‹ Précis d'anatomie comparéeChapitre 12 sur 56 · APPAREIL FEMELLE · texte numérisé non relu

APPAREIL FEMELLE

L’appareil femelle des mammifères se distingue de celui des animaux moins élevés par les nouvelles conditions qu’il présente, pour fournir au germe les nutritions placentaire et mammaire. Ces conditions consistent principalement : 1°, dans la présence, le développement et la structure anatomique de la poche de dépôt, où le jeune sujet est appelé presque toujours à séjourner, pendant un temps plus ou moins long, et à parcourir toutes les [)ério-

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des de la vie embryonnaire et fœtale, en se nourrissant aux dépens de sa mèrej 2®, dans la présence et le développement des {^landes nouvelles, destinées à fournir à l’animal qui vient de naître un premier aliment en rapport avec l’état de ses or{janes dig^estifs. A ces deux conditions capitales s’en joij'Tnent quelques-unes de moindre importance, qu’il sera facile de reconnaître dans la description particulière que nous allons faire maintenant de chacune des parties constituantes de l’appareil femelle des mammifères.

Organe sécréteur du germe ou ovaire. L’ovaire est toujours pair dans les animaux de cette classe. Il est représenté par des corps ovoïdes, peu volumineux, composés d’un tissu spong;^ieux , très vasculaire, présentant un certain nombre de vésicules plus ou moins apparentes et volumineuses, selon l’âgfe et la saison où l’on en fait l’examen, j Les plus externes de ces petites cellules se montrent sou- ] vent assez {grosses chez les sujets pubères , et donnent à | la surface de l’ovaire un aspect bosselé. Par suite de leur accroissement elles finissent par surmonter la résistance que leur présente l’enveloppe de l’organe, rompent cette ; membrane et laissent tomber leur contenu dans le canal j excréteur, qui le conduit dans la poche de dépôt. Là les ) ovules se développent, s’ils ont été fécondés. La place des ! vésicules qu’ils occupaient est ensuite marquée sur l’o- • vaire par une petite cicatrice.

Nous remarquons peu de différences importantes entre | les ovaires des divers groupes de mammifères. Chez quel- r ques-uns ces organes sont lobulés , et les vésicules très i apparentes : c’est ce qu’on observe particulièrement chez | quelques rongeurs et chez les hérissons , dont les ovaires t représentent des espèces de grappes.

Canal excréteur. Le conduit excréteur porte , dans l’ap- • pareil femelle des animaux qui nous occupent, la dénomination de trompe. Il la doit à l’évasement plus ou moins :■ grand qu’il offre à son point de départ, évasement dont les bords se prolongent souvent en appendices frangés {corps frangés), et à la faveur duquel la trompe, plus ou moins indépendante de l’ovaire, reçoit les ovicules qui se détaclient de celui-ci. Dans le reste de sa longueur, ce

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conduit excréteur se rétrécit considérablement j il vient , après une marche quelquefois assez sinueuse, s’aboucher à la poche de dépôt. Il est double , comme l’organe producteur. Formées, ainsi que tout le reste de l’appareil, par une rentrée du tégument, les trompes nous offrent, dans leur composition anatomique, non-seulement la couche dermique qui forme la base de ce dernier, non-seulement un réseau vasculaire passablement apparent, mais encore, dit-on, un plan de fibres contractiles.

Poche de dépôt. La poche de dépôt des femelles de mammifères est un organe de forme très variable, et qui, bien, différent des simples renflemens des oviductes , que nous avons rencontrés jusqu’ici , est destiné, non-seulement à conserver l’ovule fécondé jusqu’au terme de son développement fœtal, mais à lui fournir les matériaux d’une nutrition qui remplace la nutrition vitelline des espèces précédentes , je veux dire de la nutrition jjlacentaire. Cet organe porte alors le nom de matrice , qui indique les relations nouvelles que le germe y contracte et y entretient avec sa mère; car il s’y rattache cà celle-ci par une partie éminemment vasculaire, connue sous le nom dep/ace«/a, et il y reçoit d’elle, non pas par continuité de substance, mais par absorption , la nourriture dont il a besoin , et qu’il ne trouve pas en lui-même, comme l’animal ovipare. On nomme gestation le temps très variable, selon les espèces, pendant lequel la femelle des mammifères conserve ainsi dans la poche de dépôt les produits de la génération, pour leur fournir la nutrition placentaire.

Envisagée sous le rapport de sa conformation, la matrice ofl're trop de différences, selon les espèces de mammifères, pour se prêter à une descrij)tion générale. Elle est néanmoins toujours composée de deux moitiés, qui sont symétriques, comme les auxquelles elles corres¬

pondent, et les différences dont nous venons de parler dépendent presque uniquement de la manière dont ces deux parties de l’organe utérin se comportent l’une à l’égard de l’autre.

Quelquefois elles seront complètement distinctes et demeureront séparées , depuis la trompe qui leur donne

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naissance , jusqu’au canal éjaculateur, au fond duquel elles s’ouvriront séparément : c’est ce cju’on voit chez le lièvre ^ et, selon M. Geofi’roy Saint-Hilaire, chez les marsitpiaux encore vierges. D’autics fois les deux matrices commenceront à se rencontrer et à se réunir, mais à leur orifice vaginal seulement : c’est encore parmi les rongeurs que ce cas se rencontre J et c’est en particulier celui du cochon d’Inde. Dans un nombre d'espèces beaucoup plus considérable , la réunion commencera plus haut , et donnera naissance à une cavité médiane plus ou moins étendue , sur les parties latérales et supérieures de laquelle les portions encore distinctes et non réunies des poches de dépôt figureront deux espèces de cornes , d’où le nom de matrices à cornes, donné, dans ce cas, à l’organe qui nous occupe. , Celte disposition est celle qui s’observe chez le plus grand | nombre des mammifères, chez presque tous les rongeurs, chez les rtiminans , les solipèdes , \cs pachydermes , les gravigrades , etc. Enfin , nous trouvons un petit nombre d’espèces chez lesquelles les deux poches de dépôt se confondent dans toute leur étendue, pour former un organe médian, symétrique, n’oüVant qu’une seule cavité dans toute sa longueur. Telle est sa forme chez les édentés, chez les singes, et dans l’espèce humaine. Assez ordinairement la matrice se termine, du côté du canal éjaculateur, par une portion rétrécie , cpi’on nomme le col , pour la distin- t guer du corps de l’organe. Cette partie fait quelquefois i une certaine saillie dans ce dernier conduit ( museau de t tanche), comme nous le voyons chez les singes et chez la ; femme.

La matrice des mammifères subit, pendant la gestation, des I changemens de volume , de forme et de développement I en tous sens, qui sont d’autant plus considérables que le i jeune animal fait un plus long séjour dans cet organe, | c[u’il y atteint un plus grand volume, enfin que, toutes ji choses égales d'ailleurs, le nombre des fœtus est plus con- « sidérable.

Pour répondre à sa destination, la poche de dépôt de- i vait encore offrir ici quelques modifications dans le déve»- ( loppement relatif des diverses couches du tégument k n- :i

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tré qui la constitue. Avant tout, la nutrition placentaire exigeait la présence d’un système vasculaire sanguin considérable , et qui vînt abondamment abreuver par ses dernières ramifications la surface où cette nutrition devait avoir lieu. C’est ce que nous offre en effet la matrice des mammifères. Sa surface interne, dépourvue de couche épidermi(pie , est tapissée par un réseau vasculaire membraniforme, qui constitue là ce qu’on nomme ordinairement une membrane muqueuse, et cette couche est tellement abreuvée de fluide nourricier , et ce fluide s’en exhale si aisément que, dans notre espèce, et peut-être aussi chez un petit nombre d’autres , l’organe qui nous occupe éprouve, penrlant le temps de la fécondité de l’animal, nn flux sanguin, périodique , destiné sans aucun doute à délivrer cet organe d’un surcroit de sang qui reste sans emploi lorsqu'il n’y a pas gestation. Aussitôt après la conception , ce flux cesse de paraître j le réseau vasculaire utérin, plus développé et plus abreuvé qu’auparavant , prend un aspect spongieux et devient le siège d’une exhalation dont le produit au lieu de s’écouler au-dchors, est absorbé par la partie vasculaire ou placentaire de l’embryon , appliquée exactement et comme collée contre la paroi qui lui fournit sa nourriture.

La couche contractile de la matrice offre également un développement considérable, qui augmente pendant la gestation et contribue à donner plus ou moins d’épaisseur aux parois de cet organe. Toutefois ce développement de la couche contractile offre des degrés très difïérens, selon les csjjèces 5 il est proportionné aux efforts que devront faire les parois utérines pour se débarrasser du jeune animal parvenu au lerme de sa vie fœtale, et ces efforts eux-mêmes seront en rapport avec la résistance que le fœtus éprouvera de la part des parties qu’il doit franchir pour arriver au-dehors. Par cette raison , nulle part les parois de la matrice n’ont autant d’épaisseur ({ue chez la femme, chez ({ui , indépendamment des autres causes de résistance, la longueur du col utérin , et la couche épaisse de fibi’es musculaires qui le renforcent, établissent un véritable antagonisme entre celte partie de

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l’organe et son corps. Elles en conservent encore passablement chez les singes ^ et cela par la même cause j mais elles en oflient beaucoup moins dans les autres espèces. Chez les didclphes , la matrice est tout-à-fait membraneuse et ne subit qu’un changement presque inappréciable après la conception : c’est ce qu’il est aisé de concevoir en songeant au peu de séjour qu’y lait le jeune animal, et au peu de volume qu’il ofl're au moment où il quitte les parties internes de l'appareil pour venir s’attacher au mamelon de sa mère (i).

Canal éjaculateiir. Chez les vertébrés ovipares ou ovovivipares , le produit de la génération était reçu en dépôt et conduit au-dchors par le cloaque, c’est-à-dire qu’il n’avait pas encore d’issue particulière. Cette confusion cesse chez les mammifères , dans l’un et l’autre sexe , et nous voyons succéder à la poche de dépôt un canal particulier qui, chez la femelle, est connu sous le nom de vagin; ce i conduit sert ici tout à la fois à admettre l’organe excitateur mâle qui porte le fluide fécondant jusqu’à l’orifice de la matrice , et à livrer passage au jeune animal qui est ex- • pulsé par cette poche, au terme de la gestation. On con- çoit donc que le vagin devra être, sinon toujours très | large primitivement, du moins très dilatable 5 il le sera f d’autant plus que le volume du fœtus arrivé au terme de la vie intra-utérine sera plus considérable , et à cet égard I il existe de notables dilférences entre les diverses espèces fc de mammifères. L’extensibilité de ce canal est due à la pré- t sence de rides, la plupart dirigées dans le sens de sa Ion- ► gueur, et qui, en s’elfaçant , multiplient considérablement I sa surface. La longueur du vagin varie également beaucoup.

(1) Il est même peut-être permis de douter que la nutrition placentaire existe le moins du monde cliez les dideîphes , Ces animaux ne pourraient-ils fi pas être considérés comme passant de la nutrition vitelline à la mammaire, comme font les monothrémes , avec cette différence que chez ceux-ci la nutiî- ^ tion vitelline parait l’emporter, et que la génération et son appareil portent i( encore le caractère ovipare, tandis que chez les animaux à bourse, la nutri- l tion mammaire tient le premier rang et a la plus grande part à l’éducation du germe dont elle s’empare dans son premier âge?

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Les femelles des didelphes nous offrent, par une exception dont nous ne connaissons pas d’autre exemple dans la même classe, un double vagin représenté par deux canaux en forme d’anse. On a long-temps envisagé ces conduits comme faisant encore partie de la matrice; mais il est impossible de méconnaître qu’ils sont préparés pour recevoir le double gland de la verge des mâles; et l’on doit les considérer , sans aucun doute, comme analogues au canal éjaculateur ordinaire, avec cette différence qu’au lieu d’être simple et médian , comme chez les autres mammifères, ce canal a conservé la duplicité qui est un des caractères des parties plus profondes de l’appareil.

Les parois du vagin se montrent renforcées, dans les grands mammifères, par une couche assez développée de fibres contractiles; une membrane muqueuse plus ou moins ridée , comme nous l’avons dit , très vasculaire et très riche en cryptes mucipares , en forme la couche superficielle.

Ce canal établit la communication des parties internes avec les parties externes de l’appareil femelle. La réunion de celles-ci, en y joignant l’orifice externe de l'urètre, constitue ce qu’on nomme la vulve. Envisagée d’une manière générale, la vulve présente de grandes différences, selon les espèces de mammifères. Dans la plupart, elle débute extérieurement par une sorte de dépression ou de fente , le plus souvent longitudinale, qui conduit ordinairement à une sorte de canal , dont la longueur peut égaler et même surpasser celle du vagin , comme cela se voit chez Vours. M. Geoffroy Saint-llilaire a proposé pour ce canal l’épithète {['vrélro-scxuel ; il l’a appliquée spécialement à celui des didelphes , lequel avait été pris pour le vagin par les mêmes anatomistes qui regardaient le double vagin de ces animaux comme appartenant à leur matrice. Chez quelques rongeurs, tels que Vagouti ei le cochon d’Inde, chez les mokis , et dans notre espèce, le conduit vulvaire est réduit à une simple dépression, et les parties qui constituent la vulve , savoir , l'organe excitateur , et les orifices de l’urètre et du vagin , sont situés superficiellement et rangés sur une même ligne d’avant en

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arrière. Dans ce cas, il n’y a pas lieu a confondre la vulve avec le vagin j mais il n’en serait pas de même lorsque la première constitue aussi un canal, si deux circonstances anatomiques assez constantes ne venaient alors ù notre aide. Ces circonstances sont la situation de l’orifice urétral et la ]')résence de rides, ou d’étranglemens à l’entrée du vagin.

En eft’et , le point où s’ouvre l’urètre, chez les femelles de la plupart des mammifères, peut être considéré comme placé sur la limite du vagin et de la vulve j nous trouvons , en outre, l’entrée du canal éjaculatcur, du moins chez les individus vierges, rétrécie, tantôt par un simple étranglement annulaire, comme cela se voit chez le chien y le chai , les rnmhians , quelquefois par des rides transversales, plus rarement par un repli membraneux, connu sous le nom àliynieji y et dont notre espèce offre l’exemple le plus remarquable, mais non point l’exemple unique, ainsi qu’on l’a cru long-temps (l).

A l’extérieur, la vulveprésentequelquefoisdcsrcplistégumentaires, connus sous le nom de grandes et de petites lè- i vres. Les grandes lèvres réunies à leurs deux extrémités, for- j ment sur les côtés de l’appareil génital deux bourrelets assez ! prononcés, qui en protègent l’entrée : elles manquent assez i souvent. Quant aux petites lèvres , on ne les trouve que | dans notre espèce j elles protègent spécialement l’entrée f du vagin, tégumentaire déjà considérablement amincie, , sensible et étendue sur une couche de tissu érectile : ces I parties prennent une grande part à l'orgasme vénérien, i Chez les autres mammifères leur absence est compensée 9 par la fluxion sanguine qui se fait autour de la vulve à i l’époque des amours.

Organe excitateur. Connu dans le sexe femelle sous le i nom de clitoris y l’organe excitateur s’y montre beaucoup j moins développé que dans le sexe mâle, mais toutefois i avec des différences très grandes, selon les espèces qu’on h étudie.

Il est ordinairement placé sur la limite antérieure de la 1

(1) En effet , chez l’ours, l’hyène, le daman, etc., la muqueuse vaginale I présente à son début un plissement analogue à l’hymen de la femme.

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vulve; quelquefois cependant il en est plus ou moins distant, comme cela a lieu chez la c/'t^eZ/e. On trouve à sa base un repli tég^umentaire , un prépuce plus ou moins manifeste, et quelquefois même assez développé pour le cacher (l). D’un volume peu considérable chez quelques espèces, très gros dans quelques autres , par exemple, chez les singes , la plupart des carnassiers et des rongeurs, il fait quelquefois saillie à la partie antérieure de la vulve , et sert alors souvent à conduire l’urine, en lui fournissant un sillon que ce liquide suit à la sortie de Turèfre. Chez les loris, ce sillon est converti en un canal complet, et l’organe excitateur femelle se rapproche ainsi beaucoup, par sa structure, de celui de l’autre sexe. Il renferme aussi quelquefois, à l’instar de ce dernier, un petit osselet, comme on le voit dans la loutre. Enfin, dans les di~ delphes, la tête ou le gland du clitoris offre une bifurcation.

Organes de la nutrition mammaire . Ces organes existent constamment dans la première classe des vertébrés, et caractérisent parfaitement les animaux qui la composent. Destinés à fournir au nouveau-né sa première nourriture, ils se distinguent des autres parties de l’appareil par leur situation extérieure ; c’est-à-dire qu’ils n’aj)partiennent plus au tégument rentré, mais au tégument demeuré au dehors. En effet, les glandes mammaires sont des amas de cryptes dépendant de la peau proprement dite, et qui s’ouvrent à sa surface. Comme tous les organes sécréteurs, ceux-ci peuvent être divisés en partie essentielle ou sécrétrice , et partie accessoire ou excrétrice. La partie essentielle est formée par des paquets de petits cryptes , qu’on trouve sous la forme de granulations, au-dessous du derme, où ils sont souvent plongés dans un tissu cellulaire abondant et graisseux , riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques. La partie excrétrice de ces cryptes n’est pas toujours très apparente; mais d’autres fois elle forme des canaux plus ou moins longs, qui se rassemblent dans une

(1) La membrane prépiiciate est pourvue, déjà cbe/ les femelles, d’un grand nombre de cryptes qui sécrètent une liuineur très abondante et très odorante, surtout chez certaines espèces, jiar exemple, chez les rats, etc.

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sorte de tubercule extérieur, formé de tissu érectile, et à la surface duquel ces canaux s’ouvrent par un ou plusieurs orifices. Ce tubercule est ce qu’on nomme le mamelon. Chez beaucoup de mammifères , il préexiste à la succion par laquelle le jeune animal se procure le produit de la sécrétion mammaire ou le lait; d’autres fois il ne se forme que sous l’influence de cette succion , et dans ce cas la mamelle n’est pas naturellement apparente au-dehors, et son existence peut facilement être méconnue et niée. C’est ce qui a eu lieu , pendant lonjj-temps, pour Vor7iithorhynque et l’ecAfr/^é, jusqu’au moment où Meckel trouva, dans le tissu cellulaire des aines de Vornithorhynque , deux glandes auxquelles il ne manquait qu’un mamelon pour être entièrement semblables aux glandes mammaires les plus parfaites des animaux supérieurs. Dès lors il devint indubitable que si, par l’organisation de leurs organes génitaux proprement dits, et par la forme de leur bouche , les monothrêmes s’éloignaient des mammifères pour se rapprocher des oiseaux, l’existence de leurs mamelles, jointe à bien d’autres traits de leur organisation, leur méritaient néanmoins une place parmi les premiers. Les monothrêmes sont, comme le démontre M. de Blainville, des mammifères chez lesquels la nutrition mammaire succède immédiatement à la nutrition vitelline, laquelle se prolonge assez pour rendre inutile la nutrition placentaire.

La situation et le nombre des mamelles varient beaucoup, selon les familles et même selon les espèces d’une même famille. Quant à leur situation, nous les trouvons rangées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane , et occupant, tantôt à la fois, les aines, l'abdomen et le thorax, tantôt seulement une ou deux de ces régions: ce dernier cas est le plus commun. Quelques rongeurs seuls, \eleming et certains rats^ par exemple, ont en même temps des mamelles inguinales, abdominales et pectorales. La plupart des espèces du même ordre, et beaucoup de carnassiers , n’en portent que de pectorales et d’abdominales 5 quelques espèces n’en ont que d’abdominales et d'inguinales. Chez les ruminans ^ les solipèrles , les didel-

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2)hes et les mofiothrêmes , il n’y a que des mamelles inguinales ; chez les jjachy dermes , tels que le cochon, il n’y en a que d'abdominales; enfin, chez les gravigrades , la plupart des quadrumanes , et chez Vhomme, nous n'en trouvons que de pectorales.

Quant au nombre de ces organes , il est généralement, mais non constamment, proportionné à celui des petits. Il varie entre deux et quatorze (l). C’est parmi les rongeurs que nous trouvons les especes les plus riches sous <?e rapport; tels sont Vagouti, le lapin, cte. Apres eux , viennent les carnassiers de la famille des plantigrades et de celle des digitigrades, parmi lesquels nous rencontrons le chien et le hérisson, qui ont jusqu’cà dix mamelles, tant pectorales qu’abdominales. Parmi les pachydermes , le cochon se distingue par dix mamelles abdominales. Quand les mamelles ne sont que pectorales, elles sont réduites pour l’ordinaire à une seule paire, comme nous le voyons chez V éléphant , \e lamantin, les singes et Vhomme; quand elles ne sont qu’inguinales , leur nombre ordinaire est d’une ou deux paires ; cependant il peut dépasser ce chiffre, comme nous le voyons chez les didelphes , dont l’appareil mammaire mérite d’arrêter un moment notre attention. Cet appareil est destiné à fournir leur nourriture à des petits qui lui arrivent encore à l’etat embryonnaire , et qui ont franchi, presque sans s’y arrêter, la partie de 1 appareil génital qui représente la matrice. Il faut donc qu il supplée aux fonctions de la poche de dépôt, et fasse 1 office d’une seconde matrice : c’est en effet ce qui a lieu et ce qui a mérité le nom de didelphes à ces singuliers mammifères. Chez eux le canal vulvaire ou urétro-sexuel , au fond duquel débouchent les deux vagins , conduit le produit encore informe de la conception (2) dans une poche extérieure, formée par deux replis plus ou moins considé-

Nous parlons ici du nombre des mamelons plutôt cjue de celui des glandes mammaires , car quelquefois il y a plu» d une glande pour un ma* melon.

(2; Pour avoir une idée de la petitesse et du peu de développement que présente l'embryon des didetplia au moment de sa descente dans la pnebe de sa niéi e, qu’on lise sur ce sujet les observations du docteur Tl-irton. On verra

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râbles de la peau du ventre. Ces replis ne forment pas toujours une poche proprement dite j mais le plus ordinairement ils en constituent une par leur rencontre. Le tégument qui les compose entraînant avec lui des muscles et des os particuliers, que nous décrirons plus tard(l), ils’ensuit qu’ils sont mobiles et susceptibles d’être , selon le besoin , rapprochés ou éloignés. Au fond de la bourse formée par ce double pli téguinentaire , nous trouvons les mamelles, indiquées à la surface par un certain nombre de petites saillies ou mamelons. Les embryons toujours multiples des animaux dont il s’agit, viennent s’y attacher et s'y greffer en quelque sorte au moment de leur naissance, et cela, comme on le voit dans la suite de leur développement , par la bouche. Les mamelons augmentent de volume àinesure que grandit le petitqui y est attaché. La bourse elle-même subit aussi un développement plus ou moins marqué , pendant l’espèce de gestation dont elle est le siège J et lorsque déjà les petits sont en âge d’en sortir, elle leur sert encore pendant un certain temps d’abri ou de refuge contre le danger.

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