I. OBSERVATIONS SUR l'eSSâI PRÉLIMINAIRE, AUX § 106 ET
Ainsi que nous Tavons remarqué ailleurs, on peut souvent tirer à l'avance une conclusion certaine sur la nature d'un corps, par la seule inspection de ses propriétés physiques, surtout lorsqu'il n'est pas mélangé avec d'autres. Ainsi , par exemple, lorsqu'on a un corps blanc, on en conclut que ce ne peut pas être du cinabre ; s'il est très-léger, que ce n'est pas une combinaison du plomb, etc.
Gomme les données de cette espèce amènent souvent plus rapidement au but, elles sont convenables et admissibles, tant qu'on se borne à ne les regarder que comme des probabilités. Si on ne le fait pas, on s'habitue bien vite à vouloir deviner à l'avance la pré- .sence des corps et à croire tellement obstinément aux données acquises de celle manière, qu'on ne voit plus les réactions indiquant leur absence, et qu'on est souvent amené ainsi à des résultats erronés.
Pour étudier les changements que subit une substance lorsqu'on l'expose à une température élevée, on peut, dans beaucoup de cas, se servir, au lieu d'une cuiller en fer, de petits tubes de verre fermés par un bout et longs de six à huit centimètres. Us offrent l'avantage de laisser échapper moins facilement la présence des corps volatils, des substances organiques, etc., et permettent de juger mieux de leur nature. Cependant, comme il faut en)[)loyer pour chaque essai un nouveau tube, il vaut mieux, tant qu'on s exerce à l'analyse, ne se servir que de la petite cuiller.
Relativement à l'essai préliminaire au chalumeau, nous remarquerons que tant que l'élève n'a pas encore acquis Texpérience toolà fait indispensable à celte sorte d'essais , et qu'il n'a pas encore acquis ce coup d'œil que donne l'habitude , il ne doit pas tirer trop facilement des conclusions de ses essais pyrochimiques. Il arrive très-souvent que, lorsqu'on se contente de la présence d'un léger enduit pour être sûr delà présence d'un métal, ou delà non
coloratioQ parle nitrate cobaltiqiie, pour être sûr de l'absence d'on autre, on est directement amené à se tromper sur la nature des parties constituantes du mélange , ou à omettre quelques-unes d'entre elles, tant parce que les réactions ne sont pas toujours faciles à produire, que parce qu'elles peuvent être modifiées par des circonstances accidentelles.
Enfin, rexpérience m'ayant appris que beaucoup de cdotmençants, jugeant que les recherches spéciales suffisaient à rexamen d'une substance , et que dans le but de gagner du temps , ou de s'éviter de la peine , ils laissaient de côté toute épreuve préliminaire, il me suffira, pour prouver tout ce que cette manière de faire a d'inconsidéré, d'observer ici qu'en agissant ainsi, on peut passer des heures entières à la recherche de tous les acides organiques sans les trouver, et cela parce que le mélange n^en contenait point, ce qu'on aurait su si on n'avait pas rejeté l'épreuTe préliminaire.