NICKEL
Ni = 29,5.
DOSAGE
16*2. Ce métal est toujours dosé à Tétat d'oxyde, NiO; on le précipite, suivant les cas, sous la forme d'hydrate d'oxyde par la potasse, ou sous celle àe sulfure au moyen du sulfliydrate d'ammoniaque.
1° Précipitation par la potasse. — La potasse caUS*
lique pure est le réactif qui convient le mieux pour précipiter le nickel de ses solutions; l'hydrate de nickel se sépare sous la forme d'un précipité vert- pomme trèsvolumineux. On mélange la solution avec un excès de potasse et on la chaufTe presque à l'ébullition pendant quelque temps. Quand le précipité s'est déposé, on décante le liquide, on recueille l'hydrate de nickel sur un filtre, et on le lave avec beaucoup de soin et trës-complétement à l'eau bouillante, pour enlever les dernières traces de potasse. On dessèche ensuite le précipité, on le calcine dans un creuset de platine où l'on incinère également le
ISICKëL. âô3
filtre, ^t Ton détermine le poids du résidu gris foncé d'oxyde de nickel.
La précipilalion par la potasse n'est nullement entravée par la présence des sels' ammoniacaux ou même de l'ammoniaque caustique; la séparation de l'hydrate de nickel est très-complète, car on ne peut déceler, dans le liquide décanté, les plus légères traces de nickel.
Quand la solution contient du sucre ou d'autres substances organiques fixés, le nickel ne peut pas être direc* tement précipité par la potasse. Il faut, dans ce cas, avoir recours à la précipitation par le sulfhydrate d'ammoniaque, ou bien évaporer la liqueur, détruire les matières organiques par la calcination, reprendre le résidu par l'a* cide chlorhydrique, ajouter de l'eau el filtrer.
^° Préclpiiatioii par le «nlibyclrate d'ammoniaque.
— Ce mode de précipitation n'est employé que pour effectuer la séparation du nickel d'avec quelques métaux; il présente des difficultés et exige beaucoup de soins. La solution est étendue de beaucoup d'eau et mélangée avec de l'ammoniaque en quantité suffisante pour que sa réaction ne soit que faiblement acide. On ajoute alors, goutte à goutte, du sulfhydrate d'ammoniaque incolore et complètement saturé d'hydrogène sulfuré. Il faut autant que possible éviter un trop grand excès de ce réactif. Après avoir agité le mélange, on recueille le précipité sur un filtre humecté et on le lave sans interruption avec de l'eau distillée additionnée de deux ou trois gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque. Le liquide filtré doit être tout à fait incolore ; quand sa teinte est brune, il tient en dissolution une petite quantité de sulfure de nickel, qui ne se dépose que trèsdifficilement. Le précipité lavé est desséché dans Fenton-
ir4 ^ ANALYSE MINÉRALE.
noir ; on le détache ensuite du filtre et on Id place dans une capsule de porcelaine. Le filtre est incinéré dans une capsule de pliitine et les cendres sont ajoutées au précipité (1).
On verse de Feau régale concentrée sur le sulfure de nickel et on le laisse en digestion à une douce chaleur jusqu'à ce qu'il soit complètement décomposé et que le soufre séparé soit devenu d'un jaune pur ; on étend alors avec de Teau, on filtre^et on précipite, comme il vient d'être dit, la solution par la potasse.
3° Le nickel peut être dosé sans qu'il soit nécessaire de le précipiter, quand il est dissout dans l'acide nitrique pur. Il suffit d'évaporer la solution avec précaution et de calciner le résidu pour le convertir en oxyde de nickel. Le carbonate de nickel laisse également de l'oxyde pur par la calcination. Pour analyser les combinaisons de l'oxyde de nickel avec les acides organiques, il suffit de calciner dans un creuset de platine ouvert un poids déterminé de la substance, jusqu'à ce que le charbon soit complètement incinéré. Les dernières traces de charbon résistent quelquefois à l'incinération; il faut alors humecter le résidu avec de l'acide nitrique concentré et calciner de nouveau. On recommence cette opération jusqu'à ce que le poids du résidu reste constant.
(1) Le sulfure du nickel ne ptmt pas, comme cela se fait avec d'au- Ires précipités, ôtie traité, humide et enveloppé dans le filtre, par Peau régale; car la nintirre or^aniffue provenant du papier s'oppoecrait plus tard ù la précipitation par la potasse.
Co = 29,5
DOSAGE
163. Le cobalt peut être dosé à Tétat de sulfate, CoO,SO% ou d'oxyde intermédiaire, Co^O^; mais on le ramène presque toujours à Tétat métallique pour le peser sous cette forme. En général, on le sépare de ses solutions par la potasse, qui donne un mélange insoluble d'hydrate et de sel basique de cobalt. On le précipite aussi quelquefois à Tétat d oxalate ou de sulfure.
l^PrécIpItJiaonpar la potasse* — La potasse CaustiquO
pure précipite très-bien le cobalt de ses solutions. Le pré* cipité est volumineux et coloré en bleu; il absorbe lentement Toxygène de Tair et devient vert. Ce précipité n'est pas de Tbydrate de cobalt, mais un sel basique contenant des quantités variables d*alcali dont il n'est pas possible de le débarrasser d^une manière complète. Aussi ce mode de précipitation ne fournit-il pas un dosage rigoureux ; mais, comme il est encore généralement usité, nous le décrivons en indiquant les précautions à observer pour que les résultats soient aussi exacts que possible.
La solution cobaltique est chauffée et mélangée ensuite avec un excès de potasse caustique ; elle doit être entièrement exempte de matières organiques fixes, de sels ammoniacaux et d'ammoniaque caustique. On chauffe de nouveau jusqu'à ce que le précipité de sous-sel, d'abord bleu, se soii transformé en hydrate de cobalt de couleur
^50 ANALVIit .MOKllALlL.
rose pâle. Oa recueille celui-ci sur un filtre el on te kve très-complétement à l'eau bouillante; puis on le dessèche et on l'inlroduit dans un creuset de platine Lire avec les cendres proTenanl de l'incinération du filtre.
Ce précipite ne peut pas être pesé après une simple calcination, car l'oxyde de cobalt, chaufTé au contact de l'air, absorbe des quantités variables d'oxygène en se transformant en oxyde intermédiaire, et son poids devient Irèsdiificiiement constant. Pour déterminer exactement le cobalt, il Taut réduire l'oxyde à l'état métallique en le calcinant dans une atmosphère d'hydrogène; cette réduction s'eiïeclue aisément dans le creuset de platine que l'on recouvre avec un couvercle percé au centre d'une ouverture
dans laquelle s'engage le tube qui amène l'hydrogène. La figure ci-après indique la disposition de l'appareil A (tig. fiO) flacon â deux tubulures contenant du xrnc et de l'acide sul-
furique olcndu; B flacon contenant de Tacide sulfuriquo concentré; C éprouvette remplie de fragments de chlorure de calcium pour rendre la dessiccation de Vhydrogène complète; D creuset de platine ou de porcelaine contenant Tolyde de cobalt; E lampe à- double courant d'air. Quand tout Tappareil et le creuset sont remplis de gaz hydrogène, on chauffe très-modérément d'abord, puis on élève graduellement la température jusqu'au rouge intense. Lorsque la rédaction paraît terminée, on laisse refroidir le résidu dans le courant d'hydrogène et on le pèse ; on recommence ensuite la calcination dans l'atmosphère d'hydrogène, 'jusqu'à re que dans deux opérations consécutives le poids du creuset reste constant.
Plusieurs composés de cobalt, le chlorure, le nitrate, le carbonate, etc., laissent le cobalt à l'état métallique quand on les chauffe dans une atmosphère d'hydrogène. Cette propriété est mise à profit pour doser directement le cobalt, sans le précipiter préalablement par la potasse. La solution de chlorure ou de nitrate de cobalt doit être entièrement exempte d'acide sulfurique; on l'évnpore à siccité dans un creuset de platine taré, en évitant avec soin toute projection; puis on calcine, comme précédemment, le résidu dans un courant d'hydrogène.
i" PréeipKatfon par l*Aclde oxaliqae. — Ce mode dc
précipitation convient particulièrement quand il s'agit de séparer le cobalt d'avec des métaux dont les oxalates sont solubles (fer, etc.). On mélange la solution, préalablement neutralisée, aussi exactement que possible, avec du bioxalate de potasse ou avec de l'acide oxalique, auquel on ajoute du carbonate de potasse en quantité suffisante pour que la réaction ne soit plus que modérément acide. Le vase con-
tenant le mélange doit être recouvert et exposé pendant trois ou quatre jours à la radiation solaire. L'oxalate de cobalt se dépose d'une manière complète, mais avec beaucoup de lenteur, sous la forme d*une poudre d'un blanc légèrement rouge. On recueille ce précipité, on le lave à l'eau froide et on le dessèche. Par la simple calcination, ce sel laisse pour résidu le cobalt à l'état métallique; mais comme Taction de l'air pourrait facilement oxyder une partie du métal réduit, il est toujours prudent de chauffer le précipité dans un courant d'hydrogène. (M. H. Rose.)
3** Fré«ipiUi(loii |Mir le •ulfhydrftte d'ammoiiiaqve.
— Le cobalt est précipité à l'état de sulfure, toutes les fois que la liqueur renferme des sels ammoniacaux ou des matières organiques fixes. Dans ce but, on mélange la solution avec du sel ammoniac, quand elle n'en contient pas déjà, puis avec un excès d'ammoniaque caustique; on ajoute ensuite peu à peu de sulfhydrate d'ammoniaque aussi longtemps qu'un précipité se manifeste. Quand le sulfure de cobalt s'est rassemblé, on le recueille sur un filtre, on le lave avec de l'eau additionnée de quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque et on le dissout, après dessiccation, dans l'eau régale en suivant le traitement décrit pour le sulfure de nickel. Comme cette solution contient toujours de l'acide sulfurique, on ne peut pas directement l'évaporer et calciner le résidu dans une atmosphère d'hydrogène ; il faut précipiter le cobalt par la potasse, ou le doser à l'état de sulfate par le procédé qui sera décrit plus bas.
4"* Dosage du cohalt ft l*état d'oxyde Intermédiaire.
— Lorsque le cobalt à doser est en quantité peu considérable, il n'est pas nécessaire de réduire l'oxyde dans un courant d'hydrogène; par une forte calcination au con-
NICKKL ET COBALT. 2yJ
tact de Tair, on obtient facilement un résidu noir dont le poids reste constant. Le nitrate de cobalt se prête trèsbien à ce mode de dosage. La composition de ce résidu est exprimée par la formule Co'0*=CoO,Co*0'; c'est un oxyde analogue à l'oxyde de fer magnétique, il renferme 73,44 pour 100 de cobalt.
b"" Domge da cobalt * l'état d« anliate. — Quand le
cobalt n'est pas déjà à Tétat de sulfate, on ajoute à la solu« tion la quantité nécessaire d'acide sulfurique, et on l'évaporé à siccité dans un creuset ou une capsule de platine. Cette évaporation doit être faite avec soin pour qu'elle ne donne pas lieu à des projections. On élève alors graduel* lement la température au rouge très-faible et l'on chauffe jasqa'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs d'acide sulfurique et que le poids du creuset reste constant. Après ia pesée on traite le résidu par Teau chaude; s'il ne se dissout pas complètement, c'est un indice que le sulfate de cobalt s'est partiellement transformé en sel basique. Il faut, dans ce cas, etTectuer la dissolution avec de l'acide chlorhydrique , et doser l'acide sulfurique à l'état de sulfate de baryte ; la différence entre le poids du résidu et celui de l'acide sulfurique exprime le poids de l'oxyde de cobalt.
SÉPARATION