‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 58 sur 124 · RECHERCHE DBS ACIDES · texte numérisé non relu

RECHERCHE DBS ACIDES

Aranl que de commencer la recherche des acides et des corps

électro-négatifs, il faut, afin de s'éviter des recherches inutiles,

s^altacher à découvrir à l'avance ceux des acides qui^ peuvent

exister dans le mélange, d'après les bases trouvées et la classe à

I laquelle appartient, par sa solubilité, le corps qu'on étudie. La

I table qui fait suite à Tappendice sera assez utile à relève pour

I cette étude. *

I Les réactifs généraux que nous employons à la recherche des

\ ^ acidesjsont, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, pour les acides

I rnorganiqueSv le chlorure barytique et le nitrate argentiquêy et

I pour les acides organiques, les chlorures ca/ct^et ferriqùe. Avant

, toul, il fkut s'assurer si le mélange ne contient que des acides

, organiques ou que des acides inorganiques, ou enfin, s'il est un

I mélange de tous les deux.

Pour la recherche des bases, les réactifs généraux nous servent

I à établir entre elles de véritables groupes, tandis que pour celle

j des acides, ils ne nous servent qu'à nous assurer de la présence ou

de l'absence de chacun des différents acides qui font partie de

I chaque groupe.

I Admettons, ainsi que nous venons de le faire pour les bases, que

I nous ayons dans la même solution tous les acides dont nous nous

I sommes occupés plus haut, et qu'ils soient unis à la soude.

j La baryte forme avec les acides sulfurique, phosphorique, ar-

sénieux, arsénique; carbonique, silicique, borique, chrômique,

, oxalique, tartrique et citrique, des combinaisons insolubles dans

Teau, mais qui, toutes, à l'exception du sulfate barytique, se dis-

, solvent dans le chloride hydrique. Si donc nous versons, dans

quelque pen de la liqueur neutre, ou après l'avoir neutralisée, du

1° Chlorure Inm^tique^

, et qu'il la précipite, nous apprenons aussitôt, qu'elle contient au moins un des acides que nous venons d'énumérer. En versant sur le précipité formé, du chloride hydrique, nous y reconnaissons I VaMe sulfurique, s'il ne s'y dissout pas, puisque le sulfate barytique présente seul ce caractère.

Lorsque cet acide fait partie du mélange, il n'y a plus qu'une

partie des autres acides qu'on puisse y déceler avec précision par le chlorure barytique. Ceci vient de ce qu'en filtrant la solution chlorhydrique des autres précipuésbarylif|ues, el en la. saturant ensuite par Tammoniaque, on ne peut plus alors en séparer, par exemple, les borate, citrate, larlrate, etc., baryliques, parce qu'ils sont solubles dans le sel ammoniacal, en présence duquel ils se trouvent. C'est pour cela que nous ne pouvons pas emt>Ioyer le chlorure baryti(fue pour séparer tous les acides dont nous avons parlé ; aussi n'est-il usité que pour isoler Tacide âulfurique. .D'po autre côté, cependant, il nous est fort utile,; car lorsqu'il ne déterrnine pas de précipité dans uneliqueui' neutre ou alcaline, il.y indique l'absence de tous les acides précités^

L'argent forme avec le chlore, le brome, l'iode et le cyanogène, l'oxyde argentique avec les acides phosphorique, arsénieux, arsénique, borique, chrômique, silicique, oxalique, tartrique et citrique, des combinaisons insolubles dans l'eau. Elles sont toutes, sauf l'iodure argentique, solubles dans l'ammoniaque, et toutes, à l'exception des chlorure, bromure, iodure et cyanure argentique, solubles dans l'acide nitrique. Si donc nous versons dans la liqueur qui, pour la raison énoncée plus haut, doit être tout à fait

neutre, du

2° Nitrate argentique,

nous apprendrons aussitôt s'il s'y trouve un de ces acides, et cela, d'une manière tout à fait générale, au moins pour la plupart d^entre eux. On peut déjà reconnaître, avec assez de sûreté, les acides chrômique, arsénique et autres, dont les sels argenliques sont colorés, à la couleur du précipité. En versant sur le précipité de l'acide nitrique, nous reconnaissons la présence des corps halogènes à ce que leurs sels argen tiques ne s'y dissolvent pas, tandis que tous ceux dont Tacide est oxygéné s'y dissolvent.

On ne peut employer le nitrate argentique à isoler corn pléleaieol tous les acides qui forment, avec l'oxyde argentique^.des sels insolubles dans Teau, pour la même raison que le chlorure barytique. Le sel ammoniacal qui se forme alors, el qui, plus haut» enapécbail la précipitation de plusieurs des sels bary tiques, entrave encore ici la séparation par l'ammoniaque de plusieurs sels s^rgerUiques d'avec la liqueur acide qui les tient en dissolution. Voilà pourquoi le nitrate argentique , abstraction faite de l'utilité dont il nous est

dans la séparation du cb4ope, du brôoie, de l'iode et du cyanogène, et pour déceler Tacide chrômique et quelques autres, ne nous est réellement précieux, comme, le chlorure barytique, que dans le cas où, ne précipitant pas les solutions neutres, il y décèle. T^bsence de tous les corps que nous venons d'examiner. ^ .,.

L'action de ces deux réactifs sur la.splution à analyser indique, dès Tabord, si on doit faire, iou^ les estais dont naus ayons, parlé, ou bien quels sont ceux qu'on peut oipettr.e* Si, par exemple^ on a obtenu w précipité par le-chlorujce barytique, et point par Iq nitrate argentique, on en conclura, dans le cas où la liqueur ne contient paâ^^ts sek ammoniacaux, qu'Userait superflu d'y chercher les aicides pbosphorique, chrômique, borique, silicique, an^nieux, arsénique» oxalique, tartrique et citrique. 11. y aura de. mèmje aussi beaucoup de corps qu'on: se dispeo^ra de chercher dans le^cas ou on n'obtiendra de précipité que par le nitrate argentiq^^, et point par le chlorure barytique. On Toil par là combien de recherches spéciales ces- simples ^considérations peuvent éviter.

Revenons maintenant au cas supposé de la présence de tous les acides dans la même liqueur , où nous avons déjà déterminé le chiore, lebrâme^ l'iode et le cyanogène (corps dont nous avons in* diqué les procédés de séparation dans les notes et observations au § 101), ainsi que Vacide sulfurique. Cette liqueur ayant été précipitée par les deux réactifs employés , elle peut donc contenir tous les acides indiqués comme capables d'être précipités par ces deux réactifs. La manière de les reconnaître étant basée sur des expériences spéciales pour chacun d'eux, nous ne la développerons pas de nouveau ici. C'est ce que nous ferons aussi pour les autres acides inorganiques, qui sont les acides chlorique et nitrique.

Parmi les acides organiques, les acides oxalique , tartrique et racémique sont précipités à froid de leur solution neutre par le clilorure calcique , même en présence du chlorure ammonique. Cette précipitation n'a lieu qu'après quelque temps , lorsque l'acide tartrique se trouve sous forme de tartrate ammonique ; de même encore, en présence du sel ammoniac, le citrate calcique ne se précipite pas; cela n'arrive que lorsqu'on fait bouillir la solution, ou qu'on la mêle avec de l'alcool. Nous nous servons aussi de ce dernier moyen pour séparer le jfnalate calcique de sa solution aqueuse. En versant donc dans la solution du

^ Chlorure caUÂque^

avec du chlorure ammonique , nou& précipiterons les cundes oasalique, tartriqtie et racémique, ainsi que les sels calcaires de quelques acides inorganiques qu'on n^a pas séparés; ainsi, par eœemple, du phosphate calcique. On devra donc , pour isoler chacun des acides organiques précipités, employer des réactifs tels qu'on ne puisse pas les confondre avec les acides inorganiques qui peuvent se précipiter en même temps qu'eux.

C'est pourquoi nous avons choisi pour Taeide oxalique la solution de gypse avec addition d'acide acétique du § 99 , c, 5. Pour déterminer les acides tartrique et raeémique, nous traiterons le précipité produit par le chlorure calcique par la lessive de potasse caustique, parce que dans ces conditions les sels calcaires de ces deux acides sont les seuls qui s'y dissolvent à froid ; tous les autres y sont insolubles.

Il ne se trouve plus, dans la liqueur, pariai les acides organiques, que les acides citrique, malique, succinique, benzoîque, acétique et formique. On sépare les acides citrique et maîique, en prenant ht liqueur séparée par le filtre d'avec les oxalate, tartrate, etc., calciques, qui contient encore un excès de chloruré calcique, et en y ajoutant de Talcool. Avec les malate et citrate calciques, il se précipite toujours du sulfate et du borate calcique, quand ces deux acides font partie du mélange. 11 faudra donc bien se garder de les confondre avec les précipités dus aux acides citrique et maîique. On évapore pour chasser l'alcool, et on ajoute :

4*> Dû chlorure ferriqae.

On précipite alors les acides succinique et benzoïque unis à Toxyde ferrique, tandis que les acides acétique ei formique restent en dissolution. Conime nous avons rapporté plus haut les méthodes usitées, pour subdiviser les groupes et les réactions à Faide desquels on reconnaît chacun des acides, nous n'y reviendrons pas ici.

Page 1