Nickel et Cobalt
La séparation rigoureuse du nickel d'avec le cobalt présente de très-grandes difficultés. Nous ne ferons que mentionner deux procédés assez généralement employés, mais qui ne fournissent que des résultats approximatifs^ et nous
iJM» ANALYSE MINÉRALE.
décrirons avec détail des méthodes auxquelles on a recours dans les recherches précises.
La présence, dans une liqueur, de l'ammoniaque libre et des sels ammoniacaux s'oppose à la précipitation de Toxyde de cobalt par la potasse, tandis qu'elle n'empêche pas celle de l'oxyde de nickel. C'est sur celte propriété qu'est fondé le procédé suivant. — La solution des deux métaux est mélangée avec du sel ammoniac et de l'ammoniaque caustique, puis étendue avec une assez grande quantité d'eau bouillie ; elle est tout à fait limpide quand les sels ammoniacaux sont en suffisante quantité. On ajoute de la potasse caustique, et on abandonne le liquide au repos dans un flacon bouché. L'oxyde de nickel seul est précipité; la liqueur primitivement colorée en bleu acquiert une teinte d'un rouge plus ou moins foncé et retient le cobalt en dissolution. Le principal inconvénient de ce mode de séparation, c'est que la précipitation complète du nickel dans une liqueur contenant des sels ammoniacaux exige une quantité très-considérable de potasse. (Phillips.)
Un autre procédé est basé sur la difl'érence de solubilité des oxalates de nickel et de cobalt dans une liqueur amroo* niacale. On précipite les deux métaux par la potasse et Ton arrose le précipité avec une solution d'acide oxalique pour transformer les oxydes en oxalates. Ces deux sels sont presque insolubles dans l'eau et l'acide oxalique; mais, si l'on expose la solution ammoniacale à Tévaporation spontanée, l'ammoniaque, en se dégageant, laisse d'abord déposer l'oxalate de nickel, et la liqueur, alors colorée en rouge, relient Toxalate de cobalt dont la précipitation ne commence que plus tard. Cette séparation, toujours incomplète, ne s'eflectue avec quelque succès que dans le cas
NICKKL KT COBALT. iiU
OÙ la quantité du nickel est très-faible relativement à celle (lu cobalt. (M. Laugier.)
l"" Méthode de M. Lierig. — Cette méthode de séparalion, de toutes la plus parfaite, repose sur les réactions suivantes. Quand on fait bouillir une solution de cobaltocyanure de potassium (CoCy,KCy) en présence de cyanure de potassium et d'acide cyanhydrique, ce sel se transforme, avec d<^^gement d'hydrogène, en cobalticyanure de potassium (Co'Cy',3KCy), comme l'indique l'équation suivante :
2(CoCy,KCy) + KCy -f HCy = (Go2Cy3,3KCy) -f H.
Dans ces circonstances, le nickelocyanure de potassium (NiCy,KCy) ne subit aucune altération, et le nickel peut alors être séparé par des agents qui ne précipitent plus le cobalt.
On mélange la solution acide des deux métaux (1) avec du cyanure de potassium, entièrement exempt de cyanate, en excès suffisant pour que le précipité qui se forme d'abord se redissolve complètement. A défaut de cyanure pur, on ajoute à la liqueur de l'acide cyanhydrique et ensuite de la potasse. On chauffe le liquide de couleur jaune rougeâtre, qui contient alors le nickel et le cobalt à l'état de cyanures doubles, et l'on entretient l'ébullition pendant le temps nécessaire pour que tout l'acide cyanhydrique libre soit expulsé; la transformation du cobaltocyanure en cobalticyanure de potassium est alors achevée. Toutes ces opérations doivent être conduites avec précau-
rt; iU; mode de séparation exige que In nickel et le eobalt soient seuls en dissolation; si la liqueur contenait en nit^me temps d*aulres métaux, il serait nécessaire de commencer par effectuer l«Mir séparalion.
in.
262 ANALYSE MINÉRALK.
tion et exécutées sous une cheminée à bon tirage, à cause de Faction si délétère de l'acide prussique.
Nickel. — On ajoute à la liqueur encore chaude de l'oxyde de mercure réduit, par lévigation, en poudre impalpable, et Ton fait bouillir de nouveau. Si la solution était neutre avant l'addition de l'oxyde de mercure, elle acquiert par l'ébullition une réaction alcaline; le mercure se substitue au nickel, et ce dernier métal se précipite d'une manière complète en partie sous forme d'oxyde et en partie sous celle de cyanure. Le précipité, coloré en vert au commencement, devient jaune gris par son mélange avec un excès d'oyde de mercure; on le recueille sur un filtre, on le lave avec soin, et après l'avoir desséché on le calcine. Le résidu est de l'oxyde de nickel pur.
Au lieu de précipiter le nickel par l'oxyde de mercure, on peut aussi laisser refroidir la liqueur et la saturer par le chlore. Ce gaz n'exerce aucune action sur le cobalticyanure de potassium, mais il décompose le nickelocyanure et précipite, au début, du cyanure de nickel. On redissout celuici, à mesure qu'il se forme, par l'addition d'une solution de potasse caustique, et sans interrompre le courant de chlore. De cette manière, tout le nickel finit par être précipité à l'état de peroxyde noir, que l'on transforme en protoxyde par la calcination.
CobaH. — Pour doser le cobalt dans la liqueur filtrée, on neutralise celle-ci par l'acide nitrique ajouté goutte à goutte; une très-faible réaction alcaline est d'ailleurs sans inconvénient. On la mélange ensuite avec une solution, aussi neutre que possible, de nitrate de protoxyde de mercure. Le cobalt se sépare ainsi en totalité sous la forme