B. — DÉTERMINATIONS CHIMIQUES
466. La marche qu'il convient de suivre pour déterminer, à un moment donné, la composition exacte et le degré de
(i) L*argile pure est un hydrosilicato d'alumine qui renferme, en moyenne, sur 100 parties, 50 à 60 de silice, 25 à 30 d^alamine, 10 i là d'eau, et ordinairement une petite quantité de chaux, de magnésie ou d'oxyde de fer. Elle n*abandonne son eau qu'a la chaleur rouge.
(î) Voy. BoussîNGAULT, ÉconomU rura/f, 2» édit., I, 697.
ferlilité d'un sol cultivable, consiste à rechercher directement, sur la terre elle-même, quelques principes, tels que Tacide nitrique, Fammoniaque et les matières orgiiniques. On analyse ensuite séparément les substances solubles dans Tcau, puis celles qui sont insolubles dans Teau, mais solubles dans les acides faibles, et en dernier lieu les substances à la foi insolubles dans Teau et dans les acides dilués.
a. Déterminations effectuées sur Tensemble de la terre.
4C7. La terre destinée à Tanalyse étant tamisée et bien desséchée à 100 degrés, on en prend plusieurs portions sur lesquelles on effectue séparément les déterminations suivantes.
1** p«rte an feu. — On pèse, Suivant les cas, de 10 à 100 grammes de terre, qu'on chauffe au rouge, dans une ^capsule de platine, jusqu'à incinération complète des matières organiques. On humecte ensuite le résidu avec une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque; on le chauffe de nouveau pour éliminer Texcédant du sel ajouté, et on en prend le poids après le refroidissement. La perte représente la somme des principes volatils ou décomposablés par la chaleur, tels que l'eau, les sels ammoniacaux, l'acide nitrique et les matières organiques.
2^ Matièrefl organiques. — Ce dosage présente des difficultés et laisse toujours beaucoup à désirer. La perte au feu ne peut indiquer qu'approximativement la proportion des matières organiques, puisque la chaleur dégage en même temps d'autres substances contenues dans la terre.
rt70 ANALYSES SPÉCIALKS.
On arrive à une détermination plus satisfaisante en opérant comme il suit :
On traite 10 à 100 grammes de terre par une solution de carbonate de soude à une température voisine de Tébullition. On laisse digérer pendant une heure ou deux, puis on filtre, et on salure le liquide flitré par Tacide cblorhydrique. It se produit ainsi un précipité brun floconneux d'acide ulmique (ou humique) que Ton recueille et dont on déter^ mine le poids après dessiccation à 100 degrés. On traite ' ensuite, dans les mêmes circonstances, un poids égal de torre par une lessive de potasse caustique. Par là, on dissout non-seulement Tacide humique, mais on transforme aussi en cet acide Thuminc que contient la terre. L'excédant de poids du précipité que produit dans ce cas Tacide rlilorhydrique, sur celui obtenu dans la première opération, indique la proportion de Thumine.
Il convient cependant de remarquer que l'acide chloriiydriquc ne précipite qu'incomplètement les matières organiques dissoutes par les alcalis caustiques ou carbonates. La seule manière d'évaluer rigoureusement la proportion des matières organiques, consiste à en déterminer le carbone et l'azote parles procédés de l'analyse élémentaire. (Voy. troisième partie.)
3° AnimoDiaciae. — On dose très-exaclcment l'ammoniaque contenue dans les terres h l'aide du procédé, déjà décrit, de M. Boussingault (252, 1**).
A'' Aciiic nitriqnc. — Le dosage de l'acide nitrique en présence des matières organiques étant très-difficile, on se contente, en général, de rechercher les nitrates par des essais qualitatifs (1). Dans ce but, on épuise environ 100
i\ f Nous reîçrcltons de ne pouvoir décrire ici les proccd<«s trcs-îngf^
ANALYSE DES TERRES ARABLES 67i
grammes de terre par l*eau bouillante, on évapore à sec le liquide filtré, et l'on soumet l'extrait obtenu au traitement indiqué dans le premier volume de cet ouvrage {Anal, qualy 2' édit., 416, page 499).
h. Détermination des substances solubles dans Teau.
468. Les substances solubles que contient une terre doivent être déterminées avec soin ; elles servent, eti effet, directement à Talimentation des végétaux, et ont par conséquent une grande influence sur la fertilité du sol. Voici cominent on procède à cette analyse : on traite 4 chaud 1 ou 2 kilogrammes de la terre par Teau distillée; après une digestion suffisamment prolongée, on sépare le liquide par le filtre et Ton épuise le résidu par Teau bouillante.
La liqueur filtrée, réunie à Teau de lavage, est ramenée, par révaporation, à son volume primitif; s'il se dépose du plâtre, on le recueille sur un filtre, on le dessèche et on le pèse. On efTectue ensuite chacune des déterminations indiquées ci-après sur un volume défini de la solution.
1® Poids total des sabstaiieco dlaoouteo. — Ou mesure
exactement la moitié de la solution primitive, on Tévapore à siccilé dans une capsule de platine tarée, et, après l'incinération des matières organiques, on pèse le résidu.
2° siiiee. — On reprend le résidu de l'opération précédente par l'acide chlorhydrique, on évapore à sec, puis
nieiix à l'aide desquels M. Sclilœsing et M. G. Ville parviennent à doser, avec beaucoup d'exactitude, l'acide nitrique en présence des nintières or$!^aniquc3.
on traite de nouveau par le même acide concentré, on ajoute de l'eau et Ton recueille la silice devenue insoluble (337).
3° Fer, lIlaiigaBèfle, AIobiIbc, CThaiu ci Xa^BésIe. —
On détermine chacun de ces corps, dans le liquide filtré dont on a séparé la silice, en opérant comme il a été dit plus haut pour l'analyse des cendres (46:^).
4"* Chlore. — On acidule 1/10 de la solution primitive par l'acide nitrique, et l'on en précipite le cfilore par le nitrate d'argent (346, i**).
5*" Aeide •uirnriqne. — On mesure également 1/10 de la solution primitive, on y ajoute un léger excès d'acide chlorhydrique, puis du chlorure de baryum pour précipiter l'acide sulfuriqne sous forme de sulfate de baryte (287, 1<»).
6*" Aeide phosphorique. — On évapore à siccité un autre 1/10 de la liqueur primitive; on verse sur le résidu de l'alcool aiguisé de quelques gouttes d'acide nitrique,' puis on sépare ce liquide par le filtre et l'on y ajoute un léger excès d'acétate de plomb. Si les phosphates font partie des matières dissoutes, on obtient un précipité de phosphate de plomb dont on détermine le poids. (M Malaguti).
7*^ PotasM et Soude. — Pour déterminer ces deux bases, on mesure encore 1/10 de la solution primitive, et on l'évaporé à siccité en présence d*un excès d acide chlorhydrique. On dissout le résidu dans une petite quantité d'eau, on y ajoute de l'eau de baryte, on laisse digérer quelque temps, puis on filtre. On verse du carbonate d*ammoniaque dans le liquide filtré pour en éliminer la chaux et l'excédant de baryte; la liqueur séparée, par le filtre, de ce dernier précipité ne contient plus alors que les chlorures de polas-