‹ Précis d'anatomie à l'usage des artistesChapitre 9 sur 15 · E. SALLE, P · texte numérisé non relu

E. SALLE, P

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PRÉCIS D’ANATOMIE

bord externe du muscle est oblique de haut en bas et de dehors en dedans. C’est à cette disposition qu’est dû le fait sur lequel nous avons ci-dessus longuement insisté (p. 197), à savoir que la gouttière étroite limitée par le muscle grand oblique et par le grand droit s’élargit audessous du niveau de l’ombilic en un large méplat triangulaire, ayant pour limite inférieure le pli de l’aine.

Ce muscle a pour action de fléchir le tronc, c’està-dire d’abaisser la cage thoracique en la rapprochant du pubis, mouvement qui s’accomplit par la flexion de la colonne vertébrale.

La partie tout inférieure du muscle droit antérieur de l’abdomen est recouverte par un petit muscle, dit muscle pyramidal (14, fig. 5 1), dont le modelé ne se révèle pas à travers la peau de la région suspubienne, cette peau étant toujours doublée d’une couche de tissu graisseux. Ce muscle pyramidal, qui ne doit être indiqué ici que pour mémoire, forme de chaque côté de la ligne médiane un petit triangle charnu, dont la base s’attache au pubis et dont le sommet forme un court tendon qui va se continuer avec la ligne blanche, c’est-à-dire avec le raphé fibreux médian résultant de l’entrecroisement des aponévroses des muscles obliques et transverses de l’abdomen.

SEIZIÈME LEÇON

Sommaire. — Muscles postérieurs du tronc ( muscles du dos). — Trapèze; ses insertions; ses parties aponévrotiques; figure en capuchon dessinée par l’ensemble des parties inférieures des deux trapèzes. — Grand dorsal. — Muscles profonds en partie visibles dans les interstices du trapèze et du grand dorsal: i° région latérale du cou (m. splénius et m. grand complexus); 2° région de l’omoplate (m. rhomboïde, sous-épineux, petit rond et grand rond).

Muscle trapèze. — Ce muscle forme, avec le grand dorsal, deux nappes musculaires très larges qui, recouvrant toute la région du dos et la partie postérieure du cou, s’étendent jusqu’à l’épaule et jusqu’au bras (fig. 52).

Le muscle trapèze s’insère: i° d’une part, au tiers interne de la ligne courbe supérieure de l’occipital (i3, fig. 52), à une lame fibreuse qui va de la protubérance occipitale à l’apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale (ligament cervical postérieur, voy. p. 34), puis à cette apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale, et enfin aux apophyses épineuses des douze vertèbres dorsales. — 20 De ces insertions, qui toutes correspondent à la ligne médiane du dos, les fibres musculaires se portent en dehors vers l’épaule, les moyennes transversalement, les supérieures selon une ligne obliquement descendante (9, fig. 53), les inférieures selon une ligne obliquement ascendante, et vont ainsi s’attacher,

d’autre part, à la ceinture osseuse de l’épaule, c’est-à-dire au bord supérieur de l’épine de l’omoplate (fig. 52) ti au tiers externe du bord postérieur de la clavicule (fig. 5o, en 19).

Au point de vue du modelé extérieur, ce muscle présente ce fait remarquable que sur certaines de ses parties les fibres musculaires sont remplacées par des fibres aponévrotiques, de sorte que dans ces régions le muscle est moins épais et dessine des méplats légèrement déprimés. Ces régions sont au nombre de trois, savoir : — i° à la partie inférieure du cou et supérieure du dos (en 10, fig. 52); à ce niveau, les fibres d’origine du muscle sont aponévrotiques et forment, celles d’un côté avec celles du côté opposé, une surface elliptique, à grand diamètre vertical, vers le centre de laquelle les apophyses épineuses des sixième et septième vertèbres cervicales font une saillie très prononcée (vertèbre proéminente, voy. p. 3 1) . — - 20 A la partie tout inférieure du dos, au niveau des dernières vertèbres dorsales, les fibres d’origine du trapèze sont également aponévrotiques dans l’étendue d’un petit triangle assez court, mais tel cependant que sur le modèle vivant, lorsque le trapèze est fortement contracté, son sommet inférieur paraît comme échancré ou tronqué, parce qu’à ce niveau il n’y a pas de fibres musculaires et, par suite, pas de gonflement lorsque le muscle entre en action. — 3° Au niveau de la racine de l’épine de l’omoplate (8, fig. 52), les faisceaux les plus inférieurs du trapèze forment une petite aponévrose triangulaire qui glisse sur la partie osseuse correspondante ; puis commence la série des insertions du muscle sur le bord postérieur de l’épine scapulaire.

Muscles superficiels du dos. — i, aponévrose lombo-sacrée; — 2, muscle grand dorsal; — 3, son faisceau iliaque; — 4, espace qui le sépare du grand oblique de l’abdomen; — 5, partie supérieure du grand dorsal; — 6, 6, muscle grand rond; — 7, partie inférieure du trapèze, avec sa partie aponévrotique (8) au niveau de l’épine de l’omoplate; — 9, partie moyenne du trapèze, avec son aponévrose (iô); — u, 12, 13, partie supérieure du trapèze; — 15, muscle occipital; — 16, sterno-cléido-mastoïdien ; — 17, splénius; — 18, deltoïde; — 19, muscle sous-épineux; — 20, muscle petit rond; — 21, 21, vaste externe, et 22, 22, vaste interne du triceps brachial; — 23, partie postérieure du grand oblique de l’abdomen ; — 24, 24, muscle grand fessier.

L’ensemble du trapèze se contracte lorsque le sujet porte fortement l’épaule en arrière, et dans ce cas c’est la partie moyenne, celle dont les fibres sont horizontales, qui fait le plus nettement saillie sous la peau; mais le plus souvent ses divers ordres de fibres se contractent à part; ainsi les supérieures agissent soit en prenant leur point fixe sur l’épaule pour incliner la tête du côté correspondant (en tournant légèrement la face du côté opposé), soit en prenant leur point fixe sur l’occipital et le ligament cervical, pour élever et soutenir l’omoplate, comme dans le cas de porter un fardeau sur l’épaule. Dans ces circonstances, le bord cervical du trapèze, celui qui va de l’occipital à la clavicule (fig. 53), devient fortement saillant et forme un relief parallèle à celui du bord externe du muscle sterno-cléido-mastoïdien (26, fig. 53) ; entre ces deux reliefs est une gouttière sur laquelle nous reviendrons dans un instant pour jeter un coup d’œil sur les muscles profonds de la région. D’autre part, si les fibres inférieures du trapèze se contractent isolément, elles abaissent l’épaule, et c’est ainsi qu’on les voit devenir saillantes toutes les fois que le sujet exerce, avec ses membres supérieurs, une traction de haut en bas, par exemple sur un sonneur de cloche qui tire violemment et de tout son poids sur une corde.

L’ensemble des deux muscles trapèzes (droit et gauche) dessine sur l’écorché du. dos (voy. fig. 52) une figure triangulaire, à sommet inférieur, qui rappelle le contour d’un capuchon de moine; aussi a-t-on donné parfois au trapèze le nom de muscle cucullaire (cucullus, capuchon); les artistes le nomment familièrement le capuchon ouïe fichu du dos.

SEIZIÈME LEÇON

Muscle grand dorsal (1, 2, 3, 5, fi g. 52). — Il forme une vaste nappe musculaire étendue de la région des lombes à la partie supérieure du bras. En effet, il part, au moyen d’une large aponévrose triangulaire (aponévrose lombo-sacrée; 1, fig. 52), des apophyses épineuses des six ou sept dernières vertèbres dorsales, des apophyses épineuses des vertèbres lombaires et sacrées, et du tiers postérieur de la crête de l’os iliaque (3, fig. 52); les fibres musculaires succèdent à cette aponévrose selon une ligne oblique allant de la crête iliaque vers les dernières apophyses épineuses dorsales, et en même temps se joignent au muscle trois ou quatre nouveaux faisceaux charnus qui partent de la face externe des trois ou quatre dernières côtes par des digitations entrecroisées avec les digitations les plus inférieures du muscle grand oblique de l’abdomen (4, 4, fig. 53). De ces insertions les fibres musculaires se dirigent, les inférieures presque verticalement en haut, les supérieures presque horizontalement en dehors et toutes convergent ainsi pour former un gros faisceau charnu (5, fig. 52), qui recouvre l’angle inférieur de l’omoplate, puis longe son bord axillaire, en se juxtaposant au muscle grand rond (voy. ci-après), pour monter dans la paroi postérieure du creux de l’aisselle et atteindre la partie supérieure du corps de l’humérus, auquel il s’insère, par un tendon aplati, sur la lèvre externe ou postérieure de la coulisse bicipitale (p. 64).

Ce muscle agit comme la partie inférieure du trapèze, mais avec plus d’énergie, puisqu’il abaisse non seulement l’omoplate, mais l’humérus lui-même; c’est la contraction du grand dorsal qui nous permet de rapprocher fortement le bras du tronc en portant le membre supé-

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rieur légèrement en arrière, de manière, si la contraction est poussée très loin, à venir croiser les deux bras derrière le dos. Mais le relief formé par le bord externe du grand dorsal en contraction (fig. 53) se révèle surtout lorsque ce muscle accomplit une action plus énergique, celle d’une traction violente de haut en bas, comme dans l’action de tirer sur une corde verticale (sonneur de cloche) ou de se suspendre par les bras à une barre transversale. Si dans cette situation, dans l’exercice du trapèze par exemple, le sujet se soulève et rapproche son tronc de la barre fixe, les muscles grands dorsaux deviennent très saillants, car alors ils prennent leurs points fixes sur les bras et agissent sur le tronc pour le porter en haut et en avant.

Le trapèze et le grand dorsal forment à eux seuls l’écorché superficiel du dos (fig. 5 2) ; parmi les nombreux muscles profonds de la région dorsale, il n’en est pas qui soit complètement visible sur le modelé extérieur, mais il en est plusieurs qui apparaissent en partie dans les interstices que limitent les bords des muscles trapèze, grand dorsal et les muscles superficiels de l’épaule et du cou. Ces interstices sont au nombre de deux: l’un à la partie latérale du cou, l’autre au niveau de la moitié inférieure de l’omoplate.

L’interstice de la face latérale du cou est limité (fig. 52 et 53) en arrière par le bord supéro-antérieur du trapèze, en avant par le bord postéro-externe du sterno-cléidomastoïdien; cet interstice, qui représente une gouttière longue et très superficielle descendant de la région occipitale à la partie moyenne de la clavicule, présente une partie inférieure voilée (25, fig. 53) par le muscle peau-

SEIZIÈME LEÇON

cier du cou (et sur laquelle nous reviendrons à propos de la région antérieure du cou), et une partie supérieure dans laquelle on aperçoit une faible partie de deux puissants muscles de la nuque. — i° Les fibres musculaires qu’on voit ( 17, fig. 52) se diriger obliquement de bas en haut et de dedans en dehors vers l’apophyse mastoïde appartiennent au muscle splénius, qui part des apophyses épineuses des dernières vertèbres cervicales et des quatre ou cinq premières dorsales et monte obliquement: en dehors pour s’attacher en partie aux apophyses transverses de l’atlas et de l’axis (splénius du cou) et en partie (splénius de la tête) à l’apophyse mastoïde de l’os temporal, en passant au-dessous du sterno-cléido-mastoïdien (16, fig. 52). — 20 Le petit triangle charnu, qui apparaît au-dessous du splénius, entre ce muscle et la partie toute supérieure du trapèze, appartient à un puissant muscle de la nuque, nommé grand complexe à cause de la disposition compliquée de ses faisceaux, muscle dont nous dirons seulement qu’il part de l’occipital pour descendre obliquement en dehors et aller s’attacher, par une série de digitations, aux apophyses transverses des cinq ou six premières vertèbres dorsales.

L’interstice situé au niveau de la partie inférieure de l’omoplate est de forme triangulaire (fig. 52 et 53); lorsque le bras est pendant le long du tronc, des trois côtés qui le circonscrivent alors, le supérieur et interne est formé par le trapèze, le supérieur et externe est formé par le deltoïde, enfin l’inférieur est formé par le bord supérieur du muscle grand dorsal. Le bord spinal de l’omoplate apparaît vers la partie interne de cet interstice triangulaire et le divise en deux parties inégales :

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l’une interne, plus petite où se montre une faible partie du muscle rhomboïde ; l’autre, externe, plus étendue et où se dessinent les reliefs des muscles de la fosse sous-épineuse, c’est-à-dire du sous-épineux, àn petit rond et du grand rond. Nous devons consacrer seulement quelques lignes à la description de ces muscles.

Le muscle rhomboïde s’attache, d’une part, aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres cervicales et des quatre ou cinq premières vertèbres dorsales; de là ses fibres se dirigent obliquement en bas et en dehors pour aller s’insérer, d’autre part, au bord spinal de l’omoplate. Ce sont les fibres les plus inférieures qui seules apparaissent sur l’écorché, à la partie interne de l’interstice triangulaire susindiqué.

Le muscle sous-épineux (19, fig. 52) s’insère à toute la fosse sous-épineuse de l’omoplate, excepté à la partie épaissie de son rebord axillaire; de là ses fibres montent en convergeant, s’engagent sous le deltoïde (fig. 53) et vont s’attacher par un court tendon à la grosse tubérosité de l’humérus (à la facette moyenne que présente cette tubérosité).

Le muscle petit rond (20, fig. 52) s’insère à la partie supérieure du rebord épaissi que présente la fosse sousépineuse vers le bord axillaire de l’omoplate, puis monte parallèlement aux fibres du sous-épineux, pour, passant comme lui au-dessous du deltoïde, aller s’attacher également à la grosse tubérosité de l’humérus (à la plus inférieure des trois facettes de cette tubérosité).

Le grand rond (6, fig. 52 et 8, fig. 53) s’attache à la partie la plus inférieure du rebord épaissi de la fosse sous-épineuse ; il monte obliquement en haut et en

SEIZIEME LEÇON

dehors comme les précédents; mais bientôt il abandonne le petit rond (voy. en 5, fig. 54), c’est-à-dire qu’au lieu de rester à la partie postérieure du squelette de l’épaule en s’engageant simplement sous le deltoïde, il se joint au muscle grand dorsal (fig. 17 18, et 49), va passer avec lui en avant de la longue portion du triceps, et enfin, se confondant avec le grand dorsal, va s’attacher à la lèvre interne de la coulisse bicipitale de l’humérus. La longue portion du triceps brachial se trouve donc ainsi passer entre le petit rond, qui est en arrière, et la partie supérieure du grand rond, qui est en avant (fig. 52, entre 20 et 6).

Les différents muscles que nous venons de voir en totalité ou en partie dans l’interstice triangulaire limité par le trapèze, le grand dorsal et le deltoïde, alors que nous avons supposé le bras pendant le long du tronc, deviennent plus visibles encore lorsque le bras s’élève et arrive jusqu’à la position horizontale (voyez le côté droit de la fig. 52). Alors, en effet, l’interstice en question devient beaucoup plus allongé de dedans en dehors, et le deltoïde laisse à découvert une plus grande étendue des muscles sous-épineux, petit et grand rond ; en même temps l’omoplate, par le fait de l’élévation du bras (voy. p. 59), ayant basculé de telle sorte que son angle inférieur s’éloigne de la colonne vertébrale, il en résulte que le muscle rhomboïde Jui-même laisse apercevoir une plus grande étendue de ses fibres entre le bord externe du trapèze et le bord supérieur du grand dorsal.

Quoique les autres muscles profonds du dos ne soient pas visibles sur l’écorché, nous ne saurions quitter la région dorsale sans indiquer au moins le nom de la puis-

santé masse charnue qui occupe la région lombaire, de chaque côté de la ligne des apophyses épineuses, et qui forme comme deux puissantes colonnes musculaires faisant saillie au-dessous de l’aponévrose du muscle grand dorsal (fig. 52). Cette masse est formée par deux muscles intimement confondus à leur partie inférieure (au niveau des lombes ou reins), mais qui deviennent distincts au niveau de la dernière côte; ils forment alors un muscle externe dit sacro-lombaire qui va s’attacher par une série de tendons aux angles des côtes, et un muscle interne dit long dorsal qui, par une triple série de tendons, va s’attacher aux côtes, aux apophyses transverses et aux apophyses épineuses des vertèbres du dos. Les muscles sacro-lombaire et long dorsal ont essentiellement pour action de redresser le tronc ou de le maintenir lorsqu’un fardeau est supporté sur les épaules ou le dos; c’est pourquoi leur masse commune inférieure est si développée chez les sujets qui portent d’ordinaire de lourdes charges sur les épaules et forme alors cette puissante musculature des reins, dont le relief est visible à travers la peau et l’aponévrose du muscle grand dorsal (en i , fig. 52).

Sommaire. — Muscles de l’épaule et du creux de l’aisselle. — Deltoïde; sa forme; son épaisseur; ses actions diverses selon les faisceaux qui se contractent; ce muscle n’a pas de moment. — Modelé musculaire de l’ensemble de l’épaule. — Muscles sous-jacents (susépineux et sous-scapulaire). — Muscle grand dentelé; ses rapports avec le creux de l’aisselle ; de ses neuf digitations costales, trois seulement sont visibles sur l’écorché.— Son action; il devient très visible dans tout effort avec action du bras. — Formes de la région de l’aisselle; saillie du muscle coraco-huméral; particularités présentées par la peau; rapports du biceps et du triceps avec le creux de l’aisselle.

Un seul et puissant muscle, le deltoïde , forme tout le modelé de la partie saillante, c’est-à-dire de la face supérieure et externe de l’épaule. Au-dessous de lui sont quelques muscles profonds qui remplissent les fosses correspondantes de l’omoplate (muscles susépineux et sous-scapulaires). Mais, quand le bras est élevé et maintenu dans la position horizontale, le regard visuel plonge, à la partie interne de la racine du bras, dans une cavité, qui est comme le creux correspondant à la saillie extérieure de l’épaule; cette cavité, dite creux de Vaisselle ou creux axillaire , a pour toit le squelette de l’épaule, que recouvre le deltoïde, et pour parois, en avant le grand pectoral dont le plan fait suite au bord antérieur du deltoïde, en arrière le grand dorsal, dont le plan fait en

PRÉCIS D’ANATOMIE

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partie suite au bord postérieur du deltoïde; enfin, en dedans, un muscle appliqué sur la paroi du thorax, le grand dentelé. Des muscles que nous venons de nommer, les uns ont déjà été étudiés à propos de la musculature du tronc (grand pectoral, grand dorsal); les autres, deltoïde et grand dentelé, vont nous servir à étudier dans son ensemble la région de l’épaule et du creux axillaire.

Muscle deltoïde. — Ainsi nommé parce qu’il a la forme d’un delta grec, c’est-à-dire celle d’un triangle (dont la base est en haut et le sommet en bas), ce muscle est court, large, épais et contourné en demi-cône pour embrasser l’articulation de l’épaule. Il s’attache en haut au tiers externe du bord antérieur de la clavicule (12, fig. 49), à l’articulation acromio-claviculaire, au bord convexe de l’acromion et à toute l’étendue du bord postérieur de l’épine de l’omoplate (18, fig. 52); de là ses fibres se dirigent en bas, les moyennes verticalement, les antérieures ou claviculaires obliquement en bas et un peu arrière, les postérieures un peu obliquement en avant pour venir s’attacher par un court tendon à la face externe de l’humérus sur l’empreinte rugueuse dite V deltoïdien (voy. p. 64).

Ce muscle est très épais et forme de gros faisceaux qu’on peut voir se contracter isolément à travers la peau comme autant de muscles distincts, selon que le mouvement effectué exige plus spécialement la contraction de telle ou telle portion du muscle. En effet, le deltoïde a pour action d’élever le bras en l’écartant du tronc et le portant dans la direction horizontale; mais, tandis que ses fibres moyennes élèvent le bras directement en dehors, ies fibres antérieures l’élèvent en le portant en avant, et

Fig. 53.

Muscles]superficiels de l’épaule et des parois latérales du tronc. — i, grand dorsal;

— 2, aponévrose lombo-sacrée; — 3, 4, 4, insertions iliaques et costales du grand dorsal; — 5, 6, 7, partie supérieure du grand dorsal; — 8, grand rond; — 9, 10, ix, trapèze; — 12, sous-épineux; 13, petit rond; — 14, 15, 16, grand oblique de l’abdomen; — 17, 18, bord antérieur et inférieur du même muscle ; — 19, son angle inféro-interne arrondi (voy. p. 197); — 20, 20, grand dentelé; — 21, grand pectoral;

— 22, grand fessier; — 23, tenseur du fiscia lata ; — 24, deltoïde; — 25, ,peaucier du cou; — 26, sterno-cléido-mastoidien.

PïlECIS D’ANATOMIE.

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les fibres postérieures en le portant en arrière. Il faut, de plus, remarquer que ce muscle, à quelque période de son action qu’il soit arrivé, n’est jamais dirigé perpendiculairement au levier qu’il meut, c’est-à-dire à l’humérus sur lequel il arrive toujours très obliquement. Il en résulte que, quoique très épais, le deltoïde ne peut agir avec une grande énergie; c’est pourquoi l’attitude qui consiste à maintenir le bras horizontalement élevé est une de celles qui demandent le plus d’effort et qui produisent le plus rapidement la fatigue. Pour comprendre combien la disposition du deltoïde, relativement à son levier huméral, est peu favorable, il suffira de comparer cette disposition avec celle que présente le muscle biceps relativement à l’avant-bras, et de constater que le biceps, qui arrive obliquement sur le radius, devient perpendiculaire à cet os à mesure qu’il en opère la flexion sur le bras, et qu’au moment où le coude forme un angle droit, le muscle biceps se trouve ainsi dans la condition la plus favorable pour agir avec toute l’énergie possible. On appelle moment d’un muscle la situation dans laquelle il est perpendiculaire à son levier; on peut donc dire que le deltoïde n’a pas de moment.

En indiquant les rapports que présentent les trois bords du triangle deltoïdien, nous résumerons les divers détails du modelé musculaire de l’épaule. — 1° Le bord supérieur du deltoïde, par ses insertions au bord antérieur de la clavicule et au bord postérieur de l’épine de l’omoplate, double les insertions du trapèze qui s’attache à l’autre lèvre ou à l’autre bord des mêmes parties osseuses (fig. 53). Clavicule, acromion et épine de l’omoplate forment donc une sorte d’intersection osseuse entre le tra-

pèze et le deltoïde; et en effet, chez les animaux qui n’ont pas de clavicule et chez lesquels l’épine de l’omoplate est peu développée, les faisceaux deltoïdiens ettrapéziens se continuent directement; on observe une disposition de ce genre chez le cheval. — 20 Le bord antérieur du deltoïde est séparé du bord correspondant du grand pectoral par un interstice linéaire, très étroit en bas, un peu plus large en haut où il peut figurer un petit triangle allongé dont la base correspond à la partie moyenne de la clavicule (fig. 5o). Cet intervalle, qui devient bien visible lors de la contraction des deux muscles, c’està-dire lorsque le bras tend à se porter en haut et en avant et qu’il est retenu en arrière, comme dans l’action de traîner un fardeau, donne passage à une veine, dite veine céphalique , qui peut dans ces circonstances devenir saillante et gonflée. — 3° Enfin le bord postérieur du deltoïde forme l’un des côtés de l’espace triangulaire que nous avons étudié à la région du dos, au niveau de la fosse sous-épineuse (fig. 52 et 53), c’est-à-dire que sous ce bord postérieur s’engagent successivement, d’une part, les muscles sous-épineux et petit rond qui passent directement sous le deltoïde, et, d’autre part, le grand rond et le grand dorsal, qui passent plus profondément, séparés du deltoïde par la longue portion du triceps (fig. 54).

Il nous reste à mentionner pour mémoire deux muscles de l’épaule, qui ne sont nullement visibles sur l’écorché, mais que nous devons au moins nommer pour faire comprendre comment sont remplies les fosses du squelette de l’épaule; ce sont: — i°le muscle susépineux (11, fig. 54) qui occupe la fosse susépineuse de l’omoplate, passe sous la voûte acromio-coracoïdienne et va

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■s’attacher à la grosse tubérosité de l'humérus (à la facette la plus élevée de cette grosse tubérosité) ; — 20 le muscle sous-scapulaire [ 19, fig. 49) qui occupe la fosse sous-scapulaire et va s’attacher à la petite tubérosité de l’humérus.

Muscle grand dentelé (14, fîg. 49 ; 5,fig. 5o;2,fig. 5i; 20, fig. 53). — Ce muscle, appliqué sur la partie latérale de la cage thoracique, est caché dans sa plus grande* étendue par l’omoplate et la musculature de l’épaule; mais il apparaît par sa partie inférieure sur l’écorché superficiel et forme alors, par ses digitations saillantes, une série de détails des plus caractéristiques pour le modelé de la région latérale du thorax; comme en même temps il constitue la paroi interne du creux de l’aisselle, nous devons ici le décrire complètement.

Le grand dentelé s’attache à tout le bord spinal de l’omoplate ; de là ses fibres se dirigent en rayonnant en haut, en avant et en bas, pour se diviser en neuf digitations qui vont s’insérer sur la face externe des neuf premières côtes. Le corps du muscle, ainsi que ses cinq ou six digitations les plus élevées, sont cachés par le muscle grand pectoral (21, fig. 53); ses trois ou quatre dernières digitations (les plus inférieures) sont seules visibles sur la partie latérale inférieure du thorax entre les bords du grand pectoral et du grand dorsal ; elles s’entrecroisent avec les digitations supérieures du muscle grand oblique de l’abdomen (20 et 16, fig. 53). Lorsque le bras est pendant ou faiblement élevé, on n’aperçoit à ce niveau que trois digitations du grand dentelé; lorsque le bras est fortement élevé, le grand pectoral en laisse souvent une de plus à découvert.

Ce muscle a pour action de fixer l’omoplate, en ti-

DIX-SEPTIÈME LEÇON. aip

rant cet os en bas et en avant, alors que le rhomboïde le tire, d’autre part, en haut et en arrière. La fixation de l’omoplate étant nécessaire pour donner un point fixe aux muscles du bras (notamment au biceps) toutes les fois que le membre supérieur accomplit une action énergique, on s’explique ainsi pourquoi les digitations inférieures du grand dentelé deviennent si nettement visibles chez un sujet qui contracte les muscles du bras, comme dans la lutte ou l’action de soulever de terre un corps pesant, de résister à un adversaire en le repoussant, etc.

Le muscle grand dentelé forme la paroi interne du creux de l’aiselle, cavité dont la paroi antérieure est représentée par le grand pectoral, et la paroi postérieure par le grand dorsal. Cette cavité est pyramidale triangulaire; son sommet dirigé en haut vient correspondre à l’apophyse coracoïde de l’omoplate. Sur le sujet disséqué cette cavité est ouverte inférieurement; mais sur le sujet complet elle est fermée par la peau qui forme la base de la pyramide et qui, en passant du bord inférieur du grand pectoral sur le bord correspondant du grand dorsal, se déprime de manière à remonter dans le creux axillaire, où elle est attirée par des faisceaux fibreux formant ce que Gerdy a appelé le ligament suspenseur de la peau de l’aisselle et qui vont s’attacher à l’apophyse coracoïde en se continuant avec l’aponévrose du muscle petit pectoral.

Pour achever la description de cette cavité, il nous reste à dire quelques mots de ses bords, c’est-à-dire des arêtes qui correspondent aux lignes de jonction de ses trois parois, et encore n’y a-t-il rien à indiquer de par-

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ticulier à propos de son bord antérieur (accolement du grand pectoral à la face externe du grand dentelé), ni de son bord postérieur (insertion du grand dentelé au bord spinal de l’omoplate); le bord externe, qui correspond à la racine du bras, doit seul nous arrêter. En effet, ce bord est relativement épais; il correspond à la partie supérieure du corps de l’humérus; il est formé par deux muscles qui descendent de l’omoplate vers la face antérieure du bras, c'est-à-dire par le biceps et le coraco huméral , dont il sera bientôt question. Disons par avance que le modelé du coraco-huméral est très nettement visible à travers la peau de la base de l’aisselle chez un sujet dont les bras sont fortement élevés, comme par exemple sur un sujet crucifié, et que c’est là le seul modelé musculaire qui soulève la peau déprimée dans le creux de l’aisselle. On sait que cette peau est couverte de poils plus ou moins abondants selon les individus, et c’est une habitude classique que d’omettre cette partie du système pileux dans toute représentation d’un caractère élevé; mais alors l’artiste doit bien se convaincre, par l’étude anatomique, qu’il ne serait nullement conforme à la nature de tracer sur la peau de la concavité de l’aisselle des modelés de fantaisie ; que cette peau est lisse et régulièrement déprimée, et que sur sa partie externe seule est un relief musculaire fusiforme, celui du muscle coraco-brachial, formant l’origine du plan de la face antérieure du bras.

Le muscle triceps brachial, qui, par sa longue portion, monte prendre ses insertions jusqu’à l’omoplate, ne sort pas, comme le biceps et le coraco-brachial, du creux de l’aisselle, mais vient du milieu delà paroi pos-

térieure du creux, puisque, ainsi qu’il a été dit précédemment, il passe entre le petit rond, d’une part, et, d’autre part, le grand rond réuni au grand dorsal (voy. fig. 52 et 54).

Sommaire. Muscles du Dras. — i° Muscles antérieurs : Biceps ; ses deux chefs supérieurs; son corps fusiforme; sa bifurcation en bas (expansion aponévrotique et tendon); son action (supinateur et fléchisseur); influence de son expansion aponévrotique sur le modelé de l’avant-bras. — Coraco-brachial . — Brachial antérieur. — 20 Muscle postérieur : le Triceps brachial ; ses trois portions; méplat formé par son tendon inférieur; modelé général de la face postérieure du bras; action du triceps. — Formes du bras : gouttières intermusculaires externe et interne.

Les muscles du bras forment deux masses charnues bien distinctes : une masse antérieure formée par le biceps qui occupe toute la longueur du bras, par le coracobrachial qui en occupe seulement la partie supérieure, et enfin par le brachial antérieur qui en occupe la partie inférieure; une masse postérieure formée par un seul muscle, le triceps brachial.

Le biceps brachial (12, fig. 54, et 21, ng. 5o, p. 199) est ainsi nommé parce qu’il est double à sa partie supérieure, c’est-à-dire formé de deux portions qu’on désigne sous les noms de long chef ex de court chef. Le long chef du biceps se présente sous la forme d’un long tendon qui remonte dans la coulisse bicipitale de l’humérus, (voir p. 64) , arrive ainsi jusque dans l’articulation

scapulo-humérale et va prendre son insertion sur la partie la plus élevée du rebord de la cavité glénoïde de l’omoplate. Le court chef du biceps a un trajet moins compliqué et vient simplement du sommet de l’apophyse coracoïde où il s’insère à côté du coraco-brachial.

Ces deux tendons (long et court chef) descendent dans l’angle externe du creux de l’aisselle , recouverts par le muscle grand pectoral (voir fig. 5o, p. 199); un peu audessus du bord inférieur de ce muscle, les fibres charnues succèdent aux fibres tendineuses et forment deux corps cylindriques qui descendent et se fusionnent bientôt, au niveau de la partie moyenne de la face antérieure du bras, en un gros corps musculaire unique, très renflé sur les sujets bien musclés (12, fig. 54).

A ce corps charnu succède, un peu au-dessus de l’articula-

LÉV.EILLÉ <L Fig. 54.

Muscles de l’épaule et du bras vus.

par le côté externe. — i, triceps brachial ; — 2, sa longue portion; — 3, sa partie dite vaste externe ; — 4, son attache à l’olécrâne ; — 5, muscle grand rond ; — 5', muscle petit rond ; — 6, sous-épineux; — 7, 8,9, io, muscle deltoïde; — 11, muscle susépineux .

— 12, biceps brachial; — 13, brachial antérieur; — 14, long sppinateur; — 15, premier radial externe..

tion du coude, un tendon aplati, d’abord large, qui se divise en deux parties; l’une, lamelleuse, dite expansion aponêvrotique du biceps; l’autre, tendineuse, dite proprement tendon inférieur du biceps. L’expansion aponévrotique (2, fig. 55) se dirige en bas et en dedans, passe sur la masse commune des muscles épitrochléens de l’avantbras et se confond bientôt avec l’aponévrose d’enveloppe de ces muscles; le tendon proprement dit (3, fig. 55) plonge entre les muscles antérieurs et les muscles externes de l’avant-bras et arrive ainsi à la tubérosité bicipitale du radius (voy. p. 73 et fig. i3),sur laquelle il s’enroule pour aller s’attacher à sa partie postérieure.

Le muscle biceps est essentiellement fléchisseur de l’avant-bras sur le bras; c’est une action évidente, connue de tous et sur laquelle il est inutile d’insister, si ce n’est pour rappeler, comme nous l’avons dit précédemment à propos du deltoïde, que le biceps, en agissant sur l’avant-bras, arrive à se trouver perpendiculairement inséré sur le levier qu’il meut et qu’alors il est dans la position la plus favorable au développement de toute sa force. Mais la contraction du biceps produit, en même temps que la flexion du coude, deux effets sur lesquels il importe d’attirer l’attention: — i° si l’avant-bras est en pronation, le tendon du biceps est très nettement enroulé autour delà partie supérieure du radius, puisqu’il va s’insérer à la partie toute postérieure de cette tubérosité ; et il en résulte que le premier effet produit par sa contraction est une rotation du radius en dehors, c’està-dire un mouvement de supination: le biceps est donc supinateur, et l’un des muscles supinateurs les plus énergiques. — 20 Lors de la contraction du biceps, son

expansion aponévrotique est tendue; elle bride fortement la masse musculaire épitrochléenne de l’avantbras, c’est-à-dire qu’elle dessine sur la partie charnue interne de ce segment de membre, à deux travers de doigt au-dessous de l’épitrochlée, un sillon déprimé très net; de la contraction du biceps résultent donc, à l’avant-bras, des modifications très particulières des formes.

Quant aux modifications de formes qui, au niveau du bras même, accompagnent la contraction du biceps, elles sont bien connues, et il suffira de rappeler que le corps charnu de ce muscle fusiforme est allongé à l’état de repos, devient court et globuleux pendant la contraction. Rien n’est plus frappant et plus propre à donner une idée du changement de forme d’un muscle pendant sa contraction, que d’examiner le biceps sur un sujet qui le fait entrer graduellement en action, c’est-à-dire qui fléchit graduellement l’avant-bras sur le bras. On voit alors se dessiner de plus en plus nettement à la région antérieure du bras une sorte de boule charnue, qui se gonfle et se raccourcit en même temps qu’elle semble remonter sur la partie supérieure du bras, c’està-dire vers le bord inférieur du grand pectoral.

Le muscle coraco-brachial forme une petite masse charnue fusiforme, occupant la partie supérieure et interne du bras. Il s’insère en effet, d’une part, à l’apophyse coracoïde de l’omoplate (avec le court chef du biceps) et va, d’autre part, s’attacher à la partie moyenne du bord interne de l’humérus. Lorsque le bras est pendant, la moitié inférieure de ce muscle est seule visible sur l’écorché et sa saillie se confond avec celle de la partie la plus large du biceps. Quant à sa moitié supérieure, elle

est cachée dans le creux axillaire, recouverte par le grand pectoral, mais devient visible à travers la peau de Faisselle lorsque les bras sont très élevés, comme dans la position en croix, et nous avons précédemment insisté (p. 220) sur le modelé que représente alors ce corps musculaire fusiforme à la partie externe de la concavité axillaire. Quand le coraco-brachial se contracte, son modelé devient plus saillant, comme celui de tout muscle en contraction ; mais il n’est pas pour cela plus visible, car ce muscle, rapprochant alors le bras du thorax contre lequel il l’applique, dérobe par cela même à la vue la région dans laquelle se dessine sa saillie.

Muscle brachial antérieur (i3, fig. 54 et 4, 4, fig. 55).

Placé au-dessous de la moitié inférieure du biceps, qu’il déborde de chaque côté, ce muscle recouvre la partie correspondante de la face antérieure de l’humérus, à laquelle il s’attache à partir du niveau de l’empreinte deltoïdienne; les fibres charnues descendent jusqu’au niveau de l’articulation du coude, où elles sont remplacées par un tendon aplati, qui s’insère à la base de l’apophyse coronoïde du cubitus. Comme le cubitus ne présente aucun des mouvements de latéralité qui constituent la supination et la pronotion, il en résulte que le brachial antérieur est simplement fléchisseur de l’avant-bras, et on le voit, lorsque ce mouvement est accompli avec force, se gonfler de chaque côté de la partie inférieure du biceps.

Triceps brachial. — Ce muscle (21, 22, fig. 52; 1, 2, 3, fig. 54), qui forme à lui seul toute la musculature de la face postérieure du bras, a été nommé triceps , parce qu’il est composé de trois portions, séparées en haut, confondues en bas, l’une moyenne ou médiane,

dite longue portion, et deux latérales, distinguées en portion externe ou vaste externe et portion interne ou vaste interne. — La longue portion (2, fi g. 54) forme un corps charnu épais et fusiforme qui vient, par un court tendon, de la partie la plus élevée du bord axillaire de l’omoplate (immédiatement au-dessous de la cavité glénoïde) et passe entre les muscles grand et petit rond (voy. p. 221). Au niveau de la jonction du tiers moyen avec le tiers inférieur du bras, ce corps charnu se termine sur la partie supérieure d’un tendon aplati (1, fig. 54 et 56) , large et triangulaire, qui reçoit les deux autres portions du muscle sur chacun de ses bords. Le vaste externe (3, fig. 54) s’attache à la partie supérieure de la face postérieure de l’humérus (au-dessus et en dehors de la gouttière de torsion) et se porte obliquement en bas et en dedans pour s’attacher sur le bord externe du tendon aplati susindiqué, en accompagnant ce tendon jusqu’au niveau du coude. Enfin le vaste interne (22, fig. 52) s’attache à la partie inférieure de la face postérieure de l’humérus (au-dessous et en dedans de la coulisse de torsion) et va se rendre au bord interne du tendon inférieur commun aux trois portions. Ce tendon va s’attacher (en 4, fig. 54) à la face postérieure de l’olécrâne (de l’os cubitus).

Le modelé du triceps, c’est-à-dire de la face postérieure du bras, résulte de la présence du tendon inférieur commun aux trois portions, tendon qui forme un méplat large inférieurement, se rétrécissant en pointe vers sa partie supérieure. De chaque côté, ce tendon, c’est-à-dire le méplat qu’il dessine, est débordé par la saillie du vaste interne et du vaste externe ; en haut, sur

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les deux tiers supérieurs de la face postérieure du bras, se dessinent deux corps charnus placés côte à côte et formés, l’externe par le vaste externe, l’interne par la longue portion (le vaste interne ne remontant en haut que par quelques fibres qui confondent à ce niveau leur modelé avec celui de la longue portion). Ces divers détails, c’est-à-dire le méplat tendineux susolécranien, les reliefs musculaires qui l’encadrent de chaque côté, et les deux corps charnus qui le surmontent, deviennent visibles d’une manière très accentuée lorsque le sujet s’efforce d’étendre l’avant-bras sur le bras, en luttant contre une résistance qui aurait pour effet de maintenir la position de flexion. Il est en effet à peine besoin de dire que le triceps brachial est essentiellement le muscle extenseur de l’avant-bras sur le bras.

Ce n’est pas seulement au point de vue d’une énumération méthodique, mais encore au point de vue de l’interprétation anatomique des formes extérieures, que nous venons de classer les muscles du bras en muscles antérieurs et muscles postérieurs; en effet, il règne de chaque côté du bras, sur son bord interne et sur son bord externe, une gouttière qui sépare les muscles antérieurs des muscles postérieurs. Dans chacune de ces gouttières est une cloison fibreuse dite aponévrose intermusculaire interne et aponévrose intermusculaire externe, qui s’insère à chacun des bords correspondants de l’humérus et, d’autre part, à l’aponévrose générale d’enveloppe du membre; il en résulte que cette aponévrose est légèrement tirée vers l’humérus selon deux lignes verticales correspondant à chacune des cloisons intermusculaires, et que, sur le modelé extérieur, subsistent nettement deux

gouttières correspondant chacune à l’un des intervalles entre les muscles antérieurs et les muscles postérieurs

La gouttière interne commence à l’extrémité inférieure du coraco-brachial etdescend jusqu’à l’épitrochlée ; en haut, elle est un peu effacée, parce que de nombreux nerfs et vaisseaux, accompagnés de tissu cellulaire, comblent à ce niveau l’espace intermusculaire; en bas, elle s’évase et tend à se confondre avec le modelé de la partie interne du brachial antérieur.

La gouttière externe (fig. 54) est courte; elle commence en effet au niveau de l’extrémité inférieure du deltoïde et ne descend pas jusqu’à l’épicondyle, parce que les premiers muscles de la région externe de l’avantbras remontent prendre leurs insertions (voy. ci-après long supinateur, 14, fig. 54) jusque sur la partie inférieure du bord externe de l’humérus, de sorte que cette gouttière est alors comblée par ces muscles, ou, pour mieux dire, qu’elle les contourne en se dirigeant en avant vers le pli du coude.

Sommaire. — Muscles de l’avant-bras; leurs dispositions générales, division en quatre masses : — i° Muscles antérieurs superficiels , ou épitrochléens : le rond pronateur, le grand palmaire, le petit palmaire et le cubital antérieur; — 2* Muscles antérieurs profonds (fléchisseurs des doigts et carré pronateur). — 3° Muscles externes: long supinateur (importance au point de vue des formes de la région externe du coude); les deux radiaux; le court supinateur. — 40 Muscles postérieurs superficiels : l’extenseur commun; l’extenseur propre du petit doigt; le cubital postérieur; l’anconé.

Muscles de T avant-bras. — Les deux os de l’avantbras sont recouverts par une série de muscles à corps charnus en général fusiformes, terminés inférieurement par des tendons souvent très longs, et qui dessinent leurs saillies à la région du poignet; quelques-uns de ces muscles meuvent l’avant-bras sur le bras, ou le radius sur le cubitus, mais le plus grand nombre a pour action de mouvoir la main sur l’avant-bras et les divers segments des doigts les uns sur les autres. Ces muscles se répartissent en cinq régions, chacune de quatre muscles, ce qui porte à vingt le nombre total des muscles de l’avantbras. Mais nous n’aurons à nous arrêter que sur les muscles superficiels, une courte mention étant suffisante pour les muscles profonds; ainsi nous distinguerons:

i* une couche musculaire antérieure superficielle, dont chaque muscle sera étudié; 2° une couche musculaire antérieure profonde dont l’étude sera faite rapidement ; 3° une couche externe; 40 une couche musculaire postérieure superficielle, qui devra être vue en détail; et 5® une couche musculaire postérieure profonde dont nous ne dirons que ce qui est nécessaire pour comprendre le dessin formé au poignet par les tendons correspondants.

I. Muscles antérieurs superficiels. — Ces muscles partent tous, par une masse musculaire commune, de V épitrochlée sur laquelle ils s’insèrent sans en dépasser le niveau, de telle sorte qu’au côté interne du coude, à l’inverse de ce qui a lieu au côté externe (voy. ci-après), la musculature de l’avant-bras ne remonte pas sur le bord correspondant du bras. Si de l’épitrochlée on fait partir quatre lignes, dont la première ira vers la partie moyenne du radius, la deuxième vers le côté externe de la main, la troisième vers la partie moyenne et la quatrième vers le bord interne de la main, ces quatre lignes, dont la première est très oblique et dont les autres se rapprochent graduellement de la verticale, nous donneront la direction de chacun des quatre muscles antérieurs superficiels de l’avant-bras, qui sont, dans l’ordre même des lignes susindiquées, c’est-à-dire du plus externe vers le plus interne, le rond pronateur , le grand palmaire, le petit palmaire et le cubital antérieur.

Le rond pronateur (6, fig. 55) est charnu dans toute l’étendue où il est visible sur l’écorché; parti de l’épitrochlée, il se dirige obliquement en bas et en dehors, disparaît sous les muscles externes de l’avant-bras (sous le long supinateur), et arrive au radius autour duquel il

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' lévziLiE ctei.

s’enroule légèrement pour s’attacher à la partie moyenne de sa face externe (empreinte du rond pronateur. Voy. page 7 3). Sa contraction a donc pour effet de faire tourner le radius en avant et en dedans, c’est-à-dire de produire la pronation. Ce muscle forme le côté externe très oblique d’un creux triangulaire, dont le côté interne, vertical, est formé par le long supinateur (1 2, fig. 5 5).

C’est dans ce creux (creux du coude) que plongent le biceps (3, fig. 55) et le brachial antérieur (4, 4, fig. 55) pour aller s’attacher aux os de l’avant-bras. — La partie supérieure du rond pronateur est bridée par l’expansion aponévrotique du biceps (2, fig. 55), et nous avons précédemment (p. 225) insisté

Fig. $5. — Muscles antérieurs de l'avant* bras gauche. — i, biceps brachial; — 2, son expansion aponévrotique; — 3, son tendon; — 4,4, brachial antérieur; — 5, vaste interne du triceps; — 6, rond pronateur; — 7, grand palmaire; —8, 9, petit palmaire; — 10, cubital antérieur; — 11, son attache au pisiforme; — 12, 13, long supinateur; — 14 et 15, premier et second radial externe; — 16, long abducteur du pouce; — 18, tendon du long extenseur du pouce ; — 19, 20, 21, fléchisseur superficiel des doigts et ses tendons; — 22, tendons du fléchisseur profond; — 23, 23, muscles lombri-

1; — 24, court abducteur du pouce; — 26, long fléchisseur du pouce.

sur les particularités du modelé dû à cette disposition.

Le grand palmaire (7, fig. 55) part de l’cpitrochlée, forme un corps charnu fusiforme obliquement descendant, lequel, au niveau de la partie moyenne de l’avantbras, est remplacé par un tendon qui se rétrécit graduellement, gagne la partie externe du poignet (au niveau de la base de l’éminence thénar), et disparaît alors sous le ligament annulaire du carpe, en s’engageant dans une gouttière de la face antérieure de l’os trapèze, pour aller s’attacher à la base du métacarpien de l’index. Ce muscle est fléchisseur de la main sur l’avant-bras; lorsqu’il se contracte, son tendon devient très saillant et soulève fortement la peau au niveau de la partie inférieure de la face antérieure de l’avant-bras; il forme la première saillie tendineuse qu’on rencontre à ce niveau en allant du bord radial vers le bord cubital.

Le petit palmaire (8,9, fig. 55) est comme une reproduction en miniature du muscle précédent; parti de l’épitrochlée, il présente d’abord un tout petit corps charnu fusiforme (8), auquel succède très vite un tendon grêle et long, descendant presque verticalement vers la partie moyenne du poignet, où il se termine en s’insérant sur le ligament annulaire du carpe (9, fig. 55); fléchisseur de la main sur l’avant-bras, comme le précèdent, son tendon forme en bas une saillie très accentuée, placée sur la ligne médiane, en dedans de la saillie du tendon du muscle précédent. Il est des sujets chez lesquels ce muscle est absent.

Le cubital antérieur (10, 1 1, fig. 5 5) s’insère, non seulement à l’épitrochlée, comme les trois muscles précédents, mais encore (18, fig. 56) au bord correspondant de l’oie-

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crâne et au bord postérieur du cubitus ; il descend verticalement le long du cubitus et présente ce fait remarquable que les fibres charnues accompagnent presque tout en bas le tendon qui va s’attacher à l’os pisiforme du carpe (11, fig. 55). Aussi son modelé ne se traduit-il à aucun niveau par une saillie sèche comme celles produites par les tendons des muscles précédents, et ce muscle contribue-t-il à donner une forme arrondie à toute l’étendue du bord interne de l’avant-bras. Il est fléchisseur de la main, qu’il incline en même temps vers le bord interne de l’avant-bras.

II. Muscles antérieurs profonds, — Au point de vue des formes, ces muscles constituent une masse charnue sous-jacente aux muscles précédente, et se terminant inférieurement par de nombreux tendons, que les fibres musculaires accompagnent assez bas; cet ensemble, tendons et partie inférieure des fibres musculaires, apparaît sur l’écorché dans le fond des gouttières qui sont entre le tendon du grand palmaire et celui du petit palmaire, et entre le tendon du petit palmaire et celui du cubital antérieur (19, 19, fig. 55). Plus bas, à la main, les tendons de ces muscles s’engagent dans la gouttière antérieure du carpe, transformée en canal par le ligament annulaire correspondant, et vont s’attacher aux phalanges des doigts, en présentant des particularités que nous allons rapidement indiquer en énumérant ces muscles :

i° Le fléchisseur commun superficiel (19, fig. 55) qui se divise en bas en quatre tendons, un pour chaque doigt (excepté le pouce) ; 20 le fléchisseur commun profond, qui se divise également en quatre tendons, un pour

DIX-NEUVIÈME LEÇON. 23s

chaque doigt (excepté le pouce) ; à la base de la face antérieure de chaque doigt arrivent donc deux tendons, l’un superficiel (20, fig. 55), l’autre profond. Le premier présente, au niveau de la première phalange (en 20, fig. 55), une fente en boutonnière, dans laquelle passe le second: grâce à cette disposition le tendon du fléchisseur profond peut aller s’attacher à la base de la troisième phalange (en 22, fig. 55), tandis que le fléchisseur superficiel s’arrête à la base de la seconde (en 21, fig. 55). Il y a donc un muscle fléchisseur pour chacune de ces phalanges (quant aux premières phalanges des doigts, elles ont pour fléchisseurs spéciaux les petits muscles lombricaux de la paume de la main).

3° Le fléchisseur propre du pouce (26, fig. 55) dont le tendon va à la base de la seconde ou dernière phalange du pouce; et 40 le muscle carré pronateur, masse charnue profonde, disposée sur un type entièrement différent des muscles précédents, qu’il faut enlever pour l’apercevoir. Ce muscle est formé de fibres transversales placées au niveau de la partie tout inférieure de l’avantbras et allant du bord externe du radius au bord interne du cubitus; sa contraction a pour effet de rapprocher ces deux os et, par suite, de produire la pronation, puisque le radius ne peut se rapprocher du cubitus qu’en tournant autour de lui, de la position de supination à celle de pronation.

III. Muscles externes. — Ils forment une masse charnue qui remonte en haut sur le tiers inférieur du bord externe de l’humérus (voy. fig. 54, p. 223) et descend le long du bord externe du radius.

De ces quatre muscles un seul est visible sur l’écorché

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dans toute son étendue, c’est : i°le long supinateur [ 14, fig. 54; 12, r3, fig. 55) qui s’attache au bord externe de l’humérus, entre le brachial antérieur et le vaste externe du triceps, de sorte que de ce côté la musculature de l’avantbras remonte dans le bras jusqu’à mi-chemin de l’insertion du deltoïde. Le long supinateur descend en s’élargissant de manière à présenter son maximum de largeur au niveau de l’épicondyle dont il voile complètement la saillie: il forme la limite externe, verticale (voy. p. 232), du creux triangulaire du pli du coude; puis, un peu audessous du point où il dépasse le rond pronateur, les fibres charnues sont remplacées par un long tendon qui s’applique sur le radius et enfin (i3, fig. 55) s’attache à la base de l’apophyse styloïde de cet os. Malgré son nom, ce muscle n’est pas essentiellement supinateur ; il ne le devient que lorsque l’avant-bras est dans une pronation forcée, et il le ramène alors dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination. Son action principale est la flexion de l’avant-bras sur le bras, et dans ce mouvement son modelé se révèle à l’extérieur d’une manière particulièrement nette, sous la forme d’une bande saillante qui part du bras et forme sur la partie antéro-externe du coude une forte masse charnue comblant de ce côté la concavité de l’angle produit par la position fléchie de l’avant-bras sur le bras. Aussi peut-on dire que le long supinateur est le plus important des muscles de l’avant-bras au point de vue de la part qu’il prend au modelé de la région.

Les deux muscles suivants (14 et i5, fig. 55) sont en partie cachée par le précédent; ce sont: 20 et 3° les deux radiaux , distingués en premier (1 5, fig. 54) et second

radial externe, lesquels partent de l’épicondyle et de la partie inférieure du bord externe de l’humérus, présentent un corps charnu (3 et 5, fi g. 56) assez épais, qui augmente la saillie du long supinateur et contribue à voiler l’épicondyle. A peu près au même niveau que pour le long supinateur, un tendon succède au corps charnu de chacun des muscles, s’incline un peu en arrière (fig. 56), et, après avoir été croisé par les muscles long abducteur et court extenseur du pouce (voy. 7 et 8, fig. 56, et ciaprès les muscles postérieurs profonds de l’avant-bras), arrive à la face dorsale du poignet, et s’insère, celui du premier radial (4, fig. 56) à la base du métacarpien de l’index (face dorsale), celui du second radial à la base du métacarpien du médius (6, fig. 56).

40 A la partie toute supérieure du radius est un petit muscle profond, dont aucune partie ne se révèle sur l’écorché, et que nous citons ici seulement pour indiquer que sa présence contribue encore à augmenter la saillie delà masse musculaire au côté externe du coude : c’est le court supinateur, formé de fibres qui s’enroulent autour du radius, de manière à faire tourner cet os de dehors en dedans, c’est-à-dire à produire la supination.

IV. Muscles postérieurs superficiels (fig. 56). — Ces muscles partent tous les quatre de l’épicondyle, oü ils s’insèrent par une masse commune; de là ils se dirigent en bas, les premiers presque verticalement, puis le dernier (anconé) très obliquement en arrière et en dedans. Ce sont : 1 "'extenseur commun des doigts, Yextenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur et Y anconé.

i° L’ extenseur commun des doigts ( 1 1 , fig. 56), partant de l’épicondyle, est formé par un long corps charnu

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rieur; — 19, bord postérieur du

fusiforme, auquel succède, au niveau du tiers inférieur de la face postérieure de l’avant-bras, un tendon bientôt subdivisé en quatre cordes tendineuses qui restent accolées j usqu’à ce qu’elles aient passé dans une gouttière située sur la partie moyenne de l’extrémité inférieure du radius, mais qui dès lors, c’est-à-dire arrivées à la face dorsale du poignet, s’écartent en divergeant pour se rendre à chacun des doigts (excepté le pouce). Sur la face dorsale de la première phalange de chaque doigt (en 12, fig. 56), le tendon extenseur se divise en trois languettes, une médiane qui s’arrête à la base de la seconde phalange, et deux latérales qui se rejoignent pour aller s’attacher à la base de la troisième phalange.

Fig. 56. — Muscles postérieurs de l’avant-bras (gauche). — i, tendon du triceps brachial; — 2, long supinateur; — 3 et 4, premier radial; — $ et 6, second radial; — 7 et 8, long abducteur et court extenseur du pouce ; — 9, 9, long extenseur du pouce; — 10, 10, ligament annulaire dorsal au poignet; — 11, 12, extenseur commun des doigts et ses tendons; — 13, tendon de l’extenseur propre de l’index; — 14, tendon de l’extenseur propre du petit doigt; — 15, 16, cubital postérieur; — 17, anconé; — 18, cubital antécubitus; — 20, olécrane; — 21, épitrochlée.

DIX-NEUVIÈME LEÇON. a*9

2° U' extenseur propre du petit doigt n'e st autre chose qu’un petit faisceau du corps charnu du muscle précédent, plus ou moins distinctement détaché sur son bord interne, mais se continuant par un tendon bien distinct, qui va passer dans une coulisse fibreuse creusée sur la partie postérieure de l’articulation radio-cubitale, et, arrivé au poignet, se rend à la face dorsale du petit doigt (14, fig. 56), où, confondu avec le faisceau tendineux fourni à ce même doigt par l’extenseur commun, il présente la disposition en triple languette (12) précédemment décrite.

3° Le cubital postérieur (1 5, fig. 56). Son corps charnu fusiforme part de l’épicondyle, se dirige obliquement en bas et en dedans, atteint la face postérieure du cubitus où il prend des insertions, et n’est remplacé par un tendon qu’au niveau du quart inférieur de cet os (en i5, fig. 56). Ce tendon passe dans une coulisse creusée sur la face postérieure du cubitus (en 10, fig. 56), et, arrivé ainsi à la partie interne de la face dorsale du carpe, il se termine presque aussitôt en s’insérant à la base du métacarpien du petit doigt (16, fig. 56).

Ces trois muscles sont extenseurs des doigts et de la main; si l’on examine un sujet qui a le bras replié sur le tronc, la face dorsale de l’avant-bras étant tournée en avant, et qui remue activement les doigts et la main, comme dans l’action de boutonner et de déboutonner successivement la série des attaches antérieures d’un vêtement, on voit avec la plus grande netteté les mouvements des doigts se traduire par des palpitations musculaires au niveau des deux tiers supérieurs de la face postérieure de l’avant-bras. On peut, en suivant ces

saillies de muscles en contraction, reconnaître, aussi nettement que sur un écorché, les corps charnus fusiformes de l’extenseur commun, de l’extenseur propre (du petit doigt) et du cubital postérieur.

40 L ''anconé n’occupe que la partie la plus supérieure de la face postérieure de l’avant-bras; comme son nom l’indique (<rpc«v, olécrâne, coude), c’est un muscle de la région du coude; il forme en effet (17, fig. 56) une masse charnue triangulaire dont le sommet s’attache à l’épicondyle, et dont la base élargie vient s’insérer à la face externe de l’olécrâne et à la partie correspondante du corps du cubitus (19, fig. 56). Comme le cubitus ne jouit pas de mouvements de latéralité ou de rotation, mais seulement de mouvements de flexion et d’extension sur l’humérus, l’anconé, situé en arrière de l’articulation du coude, ne peut, malgré l’obliquité de ses fibres, avoir d’autre action que celle d’étendre l’avant -bras sur le bras. Aussi, lorsque ce mouvement est produit avec force, voit- on se dessiner nettement l’anconé par un relief en forme de triangle et dont le bord supérieur, le plus court, se confond entièrement avec le relief du vaste interne du triceps, et nous avons en effet insisté précédemment sur ce fait anatomique, à savoir que la portion inférieure du triceps du bras se continue directement à l’avant-bras avec l’anconé.

Sommaire — Muscles postérieurs profonds de i’avant-bras ; leurs tendons au niveau du poignet ( tabatière anatomique). — Muscles de la main : — i° Muscles du pouce ou éminence thénar (court abducteur du pouce).— 2° Muscles du petit doigt ou éminence hypothénar (palmaire cutané; abducteur du petit doigt). — 3° Muscles de la région palmaire moyenne (lombricaux et interosseux).

Les muscles profonds postérieurs de l’avant-bras n’ont d’importance, au point de vue des formes, que par les dispositions de leurs tendons au niveau du poignet et de la main; c’est pourquoi nous devons rapprocher leur description de celle de la musculature particulière de la main et des doigts.

Gomme dans les autres régions de l’avant-bras, on trouve dans la couche postérieure profonde quatre muscles. Ces quatre petits muscles sont presque entièrement cachés, quant à leurs corps charnus, sous les muscles postérieurs superficiels; mais leurs tendons, du moins pour les trois premiers, viennent émerger au-dessous du bord externe de l’extenseur commun des doigts, et dès lors leur modelé se révèle (en 7 et 8, fig. 56) par des détails de la plus grande importance sur la partie dorsale externe du poignet. Ces quatre muscles sont, en

PRECIS D’ANATOMIE

allant du plus externe vers le plus interne : le long abducteur du pouce , le court extenseur du pouce , le long extenseur du pouce et Y extenseur propre de l'index.

Les deux premiers (7 et 8, fig. 56), c’est-à-dire le long abducteur (7) et le court extenseur du pouce (8), doivent être décrits ensemble, car leurs corps charnus, comme leurs tendons, sont accolés et presque confondus dans la plus grande étendue de leur trajet. Ces deux muscles émergent de la profondeur environ au commencement du tiers inférieur du bord externe de l’extenseur commun des doigts; leur corps charnu forme en ce point, c’est-à-dire à la jonction de la face postérieure avec le bord externe de l’avant-bras, une saillie oblongue, à laquelle succède aussitôt un double tendon qui croise les tendons des radiaux pour se diriger sur la face externe de l’apophyse styloïde du radius où ils passent dans une gouttière que le ligament annulaire dorsal du carpe (10) transforme en canal. Arrivés sur le bord externe du carpe, ces deux tendons y forment une saillie très nette, bien dessinée sous la peau qu’elle soulève quand on écarte avec effort le pouce des autres doigts; enfin, arrivés à la base du métacarpien du pouce, ces deux tendons se séparent, l’un deux, celui du long abducteur, s’arrêtant en ce point pour s’attacher à la base du métacarpien, tandis que l’autre, celui du court extenseur, va jusqu’à la base de la première phalange du pouce (8, au niveau du pouce, fig. 56).

Le long extenseur du pouce (9, fig. 56) émerge comme les précédents sur le côté externe de l’extenseur commun, mais plus bas; son tendon seul apparaît en ce

point et se dirige presque verticalement en bas pour passer, sur la face postérieure de l’extrémité inférieure du radius, dans une petite coulisse où il se réfléchit comme sur une poulie. Il arrive ainsi à la face dorsale du carpe, se dirige très obliquement en dehors, croise alors seulement les tendons des muscles radiaux (4) et atteint la base du métacarpien du pouce, où il se juxtapose au tendon du court extenseur, pour, descendant plus bas que celui-ci, aller s’attacher à la seconde ou dernière phalange du pouce (9, fig. 56).

L’ensemble des deux tendons long abducteur et court extenseur d’une part, long extenseur de l’autre, déterminent, sur la partie externe de la région dorsale du poignet, une figure triangulaire dont le sommet correspond à l’extrémité supérieure du pouce et la base à l’extrémité inférieure du radius. Quand on écarte fortement le pouce de l’index, c’est-à-dire lorsqu’on contracte les trois petits muscles que nous venons d’étudier, les tendons correspondants dessinent les bords de :e triangle sous forme de cordes saillantes, entre lesquelles est une dépression triangulaire assez profonde : c’est à cette dépression qu’on a donné le nom de tabatière anatomique (eu 4, fig. 56).

L’ extenseur propre de l’index n’est pas visible sur l’écorché; profondément situé au-dessous de l’extenseur commun des doigts, il se termine par un tendon (1 3, fig. 56) qui va se joindre au faisceau tendineux que l’extenseur commun fournit à l’index. C’est à ce muscle que le second doigt de la main est redevable du pouvoir dont il jouit de s’étendre d’une manière tout à fait indépendante des autres doigts, c’est-à-dire de remplir les

fonctions qui lui ont fait donner le nom d’index ou doigt indicateur.

Muscles de la main. — Les muscles propres à la main sont nombreux et d’une étude intéressante au point de vue du mécanisme des mouvements si multiples et si délicats des doigts; mais, comme les divers détails de leurs dispositions complexes ne se révèlent que très grossièrement sur le modelé extérieur, nous en réduirons l’étude à une énumération accompagnée de quelques indications sommaires.

La région dorsale de la main (fig. 56) ne possède pas de corps charnus musculaires et ne présente que des tendons appartenant à des muscles de l’avant-bras. — Au contraire, la région antérieure ou palmaire de la main possède, outre les tendons qui transmettent l’action des corps musculaires de l’avant-bras, de nombreux petits muscles qui se partagent en trois groupes : i° un groupe externe, destiné au pouce, et formant au niveau du premier métacarpien la saillie charnue connue sous le nom à'' éminence thénar ; 2° un groupe interne destiné au petit doigt, et formant la saillie hypothénar ; 3° enfin un groupe moyen ou palmaire proprement dit, formé de petits muscles destinés aux autres doigts.

i 0 L’éminence thénar (24, 25, fig. 55) a la forme d’un ovoïde allongé, à grosse extrémité supérieure, correspondant aux os du carpe, à petite extrémité inférieure correspondant à la base de la première phalange du pouce. Elle est formée par quatre muscles, savoir: le court abducteur du pouce (24, fig. 5 5), qui va du scaphoïde au côté externe de la première phalange du pouce; Vop posant du pouce, qui s’insère, d’une part, au trapèze ety

VINGTIÈME LEÇON. a+S

d’autre part, à toute la longeur du bord externe du métacarpien, de sorte que sa contraction rapproche tout le pouce (phalanges et métacarpien) de la paume de la main, c’est-à-dire l’oppose aux autres doigts; le court fléchisseur, qui va du trapèze à la base de la première phalangedu pouce; et enfin/’ adducteur du pouce (25,fig. 55), muscle remarquable par sa disposition, car il vient du milieu de la paume de la main, c’est-à-dire de la face antérieure du troisième métacarpien, et, formant un corps musculaire relativement large, qui remplit l’espace entre le premier et le second métacarpien, il va s’attacher au côté interne de la base de la première phalange du pouce.

2° U éminence hypothénar est de forme ellipsoïde très allongée ; elle est d’abord recouverte par un petit muscle qui ne se révèle par aucun relief extérieur, mais seulement par les plis qu’il imprime à la peau lors de sa contraction : c’est le palmaire cutané, formé de fibres transversales qui, du ligament annulaire antérieur du carpe, vont à la face profonde de la peau du bord interne de la main; aussi la contraction de ces fibres attire-t-elle en dedans la peau de cette partie, de façon à y creuser un sillon vertical irrégulier, en même temps que la saillie de la peau de la partie supérieure de l’hypothénar devient plus prononcée. — L’hypothénar lui-même est formé de trois petits muscles verticalement disposés le long du cinquième métacarpien et qui sont: Y abducteur du petit doigt (28, fig. 55), allant du pisiforme au côté externe de la base de la première phalange du petit doigt; le court fléchisseur (27, fig. 55) du petit doigt, allant de la saillie de l’os crochu au côté interne de

cette même phalange; et enfin Y opposant du petit doigt, s’attachant, d’une part, à l’os crochu et, d’autre part, à toute la longueur du cinquième métacarpien, de sorte que sa contraction attire légèrement tout l’ensemble du petit doigt et l’oppose jusqu’à un certain point au pouce.

3° Les muscles de la région moyenne de la paume de la main sont de deux sortes: les uns sont disposés au milieu des tendons des muscles fléchisseurs (voy. muscles antérieurs profonds de l’avant-bras, p. 235), et formés de petits corps charnus allongés qu’on a comparés à la forme d’un ver ou lombric, d’où leur nom de /ombricaux ; les autres sont disposés dans les espaces intermétacarpiens, d’où leur nom de muscle interosseux.

Les muscles lombricaux, comme le montre la figure 5 5 (en 23, 23), sont au nombre de quatre, un pour chaque doigt (le pouce excepté). Leur extrémité supérieure s’attache sur le tendon fléchisseur profond correspondant; de là ils descendent obliquement pour gagner le bord externe de la première phalange de chaque doigt; à ce niveau le tendon du muscle lombrical adhère à la phalange dont, par suite, il est fléchisseur, de telle sorte que nous trouvons en définitive un muscle fléchisseur pour chacune des trois phalanges des doigts (voy. p. 235). De plus, le tendon du lombrical se prolonge jusque sur le dos du doigt où il va se confondre avec l’une des languettes latérales du tendon extenseur correspondant, avec laquelle il va jusqu’à la face dorsale de la troisième phalange, à l’extension de laquelle il contribue.

Les muscles interosseux sont au nombre de deux dans chaque espace métacarpien : l’un, plus fort et occupant plus spécialement la partie dorsale de l’espace, d’où son

nom d’interosseux dorsal; l’autre, plus petit, dit interosseux palmaire, parce qu’il occupe seulement la partie palmaire de l’espace intermétacarpien; par leurs extrémités inférieures ces muscles s’attachent sur les côtés des premières phalanges des doigts. Leurs dispositions, dans le détail desquelles nous ne saurions entrer ici, sont telles que les interosseux dorsaux servent à écarter les doigts les uns des autres, tandis que les palmaires servent à les rapprocher.

Sommaire. — Muscles du bassin : région fessière. — Grand fessier ; son épaisseur; sa forme (quatre bords, dont l’inférieur libre et épais) ; ses rapports avec le grand trochanter. — Moyen fessier. — Ensemble des muscles sous-jacents ( petit fessier, pyramidal, etc.). — Muscles de la cuisse : — i° Région externe : tenseur du fascia lata; son importance au point de vue des formes; aponévrose fascia lata. — 2° Région antérieure: couturier ; particularités de ce muscle en contraction; triceps crural (droit antérieur, vaste interne et vaste externe). — 3°:Région interne : masse des adducteurs. — 40 Région postérieure (biceps, demitendineux et demi-membraneux).

Muscles du bassin. — Les muscles du bassin visibles sur l’écorché sont tous situés sur la face postérieure de cette partie du squelette et forment la région fessière ;e, n avant, la paroi antérieure de l’abdomen, descendant jusqu’à l’arcade crurale et au pubis (voy. fig. 5o, p. 199), voile les muscles qui vont de la partie intérieure du bassin vers la cuisse, muscles sur lesquels une indication très sommaire sera donnée lors de l’étude des masses charnues de la région crurale antérieure.

Des muscles de la région fessière deux seulement sont superficiels et bien dessinés sur l’écorché : ce sont le grand fessier et le moyen fessier.

Le muscle grand fessier (voy. fig. 52, p. 205) est le plus volumineux et le plus épais de tous les muscles du

corps; il se compose de larges faisceaux charnus oblique* ment dirigés de la région sacro-iliaque vers la partie supérieure du fémur. En effet, ces fibres s’insèrent d’une part à l’extrémité postérieure de la crête de l’os des îles (voy. fig. 23, p. io5, en 4) et, par l’intermédiaire d’une aponévrose, à la crête du sacrum; de là les fibres charnues, qui naissent encore de la face postérieure du ligament sacro-sciatique, se dirigent en bas et en dehors (voy. fig. 48). Arrivées au niveau du grand trochanter, elles sont remplacées par une large et épaisse lame tendineuse qui se continue superficiellement avec l’aponévrose externe de la cuisse (fascia lata , voy. ci-après) et qui s’insère profondément sur la branche externe de bifurcation de la ligne âpre du fémur (p.i 33). — Ce muscle présente quatre bords qui sont parallèles comme ceux d’un losange : un bord interne présentant une légère convexité interne; un bord externe légèrement concave. Ce bord répond à la ligne selon laquelle les fibres charnues sont remplacées par les fibres tendineuses ; il forme donc une saillie qui encadre en arrière la région du grand trochanter. Lorsque nous aurons énuméré les muscles sous-jacents au grand fessier, il sera facile de comprendre que l’ensemble de cette musculature est assez saillant pour qu’en définitive le grand trochanter se trouve former sur l’écorché une région légèrement déprimée, encadrée en arrière et en haut parle relief des fessiers, en avant parle muscle tenseur du fascia lata (voy. muscles delà cuisse ). — Le bord inférieur du grand fessier est très épais et forme une saillie oblique au-dessous de laquelle se dégagent les muscles postérieurs de la cuisse; c’est lui qui forme le relief inférieur de la région

fessière. — Le bord supérieur , au contraire, est mince (voy. fig. 53, p. 216), se continue avec une aponévrose qui recouvre le muscle moyen fessier, de sorte qu’à ce niveau son relief se traduit faiblement sur l’écorché, se confondant plus ou moins avec le plan qui répond au muscle moyen fessier.

Le grand fessier est extenseur de la cuisse sur le bassin; dans la station verticale il maintient le bassin en arriére, c’est-à-dire l’empêche de s’incliner en avant. On peut donc dire que c’est par son action que le tronc se relève pour se mettre sur la même ligne que le membre inférieur vertical ; le grand fessier est donc le muscle de la station verticale, de là le volume considérable qu’il présente dans l’espèce humaine, comparativement à ses faibles proportions chez les animaux qui n’ont pas l’attitude bipède.

Le muscle moyen fessier est situé au-dessous et en haut du grand fessier, c’est-à-dire que sa partie postéroinférieure est recouverte par le muscle précédent, mais que sa partie antéro-supérieure est à nu sur l’écorché. Cette dernière partie (voy. fig. 53, entre 22 et 23) est cependant recouverte d’une épaisse aponévrose qui voile le relief des faisceaux du muscle, ne laissant apparaître que l’ensemble de leur masse, insérés aux trois quarts antérieurs de la crête iliaque (jusqu’au niveau de l’épine iliaque antérieure et supérieure), les faisceaux du moyen fessier (18, fig. 53) descendent en convergeant vers le grand trochanter à la face externe duquel ils s’insèrent par un épais tendon aponévrotique; les fibres charnues cessent un peu au-dessus du grand trochanter de manière à dessiner un relief, selon une ligne courbe à concavité

inférieure, qui forme la limite supérieure de la dépression correspondant, sur l’écorché, à la région du grand trochanter, comme il a été dit ci-dessus. — Le moyen fessier, parses faisceaux les plus postérieurs, agitcomme le grand fessier qui les recouvre; par ses faisceaux antérieurs il écarte la cuisse en dehors et la fait légèrement tourner sur son axe de dehors en dedans.

Ces muscles (grand et moyen fessier) sont doublés par une série de muscles profonds, remplissant l’espace considérable qu’on remarque sur le squelette entre le grand trochanter et la fosse iliaque externe. Ces muscles, qu’il nous faut seulement énumérer, afin de faire comprendre l’importance de la saillie fessière, sont, en allant de haut en bas et d’avant en arrière : le petit fessierqui double à peu près exactement le moyen fessier, c’est-à-dire va de la fosse iliaque externe au bord antérieur du grand trochanter; le pyramidal, dont le corps charnu est situé dans le bassin, sur les côtés de la face antérieure du sacrum, sort du bassin par la grande échancrure sciatique et de là se dirige presque horizontalement vers le grand trochanter, au bord supérieur duquel il s’attache son tendon ; V obturateur interne, qui vient également de l’intérieur du bassin, se réfléchit sur la petite échancrure sciatique et va s’attacher à la face interne du grand trochanter; et enfin Iq carré crural, formé de faisceaux horizontaux et courts qui vont de la partie externe de la tubérosité de l’ischion au bord postérieur du grand trochanter.

Muscle de la cuisse . — Les muscles de la cuisse sont disposés autour du fémur, et souvent dans une direction oblique telle, qu’ils appartiennent par l’une de leur por-

PRECIS D’ANATOMIE

tion à la région antérieure, par exemple, et par l’autre portion à la région interne. On peut cependant les classer en quatre régions : la région externe, comprenant le muscle tenseur du fascia lata ; la région antérieure, comprenant le couturier et le triceps crural ; la région interne, comprenant la masse des adducteurs ; et enfin la région postérieure, comprenant le biceps , le demi-membraneux et le demi-tendineux.

Muscle tenseur du fascia lata (3, fig. 5y). — Il continue en avant le plan du muscle moyen fessier (voy. 23, fig. 53, p. 21 5), mais forme un relief plus prononcé et plus distinct que ce muscle; inséré à l’épine iliaque antérieure et supérieure, son corps charnu se dirige obliquement en bas et en arrière sur la face externe de la cuisse, et s’y termine bientôt en s’attachant sur la large et épaisse aponévrose (dite fascia lata ) qui recouvre cette région (4, fig. 57). Dans cette aponévrose on distingue des fibres verticales qui font directement suite au muscle et descendent jusqu’à la face externe du genou, où elles se condensent en un tendon assez distinct, bien saillant et allant s’attacher à la tubérosité du jambier antérieur (sur le tibia, voy. ci-dessus, p. 137). Ce muscle est rotateur en dedans de la cuisse et de tout le membre inférieur; il contribue aussi à la flexion de la cuisse sur le bassin; c’est pourquoi, lorsque la cuisse est étendue et non tournée en dedans, le muscle tenseur forme au-dessous de l’épine iliaque un modelé musculaire allongé; mais, dès qu’il se contracte, ce modelé se raccourcit, devient aussi large que long et forme une masse globuleuse caractéristique. Ce contraste dans la forme du muscle tenseur au repos et en action a été merveilleusement exprimé sur le gla-

diateur, chez lequel il y a contraction du tenseur de la cuisse droite et relâchement de celui de la gauche.

L’aponévrose fascia lata recouvre une grosse masse charnue , le vaste externe du triceps, dont il va être question à propos des muscles antérieurs; ce muscle, ainsi bridé, se révèle en masse sur le modelé extérieur, mais sans y traduire les détails de sa conformation, du moins pour ses deux tiers supérieurs.

Muscle couturier (5 , fig .5 y et 23, fig. 5o, p. 199).-— C’est le plus long des muscles du corps humain ; il forme, en effet, une mince bande charnue qui part de l’épine iliaque antérieure et supérieure, se dirige obliquement en bas et en dedans, croisant la partie supérieure de la face antérieure de la cuisse, arrive à la face interne, puis, descendant jus- e:salles.

qu’au genou, passe en arrière Muscles de la face antérieure de

la cuisse droite. — i , muscle iliaque ; — 2, muscle psoas; — 3, tenseur du ascta lata; — 4, son tendon ( fascia lata)-, 5, couturier; — 6, droit antérieur (longue portion du triceps); — 7, vaste externe — 8, vaste interne; — 9, grêle ou droit interne; — 10, premier ou moyen adducteur; — 11, pectine.

PRÉCIS D’ANATOMIE

du condyle interne du fémur (fig. 6 1 ) , en décrivant une courbe à concavité antérieure, pour, après avoir ainsi contourné ce condyle, se terminer à la partie toute supérieure de la face interne de la jambe par un tendon aplati (19 et 20, fig. 61), qui s’attache au tibia en formant la couche la plus superficielle de la patte d'oie (expansion tendineuse à laquelle prennent encore part le droit interne et le demi-tendineux; voy. ci-après).

Le couturier a pour action de fléchir la cuisse sur le bassin et la jambe sur la cuisse, c’est-à-dire de donner au membre inférieur une position telle que la réalisent les tailleurs accroupis; c’est de là qu’est venu le nom de ce muscle (couturier; sartorius, en latin). Au point de vue des formes, ce muscle se révèle à l’extérieur d’une manière toute particulière: lorsqu’il se contracte, son extrémité toute supérieure traduit seule son gonflement par un relief extérieur; dans le reste de son étendue, ce muscle, reposant sur d’épaisses couches charnues compressibles (les adducteurs), les déprime, s’enfonce un peu en elles, comme le ferait une corde enroulée fortement autour d’un corps malléable, et, par suite, traduit sa présence par un sillon large et peu profond, sensible surtout vers la face interne de la cuisse, à a jonction de ses deux tiers supérieurs avec son tiers inférieur.

Triceps crural (6, 7, 8, fig. 5y). — Le triceps crural appartient aussi bien aux régions interne et externe de la cuisse qu’à sa région antérieure; mais sa portion la plus importante au point de vue des formes, le muscle droit antérieur , est située en avant. Le triceps, en effet, comme son nom l’indique, est composé, ainsi que son homologue du bras, de trois portions, l’une moyenne

dite long chef ou droit antérieur, et deux latérales, le muscle vaste interne et le vaste externe.

Le droit antérieur (24, fig. 5o; et 6, fig. 5y) est allongé, fusiforme, c’est-à-dire plus volumineux à sa partie moyenne qu’à ses extrémités ; son extrémité supérieure, la plus effilée, s’attache par un court tendon à l’épine iliaque antérieure et inférieure, à laquelle il arrive en passant entre le tenseur du fascia lata et le couturier. Le droit antérieur émerge donc de l’espace triangulaire qui sépare ces deux muscles (fig. 5 y), descend verticalement sur la face antérieure de la cuisse, et, à environ 10 centimètres au-dessus de la rotule, se transforme en un large tendon triangulaire (fig. 57 et 59) dont les bords donnent attache aux muscles vaste interne et vaste externe, et dont la base s’insère au bord supérieur de la rotule. Comme de la partie inférieure de la rotule part un large ligament (voy. ci-dessus, p. 144) qui va s’attacher à la tubérosité du tibia, on voit qu’en définitive, par l’intermédiaire de ce ligament ou tendon rotulien, le triceps va s’attacher au tibia (fig. 33, p. 139).

Le muscle vaste interne (8, fig. 57) est une énorme masse charnue qui entoure tout le fémur, car, partant de la lèvre interne de la ligne âpre du fémur, il recouvre la face interne, la face antérieure et même la face externe du fémur, formant un corps charnu qui se porte verticalement en bas pour aller s’attacher par ses faisceaux antéro-externes à la face profonde, par les autres sur le bord interne du tendon triangulaire susrotulien; ces derniers faisceaux (internes), bien visibles sur l’écorché, sont obliquement dirigés et forment une masse charnue qui descend jusqu’au niveau de la rotule (8, fig. 57; et

17, fig. 61); de plus, la ligne selon laquelle ils s’insèrent au tendon susrotulien est verticale, se continuant par un coude presque à angle droit avec le bord inférieur du muscle, horizontalement dirigé à partir du niveau de la rotule; ce sont là des détails de la plus haute importance au point de vue du modelé de la région susrotulienne, détails d’autant plus sensibles qu’ils font contraste, comme nous allons le voir, avecla disposition présentéeàce même niveau par la partie inférieure du muscle vaste externe.

Le vaste externe (7, fig. 57), dont le nom est mieux justifié que celui du muscle précédent, recouvre la partie externe du vaste interne, et s’étend verticalement de la hase du grand trochanter au bord externe du tendon triangulaire susrotulien; mais la ligne selon laquelle se font ses insertions à ce tendon décrit une courbe dont la convexité regarde l’angle supéro-externe de la rotule, dont elle reste séparée par un intervalle considérable (fig. 57 et 60). lien résulte que, sur le modelé extérieur, le méplat qui correspond au tendon susrotulien forme une sorte de triangle à bords très différents, l’interne étant vertical, l’externe oblique, courbe, situé très haut; la base de ce triangle correspond à la rotule et aux parties latérales de la capsule du genou; son sommet tronqué correspond à l’extrémité inférieure du corps charnu du droit antérieur; les bords de ce méplat, formés parles parties musculaires du triceps, deviennent très saillants lorsque ce muscle se contracte, c’est-à-dire lorsque la jambe est portée avec force en extension sur la cuisse. Il est en effet à peine besoin d’indiquer, ainsi qu’il ressort assez des dispositions anatomiques, que le triceps, allant, par la rotule et le ligament rotulien, jusqu’à la tubérosité antérieure

du tibia, est essentiellement le muscle extenseur de la jambe.

Masse des muscles adducteurs. — On désigne sous le nom de masse des adducteurs les muscles nombreux qui sont disposés à la partie interne de la cuisse et qui, allant du pubis et de l’ischion à toute la longueur du fémur, remplissent l’espace triangulaire que présente le squelette entre la face interne d’un fémur et la base de la moitié correspondante du bassin. Quelques-uns des muscles de cette masse prennent plus spécialement le nom d’adducteurs. Nous étudierons successivement trois muscles assez nettement visibles sur l’écorché, savoir: le pectiné, le premier ou moyen adducteur et le grêle interne ; puis nous accorderons une très courte mention aux muscles presque entièrement cachés par les précédents, savoir : le second ou petit adducteur et le troisième ou grand adducteur.

Le muscle pectiné (22, fig. 5o ; et 1 1 , fig. 5 y) , le premier et le plus court des muscles de cette région, représente une large bande charnue qui s’étend de la branche horizontale du pubis à la partie la plus supérieure du corps du fémur (ligne rugueuse allant de la ligne âpre au petit trochanter). La partie inférieure de ce muscle est cachée sur l’écorché par le couturier; sa partie supérieure elle-même ne se dessine que très vaguement à travers la peau toujours plus ou moins chargée de graisse dans cette région. — Le pectiné et la partie supérieure du couturier limitent un espace triangulaire à sommet inférieur, connu en anatomie chirurgicale sous le nom de triangle de Scarpa, et dans lequel vient se terminer un muscle volumineux, dont le corps charnu est situé pour sa plus grande partie

dans la cavité du bassin et de l’abdomen; c’est le muscle psoas iliaque (i et 2, fig. 5 7), qui vient des parties latérales de la colonne lombaire [psoas] et de la fosse iliaque interne (iliaque), passe sous l’arcade crurale (voy. p. 108) et arrive ainsi dans la profondeur de l’espace triangulaire susindiqué, pour aller s’attacher au petit trochanter. Il va sans dire que ce muscle n’est pas visible sur le modelé extérieur; l’espace triangulaire dont il forme le fond est en effet rempli par des vaisseaux sanguins et par des ganglions lymphatiques qui donnent à cette région un modelé irrégulier très variable selon les sujets (fig. 5 1).

L z premier ou moyen adducteur (premier dans l’ordre de superposition, moyen comme taille) est triangulaire (10, fig. 5 7); son sommet tendineux part de l’épine du pubis, et sa base, voilée par le couturier, s’attache à la partie moyenne de la ligne âpre du fémur.

Le droit interne , dit aussi grêle interne , est visible sur l’écorché dans toute la longueur de la face interne de la cuisse (9, fig. 5y) ; il forme en effet une longue et mince lanière charnue, large en haut, étroite en bas; son insertion supérieure se fait au bord interne de la branche descendante du pubis; de là il descend verticalement; un peu au-dessus du condyle interne du fémur, il est remplacé par un tendon étroit (i5, fig. 58) qui passe en arrière de ce condyle, en décrivant une légère courbe à ïoncavité antérieure, comme le couturier, et vient, comme le tendon de ce dernier muscle, former la patte d’oie (voy. p. 254 et 260), c’est-à-dire s’attacher à la partie la plus supérieure de la tace interne du tibia (22, fig. 61).

Cachés par les muscles précédents, sont plus profondément placés les muscles petit et grand adducteur, qui

VINGT ET UNIÈME LEÇON. z$9

remplissent l’espace entre le droit interne et le fémur. Le second on petit adducteur s’étend du pubis à la partie supérieure de la ligne âpre; le troisième ou grand adduc teur est un muscle très volumineux, qui, parti de la tubérosité et de la branche ascendante de l’ischion, va s’attacher à toute la longueur de la ligne âpre du fémur, c’està-dire qu’il présente des faisceaux supérieurs horizontaux et des faisceaux inférieurs à peu près verticaux; parmi ces derniers, le plus interne, dit longue portion du grand adducteur, présente en bas un tendon distinct qui fait saillie au-dessus de la face interne du genou, en allant s’attacher à un tubercule qui surmonte le condyle interne du fémur.

Tous les muscles que nous venons de passer en revue, depuis le pectiné, ont pour action d’amener la cuisse en dedans, vers l’axe du corps; ils rapprochent donc les genoux l’un de l’autre, c’est pourquoi ils sont dits adducteurs de la cuisse.

Muscles postérieurs de la cuisse. — Ces muscles, au nombre de trois, partent tous de la tubérosité de l’ischion, c’est-à-dire que leurs extrémités toutes supérieures sont cachées sous le muscle grand fessier. Ils émergent sous le bord inférieur de ce muscle et descendent alors verticalement ; puis, au-dessus de la face postérieure du genou, ils se séparent en deux masses, l’une, externe, formée par un seul muscle, le biceps crural ; l’autre, interne, formée par deux muscles superposés, le demi-tendineux et le demi-membraneux.

Le biceps crural (12, fig. 58) estainsi nommé parce que, commele biceps brachial, il est supérieurement formé par deux chefs, un long chef qui part de la tubérosité de

PRECIS D’ANATOMIE

l’ischion, et un court chef, plus profondément placé, qui part de la moitié inférieure de la ligne âpre du fémur. Ces deux chefs se réunissent sur un tendon (12, fig. 58) que les fibres musculaires accompagnent longtemps encore et qui, s’inclinant vers la partie latérale externe du genou, va, sous la forme d’une forte corde (19, fig. 60), s’attacher au sommet de l’extrémité supérieure ou tête du péroné. Ce muscle est fléchisseur de la jambe sur la cuisse, et quand il accomplit cette action, son tendon devient très saillant, formant la limite externe du creux du jarret au creux poplité.

Le demi-tendineux (1 3, fig. 58), visible dans toute son étendue (excepté sous le grand fessier), a été ainsi nommé parce que, sur une grande longueur, presque équivalente à sa moitié inférieure, il est représenté uniquement par son tendon. Son corps charnu s’attache au haut à l’ischion et descend parallèlement à la longue portion du biceps en dedans de laquelle il est placé; vers la jonction du tiers moyen avec le tiers inférieur de la face postérieure de la cuisse, ce corps charnu se rétrécit et est aussitôt remplacé par le tendon (1 3, fig. 58) qui s’incline en dedans, passe derrière le condyle interne du fémur en décrivant une légère courbe à concavité antérieure, comme les tendons des muscles couturier et droit interne, avec lesquels (voy. p. 254 et 2 58) il va former la patte d’oie, c’est-à-dire s’insérer à la partie supérieure de la face interne du tibia (24, fig. 61). Ce muscle est fléchisseur de la jambe et dessine, dans ce mouvement, le relief de son tendon comme limite interne du creux du jarret.

Le demi-membraneux 9 situé au-dessous du précédent qu’il déborde en bas de tous côtés, a été ainsi nommé

parce que sa moitié supérieure est formé par un large tendon membraniforme partant de la tubérosité de l’ischion. Ce n’est qu’au-dessous de la partie moyenne de la cuisse que commencent les fibres musculaires, qui alors forment un gros corps charnu, épais, large et court, auquel succède bientôt un fort tendon (14, fig. 58) allant s’attacher à la face postérieure de la tubérosité interne du tibia. — Le corps charnu de ce muscle déborde de chaque côté le tendon du demi-tendineux, et, allant jusqu’à la ligne médiane de la face postérieure de la cuisse et du genou, forme à ce niveau une grosse saillie musculaire. Lorsque la jambe se fléchit sur la cuisse, les tendons du biceps et du demitendineux , devenant saillants , limitent un creux profond (creux du jarret ou creux poplité) correspondant à la partie supérieure de la face postérieure du genou, et la saillie charnue du demi-membra- *1-G* 8-

Région poplitée et face postérieure de la jambe droite. — i, jumeau interne; — a, jumeau externe; — 3, interstice des jumeaux; — 4, 5, tendon d’Achille; — 6, 7, 7, plantaire grêle et son tendon ; — 8, tendons des muscles profonds (fléchisseur commun et

jambier postérieur); — 9, long péronier latéral; — 10, court péronier latéral; — 11, muscle soléaire; — 12, biceps crural; — 13, demi-tendineux; — 14, demi-membraneux; — is, droit interne; — 16, couturier.

neux reste cachée dans le fond de ce creux; mais lorsque la jambe est étendue sur la cuisse , il n’y a plus de creux poplité, la face postérieure du genou présentant au contraire une forme saillante , produite dans la partie supérieure par la masse charnue du demi-membraneux, et dans la partie inférieure par les masses médianes des jumeaux, ainsi que nous allons le voir dans un instant.

Sommaire. — Muscles de la jambe. — Dispositions générales de ces muscles par rapport au squelette. — Muscles antérieurs de la Jambe (jambier antérieur et extenseurs). — Muscles externes ou péroniers latéraux; rapports du long péronier avec la plante du pied; son influence sur la forme du pied. — Muscles postérieurs; muscles jumeaux (détails de leur composition et de leur modelé); muscle soléaire; plantaire grêle; tendon d’ Achille. — Muscles du pied: i°dos du pied (muscle pédieux); 2° muscles de la plante du pied.

Muscles de la jambe. — La disposition du squelette de la jambe (tibia et péroné) est telle qu’on pourrait s’attendre à priori à y trouver quatre masses musculaires, une sur chacune des faces de ce squelette; mais la face interne du tibia est sous-cutanée (2, fig. 59), c’est-à-dire qu’elle n’est recouverte par aucun muscle, et que, débordée par les masses charnues postérieures et antérieures, elle forme un long méplat, légèrement excavé en gouttière, allant depuis la face interne du genou jusqu’à la malléole interne. La jambe nous présente donc à étudier seulement trois groupes musculaires : la région antérieure ou antéro-externe, la région externe ou péronière, et la région postérieure.

Muscles antérieurs (fig. 59). — Disposés dans l’espace qui sépare le péroné du tibia, ils sont au nombre de trois, qui sont, en allant du tibia au péroné: 1 q jambier anté •

rieur, V extenseur propre du gros orteil et l’extenseur commun des orteils.

L z jambier antérieur (ou tibial antérieur , 3, fig. 56) s’attache sur la face externe du tibia à partir de la tubérosité dite du jambier antérieur (voy. p. 137) et descend en s’inclinant un peu obliquement en dedans sous la forme d’un corps charnu prismatique ou fusiforme, dont l’extrémité inférieure s’effile graduellement, pour être, au commencement du tiers inférieur de la jambe, remplacée par un fort tendon. Celui-ci, s’inclinant de plus en plus en dedans (2, fig. 61), passe obliquement sur la face antérieure du tibia, arrive au devant de la malléole interne où il glisse sous le ligament annulaire antérieur, et atteint ainsi la partie interne du dos du pied (3, fig. 61) où il va s’insérer au premier cunéiforme et à la base du premier métatarsien. Fléchisseur du pied, dont il rapproche la face dorsale de la face antérieure de la jambe, en même temps qu’il porte la pointe du pied en dedans et relève un peu son bord interne, ce muscle, lors de sa contraction, dessine à l’extérieur tous les détails de son modelé, c’est-à-dire au niveau delà jambe un corps charnu qui déborde un peu la crête antérieure du tibia, et au cou-de-pied une corde oblique marquant très nettement la direction du tendon.

U extenseur propre du gros orteil (5, fig. 59) est caché, quant à son corps charnu, entre le muscle précédent et le muscle suivant; son tendon seul, accompagné encore de quelques fibres musculaires, apparaît (2, fig. 60) au tiers inférieur de la face antérieure de la jambe, en dehors du tendon du jambier; il se dirige comme celui-ci, mais un peu moins obliquement, passe sous le ligament annulaire du cou-de-pied, et longe la partie interne de la face

.„r,îp^

dorsale du pied (4, fig. 61) pour aller jusqu’à la base de la seconde phalange du gros orteil oü il s’attache. Lorsqu’on porte fortement le gros orteil en haut, dans l’extension , ce tendon se dessine nettement dans tout son trajet.

L ''extenseur commun des orteils (4, fig. 5 g) s’attache tout en haut sur la tubérosité externe du tibia, en dehors du tubercule du jambier antérieur , puis aux trois quarts supérieurs de la face interne du péroné ; il descend verticalement et présente en bas un tendon subdivisé en plusieurs bandelettes, qui restent accolées (3, fig. 60) pour passer sous le ligament annulaire; aussitôt après ces bandelettes divergent en éventail (4, fig. 60) sous forme de cinq tendons, dont les quatre premiers se rendent aux orteils (depuis le second jusqu’au cinquième orteil), aux dernières phalanges desquels ils s’attachent, tandis que le dernier (6, fig. 60), plus court, descendant obliquement sur le bord externe du pied , va s’attacher à la base du cinquième métatarsien. (Ce dernier tendon et la partie musculaire qui

Muscles de la région antérieure de la jambe. — i, tendon du droit antérieur de la cuisse ; — 2, tibia ; — 3, muscle jambier antérieur; — 4, m. extenseur commun des orteils; — 5, m. extenseur pro« pre du gros orteil ; — 6, faisceau dit péronier antérieur ;

— 7 et 8, les muscles péroniers latéraux; — 9, le jumeau externe; — 10, le jumeau interne; — 11, muscle pédieux;

— 12, ligament annulaire supérieur au dorsal du tarse.

PRÉCIS D’ANATOMIE

lui donneplus spécialement nais*

6 sance (6, fig. 59 ; et 5, fig. 60) ont été par quelques auteurs décrits comme un muscle à part sous le nom de péronier antérieur. Son existence n’est du reste pas constante.) Comme le jambier antérieur, l’extenseur commun des orteils fléchit le pied sur la jambe, en même temps qu’il étend les orteils sur le pied ; dans cette action, il dessine à la fois la saillie de son corps charnu, surtout à la partie moyenne de la jambe, et les saillies, en cordes divergentes, de ses tendons sur le dos du pied; le tendon qui va au cinquième métatarsien élève le bord interne du pied, et c’est alors seulement que sa saillie se dessine sous la peau, en général d’une manière peu prononcée.

Muscles externes (fig. 60). — Ils sont au nombre de deux, placés sur la face latérale externe du péroné, dits pour cela mus -

Muscles de la jambe : face externe. — i, i,

jambier antérieur ; — a, 2, tendon de l’extenseur propre du gros orteil 3, 3, extenseur commun des orteils, avec ses tendons (4, 5 et 6); — 7, long péronier latéral et son tendon (S); — 9, court péronier latéral et son tendon (10); — 11, jumeau externe; — 12, 12, soléaire; — 13, tendon d’Achille; — 14, pédieux; — 13, abducteur du petit orteil; — 16, droit antérieur de la cuisse; — 17 et 18, vaste externe — 19, tendon du biceps fémora ; — 20, ligament latéral externe du genou.

clés péroniers latéraux et distingués en long et court péronier. — Le long péronier latéral est formé par un corps charnu qui commence à la tête du péroné et qui, relativement large et épais, descend jusque vers la partie moyenne de la jambe, où apparaît un tendon que les fibres musculaires accompagnent encore sur une longue étendue. A ce niveau précisément, c’est-à-dire sur le tiers moyen de la face externe du péroné (en 7, fig. 60), prend naissance le muscle court péronier latéral, qui est ainsi placé au-dessous du tendon du précédent, de sorte qu’au point de vue des formes, ces deux muscles se confondent en un long corps charnu occupant les trois quarts supérieurs de la face externe du péroné. Leurs deux tendons descendent, également confondus en une seule masse, et s’inclinent obliquement de la face externe du péroné sur sa face postérieure (8, 9, fig. 60), de manière à aller passer derrière la malléole externe (9, 10, fig. 58), sur laquelle ils se réfléchissent comme sur une poulie en se dirigeant sur le bord externe du pied : c’est alors seulement que les deux tendons s’écartent l’un de l’autre, pour aller s’attacher à deux points diamétralement opposés du pied. En effet l’un d’eux (celui du court péronier latéral) se dirige horizontalement d’arrière en avant, sur le bord externe du pied (10, fig. 60), pour aller s’attacher à la base ou extrémité postérieure du cinquième métatarsien ; l’autre, au contraire, celui du long péronier latéral, se dirige obliquement en avant et en bas, de façon à atteindre la plante du pied, sous laquelle il s’engage, en se plaçant dans la gouttière de l’os cuboïde; il traverse alors obliquement la plante du pied, du bord externe vers le bord interne, très profondément caché

par les muscles et ligaments plantaires, et arrive jusqu’à l’extrémité postérieure du premier métatarsien sur lequel il s’attache.

Ces deux muscles, mais surtout le court péronier latéral, ont pour action d’étendre le pied, dont ils portent la pointe en dehors, en même temps qu’ils élèvent son bord externe ; on voit qu’en somme cette action est l’opposé de celle du jambier antérieur. Mais le long péronier latéral a encore une action plus importante et qui nous explique pourquoi le relief de ce muscle devient plus saillant toutes les fois que le pied est le siège d’un effort particulier, comme par exemple s’il est porté en avant dans la danse ou l’action d’imprimer un mouvement à un objet; c’est que ce muscle, vu la disposition de son tendon qui passe comme la corde d’un arc dans la concavité de la plante, a pour action d’augmenter cette concavité, c’est-à-dire de rendre plus creuse la voûte plantaire, ce qui se traduit à la face dorsale par une exagération de la cambrure du pied.

Muscles postérieurs (fig. 58). — La région postérieure de la jambe est très charnue, et formée de muscles nombreux et puissants, qu’on distingue en deux masses : la masse superficielle, que nous allons décrire en détail, et la masse profonde pour laquelle il suffira de quelques indications. La masse superficielle est formée par les deux muscles jumeaux , par le plantaire grêle et par le soléaire

Les muscles jumeaux ou gastro-cnémiens (^aar/ip, ventre; xv^n, jambe), qui forment essentiellement la saillie du mollet, sont au nombre de deux, un de chaque côté de la ligne médiane du mollet, et distingués (par

rapport à l’axe du corps) en jumeau interne et jumeau externe.

Le jumeau interne (i, fig. 58) part 17 de la partie supérieure du condyle 18 interne du fémur; le jumeau externe (2, fig. 58) part de même du condyle externe. Tous deux descendent, formant chacun un corps charnu ovoïde , très allongé :

d’abord séparés par un très petit espace triangulaire, ces deux corps arrivent presque aussitôt au contact l’un de l’autre et ne sont plus séparés que par un interstice linéaire très étroit et vertical (3, fig. 58). Enfin ils se terminent chacun par un bord inférieur arrondi, à convexité inférieure, indiquant l’insertiondu muscle sur le tendon d’Achille, dont l’étude sera faite après celle du muscle soléaire qui vient également s’y attacher. Sauf quelques rares exceptions, le jumeau interne descend un peu plus bas que le jumeau externe (fig. 58) F 6l<

Muscles de la jambe (face interne). — i, jarabier antérieur; — 2 et 3, son tendon; — 4, tendon de l’extenseur propre de gros orteils; — 5 et 6, jumeau interne; — 7, soléaire; — 8, tendon d’Achille; — 9, son attache au calcanéum; — 10, tendon du muscle plantaire grêle; — 11 et 12, tendon du jambier postérieur; — 13 et 14, tendon du long fléchisseur commun des orteils; — 15, tendon du long fléchisseur propre du gros orteil; — 16, 16, abducteur du gros orteil; — 17, vaste interne de la cuisse; — 18, 19,20, couturier ; — 2if 22, droit interne; — 23, demi-membraneux; — 24, demi-tendineux.

Ces deux muscles sont extenseurs du pied sur la jambe, c’est-à-dire qu’ils agissent (par le tendon d’Achille) sur le calcanéum ou os du talon, de manière à élever le talon et faire que le sujet, s’il est debout, repose sur la pointe du pied (sur les orteils) et non plus sur la plante. Or la constitution de ces muscles est telle que leur modelé extérieur est tout à fait différent lorsqu’ils sont en repos et lorsqu’ils sont en contraction.— En effet, chaque muscle jumeau présente à sa partie supérieure un tendon qui s’épanouit sur sa moitié externe (par rapport à l’axe de la jambe), qu’il voile, laissant entièrement libre la moitié interne (celle qui est juxtaposée de chaque côté de la ligne médiane du creux poplité et du mollet; voy. fig. 58). A l’état de repos, ces deux moitiés de chaque muscle se confondent en un seul et même modelé arrondi et saillant, c’est-à-dire que rien ne fait distinguer la partie recouverte par l’expansion aponévrotique du tendon et la partie formée de fibres musculaires libres. Mais lorsque le sujet se soulève sur la pointe des pieds, ou dans tout autre mouvement produit par une contraction énergique des jumeaux, on voit sur chacun de ces muscles la partie charnue libre se gonfler beaucoup plus fortement que la partie recouverte et bridée par l’aponévrose ; c’est pourquoi à ce moment l’ensemble du modelé convexe du mollet présente un léger méplat ovoïde de chaque côté, et sur la ligne médiane une longue saillie longitudinale verticale. Cette saillie est produite par les parties musculaires libres des deux jumeaux, parties qui se rapprochent, s’accolent pendant la contraction et confondent leur double masse en un seul relief médian. La

figure 58 qui, par des différences de teinte, fait distinguer les parties aponévrotiques et les parties musculaires nues, peut très exactement, par ces différences de teinte, rendre compte des détails importants de modelé dans l’étude desquels nous venons d’entrer. Les parties claires ou aponévrotiques correspondent aux deux méplats susindiqués; les parties foncées ou charnues correspondent à la saillie médiane, avec cette différence que sur le mollet en contraction cette saillie médiane est pour ainsi dire plus homogène que sur la figure 58, les deux moitiés qui la composent étant absolument fusionnées en une seule masse, sans qu’il y ait même un interstice triangulaire à leur partie toute supérieure.

Nous devons donc revenir sur ce que nous avons dit précédemment (p. 26 1 et 262) relativement à la région postérieure du genou examinée sur un sujet dont la jambe est étendue. Si ce sujet se soulève alors sur la pointe des pieds, il est plus que jamais impossible de parler d’un creux jpoplité, c’est-à-dire d’une excavation à la face postérieure du genou. Dans ces conditions, la saillie, précédemment étudiée, du demi-membraneux, et la saillie des parties charnues médianes des jumeaux arrivent presque à se rejoindre, et le muscle plantaire grêle, dont il va être question dans un instant, contribuant à combler l’interstice, la région du creux poplité forme réellement une partie saillante, et la face postérieure du genou est marquée, dans sa portion moyenne, d’un fort modelé musculaire, dont il n’est possible de comprendre la cause que par l’étude attentive des muscles jumeaux et demi-membraneux.

Le muscle soléaire , ainsi nommé parce que sa forme

PRECIS D’ANATOMIE

a été comparée à celle d’une semelle (en latin, soleà ), est placé au-dessous des jumeaux qu’il déborde, aussi bien sur le bord interne (7, fig. 61) que sur le bord externe (12, fig. 60) du mollet. Inséré à la tête du péroné et au tibia, il donne naissance inférieurement à un large tendon triangulaire à base supérieure, sur la face superficielle duquel viennent s’insérer les muscles jumeaux. Ce tendon , accompagné encore à sa face profonde et sur chacun de ses bords par les fibres du soléaire (fig. 58), descend en se rétrécissant et en s’épaississant, et à environ 5 centimètres au-dessus du calcanéum il devient libre, c’est-à-dire entièrement dégagé de fibres musculaires. C’est ce tendon d'Achille , servant à transmettre à la fois l’action des jumeaux et du soléaire, qui arrive au calcanéum, au niveau duquel il s’élargit légèrement pour s’insérer à la moitié inférieure de la face postérieure de cet os (5, fig. 58).

Le soléaire a la même action que les muscles jumeaux; aussi lorsque le pied est énergiquement étendu, voit-on le relief de ses fibres se dessiner de chaque côté de la partie supérieure ou base- triangulaire du tendon d’Achille.

Le plantaire grêle est un petit muscle insignifiant dont le corps charnu (6, fig. 58), très court, se confond, en s’insérant au condyle externe du fémur, avec la partie charnue du jumeau externe. A ce petit corps charnu succède un tendon long et grêle (7, fig. 58) qui descend obliquement entre les jumeaux et le soléaire, pour atteindre le bord interne du tendon d’Achille, qu’il longe ensuite en descendant plus ou moins bas (10, fig. 61), car tantôt il se confond de bonne heure avec

ce tendon, tantôt il va jusqu’au calcanéum, ou bien encore il se perd dans le tissu cellulo-graisseux qui entoure le tendon d’Achille près du calcanéum.

Les muscles postérieurs profonds ne sont visibles sur l’écorché qu’à la partie tout inférieure du bord externe de la jambe; ils présentent en ce point, en dedans du tendon d’Achille (en 8, fig. 58), une série de tendons qui font le pendant des tendons des péroniers, disposés semblablement de l’autre côté, au moment où ils atteignent la face postérieure du péroné et se réfléchissent sur la malléole externe (9, 10, fig. 58). Ces muscles sont: le jambier postérieur, le fléchisseur commun des orteils et le fléchisseur propre du gros orteil. Les corps charnus de ces trois muscles, profondément cachés sous les muscles superficiels, s’insèrent à la face postérieure du tibia, du péroné et du ligament interosseux; leurs tendons descendent obliquement vers la face postérieure de la malléole interne, où ceux du jambier postérieur et du fléchisseur commun sont seuls visibles (le tendon du fléchisseur propre du gros orteil est presque tout à fait caché sous le tendon d’Achille). Après s’être réfléchis sur la malléole interne, ces tendons pénètrent dans la plante du pied en suivant la gouttière interne du calcanéum; le jambier postérieur s’arrête presque aussitôt en s’attachant à l’os scaphoïde (12, fig. 61); les deux autres tendons vont jusqu’aux orteils, où ils se comportent d’une manière identique à ce que nous avons décrit à la main pour les tendons du fléchisseur propre du pouce et du fléchisseur profond des doigts.

Muscles du pied. — Le pied présente non seulement 'des muscles à sa région plantaire, comme la main à sa

partie palmaire ; mais, de plus, il possède un corps charnu développé sur sa région dorsale et nommé muscle pédieux.

Le muscle pédieux, dit aussi court extenseur commun des orteils (u, fig. 59 ; et 14, fig. 60), est formé par un corps charnu court et aplati, disposé comme en sautoir sur le dos du pied, c’est-à-dire qu’il va obliquement de dehors en dedans et d’arrière en avant. Son extrémité postéro-externe est arrondie et s’attache sur la face supéroexterne du calcanéum, dans la cavité calcanéo-astragalienne ou cavité anfractueuse du tarse (voy. p. 1 56) ; de là il se dirige en avant et en dedans, en s’élargissant, passe sous les tendons de l’extenseur commun, et aussitôt se divise en quatre languettes musculaires à chacune desquelles succède bientôt un tendon; ces tendons croisent ceux de l’extenseur commun de manière à figurer avec eux une sorte de gril à intervalles losangiques, et vont aux quatre premiers orteils soit en s’insérant à la base de la première phalange, soit en se confondant avec le tendon extenseur. — Ce muscle concourt à l’extension des orteils, et, par son obliquité, corrige l’obliquité en sens inverse du long extenseur. Quand il se contracte, la portion de son corps charnu situé en dehors et en arrière des tendons du long extenseur devient très nettement saillante, n’étant bridée par rien; et sa saillie est d’autant plus nette qu’en arrière d’elle se trouve une dépression plus ou moins sensible correspondant à la cavité anfractueuse du tarse ou cavité calcanéo-astraga lienne.

Nous ne nous arrêterons pas ici à la description des muscles de la plante du pied; au point de vue des formes^ le pied doit toutes ses particularités de configuration au

squelette; les muscles de la plante arrondissent, parleur présence, les angles de ce squelette, comblent quelques cavités ou anfractuosités, mais ne modifient pas essentiellement les formes osseuses. D’autre part, ces nombreux muscles sont en général très peu développés, confondus en des masses communes; aussi est-il souvent difficile, même pour un anatomiste exercé, d’isoler et de reconnaître distinctement chaque corps charnu. Il est donc inutile à l’artiste d’entrer dans l’étude détaillée de ces muscles, qui du reste reproduisent, dans leurs dispositions générales, la distribution des muscles de la main. Nous nous contenterons donc de dire que la plante du pied, comme la paume de la main, possède trois masses musculaires : i° l’une, interne (i 6, fîg. 61), appartenant au gros orteil, formée par le muscle abducteur qui part du calcanéum, et par les muscles court fléchisseur, adducteur oblique et adducteur transverse qui partent des os antérieurs du tarse et du métatarse; — 2° l’autre, externe (i 5, fîg. 6o), appartenant au cinquième orteil, formée par un muscle abducteur qui part du calcanéum, et un court fléchisseur qui part du cuboïde; — 3° enfin une masse moyenne, formée d’un court fléchisseur commun des orteils , de lombricaux et d'inter osseux, pour lesquels nous ne pourrions faire que répéter ce qui a été dit à propos des muscles de même nom, bien mieux développés et bien plus faciles à étudier dans la paume de la main.

Sommaire. — Muscles du cou. — Régions latérale et antérieure du cou. — Muscles sterno-mastoïdiens; ils limitent à la face antérieure du cou un triangle où sont les régions sous-hyoïdienne et sushyoidienne. — Organes qui sont compris dans le cou (colonne vertébrale, oesophage, trachée). — Muscles sous-hyoïdiens: scapulo-hyoïdien, cléido-hyoïdien, sterno-thyroïdien et thyro-hyoïdien. — Muscles sushyoïdiens : digastrique, stylohyoïdien et mylo-hyoïdien.

Muscles du cou. — Nous avons précédemment, à propos du trapèze, étudié la musculature et le modelé de la région postérieure du cou; quelques détails ont même alors trouvé place relativement à la partie supérieure des faces latérales du cou, c’est-à-dire de la gouttière longitudinale oblique qui est entre le bord antérieur du trapèze et le bord externe du sterno-cléidomastoïdien (voy. p. 208 et 209). Il nous reste à examiner la partie inférieure de cette gouttière et toute la région antérieure du cou. Cette étude doit avoir pour point de départ celle des muscles sterno-cléido-mastoïdiens, qui forment le modelé le plus important de ces régions, et qui par leur direction déterminent, à la face antérieure du cou, un intervalle musculaire, c’est-à-dire une circonscription dans laquelle il nous sera facile d’étudier les muscles plus profondément placés.

Les muscles sterno-cléido-mastoïdiens sont au nombre de deux, un de chaque côté du cou, s’étendant de la

Fig. 6 2.

Muscle du cou et de la face. — I, frontal; — 2, occipital; — 3, 3, aponévrose épicrânienne; — 4, temporal; — 6 , orbiculaire des paupières; — 7, élévateur commun interne de l’aile du nez et de la lèvre supérieure; — 8, muscle dilatateur des narines; — 9, transverse ou triangulaire du nez; — 9', muscle pyramidal; — io$ petit zygomatique; — 11, grand zygomatique; — 12, masséter; — 13, canin; — 14, élévateur commun externe de la lèvre et de l’aile du nez ; — 15, orbiculaire des lèvres ;

— i6,buccinateur; — i6\ triangulaire de la lèvre inférieure; — 17, carré du menton;

— 19, sterno-cléido-mastoïdien; — 20, trapèze; — 21, digastrique et stylo-hyoïdien ;

— 22, ventre antérieur du digastrique; — 24, omoplat-hyoïdien ; — 23, cléido-hyoîdien; — 26, thyro-hyoïdien ; — 27, mylo-hyoïdien ; — 28, 29, splénius.

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