et miscible à l'eau en toutes proportions. 11 se distingue de tous les autres par la propriété qu'il a de dissoudre la modification insoluble de l'acide silicique, ainsi que les silicates insolubles, dans le chloride hydrique. Les produits de cette action sont du fluoride silicique et de l'eau, Si03+ 3F1H £= SiFls H- 3H0, Le fluoride hydrique se décompose de la t&ème tnanière, en présence des oxydes métalliques; il se forme des fluorures métalliques et de l'eau.
2" Les fluorures alcalins sont solubles dans Teau, les fluorures terreux n'y sont pas, ou très-peu solubles. Le fluorure aluminique s'y dissout facilement. Les fluorures correspondant aux oxydes des iiiétaux lourds sont presque tous très-peu solubles dans l'eau : par exemple, les fluorures cuivrique, plombique, zincique; beaucoup d'autres, tels que ceux de fer, d*étain, de mercure, etc., s'y dissolvent facilement.
Beaucoup de fluorures insolubles, ou peu solubles dans Teau^ se dissolvent dans le fluoride hydrique libre; d'autres ne s'y dissolvent pas.
Portés au rouge, dans un creuset, la plupart des fluorures ne se décomposent pas.
Z° Quand on ajoute du chlorure calciqueà une solution aqueuse de fluoride hydrique ou d'un fluorure, il y a production de fluorure calcique sous forme de précipité gélatineux si transparent qu'on croit d'abord que la liqueur n'a pas subi de changement; une addition d'ammoniaque opère sa complète séparation. Ce précipité est insoluble, à froid, dans les acides nitrique et cbloride hydrique, ainsi que dans les liqueurs alcalines. Il s'en dissout des traces, dans le cbloride hydrique, à l'aide de Tébullition. Il esta peine plus soluble dans le fluoride hydrique libre, que dans l'eau.
4*^ Quand on mêle un fluorure quelconque, en poudre fine, avec du verre ou du sable broyés aussi fin que possible, et qi 'on verse sur le mélange, dans un tube d'^essais, de l'acide sulfurlque concentré, il s'en dégage, lorsqu'on chauffe, du fluoride silicique qui forme au contact de l'air, quand il est humide, un épais nuage blanc. Si, au moyen d'un tube, on fait passer ce gaz dans l'eau, il s'y dépose de l'acide silicique gélatineux, et la liqueur devient fortement acide, parce qu'il s'y forme en même temps du fluorhydrate silicique {voyez § 46). Quand on ne peut opérer que sur de très-petites quantités, il faut tout simplement faire passer le gaz qui se dégage au travers d'un tube de verre humecté d'eau ; il ne tarde pas à se troubler dans toute sa longueur, à cause de l'acide silicique qui est mis en liberté. Faite de cette manière, cette réaction est très-sensible.
5° Lorsqu'on verse de l'acide stUfurique dans la solution d'un fluorure, et qu'on dépose cette liqueur acide sur une plaque de verre, recouverte d'une légère couche de cire, qu'on obtient facilement en faisant fondre un morceau de cire sur une plaque de verre, à la surface de laquelle on Tétend bien uniformément, on peut l'attaquer en opérant comme nous allons le dire. Sur cette couche de cire on trace quelques caractères avec un corps qui ne soit pas trop dur: on se sert pour cela d'un morceau de bois ou d'os, sur lesquels on appuie assez fortement pour enlever la cire jusqu'au verre. Ces caractères paraissent plus ou moins corrodés, après l'opération, lorsqu'on a fait disparaître la cire en chaufTanl la plaque, enlevant l'euduit avec un linge, et les particules de cire qui peuvent y adhérer encore, avec de l'essence de térébenthine.
§ 99.] CHAP. m. DES RÉACTIONS. 145
Lorsqu'on n'a que fort peu de la solution acide dont nous venons de parler, on Féyapore doucement à sec, dans un verre de montre, dont le fond parait terne et dépoli, après qu*on a enlevé le mélange avec de Tean.
e^* Si, dans un creuset de platine, fermé avec une plaque de verre préparée comme nousTavons dit plus haut, on verse de Tacide sulfurique concentré sur un fluorure soluble ou insoluble, réduit en poudre fine, que Ton chauffe doucement le creuset, de manière à ne pas fondre la cire de la plaque, ce qu'on empêche d'^ailleurs facilement en humectant, avec de Teau, son côté extérieur, et qu'enfin on laisse cette plaque en contact avec les vapeurs pendant 20 à 30 minutes, les caractères tracés sur la cire apparaissent sur la plaque de verre après qu'on en a enlevé la cire. Lorsque la quantité de fluor ide hydrique dégagé par Tacide sulfurique est très-petite, il arrive souvent qu'après avoir enlevé la cire, on ne voit plus les caractères ; il suffit, dans ce caslà, de pousser l'haleine sur la plaque, pour les voir reparaître, ce qui vient de ce que les parties attaquées retiennent mieux l'eau que celles qui ne le sont pas.
Observcttions, — La troisième section comprend, ainsi que nous l'avons dit, les acides phosphorique, borique, oxalique et fluoride hydrique ; nous avons vu que leurs sels barytiques se dissolvent sans se décomposer dans le chloride hydrique, d'où les alcalis les précipitent, sans altération, en neutralisant cet acide. Gomme les arsénite, arséniate, et chrômate barytique présentent les mêmes propriétés, il est clair qu'il faut d'abord éloigner ces acides de la dissolution dans laquelle on veut chercher les acides phosphorique, borique, oxalique, ou fluoride hydrique. 11 ne faut cependant pas attacher une grande importance à cette réaction, pour mani*fester la présence de ces acides, et encore moins pour les séparer d*avec d'autres acides, puisque les sels barytiques des acides dont nous nous occupons, et surtout celui que forme l'acide borique, ne sont pas précipités, par l'ammoniaque, de leur solution dans le chloride hydrique, pour peu que la solution contienne d'à-
cide libre, ou, ce qui revient au même, si elle contient une assez grande quantité d'un sel ammonique.
On reconnaît toujours Tacide borique à la couleur qu'il conamunique à la flamme de Talcool, quand on a soin de concentrer suffisamment les solutions avant que d'y verser ralcool ; ou bien, dans le cas où on aurait un borate, après y avoir ajouté de Tacide sulfuri,que en quantité suffisante. Il est boa d'employer ce dernier concentré. Lorsque Tacide borique est libre dans la liqueur, il faut Tunir avec un alcali avant que de la concentrer ; sans cela, il s*en perd une grande quantité qui est entraînée par les vapeurs d'eau.
L'acide phosphorique est suffisamment caractérisé par son sel argen tique jaune; par les propriétés toutes spéciales de son sel basique ammonico-magnésique, dont la plus remarquable est son insolubilité dans le 3el ammoniac ; par la manière dont le phosphate plombique se comporte au chalumeau; et enfin, et surtout, par l'action qu'il exerce sur le mélange de chlorure ferrique et d'acétate potassique. Toutes les fois. qu'on emploie celte réaction, il faut se rappeler que le phosphate ferrique est un peu soiuble dans les acétates ferrique et aluminique.
Il est facile de reconnaître l'acide oxalique par la solution de gypse, pourvu qu'on se rappelle que le précipité qu'il y détermine ne doit pas disparaître par une addition d'acide acétique, ce qui le distingue de Taeide phosphorique ; mais qu'il doit se dissoudre facitement dans le chloride hydrique- et 'io transformer en carbonate calcique lorsqu'on le porte au rougé, ce qui ledistingue du fluoride hydrique. Les oxatates terreux se décomposefit totalement loilsqu'on les fait bouillir avec du carbonate sodique.
Enfin, il est difficile de confondre le fluoride hydrique avec aucun des antres acides ; on le reconhalt toujours, et avec autant de netteté que de facilité, à la réaction indiquée au n» 4. Les métho^ des. indiquées aux n°* 5 et 6 ne peuvent être appliquées que lorsqu'il a'y a pas d'acide silicique dans le mélange, ce qu*il ne faut pas.oubiier.
§ iOO.] CHAP. III. DES RÉACTIONS. i47
QUATRIÈME PIYldlON. i< > i
a. Acide carbonique. CO,*
io A la température et sous la pression ordinaires, Faeide carbonique est un gaz ineolore» teilement plus pesant que Tair qu^on peut le verser d'un vase dans un autre. 11 est soluble dans Feau. Cette solution, qui a un faible goût acide* et piquaot, abandonne tout son aeide carbonique lorsqu'on lachaolfe.
2^ La plupart des carbonates perdent , au rouge , leur acide carbonique. Tous ceux dont la base* est incolore sont blancs ou incolores. Les carbonates alcalins sont les seuls carbonates solubies à rétat neutre ; leur solution est fortement alcaline. De plus, les carbonates terreux, ainsi que quelques carbonates métalliques, se dissolvent aussi dans Feau lorsqu'ils sont à Tétat de bicarbonates.
3o Les carbonates sont décomposés par tous les acides libres solubles dans Teau, à Texeception descyanide et sulfîde hydrique; Tacide carbonique se dégage alors avec effervescence sous forme de gaz incolore, presque inodore, et rougissant momentanément le tournesol. Il faut, pour décomposer les carbonates, et surtout les carbonates alcalins, employer un excès d'acide, parce qu'en ne l'y mettantpas en quantité suffisante on n'arrive souvent qu'à former des carbonates acides, sans déterminer d'effervescence.
Pour découvrir, de cette manière, Tacide carbonique dans les corps, il faut d'abord verser sur eux de l'eau, et immédiatement après l'acide ; comme de cette manière on voit sortir du fluide les bulles du gaz, on ne peut pas se tromper. Quand on veut se con« vaincre directement que le gaz qui s'échappe est bien de l'acide carbonique, on verse un peu de celui qui s'est dégagé dans le tube à essais (et non pas de la liqueur qui s'y trouve), dans un autre tube, au fond duquel on a mis un peu d'eau de chaux, avec laquelle on secoue fortement le gaz, qui, s'il est bien de l'acide carbonique, y forme un abondant précipité de carbonate calcique, CaO, CO,.
A^ L'eau de c/uiu(r ou c^ &art/te produit, dans les liqueurs contenant de l'acide carbonique ou des carbonates solubles, un préci-
pilé blanc de carbonate calcique, CaO, GO,, ou barytique, BaO, GO,. Quand on veut reconnaître la présence de Tacide carbonique libre, il faut toujours employer un excès du réactif, parce que les carbonates terreux sont solubles dans Teau lorsqu'ils sont acides. Les précipités formés se dissolvent avec effervescence dans les acides, d'où Tammoniaque ne les précipite plus, une fois qu'on a chassé de la solution tout l'acide carbonique en la faisant bouillir.
^0 Les chlorures cddque et barytique produisent immédiatement dans les carbonates alcalins neutres, et seulement à Taidede Tébullltion dans les bicarbonates, un précipité de carbonate calcique ou barytique. Ils ne sont pas précipités par Facide carbonique libre.
h. Acide silicique. SiOs.
lo Cet acide s'offre à nous sous deux modifications : Tune soluble dans Teau et les acides; l'autre n'est attaquée que par le fluoride hydrique. La modification soluble devient insoluble lorsqu'on la chauffe. En fondant l'acide silicique avec des alcalis libres ou carbonates, on produit un silicate basique soluble dans Teau. Les acides séparent de cette solution Tacide silicique, sous la modification soluble. La modification soluble de l'acide silicique, bouillie avec une solution de potasse caustique ou carbonatée, s'y dissout facilement, tandis que la modification insoluble ne s'y dissout que très-difficilement. Les silicates alcalins sont les seuls qui soient solubles dans l'eau.
2° La solution des silicates alcalins est décomposée par tous les acides,' lorsqu'elle est très-concentrée, l'acide silicique s'en précipite en flocons gélatineux ; lorsqu'elle est étendue, il reste en dissolution. Quand on ajoute à cette dernière un excès de cbloride hydrique, ou d'acide nitrique, et qu^n l'évaporé à siccité, l'acide silicique passe de la modification soluble à l'insoluble; aussi, lorsqu'on lave avec de l'eau le résidu de l'évaporation, l'acide silicique resle-t-il sous forme de poudre blanche, craquant entre les dents. En ajoutant du sel ammoniac aux solutions des silicates alcalins, on en précipite aussi de l'hydrate d'acide silicique.
3o Les silicates terreux et métalliques contiennent aussi l'acide silicique sous forme soluble ou insoluble. Dans le premier cas, ils
§ iOO.] GHAP. III. DES RÉACTIONS. 149
sont décomposés par le chloride hydrique ou l'acide nilriquc bouillants; Tacide silicique se sépare en gelée, ou sous forme de poudre, et la base s*unit à l'acide employé. Dans le second cas, les acides ne pouvant séparer Tacide silicique de la base avec laquelle il est uni, on est obligé de les décomposer par la voie humide, à Taide du fluor ide hydrique, ou, par la voie sèche, en les fondant avec des carbonates alcalins.
Ap La soude dissout^ au chalumeau, beaucoup diacide silicique, avec lequel elle forme un verre incolore, qui reste limpide en se refroidissant, et qui est formé de silicate sodique. Pendant la fusion, de l'acide carbonique se dégage avec effervescence. Cette réaction manque souvent aux commençants, et cela'parcequ'ilsprennent ordinairement trop de soude pour faire cet essai.
B*' Le sd de phosphore ne dissout presque pas l'acide silicique. Comme il nage, sous forme de masse opaque, dans la perle limpide, il peut ainsi être mieux vu lorsqu'elle est encore rouge qu'après qu'elle est refroidie. Les silicates se conduisent de même, parce que le sel de phosphore leur enlève leur base qu'il dissout, sans toucher à leur acide silicique, puisqu'il y est insoluble.
Condwion et observations, — On reconnaît facilement Tacide carbonique à ce que ses sels, en présence des acides, dégagent un gaz presque inodore. Lorsqu'on a des combinaisons qui dégagent en même temps d'autres gaz, on les essaye en les faisant passer dans de l'eau de chaux ou de baryte.
Quand Tacide silicique existe sous sa modification soluble, à laquelle il faut toujours l'amener, on le reconnaît, lorsqu'après avoir saturé ses combinaisons par Tacide nitrique, ou par le chloride hydrique, on les évapore à sec ; qu'on lave le résidu avec de l'eau, et qu'on essaye au chalumeau la partie qui ne s'y est pas dissoute.
DEUXIÈME GROUPE
Acides non préoipîiables par le chlorure barytîque, précipités par le nitrate argentique.
Ghloride hydrique, brômide hydrique, iodide hydrique, cyanide
hydrique et sulûde hydrique.
Les sels argentiqnes, formés par ces acides, ne se dissolvent pas dans Facide nitrique étendu. Les acides appartenant à ce groupe se décomposent en présence des oxyctes métalliques, de manière à former des combinaisons de ces métaaravec les métÀUoîdes, d'un côté; et, de l'autre, de l'eau provenant de l'union de l'hydrogène de l'acide avec l'oxygène de la base.
a. Ghloride hydrique. CIH.
lo A la température et sous la pression ordinaires, le chloride hydrique est un gaz incolpre, fumant très-fortement au contact de l'air, étouffant, très-irrilanl, et excessivement soluble dans l'eau. Sa solution, l'acide hydrochlorique commun, perd, lorsqu'on la chauffe, une grande partie du gaz qu'elle avait dissous.
H^ Les chlorures métalliques neutres sont, en général^ soluhles dans l'eau, à l'exception des chlorures argentique, plombique et mercureux; la plupart sont blancs ou incolores ; beaucoup d'entre eux se volatilisent sans se décomposer, lorsqu'on les chauffe ; d'autres se décomposent au rouge ; il y en a peu qui résistent à celte température.
30 Le chloride hydrique libre, ainsi que les solutions des chlorures, produisent dans le nitrate argentique, lors même qu'elles sont très-fortement étendues, un précipité bimane que la lumière colore en violet, puis en noirâtre ; c'est du chlorure argentique, AgCl, qui est insoluble dans l'acide nitrique, très-soluble dans l'ammoniaque, et qui, lorsqu'on le chauffe, se fond sans se décomposer (§ 91 a. 5).
40 Le nitrate mercureux et l'acétate plombique produisent dans les liqueurs contenant du chloride hydrique libre ou des chlorures, des précipités de chlorure mercureux, Hg^Cl, ou plombique.
§ *0I.] CHAP. m. DES RÉACTIONS. 151
PbCI. {Voyezy pour les propriétés de ces précipités, §9f, 6. 5, et §9i,c. 6.)
50 Quand on chanfiTe des chlorures avec du suroœyde manganique et de l'acide sulfurique, il s'en dégage du chlore, facilement reconnaissable à sa couleur jaune verdâtre et à son odeur.
60 Quand on broie un chlorure avec du chrâmate potassique, qu'on porte le mélange dans une cornue tubulée, et qu'*on verse sur lui de l'acide sulfurique concentré, il s'en dégage, lorsqu'on chauffe doucement, un gaz rouge brun foncé (bichrômale chlorochrômique, CrCl, H- % (CrÔj) en grande quantité, qui se condense dans le récipient en un fluide de même couleur. En mêlant ce chrômate chloro-chrômique avec un excès d'ammoniaque, on obtient une liqueur colorée en jaune par du chrômate ammonique ; les acides la font passer au rouge, en y déterminant la formation de chrômate acide de cette base.
d. Brômide hydrlqae. BrH.
lo Le brômide hydrique, sa solution aquense, et lés brôiâures, présentent l'analogie lapins grande, en général, avec les composés correspondants du chlore.
20 Le nitrate argentique produit, dans la solution aqueuse du brômide hydrique ou des bromures, un précipité blanc jaunâtre, que la lumière colore en violet. C'est du bromure argentique, AgBr, insoluble dans l'acide nitrique, et assez peu soluble dans Tarn* moniaque.
30 L'acide nitrique décompose, à chaud, le brômide hydrique et les bromures, à l'exception des bromures argentique et mercurique, en mettant du brome en liberté, parce qu'il s'empalre de l'hydrogène du premier et de la base des derniers. Alors, si l'on a une liqueur, le brome la colore en rouge orangé;' tandis que si l'on a un bromure solide, il s*en dégage des vapeurs rouge jaunâtre de brome, reconnaissable à son odeur analogue à celle du chlore. Quand on opère sur une suffisante quantité de matière, ces vapeurs se condensent en petites gouttes dans la partie froide du tube.
40 Le chlore ou l'eau de cMore mettent aussi le brome en liberté dans les liqueurs contenant quelqu'une de ses combinaisons ; elles se colorent alors en ronge jaunâtre, si la quantité du brônie pro-
i52 ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§ iOl.
duit n'est pas Irop pelile. En versanl dans une liqueur traitée de celte manière de Téther, si elle était rouge jaunâtre, elle se décolore; tout le brome se dissout dans Téther, qui^e colore en jaune, pour peu que la liqueur contienne des traces de ce métalloïde. En versant dans la solution un peu de potasse caustique, elle se décolore ; on a du brômate et du bromure potassique qu'il suffit d'évaporer à sec et de cbaufTer au rouge pour que tout le brômate se convertisse en bromure. On traite ensuite la masse, chauffée au rouge, suivant 5o.
50 Quand on chauffe des bromures avec du peroxyde manganique et de l'acide sulfurique, on dégage des vapeurs rouge jaunâtre de brome; lorsqu'on n'a que de fort petites quantités de bromure, on ne peut plus saisir la couleur de ces vapeurs. Il faut, dans ce cas, mettre Tessai dans une pelile cornue, et conduire les vapeurs qui s'en dégagent, à travers un long tube de verre qu'on refroidit, dans un cylindre d'essai contenant delà fécule humectée avec un peu d'eau. {Voyez^ pour ce qui peut arriver alors, 60.)
6<> La fécfde humide au contact du brème libre, gazeux, ou en |
dissolution, se colore en jaune. La teinte de cette coloration, due à '
ce que le brome s'unit à l'amidon, n'est pas toujours la même. Pour rendre celte réaction aussi sensible que possible, il faut fermer à la lampe le tube dans lequel se trouve le mélange de fécule et de la liqueur à essayer. On retourne ensuite le tube, de manière à ce que la fécule se trouve à sa partie supérieure et le mélange à sa partie inférieure. De cette manière, la plus légère trace de brome colore l'amidon en jaune après douze ou vingtquatre heures. Celte coloration disparaît au bout de quelque temps.
7« Lorsqu'on verse sur le mélange d'un bromure avec du chrômate potassique de l'acide sulfurique, et qu'on chauffe, il s'en dégage, comme avec les chlorures, un gaz rouge brun ; mais celui-ci est du brome pur ; aussi quand on sature avec de l'ammoniaque 1 la liqueur qui se condense, obtient-on une solution incolore, et non pas jaune, comme dans le premier cas.
e. lodide hydrique. IH.
lo L'iodide hydrique est un gaz incolore analogue aux chloridc j
§101.1 CHAP. m. DES RÉACTIONS. i53
el brômide hydrique; il esl très-soluble dans l'eau. L'iodidc hydrique, aqueux et incolore, devient, au contact de l'air, rapidement rouge brun, parce qu'il se forme alors de i'eau et de î'hyperiodide hydrique, I,H.
2o Les iodures ont aussi beaucoup de rapports avec les chlorures ; cependant parmi les iodures à base de métaux lourds, il y en a beaucoup plus d'insolubles dans Teau. Beaucoup d^entre eux possèdent des colorations toutes spéciales.
30 Le nitrttte argentique produit, dans les solutions aqueuses d'iodide hydrique et des iodures, un précipité d'iodure argentique, Agi, blanc jaunâtre, passant au noir à la lumière. Il est insoluble dans Tacide nitrique étendu, et très-peu soluble dans Tammoniaque.
40 La solution cTune partie de sulfate cuivrique et deux parties et un quart de sulfate ferreux produit, dans la solution aqueuse et neutre des iodures, un précipité blanc sale d'iodure cuivreux, GuJ. L'addition d'un peu d'ammoniaque favorise la précipitation complète de l'iode. Les chlorures et les bromures ne sont pas précipités par ce réactif.
50 L'acide nitrique décompose Tiodide hydrique el les iodures aussi facilement que les combinaisons du brome ; c'est ce qui fait que les solutions incolores d'iodide hydrique et des iodures dans lesquelles on verse de l'acide nitrique se colorent déjà, à froid, en brun jaunâtre, et qu'il se précipite, de celles qui sont concentrées, de l'iode sous forme de poudre noire, tandis que de Toxyde nitrique se dégage avec effervescence. Les iodures solides donnent, lorsqu'on les chauffe avec Tacide nitrique, outre de l'oxyde nitrique, des vapeurs violettes d'iode qui se condensent, sous forme d'enduit noirâtre, dans la partie froide du tube.
60 Le chlore et l'eau de chlore dégagent aussi Tiode de ses combinaisons ; mais employés en excès, ils le changent en chloride iodique, qui est incolore.
7^ En chauffant des iodures avec de l'acide sulfurique concentré, ou bien avec de l'acide sulfurique et du peroacyde manganique, il se dégage, dans l'un et l'autre cas, de l'iode reconnaissable à la couleur violette de sa vapeur. Dans le premier cas, il se forme en même temps de l'acide sulfureux. Quand l'iode est en très-petite quantité, il est impossible de le reconnaître à la couleur de sa va-
peur; on ne peut plus alors le reconnaître qu'à sa manière d'agir sur l'amidon, action dont nous allons parler.
8® Lorsqu'on met un peu d* empois de fécule étendu de beaucoup d'eau dans une solution d'iode ou dans celle d'un iodure ou de riodide hydrique, après en avoir mis en liberté l'iode au moyen d'acide nitrique, il y a production, lors même que l'iode n'existe qu'en excessivement petite quantité, d'une coloration violette ou bleu noirâtre, plus ou moins iiitense, ou d'un précipité de même couleur : tous les deux sont dus à rùnioh de l'iode avec ta fécule. Quand on emploie Teau de chlore pour mettre en liberté l'iode, il faut l'ajouter avec la plus grande précaution, parce qu'en enismployantun excès il se forme un chlorure d'iode qui ne colore pas l'amidon en bleu. La manière la plus sûre de découvrir l'iode dans les substances sèches, quelles qu'elles soient, consiste à verser de l'acide sulfurique concentré sur ces substances, après lès avoir mises dans un petit ballon qu'on ferme mal avec un bouchon, auquel on suspend une bande de papier ou de toile blanche, couverte d'un enduit d'empois d'amidon, qui, au bout de quelques heures, se colore en bleu, pour peu que le mélange contienne de l'iode.
90 Les iodures se comportent, en présence du mélange de chrâmate potassique et d'acide sulfurique, absolument de même qu'avec l'acide sulfurique seul. (Voyez § 101, a. 6.)
d. Gyanide hydrique. GyH-
lo Le cyanide hydrique est un fluide incolore, volatil, combustible, dont l'odeur rappelle un peu celle des amandes amères. Il est miscible à l'eau en toutes proportions, et se décompose rapidement lorsqu'il est pur.
2° Les cyanures alcalins et terreux se dissolvent dans l'eau, et leur solution répand l'odeur de cyanide hydrique. Ils sont facilement décomposés par les acides, même par l'acide carbonique. Au rouge ils ne se décomposent pas hors du contact de l'air. Fondus avec les oxydes de plomb, de cuivre, d'antimoine, d'étain et de beaucoup d'autres métaux, ils les réduisent en passant eux-mêmes' à l'état de cyanales. FI n'y a que peu des cyanures des métaux lourds qui soient solubles dans l'eau. Chauffés au rouge, ils se décomposent tous ; les uns, comme les cyanures des métaux nôbleyi éh métal et cyanogène; les autres, c'est-à-dire les cyanures dé louîs
§401.] CUAP. m. DES RÉACTIONS. 1^8
les autres métaux lourds, en nitrogène et en carbure métallique. Beaucoup de cyanures métalliques ne sont pas attaqués par les oxacides étendus, et ne sont que difficilement décomposés par Tacide nitrique concentré et bouillant. En échange, les chlodde et sulfide hydrique les décomposent presque tous, et complètement.
Le cyanogène s'unit à quelques métaux : fer, manganèse, cobalt et .«brome.,; pour foripcr avec eux des radicaux composés dans lesquels on oe f»eut plus d^celei: ces métaux par la plupart des procédés ordmaire^^ d'analyse.
3° Lenitratfi argentique prodnit, dans les solutions de cyanide hydrique et des cyanures alcalins, un précipité blanc de cyanure argaQti<|ue, AgCyi sohibledaos le cyaaure potassique, peu soluble dans Tarn mon iaque, insoluble dans Tacide nitrique, décomposa* bie au rouge, et laissant alors de l'argent métallique mélangé de paracyanure argentique.
4o En versant dans la solution d'un cyanure alcalin une solution de ^/ote ferreu» laissée pendant quelque temps au, contact de l'air, ce qui la change en sulfate ferroso-ferrique, on y détermine la formation de cyanoferrile potassique qui reste en dissoliiliçjçk et d'un précipité d'oxyde ferrique causé par Texistence d'un alqaU libre d^ms la sokitio». En versant dans ce mélange du chloride hydrique en excès, on en dissout le précipité d'oxyde ferrique et on produit un précipité ou une coloration bleue due à du bleu de Prusse (Koy. § 89, f, 6.)
Pour reconnaître de cette manière le cyanide hydrique libre, il faut donc auparavant Tunir à un alcali.
5o En ajoutant un excès de potasse à une solution de cyanide hydrique, et immédiatement après, àQVoœydemefcurique en pou-, dre fine, il s'y dissout aussi facilement que dans le cyanide hydrique Ubre. Comme l'oxyde mercurique ne se dissout dans les alcalis, que lorsqu'ils contiennent du cyanide hydrique, cette réaction permet d'en reconnaître la présence avec certitude.
6o Suivant M. Liebig, quand on ajoute à une solution de cyanide hydrique, une ou deux gouttes de sulfure ammonique jaune, puis un peu d'ammoniaque, et qu'on chauffe jusqu'à ce que le mé* lange devienne incol<»e, il se transforme en^ulfocyanure ammonique qui colore les sels ferriques en rouge de sang. Cette réaction qui est excessivement sensible est expliquée par Téquation
suivante : NH^Sj +2NH^04- 2CyH=2CyS5,NH^-h NH^S + 2 HO.
70 Aucune des méthodes que nous venons d'examiner ne permet de découvrir le cyanogène dans le cyanure mercurique. Pour y parvenir, il faut ajouter à sa solution du chloride hydrique et du fer métallique. De cette manière on précipite le mercure à Tétat métallique, tandis que dans la liqueur se trouvent du cyanide hydrique et du chlorure ferreux, qui s'oxyde partiellement au contact de Tair ; ce qui fait, qu'en y versant alors de la potasse, il se forme du cyano-ferrite potassique^et un précipité d'oxyde ferroso-ferrique; puis, du bleu de Prusse quand on ajoute du chloride hydrique en excès.
Le sulfîde hydrique décompose facilement aussi le cyanure mercurique en produisant du sulfure mercurique et du cyanide hydrique.
Ainsi qu'on doit s'y attendre, d'après ce que nous avons dit au n» 2, le cyanure mercurique se décompose, lorsqu'on le chauffe, en mercure métallique et en cyanogène, facilement reconuaissable à son odeur et à la propriété qu'il possède de brûler avec une flamme rouge cramoisi.
80 On peut reconnaître dans les cyano-ferrites et lescyano ferrâtes à base alcaline la présence de ce radical composé ; pour les premiers, avec les solutions ferriques et cuivriques ; pour les seconds, avec les solutions ferreuses. En les distillant avec de l'acide sulfurique, on en extrait du cyanide hydrique libre. Les cyano* ferrites, ains que les cyano-ferrates insolubles, se décomposent lorsqu'on les chauffe avec de la potasse caustique ou carbonatée^ en produisant du cyano-ferrite potassique, tandis que le métal se sépare à Tétat de carbonate ou d'oxyde pur.
e. Siilûde hydrique. SH.
lo A la température, et sous la pression ordinaire, le sulfide hydrique constitue un gaz incolore, combustible, et soluble dans Teau. Uestfacilemenl reconuaissable à son odeur d'oeufs pourris.
2o Les sulfures alcalius et terreux sont les seuls qui soient solublés. Ces sulfures, ainsi que ceux du quatrième groupe : fer, manganèse, etc., sont décomposés par les acides minéraux étendus, en dégageant du sulfide hydrique, facile à reconnaître à son odeur et à son action sur les sels de plomb {voyez n^ 3j. Quaod^ la
§101.1 CHAP. m. DES RÉACTIONS. lo7
combinaison appartient à un degré supérieur de sulfuration, il se forme en même temps un précipité de soufre excessivement di- Visé, et blanc, qu'il est toujours facile de reconnaître à cause de sa combustibilité. Les sulfures des métaux des cinquième et sixième groupes sont, les uns, solubles dans le chloride hydrique concentré et bouillant ; les autres, qui y sont insolubles, se dissolvent, en échange, dans l'acide nitrique concentré et bouillant. Les sulfures mercureux et mercurique qui résistent à ces deux agents se dissolvent facilement dans Teau régale. Toutes les fois qu'on dissout des sulfures dans Tacide nitrique ou Teau régale, il y a production d'acide sulfurique et de soufre, reconnaissable à sa couleur et à son inflammabilité.
30 Le sulfide hydrique gazeux ou en dissolution détermine, dans les solutions de nitrate argerUique et d'acétate plombique^ la formation d'un précipité noir de sulfure argentique ou plombique {voyez ^ 91, a. et §91, c). Quand l'odeur n'est pas assez intense pour prouver l'existence du sulfide hydrique, l'emploi de ces deux réactifs ne peut laisser le moindre doute sur son existence. S'il est gazeux, on porte dans l'air, oiî on veut le déceler, un morceau de papier humecté avec une solution d'acétate plombique basique, qui s'y couvre à l'instant d'une pellicule brillante et brun noir de sulfure plombique.
4<^ Quand on chauffe des sulfures à la flamme extérieure du chalumeau^ le soufre y brûle avec une flamme bleue, en répandant l'odeur de Tacide sulfureux.
50 Quand on fait bouillir un sulfure réduit en poudre fine, avec de la soude caustique, dans une petite capsule de porcelaine, et qu'on chauffe le tout jusqu'à ce que la potasse commence à fondre, ou bien lorsqu'on fond dans une cuiller de platine le sulfure réduit en poudre avec de la soude ou de la potasse, et qu'on introduit dans la masse fondue un morceau d'argent poli, tel qu'une pièce d'argent décapée, elle est noircie sur-le-champ, parce qu'il se forme à sa surface du sulfure argentique. On nettoie ensuite l'argent en le frottant avec de la poudre de chaux vive et un gant.
Conclusion et observations, — Quoique la plupart des acides du premier groupe soient précipités par le nitrate argentique, ce caractère ne peut cependant les faire confondre avec les précipités» que les acides du second groupe produisent dans ce réactif, puisque les premiers se dissolvent dans Tacide nitrique étendu, qui ne dissout point les sels argenliques des acides du second groupe. La présence du sulfide hydrique gêne toujours, plus ou moins, la recherche des acides du second groupe ; aussi faut-il l'éloigner de la liqueur dans laquelle on veut trouver les autres acides. Il suffit pour cela, quand le sulfide hydrique est libre, de faire bouillir la solution ; mais, quand il est combiné à un alcali, il faut le précipiter au moyen d'un sel métallique qui ne. précipite pas les autres acides, ou qui ne les 4>récipite pas, lorsqu'on a acidulé la solution.
Les iodide et cyanide hydrique peuvent être facilement reconnus, même en présence des chloride et brômidô hydrique, par Faction si caractéristique qu'ils exercent sur Tamidon et sur les solutions ferroso-ferriques. D'un autre côté, il est toujours plus ou moins difficMede reconnaître, avec précision, le chlore et le brome dans uue solution oii ils se trouvent aveeriode et le cyanogène. Il faudra dqnc enlever .le$ deux derniers avant que de pi^oqédçr.à. Ift JCeciherche des premiers. On sépare facilement le cyanogène, en faisant rougir les sels argeoliques de ces corps. Le cyanure. argent|,4|^ s^ décompose alors,; «tandis que. les chlorure, bromure et iodure restenl^ intacts* C'esl à Faide de Tammoniaque qu'on sépare l'iode d'avec le chlore, et le brome ; les sels argentique$ de ces. derniers s'y dissolvent avec facilité, tandis que l'iodure argentique y est presque insoluble. Cette séparation est plus totale lorsqu'on l'opère en faisant passer l'iode à l'état d'iodure cuivreux ; car alors le chlore et la brème restent en dissolution. Quand le brome est mélangé avec du chlore, on le reconnaît à ce qu'eu traUa<nt ,1e mélange par l'hypochlorite caloique et le chloride hydrique, ou par l'eau de chlore, il s'en dég^e du* brème libre, qu'on isole au n^oyen de l'élher. On reconnait le chlore mélangé avec Je brome à âa réaction sur le mélange de chrômate potassique et d'acide sulfurique.
§ i02.] CHAP. m. DES RÉACTIONS. 459
TROISIÈME' GROtrPE.
Acide» BOB ptéeipîtÉUcB par lei lels barytiquei et avgeBtûpiet,
aoide» BÎtriqpae et ohlorUme.
a. Acide nitrique. NOg.
f ° L'acide nitrique à l'état anhydre se présente, suivant M. De* yfHe, sous forme de solide incolore cristallisant en prismes hexagonauxt fusibles à 29o, 5 G. et entrant en ébuilition vers 45<> G. {Comptes rendusy XXVllI, p. 257.) Son hydrate est un fluide incolore fumant à Tair, rouge lorsqu'il contient de Tacide nitreux, très-caustique, détruisant rapidement les substances organiques, et colorant celles qui sont nitrogénées en jaune foncé.
2o Tous les nitrates neutres sont solubles dans l'eau. Il n'y a que quelques nitrates basiques qui y soient insolubles. Tous les nitrates se décomposent à une forte chaleur rouge. Les nitrates alcalins donnent alors de l'oxygène etdu nitrogène ; tous les autres, de l'oxygène et de Tacide nilreux ou hyponitrique.
30 Quand on jette un nitrate sur des charbons ardents^ ou qu'on met un corps organisé quelconque, tel que du papier, dans un nitrate en fusion, il se fait une détonation due à ce que la substance organique brûle aux dépens de Toxygène de Tacide nitrique, en produisant une quantité d'étincelles très-brillantes.
40 Quand on mêle un nitrate avec du cyanure potassique en poudre, et qu'on chauffe le mélange sur une feuille de platine, il détone avec une violente explosion et un vif dégagement de flammes. Cette réaction est si sensible qu'elle permet de déceler des quantités fort minimes de nitrates.
50 En versant, dans la solution d'un nitrate, le quart de son Tolume d'acide sulfurique concentré, et jetant dans le mélange, lorsqu'il est froid, un cristal dé sulfate ferreux^ la liqueur se colore tout autour de lui en brun foncé. Gette coloration, qui disparaît souvent par la seule agitation du mélange, disparaît toujours lorsqu'on lechauffe. ElieVientdeceque, dans c^s conditions, l'acide nitrique est décomposé par le sulfate ferreux, quiliti en-
lève les Irois cinquièmes de son oxygène, en passant à l'élal de sulfate ferrique. L'oxyde nitrique ainsi produit s'unit à Toxyde ferreux du sulfate non décomposé, avec lequel il forme une combinaison particulière soluble dans l'eau, qu'elle colore en brun noir.
60 En versant, dans la solution d'un nitrate, un peu d'acide suifurique, puis, assez de sulfate d'indigo pour que la solution se teigne en bleu très-clair, et faisant bouillir le mélange, sa couleur bleue disparait. Ceci a lieu parce que l'indigo s'oxydant aux dépens de l'oxygène de l'acide nitrique mis en liberté par l'acide suifurique, il rend la liqueur incolore ou jaune très-clair.
Il est important de se rappeler que d'autres substances, entre autres le cblore, produisent la même décoloration.
70 Quand on mêle un nitrate avec de la limaille de cuivre, et qu'on verse sur le mélange, dans un tube à essais, de Tacide suifurique concentré, l'air contenu dans le tube se colore en rouge jaunâtre, parce que l'oxyde nitrique né de la réduction de l'acide nitrique par le cuivre, produit en s'unissant avec l'oxygène de l'air, de l'acide byponitrique. La manière la plus sûre d'apercevoir celte coloration consiste à regarder dans le tube, de baut en bas, dans toute sa longueur.
d. Acide chlorique. GIO5.
i° Aussi concentrée que possible, la solution d'acide chlorique constitue un fluide jaune, huileux, doué d'une odeur analogue à celle de Tacide nitrique. Il rougit le tournesol, qu'il blanchit ensuite. Étendu d'eau, il est incolore et inodore.
2<> Tous les chlorates se dissolvent dans Teau ; chauffés au rouge, tous se décomposent en oxygène qui se dégage, et en chlorure métallique qui reste.
30 Chauffés avec du charbon^ ou tout autre corps organique, les chlorates détonent avec beaucoup plus de force que les nitrates.
40 Quand on mêle un chlorate avec du cyanure potassique, et qu'on chauffe, il y a une violente explosion qui est accompagnée d€ flammes, ce qui oblige à ne faire cette expérience qu'avec de fort petites quantités de matière.
5« L'acide chlorique libre décolore Hndtgo, en l'oxydant tout à fait de même que l'acide nitrique; aussi suffit-il de mêler la solution d'un chlorate avec de l'acide suifurique et un peu d'in*
§ 102.] CHAP. Ul. DES RÉACTIONS. i6i
digO) pour produire les mêmes phénomènes qu'avec les nilrâles.
6° En teignant la solution d'un chlorate en bleu clair, avec quelque peu de sulfcUe d'indigo, et y faisant tomber, avec précaution, quelques gouttes à*acide sulfureux dissous dans Teau, la coloration bleue disparaît. Cette réaction, aussi sensible que caractéristique, a lieu parce que Tacide sulfureux enlevant àPacide chlorique tout sou oxygène, met en liberté le chlore, qui détruit aussitôt la cou* leur bleue de Findigo.
7'^ Quand on chauffe les chlorates avec du Monde hydrique, ces deux acides se décomposent réciproquement, il se forme du bichlorate chloreux 2CI08, ClO^.
B<* Quand on verse de l'adde sulfurique concentré sur un chlorate, les deux tiers de sa base s'unissent à l'acide sulfurique, et le troisième à l'acide hyperchlorique formé; en même temps, il se dégage de Tacide chlorique et de l'acide chloreux , qui , en se dissolvant dans l'acide sulfurique, le colorent en jaune vif. On le reconnaît en outre, à son odeur, ainsi qu'à la couleur verdâtre de son gaz. La formule de cette action est : 3 (KO, ClOj) -f- 480, = 2K0, 2S0, -f. KO, CIO7 -f. CIO5, CIO3.
Pour tous ces essais, il faut ne pas chauffer et n'opérer que sur de petites quantités, sans quoi la décomposition s'effectue avec une violence telle, qu'il en résulte des explosions.
Conclusion et observations, — De toutes les méthodes que nous avons indiquées pour signaler la présence de l'acide nitrique, celles qui donnent les résultats les plus sûrs sont : le mélange de sulfate ferreux et d'acide sulfurique, ainsi que celui de limaille do cuivre et d'acide sulfurique. Nous avons vu plus haut que la détonation avec le charbon et avec le cyanure potassique, ainsi que la décoloration de la solution d'indigo, sont des caractères qui appartiennent à l'acide chlorique, tout aussi bien qu'à l'acide nitrique; aussi ces dernières réactions n'ont-elles de valeur qu'en l'absence de l'acide chlorique. La manière la plus sûre de se convaincre de la présence ou de l'absence de l'acide chlorique consiste à chauffer l'essai au rouge, puis à traiter le résidu par le nitrate argentique. S'il contient un chlorate, comme à la chaleur
rouge il se change en chlorure, il est clair qu'il produira un préci pi lé de chlorure argénlique. On comprend que celle méthode ne pourra être employée que dans les cas où l'essai ne contient pas déjà des chlorures tout formés. Quand il n'en est pas ainsi, il faut verser, dans la solution, du nitrate argentique, tant qu'il y détermine un précipité ; alors on filtre, on évapore à sec, et on chauffe au rouge le résidu. En général, il n'est pas nécessaire d'atoir recours à ce procédé compliqué. Les réactions produites par Tacide sulfurique concentré, ainsi que par Tindigo, avec la solution d'acide sulfureux, suffisent presque toujours pour indiquer avec précision la présence de Tacide chlorique.