FER
le liquide. On adapte alors au ballon un bouchon muni d'un tube, ouvert, d'un petit diamètre; on le place dans une position inclinée sur un fourneau et on porte rapidement le liquide à Fébullition. La couleur de la solution ne tarde pas à se modifier : elle devient d'abord brun foncé, puis elle s'éclaircit peu à peu et reste fmalenient vert pâle. Quand elle n'éprouve plus de changement, on ferme exactement le tube avec un tampon de cire ou avec un tube en caoutchouc. On laisse un peu refroidir le ballon, puis on le remplit avec de l'eau chaude; on décante le liquide qu'on remplace par de l'eau chaude et que l'on décante de nouveau. On retire alors les lames de cuivre, on les lave avec de l'acide chlorhydrique étendu, et ensuite avec de l'eau, puis on les laisse égoutter, sans les frotter, sur des doubles de papier buvard. Quand elles sont bien sèches, on les pèse.
Aucune des précautions indiquées ne doit être négligée pour que Ton puisse compter sur l'exactitude des résultats fournis par cette méthode.
6° Méthode de M. Marguerite. — Elle est fondée sur l'oxydation des sels de fer au minimum par une solution titrée de permanganate de potasse. Quand on ajoute du permanganate de potasse à la solution d'un sel de protoxyde de fer en présence d'un excès d'acide, le fer passe au maximum d'oxydation aux dépens de l'oxygène du permanganate, qui se transforme en un sel de potasse et en un sel de protoxyde de manganèse :
10FeO,S03 -i- 8S03 -f KO,Mn207 = 5(F«203,3S03) -h K0,S03 +
2(MnO,S03).
D'après cela, si l'on connaît le volume d'une solution de
'lit ANALYSE MINÉRALE.
permanganate de potasse, nécessaire pour faire passer 1 gramme de fer du minimum au maximum d'oxydation, il est clair que Ton déterminera facilement la quantité inconnue de fer qui se trouve dans une liqueur par le volume de la solution de permanganate nécessaire pour opérer cette transformation.
Préparation de la liqueur titrée. — On verse, sur un mélange fait avec 8 parties de peroxyde de manganèse de bonne qualité et 7 parties de chlorate de potasse, une lessive très-concentrée provenant de 10 parties de potasse caustique. On évapore à siccité en remuant bien la masse. Le résidu doit être immédiatement introduit dans un creuset de terre ou mieux de platine et chauffé à une chaleur modérée, qui ne doit dans aucun cas dépasser la température du rouge sombre, jusqu^à ce que tout le chlorate de potasse soit décomposé. On obtient ainsi une masse verte, frittée, de manganate de potasse. On réduit celle-ci en poudre et on la fait bouillir avec de Teau; le manganate se dédouble en permanganate de potasse qui reste en dissolution et en peroxyde de manganèse qui se dépose. Cette transformation est opérée quand la liqueur est colorée en rouge pourpre ; si elle (ardait trop à s'effectuer, on la déterminerait immédiatement par l'addition de quelques gouttes d'acide nitrique. Quand le précipité s'est bien déposé, on décante la liqueur, que Ton peut, s'il est nécessaire, filtrer sur de l'amiante. Elle doit être conservée dans des flacons exactement bouchés.
Pour titrer cette liqueur de caméléon, on pèse exactement un gramme de fil de fer de clavecin bien exempt (le rouille, et on l'introduit dans un ballon d'un litre de capacité; on ajoute &^ d'acide chlorhydrique pur et un
FKH. tr^
peu d'eau, puis on ferme 4e ballon avec un bouchon muni (l'un tube d'un petit diamètre, et l'on chauffe jusqu'à ce que le fer se soit complètement dissous. On étend ensuite cette solution avec environ un demi-litre d'eau froide. On remplit alors la burette jusqu'au trait supérieur avec la solution de caméléon, et on verse celle-ci goutte à goutte dans la solution de protochlorure de fer en ayant soin d'agiter le liquide sans interruption. Lorsque la solution prend une teinte rouge pâle, persistant malgré l'agitation, la réaction est terminée. Il ne reste plus qu'à lire sur la burette le volume de la liqueur consommé, et à étendre la solution de caméléon avec une quantité d'eau telle, que ï^ ou 100 divisions correspondent exactement à un gramme de fer.
Dosage. — r Ce dosage exige que le fer contenu dans une solution soit au minimum d'oxydation. S'il est au maximum en partie ou en totalité, il doit d'abord être ramené au minimum par des corps réducteurs. Celte réduction peut s'effectuer de la manière suivante.
a. Ou fait passer dans la solution un courant d'hydrogène sulfuré jasqu'à sursaturation, et l'on porte ensuite le liquide à rébullition pour chasser complètement le gaz^ sulfliydrique en excès. Il n'est pas indispensable de séparer par fdtralion le soufre précipité. "'
6. Cette réduction s'effectue également très-bien avec le zinc métallique. On introduit dans la solution chlorhydrique des lames de zinc pur, et surtout entièrement exempt de fer. Il se dégage un peu d'hydrogène et aussi du protoxyde d'azote quand la liqueur contient de l'acide nitrique. Li couleur de la solution devient un peu plus claire. Le cuivre et l'arsenic, quand ils existent dans la liqueur, sont préci-
pités à Fétat métallique. On fillre la solution quand la réduction est achevée.
c. Le fer peut enfin être ramené au minimum en projetant dans la solution bouillante du sulfite de soude par petites portions, et maintenant Tébullition jusqu'à ce que la liqueur, d'abord colorée en rouge, se soit tout à fait décolorée et que les dernières traces de gaz sulfureux soient complètement expulsées.
Lorsque le fer est ramené au minimum, on en détermine la quantité en versant dans la solution, à l'aide âe la burette, la liqueur titrée de caméléon. La couleur rouge de cette liqueur disparaît par l'agitation tant que la solution contient encore du protochlorure de fer. Mais lorsque tout le fer a été transformé en perchlorure, une soulc goutte de liqueur titrée, ajoutée en plus, suffit pour communiquer à la solution une teinte rouge pâle qui persiste. L'opération est alors terminée. La quantité de liqueur titrée employée indique le poids du fer qui se trouve dans la solution.
Cette méthode, ainsi que celle de M. Fuchs, est trèsgénérale; elle permet de doser le fer avec une grande exactitude dans toutes les combinaisons où il se trouve engagé. Elle convient particulièrement pour l'analyse des minerais de fer, des fontes, etc.
Pour doser le fer dans les eaux minérales et dan% toutes les solutions qui ne contiennent qu'une très-faible quantité de ce métal, il est bon de faire usage d'une liqueur titrée plus étendue, et dont 100 divisions correspondent à 0«',1 ou 0«%01 de fer. La solution de caméléon étant très-altérable, il est nécessaire d'en déterminer le titre pour chaque nouvelle série d'essais.
FëR.
SEPARATIONS