‹ Précis d'anatomie à l'usage des artistes [electronic resource]Chapitre 11 sur 17 · IO · texte numérisé non relu

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Tune interne, plus petite où se montre une faible partie du muscle rhomboïde; Tautre, externe, plus étendue et où se dessinent les reliefs des muscles de la fosse sous-épineuse, c'est-à-dire du sous-épineux, du petit rond et du grand rond. Nous devons consacrer seulement quelques lignes à la description de ces muscles.

Le muscle rhomboïde s'attache, d'une part, aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres cervicales et des quatre ou cinq premières vertèbres dorsales; de là ses fibres se dirigent obliquement en bas et en dehors pour aller s'insérer, d'autre part, au bord spinal de l'omoplate. Ce sont les fibres les plus inférieures qui seules apparaissent sur l'écorché, à la partie interne de l'interstice triangulaire susindiqué.

Le muscle sous-épineux (19, fig. 52) s'insère à toute la fosse sous-épineuse de l'omoplate, excepté à la partie épaissie de son rebord axillajre; de là ses fibres montent en convergeant, s'engagent sous le deltoïde (fig. 53) et vont s'attacher par un court tendon à la grosse tubérosité de l'humérus (à la facette moyenne que présente cette tubérosité).

Le muscle petit- rond (20, fig. 52) s'insère à la partie supérieure du rebord épaissi que présente la fosse sousépineuse vers le bord axillaire de l'omoplate, puis monte parallèlement aux fibres du sous-épineux, pour, passant comme lui au-dessous du deltoïde, aller s'attacher également à la grosse tubérosité de l'humérus (à la plus inférieure des trois facettes de cette tubérosité).

Le grand rond (6, fig. 52 et 8, fig. 53) s'attache à la partie la plus inférieure du rebord épaissi de la fosse sous-épineuse ; il monte obliquement en haut et en

dehors comme les précédents; mais bientôt il abandonne le petit rond (voy. en 5, fig. 54), c^est-à-dire qu'au lieu de rester à la partie postérieure du squelette de Tépaule en s^engageant simplement sous le deltoïde, il se joint au muscle grand dorsal (fig. 17 18, et 49), va passer avec lui en avant de la longue portion du triceps, et enfin, se confondant avec le grand dorsal, va s'attacher à la lèvre interne de la coulisse bicipitale de l'humérus. La longue portion du triceps brachial se trouve donc ainsi passer entre le petit rond, qui est en arrière, et la partie supérieure du grand rond, qui est en avant (fig. 52, entre 20 et 6).

Les différents muscles que nous venons de voir en totalité ou en partie dans l'interstice triangulaire limité par le trapèze, le grand dorsal et le deltoïde, alors que nous avons supposé le bras pendant le long du tronc, deviennent plus visibles encore lorsque le bras s'élève et arrive jusqu'à la position horizontale (voyez le côté droit de la fig. 52). Alors, en effet, l'interstice en question devient beaucoup plus allongé de dedans en dehors, et le deltoïde laisse à découvert une plus grande étendue des muscles sous-épineux, petit et grand rond ; en même temps l'omoplate, par le fait de l'élévation du bras (voy. p. 59), ayant basculé de telle sorte que son angle inférieur s'éloigne de la colonne vertébrale, il en résulte que le muscle rhomboïde lui-même laisse apercevoir mie plus grande étendue de ses fibres entre le bord externe du trapèze et le bord supérieur du grand dorsal.

Quoique les autres muscles profonds du dos ne soient pas visibles sur l'écorché, nous ne saurions quitter la région dorsale sans indiquer au moins le nom de la puis-

santé masse charnue qui occupe la région lombaire, de chaque côté de la ligne des apophyses épineuses, et qui forme comme deux puissantes colonnes musculaires faisant saillie au-dessous de Faponévrose du muscle grand dorsal (fig. 52). Cette masse est formée par deux muscles intimement confondus à leur partie inférieure (au niveau des lombes ou reins), mais qui deviennent distincts au niveau de la dernière côte; ils forment alors un muscle externe dit sacro-lombaire qui va s^attacher par une série de tendons aux angles des côtes, et un muscle interne dit long- dorsal qui, par une triple série de tendons, va s^attacher aux côtes, aux apophyses transverses et aux apophyses épineuses des vertèbres du dos. Les muscles sacro-lombaire et long dorsal ont essentiellement pour action de redresser le tronc ou de le maintenir lorsquMn fardeau est supporté sur les épaules ou le dos; c^est pourquoi leur masse commune inférieure est si développée chez les sujets qui portent d'ordinaire de lourdes charges sur les épaules et forme alors cette puissante musculature des reins, dont le relief est visible à travers la peau et Paponévrose du muscle grand dorsal (en I, fig. 52).

Sommaire. — Muscles de l'épaule et du creux de l'aisselle. — Deltoïde; sa forme; son épaisseur; ses actions diverses selon les faisceaux qui se contractent; ce muscle n'a pas de moment. — Modelé musculaire de l'ensemble de l'épaule. — Muscles sous-jacents (susépineux et sous-scapulaire). — Muscle grand dentelé; ses rapports avec le creux de l'aisselle; de ses neuf digitations costales, trois seulement sont visibles sur l'écorché. — Son action; il devient très visible dans tout effort avec action du bras. — Formes de la région de l'aisselle; saillie du muscle coraco-huméral; particularités présentées par la peau; rapports du biceps et du triceps avec le creux de l'aisselle.

' Un seul et puissant muscle, le deltoïde, forme tout le modelé de la partie 'saillante, c^est-à-dire de la face supérieure et externe de Tépaule. Au-dessous de lui sont quelques muscles profonds qui remplissent les fosses correspondantes de Tomoplate (muscles susépineux et sous-scapulaires). Mais, quand le bras est élevé et maintenu dans la position horizontale, le regard visuel plonge, à la partie interne de la racine du bras, dans une cavité, qui est comme le creux correspondant à la saillie extérieure de répaule; cette cavité, diXQ creux de Vaisselle ou creux axillaire, a pour toit le squelette de Tépaule, que recouvre le deltoïde, et pour parois,, en avant le grand pectoral dont le plan fait suite au bord antérieur du deltoïde, en arrière le grand dorsal, dont le plan fait en

partie suite au bord postérieur du deltoïde; enfin, en dedans, un muscle appliqué sur la paroi du thorax, le grand dentelé. Des muscles que nous venons de nommer, les uns ont déjà été étudiés à propos de la musculature du tronc (grand pectoral, grand dorsal) ; les autres, deltoïde et grand dentelé, vont nous servir â étudier dans son ensemble la région de Tépaule et du creux axillaire.

Muscle deltoïde. — Ainsi nommé parce qu^il a la forme d^un delta grec, c^est-à-dire celle d^un triangle (dont la base est en haut et le sommet en bas), ce muscle est court, large, épais et contourné en demi-cône pour embrasser Farticulation de l'épaule. Il s'attache en haut au tiers externe du bord antérieur de la clavicule (12, fig. 49), à Particulation acromio-claviculaire, au bord convexe de Tacromion et à toute l'étendue du bord postérieur de l'épine de l'omoplate (18, fig. 52); de là ses fibres se dirigent en bas, les moyennes verticalement, les antérieures ou claviculaires obliquement en bas et un peu arrière, les postérieures un peu obliquement en avant pour venir s'attacher par un court tendon à la face externe de l'humérus sur l'empreinte rugueuse dite V deltoïdien (voy. p. 64).

Ce muscle est très épais et forme de gros faisceaux qu'on peut voir se contracter isolément à travers la peau comme autant de muscles distincts, selon que le mouvement effectué exige plus spécialement la contraction de telle ou telle portion du muscle. En effet, le deltoïde a pour action d'élever le bras en l'écartant du tronc et le portant dans la direction horizontale; mais, tandis que ses fibres moyennes élèvent le bras directement en dehors, les fibres antérieures l'élèvent en le portant en avant, et

FiG. 5 3.

Muscles superficiels de l'épaule et des parois latérales du tronc. — i, çrvânà dorsal ;

— 2, apouévrose lombo-sacree , — 5, 4, 4, insertions illaques et costales du ^rand dorsal; - 5, 6, 7, partie supérieure du grand dorsai : — S. orand rond; — 9. 10, 11, trapèze; — 12, sous-épiueus : — 15, petit rond; — i^, i'^, 16, grand oblique de labdomen; — 17, iS, bord antérieur et inférieur du même muscle': — 19, son angle inféro-iuterne arrondi (voy. p. 197}; — 20, 20, grand dentelé; — 21, grand pectoral;

— 22, grand fessier; — 2^, tenseur du. fascia J.iia , — 24, deltoïde; — 25, peaucier du cou; — c6, sterno-cléido-mastoïdien.

dans toute son étendue, c'est : i°le long supinatetir 54; 12, i3, fig. 55) qui s'attache au bord externe de Phumérus, entre le brachial antérieur et le vaste externe du triceps, de sorte que de ce côté la musculature de Tavantbras remonte dans le bras jusqu'à mi-chemin de l'insertion du deltoïde. Le long supinateur descend en s'élargissant de manière à présenter son maximum de largeur au niveau de l'épicondyle dont il voile complètement la saillie: il forme la limite externe, verticale (voy. p. 232), du creux triangulaire du pli du coude; puis, un peu audessous du point où il dépasse le rond pronateur, les fibres charnues sont remplacées par un long tendon qui s'applique sur le radius et enfin (i3, fig. 5 5) s'attache à la base de l'apophyse styloïde de cet os. Malgré son nom, ce muscle n'est pas qssentiellement supinateur ; il ne le devient que lorsque l'avant-bras est dans une pronation forcée, et il le rartiène alors dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination. Son action principale est la flexion de l'avant-bras sur le bras, et dans ce mouvement son modelé se révèle à l'extérieur d'une manière particulièrement nette, sous la forme d'une bande saillante qui part du bras et forme sur la partie antéro-externe du coude une forte masse charnue comblant de ce côté la concavité de l'angle produit par la position fléchie de l'avant-bras sur le bras. Aussi peut-on dire que le long supinateur est le plus important des muscles de l'avant-bras au point de vue de la part qu'il prend au modelé de la région.

Les deux muscles suivants (14 et i5, fig. 55) sont en partie cachée par le précédent; ce sont: 2° et 3° les deux radiaux, distingués en premier (i5, fig. 54) et second

radial externe, lesquels partent de Tépicondyle et de la partie inférieure du bord externe de Phumérus, présentent un corps charnu (3 et 5, fig. 56) assez épais, qui augmente la saillie du long supinateur et contribue à voiler Pépicondyle. A peu près au même niveau que pour le long supinateur, un tendon succède au corps charnu de chacun des muscles, s^incline un peu en arrière (fig. 56), et, après avoir été croisé par les muscles long abducteur et court extenseur du pouce (voy. 7 et 8, fig. 56, et ciaprès les muscles postérieurs profonds de Pavant-bras), arrive à la face dorsale du poignet, et s^insère, celui du premier radial (4, fig. 56) à la base du métacarpien de l'index (face dorsale), celui du second radial à la base du métacarpien du médius (6, fig. 56).

4'» A la partie toute supérieure du radius est un petit muscle profond, dont aucune partie ne se révèle sur Pécorché, et que nous citons ici seulement pour indiquer que sa présence contribue encore à augmenter la saillie de la masse musculaire au côté externe du coude : c'est le court supinateur, formé de fibres qui s'enroulent autour du radius, de manière à faire tourner cet os de dehors en dedans, c'est-à-dire à produire la supination.

IV. Muscles postérieurs superficiels (fig. 56). — Ces muscles partent tous les quatre de Pépicondyle, où ils s'insèrent par une masse commune; de là ils se dirigent en bas, les premiers presque verticalement, puis le dernier (anconé) très obliquement en arrière et en dedans. Ce sont : Vextenseur commun des doigts, Vextenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur et Vanconé.

I ° ]J extenseur commun des doigts (11, fig. 5 6) , partant de Pépicondyle, est formé par un long corps charnu

s'attacher a la grosse tubérosité de Thumérus (à la facette la plus élevée de cette grosse tubérosité); — 2"" le muscle sons-scapiilaire(îg^ fig. 49) qui occupe la fosse sous-scapulaire et va s'attacher à la petite tubérosité de Phumérus.

Muscle grand dentelé (14, fig. 49; 5, fig. 5o ; 2, fig. 5 r ; 20, fig. 53). — ■ Ce muscle, appliqué sur la partie latérale de la cage thoracique, est caché dans sa plus grande étendue par Pomoplate et la musculature de Pépaule; mais il apparaît par sa partie inférieure sur Pécorché superficiel et forme alors, par ses digitations saillantes, une série de détails des plus caractéristiques pour le modelé de la région latérale du thorax; comme en même temps il constitue la paroi interne du creux de Paisselle, nous devons ici le décrire complètement.

Le grand dentelé s'attache à tout le bord spinal de Pomoplate ; de là ses fibres se dirigent en rayonnant en haut, en avant et en bas, pour se diviser en neuf digitations qui vont s'insérer sur la face externe des neuf premières côtes. Le corps du muscle, ainsi que ses cinq ou six digitations les plus élevées, sont cachés par le muscle grand pectoral (21, fig. 53); ses trois ou quatre dernières digitations (les plus inférieures) sont seules visibles sur la partie latérale inférieure du thorax entre les bords du grand pectoral et du grand dorsal ; elles s'entrecroisent avec les digitations supérieures du muscle grand oblique de l'abdomen (20 et 16, fig. 53). Lorsque le bras est pendant ou faiblement élevé, on n'aperçoit à ce niveau que trois digitations du grand dentelé; lorsque le bras est fortement élevé, le grand pectoral en laisse souvent une de plus à découvert.

Ce muscle a pour action de fixer l'omoplate, en ti-

rant cet os en bas et en avant, alors que le rhomboïde le tire, d^autre part, en haut et en arrière. La fixation de Tomoplate étant nécessaire pour donner un point fixe aux muscles du bras (notamment au biceps) toutes les fois que le membre supérieur accomplit une action énergique, on s^explique ainsi pourquoi les digitations inférieures du grand dentelé deviennent si nettement visibles chez un sujet qui contracte les muscles du bras, comme dans la lutte ou Faction de soulever de terre un corps pesant, de résister à un adversaire en le repoussant, etc.

Le muscle grand dentelé forme la paroi interne du creux de Taiselle, cavité dont la paroi antérieure est représentée par le grand pectoral, et la paroi postérieure par le grand dorsal. Cette cavité est pyramidale triangulaire ; son sotnmet dirigé en haut vient correspondre à Papophyse coracoïde de Tomoplate. Sur le sujet disséqué cette cavité est ouverte inférieurement; mais sur le sujet complet elle est fermée par la peau qui forme la base de la pyramide et qui, en passant du bord inférieur du grand pectoral sur le bord correspondant du grand dorsal, se déprime de manière à remonter dans le creux axillaire, où elle est attirée par des faisceaux fibreux formant ce que Gerdy a appelé le ligament suspenseur de la peau de Faisselle et qui vont s'attacher à Papophyse coracoïde en se continuant avec l'aponévrose du muscle petit pectoral.

Pour achever la description de cette cavité, il nous reste à dire quelques mots de ses bords, c'est-à-dire des arêtes qui correspondent aux lignes de jonction de ses trois parois, et encore n'y a-t-il rien à indiquer de par-

ticulier à propos de son bord antérieur (accolement du grand pectoral à la face externe du grand dentelé), ni de son bord postérieur (insertion du grand dentelé au bord spinal de Tomoplate) ; le bord externe, qui correspond à la racine du bras, doit seul nous arrêter. En effet, ce bord est relativement épais; il correspond à la partie supérieure du corps dePhumérus; il est formé par deux muscles qui descendent de Pomoplate vers la face antérieure du bras, c'est-à-dire par \q biceps et le coracohuméral, dont il sera bientôt question. Disons par avance que le modelé du coraco-huméral est très nettement visible à travers la peau de la base de Faisselle chez un sujet dont les bras sont fortement élevés, comme par exemple sur un sujet crucifié, et que c'est là le seul modelé musculaire qui soulève la peau déprimée dans le creux de Paisselle. On sait que cette peau est couverte de poils plus ou moins abondants selon les individus, et c'est une habitude classique que d'omettre cette partie du système pileux dans toute représentation d'un caractère élevé; mais alors l'artiste doit bien se convaincre, par l'étude anatomique, qu'il ne serait nullement conforme à la nature de tracer sur la peau de la concavité de l'aisselle des modelés de fantaisie ; que cette peau est lisse et régulièrement déprimée, et que sur sa partie externe seule est un relief musculaire fusiforme, celui du muscle coraco-brachial, formant l'origine du plan de la face antérieure du bras.

Le muscle triceps brachial, qui, par sa longue portion, monte prendre ses insertions jusqu'à l'omoplate, ne sort pas, comme le biceps et le coraco-brachial, du creux de l'aisselle, mais vient du milieu de la paroi pos-

térieure du creux, puisque, ainsi qu^il a été dit précédem'ment, il passe entre le petit rond, d^ne part, et, d^autre part, le grand rond réuni au grand dorsal (voy. fig. 52 et 54).

Sommaire. — Muscles du bras. — i" Muscles antérieurs : Biceps; ses deux chefs supérieurs; son corps fusiforme; sa bifurcation en bas (expansion aponévrotique et tendon); son action (supinateur et fléchisseur); influence de son expansion aponévrotique sur le modelé de l'avant-bras. — Coraco-brachial. — Bt^achial antérieur. — 2" Muscle postérieur : le Triceps brachial; ses trois portions; méplat formé par son tendon inférieur; modelé général de la face postérieure du bras; action du triceps. — Formes du bras : gouttières intermusculaires externe et interne.

Les muscles du bras forment deux masses charnues bien distinctes: une masse antérieure formée par iQbiceps qui occupe toute la longueur du bras, par le coracobrachial qui en occupe seulement la partie supérieure, et enfin par le brachial antérieur qui en occupe la partie inférieure; une masse postérieure formée par un seul muscle, le triceps brachial.

Le biceps brachial (12, fig. 54, et 2i,fig. 5o, p. 199) est ainsi nommé parce qu'il est double à sa partie supérieure, c'est-à-dire formé de deux portions qu'on désigne sous les noms de long chef^x de court chef. Le long chef du biceps se présente sous la forme d'un long tendon qui remonte dans la coulisse bicipitale de l'humérus, (voir p. 64) , arrive ainsi jusque dans l'articulation

scapulo-humérale et va prendre son insertion sur la partie la plus élevée du rebord de la cavité glénoïde de Fomoplate. Le 5 court chef du biceps a un trajet moins compliqué et vient simplement du sommet de Papophyse coracoide où il s^insère à côté du coraco-brachial.

Ces deux tendons (long ei court chef) descendent dans Tangle externe du creux de Paisselle, recouverts par le muscle grand pectoral (voir fig. 5o, p. 199); un peu audessus du bord inférieur de ce muscle, les fibres charnues succèdent aux fibres tendineuses et forment deux corps cylindriques qui descendent et se fusionnent bientôt, au niveau de la partie moyenne de la'face antérieure du bras, en un gros corps musculaire unique, très renfié sur les sujets bien musclés (12, fig. 54).

A ce corps charnu succède, un peu au-dessus de l'articula-

LEVEILLE d.

Fig. 54.

Muscles de l'épaule et du bras vus par le côte externe. — i, triceps brachial ; — 2, sa longue portion ; — 3, sa partie dite vaste externe ; — 4, son attache à l'olécrâne ; — $ , muscle grand rond ; — 5', muscle petit rond ; — 6, sous-épineux; — 7, 8,9, 10, muscle deltoïde; — 11, muscle susépineux; — 12, biceps brachial; — 13, brachial antérieur; — 14, long supinateur; — 15, premier radial externe.

tion du coude, un tendon aplati, d'abord large, qui se divise en deux parties; Tune, lamelleuse^ dite expansion aponévrotique du biceps; Pautre, tendineuse, dite proprement tendon inférieur du biceps. L'expansion aponévrotique (2,fig. 55) se dirige en bas et en dedans, passe sur la masse commune des muscles épitrochléens de Pavantbras et se confond bientôt avec Paponévrose d'enveloppe de ces muscles; le tendon proprement dit (3, fig. 55) plonge entre les muscles antérieurs et les muscles externes de Pavant-bras et arrive ainsi à la tubérosité bicipitale du radius (voy. p. 73 et fig. i3),sur laquelle il s'enroule pour aller s'attacher à sa partie postérieure.

Le muscle biceps est essentiellement fléchisseur de l'avant-bras sur le bras; c'est une action évidente, connue de tous et sur laquelle il est inutile d'insister, si ce n'est pour rappeler, comme nous Pavons dit précédemment à propos du deltoïde, que le biceps, en agissant ; sur l'avant-bras, arrive à se trouver perpendiculairement inséré sur le levier qu'il meut et qu'alors il est dans la position la plus favorable au développement de toute sa force. Mais la contraction du biceps produit, en même temps que la flexion du coude, deux effets sur lesquels il importe d'attirer l'attention: — i° si l'avant-bras est en pronation, le tendon du biceps est très nettement enroulé autour delà partie supérieure du radius, puisqu'il va s'insérer à la partie toute postérieure de cette tubérosité; et il en résulte que le premier effet produit par sa contraction est une rotation du radius en dehors, c'està-dire un mouvement de supination: le biceps est donc supinateur, et Pun des muscles supinateurs les plus énergiques. — 2° Lors de la contraction du biceps, son

expansion aponévrotique est tendue; elle bfîde fortement la masse musculaire épitrochléenne de Pavantbras, c'est-à-dire qu'elle dessine sur la partie charnue interne de ce segment de membre, à deux travers de doigt au-dessous de Tépitrochlée, un sillon déprimé très net; de la contraction du biceps résultent donc, à Pavant-bras, des modifications très particulières des formes.

Quant aux modifications de formes qui, au niveau du bras même, accompagnent la contraction du biceps, elles sont bien connues, et il suffira de rappeler que le corps charnu de ce muscle fusiforme est allongé à Pétat de repos, devient court et globuleux pendant la contraction. Rien n'est plus frappant et plus propre à donner une idée du changement de forme d'un muscle pendant' sa contraction, que d'examiner le biceps sur un sujet qui le fait entrer graduellement en action, c'est-à-dire qui fléchit graduellement l'avant-bras sur le bras. On voit alors se dessiner de plus en plus nettement à la région antérieure du bras une sorte de boule charnue, qui se gonfle et se raccourcit en même temps qu'elle semble remonter sur la partie supérieure du bras, c'està-dire vers le bord inférieur du grand pectoral.

Le muscle coi^aco-brachial forme une petite masse charnue fusiforme, occupant la partie supérieure et interne du bras. Il s'insère en effet, d'une part, à l'apophyse coracoïde de l'omoplate (avec le court chef du biceps) et va, d'autre part, s'attacher à la partie moyenne du bord interne de l'humérus. Lorsque le bras est pendant, la moitié inférieure de ce muscle est seule visible sur Pécorché et sa saillie se confond avec celle de la partie la plus large du biceps. Quant à sa moitié supérieure, elle

estcachée^dans le creux axillaire, recouverte par le grand pectoral, mais devient visible à travers la peau de Faisselle lorsque les bras sont très élevés, comme dans la position en croix, et nous avons précédemment insisté (p. 220) sur le modelé que représente alors ce corps musculaire fusiforme à la partie externe de la concavité axillaire. Quand le coraco-brachial se contracte, son modelé devient plus saillant, comme celui de tout muscle en contraction ; mais il n^est pas pour cela plus visible, car ce muscle, rapprochant alors le bras du thorax contre lequel il Tapplique, dérobe par cela même à la vue la région dans laquelle se dessine sa saillie.

Muscle brachial antérieur (i3, fig. 54 et 4, 4, fig. 55). ' — Placé au-dessous de la moitié inférieure du biceps, qu^il déborde de chaque côté, ce muscle recouvre la partie correspondante de la face antérieure de Thumérus, à laquelle il s'attache à partir du niveau de l'empreinte deltoïdienne ; les fibres charnues descendent jusqu'au niveau de l'articulation du coude, où elles sont remplacées par un tendon aplati, qui s'insère à la base de l'apophyse coronoïde du cubitus. Comme le cubitus ne présente aucun des mouvements de latéralité qui constituent la supination et la pronotion, il en résulte que le "brachial antérieur est simplement fléchisseur de l'avant-bras, et on le voit, lorsque ce mouvement est accompli avec force, se gonfler de chaque côté de la partie inférieure du biceps.

Triceps brachial. — • Ce muscle (21, 22, fig. 52; i, 2, 3, fig. 54I, qui forme à lui seul toute la musculature de la face postérieure du bras, a été nommé triceps, parce qu'il est composé de trois portions, séparées en haut, confondues en bas, l'une moyenne ou médiane,

dite longue portion, et deux latérales, distinguées en portion externe ou vaste externe et portion interne ou vaste interne. — • La longue portion (2, fig. 54) forme un corps charnu épais et fusiforme qui vient, par un court tendon, de la partie la plus élevée du bord axillaire de Pomoplate {immédiatement au-dessous de la cavité glénoïde) et passe entre les muscles grand et petit rond (voy. p. 221 j. Au niveau de la jonction du tiers moyen avec le tiers inférieur du bras, ce corps charnu se termine sur la partie supérieure d'un tendon aplati (i, fig. 54 et 56) , large et triangulaire, qui reçoit les deux autres portions du muscle sur chacun , de ses bords. Le vaste externe (3, fig. 54) s'attache à la partie supérieure de la face postérieure de l'humérus (au-dessus et en dehors de la gouttière de torsion) et se porte obliquement en bas et en dedans pour s'attacher sur le bord externe du tendon aplati susindiqué, en accompa'gnant ce tendon jusqu'au niveau du coude. Enfin le vaste interne (22, fig. 52) s'attache à la partie inférieure de la face postérieure de l'humérus (au-dessous et en dedans de la coulisse de torsion) et va se rendre au bord interne du tendon inférieur commun aux trois portions. Ce tendon va s'attacher (en 4, fig. 54) à la face postérieure de l'olécrâne (de l'os cubitus).

Le modelé du triceps, c'est-à-dire de la face postérieure du bras, résulte de la présence du tendon inférieur commun aux trois portions, tendon qui forme un méplat large inférieurement, se rétrécissant en pointe vers sa partie supérieure. De chaque côté, ce tendon, c'est-à-dire le méplat qu'il dessine, est débordé par la saillie du vaste interne et du vaste externe; en haut, sur

238 PRECIS D'AN ATOMIE.

les deux tiers supérieurs de la face postérieure du bras, se dessinent deux corps charnus placés côte à côte et formés. Texteme par le vaste externe. Tinterne par la lon^e portion le vaste interne ne remontant en haut que par quelques libres qui confondent à ce niveau leur modelé avec celui de la longue portion . Ces divers détails, c'esî-à-dire le méplat tendineux susolécranien, les reliefs musculaires qui Tencadrent de chaque côté, et les deux corps charnus qui le surmontent, deviennent visibles d'une manière très accentuée lorsque le sujet s'efforce d'étendre l'avant-bras sur le bras, en luttant contre une résistance qui aurait pour effet de maintenir la position de flexion. Il est en e5et à peine besoin de dire que le triceps brachial es: essentiellement le muscle extenseur de l'avant-bras sur le bras.

Ce n'est pas seulement au,pointde vue d'une énimiération méthodique, mais encore au point de vue de l'interprétation anatomique des formes extérieures, que nous venons de classer les muscles du bras en muscles antérieurs et muscles postérieurs : en effet, il rècne de chaque côté du bras, sur son bord interne e: sur son bord externe, une ^ouniere qui sépare les muscles antérieurs des niuscles postérieurs. Dans chacune de ces gouttières est une cloison fibreuse dite aponévrose intermusculaire interne et aponévrose intermusciilaire externe, qui s'insère à chacun des bords correspondants de l'humérus et. d'autre part, à l'aponévrose générale d'enveloppe *lu membre; il en résulte que cene aponévrose est légèrement tirée vers rhumérus selon deux lignes verticales correspondant à chacune des cloisons intermusculaires, et que, sur le modelé extérieur, subsistent nettement deux

gouttières correspondant chacune à Tun des intervalles entre les muscles antérieurs et les muscles postérieurs.

La gouttière interne commence à Textrémité inférieure du coraco-brachial etdescend jusqu'à Tépitrochlée ; en haut, elle est un peu effacée, parce que de nombreux nerfs et vaisseaux, accompagnés de tissu cellulaire, comblent à ce niveau l'espace intermusculaire; en bas, elle s'évase et tend à se confondre avec le modelé de la partie interne du brachial antérieur.

La gouttière externe (tig. 54I est courte; elle commence en effet au niveau de l'extrémité inférieure du deltoïde et ne descend pas jusqu'à Tépicondyle, parce que les premiers muscles de la région externe de l'avantbras remontent prendre leurs insertions (voy. ci-après long supinateur, 14, fig. 54) jusque sur la partie inférieure du bord externe de Thumérus, de sorte que cette gouttière est alors comblée par ces muscles, ou, pour mieux dire, qu'elle les contourne en se dirigeant en avant vers le pli du coude.

Sommaire. — Muscles de l'avafit-bras ; leurs dispositions générales; division en quatre masses : — Muscles antérieurs superficiels, ou épitrochléens :\t rond pronateur, le grand palmaire, le petit palmaire et le cubital antérieur; — 2° Muscles antérieurs profonds (fléchisseurs des doigts et carré pronateur). — 3" Muscles externes: long supinateur (importance au point de vue des formes de la région externe du coude); les deux radiaux; le court supinateur. — 4" Muscles postérieurs superficiels : l'extenseur commun; l'extenseur propre du petit doigt; le cubital postérieur; l'anconé.

Muscles de ravant-bras. — Les deux os de Pavantbras sont recouverts par une série de muscles à corps charnus en général fusiformes, terminés inférieurement par des tendons souvent très 'longs, et qui dessinent leurs saillies à la région du poignet; quelques-uns de ces muscles meuvent Pavant-bras sur le bras, ou le radius sur le cubitus, mais le plus grand nombre a pour action de mouvoir la main sur Pavant-bras et les divers segments des doigts les uns sur les autres. Ces muscles se répartissent en cinq régions, chacune de quatre muscles, ce qui porte à vingt le nombre total des muscles de Pavantbras. Mais nous n^aurons à nous arrêter que sur les muscles superficiels, une courte mention étant suffisante pour les muscles profonds; ainsi nous distinguerons:

DIX-NEUVIEME LEÇON 2ji

1° une couche musculaire antérieure superficielle, dont chaque muscle sera étudié; 2*^ une couche musculaire antérieure profonde dont Tétude sera faite rapidement ; 3° une couche externe; 4" une couche musculaire postérieure superficielle, qui devra être vue en détail; et 5° une couche musculaire postérieure profonde dont nous ne dirons que ce qui est nécessaire pour comprendre le dessin formé au poignet par les tendons correspondants.

I. Muscles antérieurs supei'ficiels. — Ces muscles partent tous, par une masse musculaire commune, de Vépitrochlée sur laquelle ils s^insèrent sans en dépasser le niveau, de telle sorte qu*'au côté interne du coude, à rinverse de ce qui a lieu au côté externe (voy. ci-après), la musculature de Pavant-bras ne remonte pas sur le bord correspondant du bras. Si de Pépitrochlée on fait partir quatre lignes, dont la première ira vers la partie moyenne du radius, la deuxième vers le côté externe de la main, la troisième vers la partie moyenne et la quatrième vers le bord interne de la main, ces quatre lignes, dont la première est très oblique et dont les autres se rapprochent graduellement de la verticale, nous donneront la direction de chacun des quatre muscles antérieurs superficiels de Pavant-bras, qui sont, dans Pordre même des lignes susindiquées, c^est-à-dire du plus externe vers le plus interne, le rond pronateur, le grand palmaire, \q, petit palmaire et le cubital antérieur.

Le rond pronateur (6, fig. 55) est charnu dans toute Pétendue où il est visible sur Pécorché; parti de Pépitrochlée, il se dirige obliquement en bas et en dehors, disparaît sous les muscles externes de Pavant-bras (sous le long supinateur), et arrive au radius autour duquel il

ECIS D'ANATOMIE.

s'enroule légèrement pour s^attacher à la partie moyenne de sa face, externe (empreinte du rond pronateur. Voy. page 73). Sa contraction a donc pour effet de faire tourner le radius en avant et en dedans, c'est-à-dire de produire la pronation. Ce muscle 12 forme le côté externe très oblique d^un creux triangulaire, dont le côté interne, vertical, est formé par lelongsupinateur (i2,fig.55).

C'est dans ce creux (creux du coude) que plongent le biceps (3, fig. 55) et le brachial antérieur (4, 4, lig. 55) pour aller s'attacher aux os de Tavant-bras. — La partie supérieure du rond pronateur est bridée par l'expansion aponévrotique du biceps (2, fig. 55), et nous avons précédemment (p. 225) insisté

25 Fig. $5. — Muscles antérieurs de l'avant- bras 26 gaucb.e. — i, biceps brachial; — 2, son expansion aponévrotique; — 3, son tendon; — 4,4, brachial antérieur ; — 5 , vaste interne du triceps ; — 6, rond pronateur ; — 7, grand palmaire; — 8, 9, petit palmaire ; — 10, cubital antérieur; — 11, son attache au pisiforme; — 12, 13, long supinateur ; — 14 et 15, premier et second radial externe; — 16, long abducteur du pouce; — 18, tendon du long extenseur du pouce ; — 19, 20, 21, fléchisseur superficiel des doigts et ses tendons; — 22, tendons du fléchisseur profond; — 23, 23, muscles lombridu pouçe ; — 26, long fléchisseur du pouce.

DIX-NEUVIÈME LEÇON. 2îj

sur les particularités du modelé dû à cette disposition.

Le grand palmaire (7, fig. 55) part de Tépitrochlée, forme un corps charnu fusiforme obliquement descendant, lequel, au niveau de la partie moyenne de Pavantbras, est remplacé par un tendon qui se rétrécit graduellement, gagne la partie externe du poignet (au niveau de la base de Téminence thénar), et disparaît alors sous le ligament annulaire du -carpe, en s^engageant dans une gouttière de la face antérieure de Pos trapèze, pour aller s^attacher à la base du métacarpien de Pindex.Ce muscle est fléchisseur de la main sur Pavant-bras; lorsqu^il se contracte, son tendon devient très saillant et soulève fortement la peau au niveau de la partie- inférieure de la face antérieure de Pavant-bras; il forme la première saillie tendineuse qu^on rencontre à ce niveau en allant du bord radial vers le bord cubital.

luQ petit palmaire (8, 9, fig. 55) est comme une reproduction en miniature du muscle précédent; parti de Pépitrochlée , il présente d^abbrd un tout petit corps charnu fusiforme (8), auquel succède très vite un tendon grêle et long, descendant presque verticalement vers la partie moyenne du poignet, où il se termine en s'insérant sur le ligament annulaire du carpe (9, fig. 55); fléchisseur de la main sur Pavant-bras, comme le précédent, son tendon forme en bas une saillie très accentuée, placée sur la ligne médiane, en dedans de la saillie du tendon du muscle précédent. Il est des sujets chez lesquels ce muscle est absent.

Le cubital antérieur [10^ 1 1 ,fig. 55) s^insère, non seulement à Pépitrochlée, comme les trois muscles précédents, mais encore (18, fig. 56) au bord correspondant de Polé-

crâne et au bord interne du cubitus; il descend verticalement le long du cubitus, et présente ce fait remarquable que les fibres charnues accompagnent presque tout en bas le tendon qui va s^attacher à Pos pisiforme du carpe (n, fig. 55). Aussi son modelé ne se traduit-il à aucun niveau par une saillie sèche comme celles produites par les tendons des muscles précédents, et ce muscle contribue-t-il à donner une forme arrondie à toute Pétendue du bord interne de Pavant-bras. Il est fléchisseur de la main, qu'il incline en même temps vers le bord interne de Pavant-bras.

II. Muscles antérieiu^s profonds. — Au point de vue des formes, ces muscles constituent une masse charnue sous-jacente aux muscles précédents, et se terminant inférieurement par de nombreux tendons, que les fibres musculaires accompagnent assez bas ; cet ensemble, tendons et partie inférieure des fibres musculaires, apparaît sur Pécorché dans le fond des gouttières qui sont entre le tendon du grand palmaire et celui du petit palmaire, et entre le tendon du petit palmaire et celui du cubital antérieur (19, 19, fig. 55). Plus bas, à la main, les tendons de ces muscles s'engagent dans la gouttière antérieure du carpe, transformée en canal par le ligament annulaire correspondant, et vont s'attacher aux phalanges des doigts, en présentant des particularités que notis allons rapidement indiquer en énumérant ces muscles :

i« Le fléchisseur commun superficiel (19, fig. 55) qui se divise en bas en quatre tendons, un pour chaque doigt (excepté le pouce) ; 2° le fléchisseur commun profond, qui se divise également en quatre tendons, un pour

chaque doigt (excepté le pouce) ; à la base de la face antérieure de chaque doigt arrivent donc deux tendons, Tun superficiel (20, fig. 55) , l'autre profond. Le premier présente, au niveau de la première phalange (en 20, fig. 5 5), une fente en boutonnière, dans laquelle passe le second; grâce à cette disposition le tendon du fléchisseur profond peut aller s'attacher à la base de la troisième phalange (en 22, fig. 551, tandis que le fléchisseur superficiel s'arrête à la base de la seconde (en 21, fig. 55). Il y a donc un muscle fléchisseur pour chacune de ces phalanges (quant aux premières phalanges des doigts, elles ont pour fléchisseurs spéciaux les petits muscles lombricaux de la paume de la main).

3° Le fléchisseur propre du pouce (26, fig^ 55) dont le tendon va à la base de la seconde ou dernière phalange du pouce; et 4" le muscle carré pronateur, masse charnue profonde, disposée sur un type entièrement différent des muscles précédents, qu'il faut enlever pour l'apercevoir. Ce muscle est formé de fibres transversales placées au niveau de la partie tout inférieure de l'avantbras et allant du bord externe du radius au bord interne du cubitus; sa contraction a pour effet de rapprocher ces deux os et, par suite, de produire la pronation, puisque le radius ne peut se rapprocher du cubitus qu'en tournant autour de lui, de la position de supination à celle de pronation.

III. Muscles externes. — ■ Ils forment une masse charnue qui remonte en haut sur le tiers inférieur du bord externe de l'humérus (voy. fig. 54, p. 223) et descend le long du bord externe du radius.

De ces quatre muscles un seul est visible sur l'écorché

2i6 ' PRECIS D'ANATOMIE.

dans toute son étendue, c'est : i"le long siipinateur 54; 12, i3, fig. 55) qui s'attache au bord externe de Phumérus, entre le brachial antérieur et le vaste externe du triceps, de sorte que de ce côté la musculature de Pavantbras remonte dans le bras jusqu'à mi-chemin de l'insertion du deltoïde. Le long supinateur descend en s'élargissant de manière à présenter son maximum de largeur auNiiveau de l'épicondyle dont il voile complètement la saillie: il forme la limite externe, verticale (voy. p. 232), du creux triangulaire du pli du coude; puis, un peu audessous du point où il dépasse le rond pronateur, les fibres charnues sont remplacées par un long tendon qui s'applique sur le radius et enhn (i3, fig. 55) s'attache à la base de l'apophyse styloïde de cet os. Malgré son nom, ce muscle n'est pas essentiellement supinateur ; il ne le devient que lorsque Pavant-bras est dans une pronation forcée, et il le rai^ène alors dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination. Son action principale est la flexion de l'avant-bras sur le bras, et dans ce mouvement son modelé se révèle à l'extérieur d'une manière particulièrement nette, sous la forme d'une bande saillante qui part du bras et forme sur la partie antéro-externe du coude une forte masse charnue comblant de ce côté la concavité de l'angle produit par la position fléchie de Pavant-bras sur le bras. Aussi peut-on dire que le long supinateur est le plus important des muscles de Pavant-bras au point de vue de la part qu'il prend au modelé de la région.

Les deux muscles suivants (14 et i5, fig. 55) sont en partie cachée par le précédent; ce sont: 2° et 3° les deux radiauXj distingués en premier (i5, fig. 54) et second

radial externe, lesquels partent de Tepicondyle et de la partie inférieure du bord externe de Phumerus, présentent un corps charnu (3 et 5, 56) assez épais, qui augmente la saillie du long supinateur et contribue à voiler Pépicondyle. A peu près au même niveau que pour le long supinateur, un tendon succède au corps charnu de chacun des muscles, s^incline un peu en arrière (iig. 56), et, après avoir été croisé par les muscles long abducteur et court extenseur du pouce (voy. 7 et 8, fig. 56, et ciaprès les muscles postérieurs profonds de Pavant-bras), arrive à la face dorsale du poignet, et s^insère, celui du premier radial (4, fig. 56) à la base du métacarpien de Pindex (face dorsale), celui du second radial à la base du métacarpien du médius (6, fig. 56).

4" A la partie toute supérieure du radius est un petit muscle profond , dont aucune partie ne se révèle sur Pécoixhé, et que nous citons ici seulement pour indiquer que sa présence contribue encore à augmenter la saillie delà masse musculaire au côté externe du coude : c^estle court supinateur, formé de fibres qui s^enroulent autour du radius, de manière à faire tourner cet os de dehors en dedans, c'est-à-dire à produire la supination.

IV. Muscles postérieurs superficiels (fig. 56). — Ces muscles partent tous les quatre de Pépicondyle, ou ils s^insèrent par une masse commune; de là ils se dirigent en bas, les premiers presque verticalement, puis le dernier (anconé) très obliquement en arrière et en dedans. Ce sont : Vextenseur commun des doigts, Vextenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur et Vanconé.

1° IJ' extenseur commun des doigts ( i i,fig. 56), partant de Pépicondyle, est formé par un long corps charnu

Us

LU

fusiforme, auquel succède, au niveau du tiers inférieur de la face postérieure de Tavant-bras, un tendon bientôt subdivisé en quatre cordes tendineuses qui restent accolées jusqu'à ce qu'elles aient passé dans une gouttière située sur la partie moyenne de Textrémité inférieure du radius, mais qui dès lors, c'est-à-dire arrivées à la face dorsale du poignet, s'écartent en divergeant pour se rendre à chacun des doigts (excepté le pouce). Sur la face dorsale de la première phalange de chaque doigt (en 12, fig. 56), le tendon extenseur se divise en trois languettes, une médiane qui s'arrête à la base de la seconde phalange, et deux latérales qui se rejoignent pour aller s'attacher à la base de la troisième phalange.

FiG. 56. — Muscles postérieurs de l'avant-bras (gauche). — i, tendon du triceps brachial; — 2, long supinateur; — 3 4? premier radial ; — 5 et 6, second radial; — 7 et 8, long abducteur et court extenseur du pouce; — 9, 9, long extenseur du pouce; — 10, 10, ligament annulaire djrsal du poignet; — 11, 12, extenseur commun des doigts et ses tendons; — 13, tendon de l'extenseur propre de l'index; — 14, tendon de l'extenseur propre du petit doigt; — 15, 16, cubital V^^" postérieur; — 17, anconé; — 18, cubital anté-

bord postérieur du cubitus; — 20, olécrâne; — 21, épitrochlée.

2° U extenseur propice du petit doigt est autre chose qu\in petit faisceau du corps charnu du muscle pre'cédent, plus ou moins distinctement détaché sur son bord interne, mais se continuant par un tendon bien distinct, qui va passer dans une coulisse fibreuse creusée sur la partie postérieure de Particulation radio-cubitale, et, arrivé au poignet, se rend à la face dorsale du petit doigt (14, fig. 56), où, confondu avec le faisceau tendineux fourni à ce même doigt par l'extenseur commun, il présente la disposition en triple languette (12) précédemment décrite.

3*^ Le cubital postérieur (i 5, fig. 56). Son corps charnu fusiforme part de Pépicondyle, se dirige obliquement en bas et en dedans, atteint la face postérieure du cubitus où il prend des insertions, et n'est remplacé par un tendon qu'au niveau du quart inférieur de cet os (en i5, fig. 56). Ce tendon passe dans une coulisse creusée sur la face postérieure du cubitus (en 10, fig. 56), et, arrivé ainsi à la partie interne de la face dorsale du carpe, il se termine presque aussitôt en s'insérant à la base du métacarpien du petit doigt (16, fig. 56).

Ces trois muscles sont extenseurs des doigts et de la main; si l'on examine un sujet qui a le bras replié sur le tronc, la face dorsale de l'avant-bras étant tournée en avant, et qui remue activement les doigts et la main, comme dans l'action de boutonner et de déboutonner successivement la série des attaches antérieures d'un vêtement, on voit avec la plus grande netteté les mouvements des doigts se traduire par des palpitations musculaires au niveau des deux tiers supérieurs de la face postérieure de l'avant-bras. On peut, en suivant ces

saillies de muscles en contraction, reconnaître, aussi nettement que sur un écorché, les corps charnus fusiformes de Pextenseur commun, de Textenseur propre (du petit doigt) et du cubital postérieur.

4*^ Uanconé n^occupe que la partie la plus supérieure de la face postérieure de Pavant-bras; comme son nom rindique (ày.wv, olécrâne, coude), c^est un muscle de la région du coude; il forme en effet (17, fig. 56) une masse charnue triangulaire dont le sommet s'attache à Pépicondyle, et dont la base élargie vient s'insérer à la face externe de Polécrâne et à la partie correspondante du corps du cubitus (ig, fig. 56). Comme le cubitus ne jouit pas de mouvements de latéralité ou de rotation, mais seulement de mouvements de flexion et d'extension sur Phumérus, Panconé, situé en arrière de l'articulation du coude, ne peut, malgré Pobliquité de ses fibres, avoir d'autre action que celle d'étendre Pavant -bras sur le bras. Aussi, lorsque ce mouvement est produit avec force,, voit-on se dessiner nettement Panconé par un relief en forme de triangle et dont le bord supérieur, le plus court, se confond entièrement avec le relief du vaste interne du triceps, et nous avons en effet insisté précédemment sur ce fait anatomique, à savoir que la portion inférieure du triceps du bras se continue directement à l'avant-bras avec Panconé.

Sommaire, — Muscles postérieurs profonds de l'avaiit-bras ; leurs tendons au niveau du poignet {tabatière anatomiqué). — Muscles de la main : — i*» Muscles du pouce ou éminence thénar (court abducteur du pouce).— 2° Muscles du petit doigt ou éminence hypothénar (palmaire cutané; abducteur du petit doigt). — 3" Muscles de la région palmaire moyenne (lombricaux et interosseux).

Les muscles profonds postérieurs de Pavant-bras n^ont d^importance, au point de vue des formes, que par les dispositions de leurs tendons au niveau du poignet et de la main; c^est pourquoi nous devons rapprocher leur description de celle de la musculature particulière de la main et des doigts.

Comme dans les autres régions de Pavant-bras, on trouve dans la couche postérieure profonde quatre muscles. Ces quatre petits muscles sont presque entièrement cachés, quant à leurs corps charnus, sous les muscles postérieurs superficiels; mais leurs tendons, du moins pour les trois premiers, viennent émerger au-dessous du bord externe de Pextenseur commun des doigts, et dès lors leur modelé se révèle (en 7 et 8, fig. 56) par des détails de la plus grande importance sur la partie dorsale externe du poignet. Ces quatre muscles sont, en

o^o PRECIS D-ANATOMIE.

allant du plus externe vers le plus interne : le /o;7^ abducteur du pouce, le court extenseur du pouce, le loîi^ extenseur du pouce et Vextenseur propre de V index.

Les deux premiers 7 et 8, tig. 56', c'est-à-dire le long abducteur 7 et le court extenseur du pouce 8 . doivent être décrits ensemble, car leurs corps charnus, comme leurs tendons, sont accolés et presque confondus dans la plus grande étendue de leur trajet. Ces deux muscles émergent de la profondeur environ au commencement du tiers inférieur du bord externe de Textenseur commun des doigts; leur corps charnu forme en ce point, c'est-à-dire à la jonction de la face postérieure avec le bord externe de Tavant-bras, une saillie oblongue. à laquelle succède aussitôt un double tendon qui croise les tendons des radiaux pour se diriger sur la face externe de Tapophyse styloïde du radius où ils passent dans une gouttière que le ligament annulaire dorsal du carpe ^10' transforme en canal. Arrivés sur le bord externe du carpe, ces deux tendons v forment une saillie très nette, bien dessinée sous la peau qu'elle soulève quand on écarte avec eftort le pouce des autres doigts: entin, arrivés à la base du métacarpien du pouce, ces deux tendons se séparent. Tun deux, celui du long abducteur, s'arrétant en ce point pour s'attacher à la base du métacarpien, tandis que l'autre, celui du court extenseur, va jusqu'à la base de la première phalange du pouce 8, au niveau du pouce, hg. 56 .

Le long extenseur du pouce (9, tig. 56 émerge comme les précédents sur le côté externe de Fextenseur commun, mais plus bas ; son tendon seul apparaît en ce

point et se dirige presque verticalement en bas pour passer, sur la face postérieure de Pextrémité infe'rieure du radius, dans une petite coulisse ou il se réfléchit comme sur une poulie. 11 arrive ainsi à la face dorsale du carpe, se dirige très obliquement en dehors, croise alors seulement les tendons des muscles radiaux 4 et atteint la base du métacarpien du pouce, oti il se juxtapose au tendon du court extenseur, pour, descendant plus bas que celui-ci, aller s^attacher à la seconde ou dernière phalange du pouce (9, fig. 56).

L^ensemble des deux tendons long abducteur et court extenseur d^une part, long extenseur de Fautre, déterminent, sur la partie externe de la région dorsale du poignet, une figure triangulaire dont le sommet correspond à Pextrémité supérieure du pouce et la base à Pextrémité inférieure du radius. Quand on écarte fortement le pouce de Pindex, c^est-à-dire lorsqu'on contracte les trois petits muscles que nous venons d'étudier, les tendons correspondants dessinent les bords de ce triangle sous forme de cordes saillantes, entre lesquelles est une dépression twangulaire assez profonde : c'est à cette dépression qu'on a donné le nom de tabatière anatomique (en 4, fig. 56).

Uextenseur propre de l'index n'est pas visible sur Pécorché; profondément situé au-dessous de Pextenseur commun des doigts, il se termine par un tendon iS, fig. 56) qui va se joindre au faisceau tendineux que Pextenseur commun fournit à Pindex. C'est à ce muscle que le second doigt de la main est redevable du pouvoir dont il jouit de s'étendre d'une manière tout à fait indépendante des autres doigts, c'est-à-dire de remplir les

fonctions qui lui ont fait donner le nom d^index ou doigt indicateur.

Muscles de la main. — Les muscles propres à la main sont nombreux et d'une étude intéressante au point de vue du mécanisme des mouvements si multiples et si délicats des doigts; mais, comme les divers détails de leurs dispositions complexes ne se révèlent que très grossièrement sur le modelé extérieur, nous en réduirons Pétude à une énumération accompagnée de quelques indications sommaires.

La région dorsale de la main (fig. 56) ne possède pas de corps charnus musculaires et ne présente que des tendons appartenant à des muscles de Pavant-bras. — Au contraire, la région antérieure ou palmaire de la main possède, outre les tendons qui transmettent Taction des corps musculaires de Pavant-bras, de nombreux petits muscles qui se partagent en trois groupes : un groupe externe, destiné au pouce, et formant au niveau du premier métacarpien la saillie charnue connue sous le nom diéminence ihénar ; 2° un groupe interne destiné au petit doigt, et formant la saillie hypothénai: ; 3'' enfin un groupe moyen ou palmaire proprement dit, formé de petits muscles destinés aux autres doigts.

1° Uéminence thénar (24, 25, fig. 55) a la forme d'un ovoïde allongé, à grosse extrémité supérieure, correspondant aux os du carpe, à petite extrémité inférieure correspondant à la base de la première phalange du pouce. Elle est formée par quatre muscles, savoir : le court abducteur du pouce (24, fig. 5 5), qui va du scaphoïde au côté externe de la première phalange du pouce; l'opposant du pouce, qui s'insère, d'une part, au trapèze et,

d'autre part, à toute la longeur du bord externe du métacarpien, de sorte que sa contraction rapproche tout le pouce (phalanges et métacarpien) de la paume de la main, c'est-à-dire Toppose aux autres doigts; le court fléchisseur, qui va du trapèze à la base de là première phalange du pouce; et QnûnF abducteur du ponce (2 5,tig. 55), muscle remarquable par sa disposition, car il vient du milieu de la paume de la main, c'est-à-dire de la face antérieure du troisième métacarpien, et, formant un corps musculaire relativement large, qui remplit l'espace entre le premier et le second métacarpien, il va s'attacher au côté interne de la base de la première phalange du pouce.

2'^ L' éminence hjrpothénar est de forme ellipsoïde très allongée ; elle est d'abord recouverte par un petit muscle qui ne se révèle par aucun relief extérieur, mais seulement par les plis qu'il imprime à la peau lors de sa contraction : c'est le palmaire cutané, formé de fibres transversales qui, du ligament annulaire antérieur du carpe, vont à la face profonde de la peau du bord interne de la main; aussi la contraction de ces fibres attire-t-elle en dedans la peau de cette partie, de façon à y creuser un sillon vertical irrégulier, en même temps que la saillie de la^peau de la partie supérieure de l'hypothénar devient plus prononcée. — ■ L'hypothénar lui-même est formé de trois petits muscles verticalement disposés le long du cinquième métacarpien et qui sont: V abducteur du petit doigt (28, fig. 55), allant du pisiforme au côté externe de la base de la première phalange du petit doigt; le court fléchisseur (27, fig. 55) du petit doigt, allant de la saillie de l'os crochu au côté interne de

2^6 PRÉCIS D'AN ATOMIE.

cette même phalange; et enfin Vopposant du petit doigt, s'attachant, d^une part, à Tos crochu et, d'autre part, à toute la longueur du cinquième métacarpien, de sorte que sa contraction attire légèrement tout l'ensemble du petit doigt et Poppôse jusqu'à un certain point au pouce.

Les muscles de la région moyenne de la paume de la main sont de deux sortes: les uns sont disposés au milieu des tendons des muscles fléchisseurs (voy. muscles antérieurs profonds de Tavant-bras, p. 235), et formés de petits corps charnus allongés qu'on a comparés à la forme d'un ver ou lombric, d'où leur nom de lombricaux; les autres sont disposés dans les espaces intermétacarpiens, d'où leur nom de muscle interosseux.

Les muscles lombricaiix, comme le montre la figure 5 5 (en 23, 23), sont au nombre de quatre, un pour chaque doigt (le pouce excepté). Leur extrémité supérieure s'attache sur le tendon fléchisseur profond correspondant; de là ils descendent obliquement pour gagner le bord externe de la première phalange de chaque doigt; à ce niveau le tendon du muscle lombrical adhère à la phalange dont, par suite, il est fléchisseur, de telle sorte que nous trouvons en définitive un muscle fléchisseur pour chacune des trois phalanges des doigts (voy. p. 23 5). De plus, le tendon du lombrical se prolonge jusque sur le dos du doigt où il va se confondre avec l'une des languettes latérales du tendon extenseur correspondant, avec laquelle il va jusqu'à la face dorsale de la troisième phalange, à l'extension de laquelle il contribue.

Les muscles interosseux sont au nombre de deux dans chaque espace métacarpien : l'un, plus fort et occupant plus spécialement la partie dorsale de l'espace, d'où son

nom d^interosseux dorsal; l'autre, plus petit, dit interosseux palmaire, parce qu'il occupe seulement la partie palmaire de l'espace intermétacarpien; par leurs extrémités inférieures ces muscles s'attachent sur les côtés des premières phalanges des doigts. Leurs dispositions, dans le détail desquelles nous ne saurions entrer ici, sont telles que les interosseux dorsaux servent à écarter les doigts les uns des autres, tandis que les palmaires servent à les rapprocher.

Sommaire. — Muscles du bassin : région fessière. — Grand fessier; son épaisseur; sa forme (quatre bords, dont l'inférieur libre et épais) ; ses rapports avec le grand trochanter. — Moyen fessier. — Ensemble des muscles sous-jacents (petit fessier, pyramidal, etc.). — Muscles de la cuisse : — i" Région externe : tenseur du fascia lata; son importance au point de vue des formes; aponévrose fascia lata. — 2'' Région antérieure : couturier; particularités de ce muscle en contraction; fr/ce^5 crural (droit antérieur, vaste interne et vaste externe). — 3" Région interne : masse des adducteurs. — 4" Région postérieure (biceps, demitendineux et demi-membraneux).

Muscles du bassin. — Les muscles du bassin visibles sur récorché sont tous situés sur la face postérieure de cette partie du squelette et forment la région fessière ; avant, la paroi antérieure de Pabdomen^ descendant jusqu^à Parcade crurale et au pubis' (voy. fig. 5o, p. 199), voile les muscles qui vont de la partie intérieure du bassin vers la cuisse, muscles sur lesquels une indication très sommaire sera donnée lors de Tétude des masses charnues de la région crurale antérieure.

Des muscles de la région fessière deux seulement sont superficiels et bien dessinés sur Pécorché : ce sont le grand fessier et le moyen fessier.

Le muscle grand fessier (voy. fig. 52, p. 2o5) est le plus volumineux et le plus épais de tous les muscles du

corps; il se compose de larges faisceaux charnus obliquement dirigés de la région sacro-iliaque vers la partie supérieure du fémur. En effet, ces fibres s^insèrent d\uie part à Pextrémité postérieure de la crête de Pos des îles (voy. fig. 23, p. io5, en 4) et, par Pintermédiaire d\me aponévrose, à la crête du sacrum; de là les fibres charnues, qui naissent encore de la face postérieure du ligament sacro-sciatique, se dirigent en bas et en dehors (voy. fig. 48). Arrivées au niveau du grand trochanter, elles sont remplacées par une large et épaisse lame tendineuse qui se continue superficiellement avec Taponévrose externe de la cuisse {fascia lata, voy. ci-après) et qui s^insère profondément sur la branche externe de bifurcation de la ligne âpre du fémur (p. 1 33). — Ce muscle présente quatre bords qui sont parallèles comme ceux d\m losange : un bord interne présentant une légère convexité interne; un bord extej^ne légèrement concave. Ce bord répond à la ligne selon laquelle les fibres charnues sont remplacées par les fibres tendineuses ; il forme donc une saillie qui encadre en arrière la région du grand trochanter. Lorsque nous aurons énuméré les muscles sous-jacents au grand fessier, il sera facile de comprendre que Tensemble de cette musculature est assez saillant pour qu^en définitive le grand trochanter se trouve former sur Pécorché une région légèrement déprimée, encadrée en arrière et en haut parle relief des fessiers, en avant parle muscle tenseur du fascia lata (voy. muscles delà cuisse). — Le bord inférieur à\x grand fessier est très épais et forme une saillie oblique au-dessous de laquelle se dégagent les muscles postérieurs de la cuisse; c^est lui qui forme le relief inférieur de la région

fessière. — Le bord supérieur, au contraire, est mince (voy. fig. 53, p. 216), se continue avec une aponévrose qui recouvre le muscle moyen fessier, de sorte qu^à ce niveau son relief se traduit faiblement sur Pécorché, se confondant plus ou moins avec le plan qui répond au muscle moyen fessier.

Le grand fessier est extenseur de la cuisse sur le bassin; dans la station verticale il maintient le bassin en arrière, c'est-à-dire Tempêche de s'incliner en avant. On peut donc dire que c'est par son action que le tronc se relève pour se mettre sur la même ligne que le membre inférieur vertical ; le grand fessier est donc le muscle de la station verticale, de là le volume considérable qu'il présente dans l'espèce humaine, comparativement à ses faibles proportions chez les animaux qui n'ont pas l'attitude bipède.

Le muscle moyen fessier est situé au-dessous et en haut du grand fessier, c'est-à-dire que sa partie postéroinférieure est recouverte par le muscle précédent, mais que sa partie antéro-supérieure est à nu sur l'écorché. Cette dernière partie (voy. fig. 53, entre 22 et 23) est cependant recouverte d'une épaisse aponévrose qui voile le relief des faisceaux du muscle, ne laissant apparaître que l'ensemble de leur masse. Insérés aux trois quarts antérieurs de la crête iliaque (jusqu'au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure), les faisceaux du moyen fessier (18, fig. 53) descendent en convergeant vers le grand trochanter à la face externe duquel ils s'insèrent par un épais tendon aponévrotique ; les fibres charnues cessent un peu au-dessus du grand trochanter de manière à dessiner un relief, selon une ligne courbe à concavité

inférieure, qui forme la limite supérieure de la dépression correspondant, sur Pécorché, à la région du grand trochanter, comme il a été dit ci-dessus. — Le moyen fessier, parses faisceaux les plus postérieurs, agitcomme le grand fessier qui les recouvre; par ses faisceaux antérieurs il écarte la cuisse en dehors et la fait légèrement tourner sur son axe de dehors en dedans.

Ces muscles (grand et moyen fessier) sont doublés par une série de muscles profonds, remplissant Pespace considérable qu^on remarque sur le squelette entre le grand trochanter et la fosse iliaque externe. Ces muscles, qu'il nous faut seulement énumérer, afin de faire comprendre l'importance de la saillie fessière, sont, en allant de haut en bas et d'avant en arrière : le petit fessier, qui double à peu près exactement le moyen fessier, c'est-à-dire va de la fosse iliaque externe au bord antérieur du grand trochanter; le pyramidal, dont le corps charnu est situé dans le bassin, sur les côtés de la face antérieure du sacrum, sort du bassin par la grande échancrure sciatique et de là se dirige presque horizontalement vers le grand trochanter, au bord supérieur duquel il s'attache son tendon; V obturateur interne, qui vient également de l'intérieur du bassin, se réfléchit sur la petite échancrure sciatique et va s'attacher à la face interne du grand trochanter; et enfin le carré crural, formé de faisceaux horizontaux et courts qui vont de la partie externe de la tubérosité de l'ischion au bord postérieur du grand trochanter.

Muscle de la cuisse. — Les muscles de la cuisse sont disposés autour du fémur, et souvent dans une direction oblique telle, qu'ils appartiennent par l'une de leur por-

tion à la région antérieure, par exemple, et par Tautre portion à la région interne. On peut cependant les classer en quatre régions : la région externe, comprenant le muscle tenseur du fascia lata; la région antérieure, comprenant le couturier et le triceps crural; la région interne, comprenant la masse des adducteurs ; et enfin la région postérieure, comprenant le biceps^ le demi-membraneux et le demi-tendineux.

Muscle tenseur du fascia lata (3, fig. Sj). — Il continue en avant le plan du muscle moyen fessier (voy. 23, hg. 53, p. 21 5), mais forme uii relief plus prononcé et plus distinct que ce muscle; inséré à Tépine iliaque antérieure et supérieure, son corps charnu se dirige obliquement en bas et en arrière sur la face externe de la cuisse, et s'y termine bientôt en s'attachant sur la large et épaisse aponévrose (dite fascia lata] qui recouvre cette région (4, fig. 5/). Dans cette aponévrose on distingue des fibres verticales qui font directement suite au muscle et descendent jusqu'à la face externe du genou, où elles se condensent en un tendon assez distinct, bien saillant et allant s'attacher à la tubérosité du jambier antérieur (sur le tibia, voy. ci-dessus, p. 1 37). Ce muscle est rotateur en dedans de la cuisse et de tout le membre inférieur ; il contribue aussi à la flexion de la cuisse sur le bassin ; c'est pourquoi, lorsque la cuisse est étendue et non tournée en dedans, le muscle tenseur forme au-dessous de l'épine iliaque un modelé musculaire allongé; mais, dès qu'il se contracte, ce modelé se raccourcit, devient aussi large que long et forme une masse globuleuse caractéristique. Ce contraste dans la forme du muscle tenseur au repos et en action a été merveilleusement exprimé sur le gla-

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diateur, chez lequel il y a contraction du tenseur de la cuisse droite et relâchement de celui de la gauche.

L^aponévrose fascia lata recouvre une grosse masse charnue , le vaste externe du triceps, dont il va être question à propos des muscles antérieurs; ce muscle, ainsi bridé, se révèle en masse sur le modelé extérieur, mais sans y traduire les détails de sa conformation, du moins pour ses deux tiers supérieurs.

Muscle couturier ( 5 , fig . 5 7 et 23, fig. 5o, p. 199). — C^est le plus long des muscles du corps humain ; il forme, en effet, une mince bande charnue qui part dePépine iliaque antérieure et supérieure, se dirige obliquement en bas et en dedans , croisant la partie supérieure de la face antérieure de la cuisse, arrive à la face interne, puis, descendant jusqu'au genou, passe en arrière

a.<cia lata; — 4, son tendon (^fascia. lata); — (longue portion du triceps); — 7, vaste externe; — droit interne; — 10, premier ou moyen adducteur;

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