‹ Précis d'anatomie comparéeChapitre 13 sur 56 · APPAREIL MALE · texte numérisé non relu

APPAREIL MALE

Les conditions physiologiques qui nécessitaient les importantes modifications que nous avons observées dans l’appareil femelle des mammifères, ne se retrouvent plus dans les fonctions de l’appareil mâle : malgré cela , ces modifications, tout en perdant beaucoup de leur importance, n’ont pas complètement disparu dans ce dernier j et bien qu’il ne s’agisse plus ici ni de nutrition placentaire, ni de nutrition mammaire, nous verrons encore une poche de dépôt évidente, et même des traces plus ou moins manifestes de mamelles. L’appareil est aussi complet dans un sexe que dans l’autre j il s’est définitivement séparé

que dans les espèces qui, telles que le sarigue bicolore, ont la taille d’un chat, les embryons ne sont à leur sortie de l’utérus que de petits corps gélatineux du poids d’environ un grain.

^1) Les os marsupiaux ; nous verrons qu’ils peuvent exister indépendamment d’une bourse abdominale.

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dansions deux du conduit intestinal; il ne difTérera guère que par le développement proportionnel de chacune de ses parties. C’est ce qu’il nous reste à démontrer.

Organe sécréteur ou essentiel. L’organe sécréteur niCde ou le testicule des mammifères est toujours double, d’une forme globuleuse ou plus souvent encore ovoïde, et nous présente un parenchyme composé , comme toujours , de canaux sêminipares nombreux, déliés, de vaisseaux sanguins et lymphatiques , unis par du tissu cellulaire et soutenus par une enveloppe fibreuse (tunique albuginée). La grosseur des testicules varie beaucoup, selon les espèces; elle augmente généralement à l’épocpie des amours. Leur situation normale est dans l’abdomen, au voisinage des reins ; c’est là que nous les trouvons toujours, au moins pendant le premier âge, et quelquefois pendant toute la vie, comme cela a lieu dans les monothrôînes , les cétacés, et les gravigrades. Mais, chez la plupart des espèces, les glandes en question s’éloignent plus ou moins de leur situation primitive, soit temporairement et pendant l’époque des amours, soit de très bonne heure, et pour toute la vie. On les voit alors s’engager dans des ouvertures que leur fournissent les plans musculaires des parois abdon\inales, et traverser ainsi la couche contractile sous-cutanée: tantôt alors ils s’arrêtent au-dessus de cette couche, soit dans les aines, comme chez les chameaux , soit au périné, comme chez les civettes ; tantôt ils descendent dans un double sac formé par le tégument, et qui représente les grandes lèvres que nous observons (juelquefois dans l’autre sexe. Ce sac est \e scrotum. Sa duplicité n’est pas constante, car quelquefois, chez les didclphes, par exemple, les deux testicules s’y trouvent appliqués immédiatement l’un contre l’autre; d’autres fois, au contraire, comme chez les lièvres, le scrotum est divisé, même au-dehors, en deux bourses assez distinctes ; mais le plus ordinairement sa division n’existe qu’intérieurement , où elle est produite par une cloison celluleuse, et elle ne se traduit a 1 extérieur que par la présence d’un raphé placé sur la ligue médiane.

En descendant dans les bourses , les testicules poussent

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(levant eux les parties placées sur leur passage , savoir : quelques fibres musculaires, qui viennent fournir au scrotum une légère couche de fibres contractiles ( muscle cremasfer), et un repli de la séreuse péritonéale , ([ui les entoure, et leur forme l’enveloppe connue sous le nom de tuiiique raginnle^ à la faveur de laquelle ils demeurent isolés et mobiles au milieu des tissus environnans. Ces organes entraînent en même temps avec eux , comme on le conçoit bien, les vaisseaux (jui viennent s’y ramifier et leur canal excréteur, parties dont la réunion constitue le cordo7i des vaisseaux spcruialiqves. Ce faisceau, dont l’une des extrémités demeure dans l’abdomen, entretient par sa présence l’ouverture par laquelle les testicules sont sortis de cette cavité; de là le danger des hernies, danger qui existe à peine pour les espèces dont le tronc atiècte la position horizontale, mais qui n’est que trop réel pour celles qui ont l’habitude d’une position verticale, par conséquent pour notre espèce.

Canal excréteur. Ce conduit fait toujours suite aux vaisseaux séminipares qui forment la substance du testicule. Il résulte de la réunion de ces petits canaux, qui, après s’être successivement abouchés les uns aux autres , et avoir traversé un ruhan fibreux connu sous le nom de corps d’hxjgmore, finissent par ne former qu’un conduit unique pour chaque testicule. Ce conduit se replie d’abord sur lui-même un très grand nombre de fois, et constitue par cette disposition Y épididyme , petite masse proportionnée au développement de la glande séminale, et qui se montre ordinairement appliquée contre celle-ci. Au-delà de l’épididyme, le canal excréteur prend l'épithète de déféreyxt. Chez les mammifères qui ont un scrotum, ce conduit se joint au cordon des vaisseaux spermatiques, et traverse l’ouverture qui a livré passage au testicule, pour aller reprendre dans l’abdomen ses rapports et ses issues ordinaires. Ses parois, dans ce cas, offrent plus d’épaisseur que dans les espèces chez lesquelles il demeure tout entier avec le testicule, dans la cavité abdominale. Chez celles-ci, la marche du conduit déférent est très sinueuse. On remarque souvent sur son trajet, et plus ou moins

près de sa terminaison, des renüemens considérables, qui sont dus, dans quelques espèces, à une modification remarquable des parois de ce canal. Chez les soh'pèdes, par exemple, celles-ci prennent tout- à-coup, à quelque distance des vésicules séminales, une structure celluleuse, et se montre abreuvées d’un produit gélatiniforme. On voit quelque chose d’analogue chez plusieurs ruminans.

Poche de dépôt. La poche de dépôt est représentée dans l’appareil mâle par deux réservoirs à parois membraneuses, les vésicules séiutnnles., qui communiquent par un canal court et étroit avec les conduits déférons, et forment avec ceux-ci un angle ]ilus ou moins prononcé. Leur disposition rappelle celle de la vésicule biliaire. Ces vésicules n’existent que chez une partie seulement des mammifères, chez \'ho7)nne y les qiiadi'uinanesy un certain nombre de carnassiers^ tels que les chéiroptères et quelques plantigradeSy chez les ro7igeurSy les grarigrades et les pachydermes. Chez les autres animaux de celte classe, la poche de dépôt de l’appareil mâle n’est représentée que par de simples renflemens des canaux excréteurs, La forme de ces organes varie beaucoup, selon les espèces. Ils figurent assez ordinairement des especes de boyaux plus ou moins anfractueux et divisés intérieurement, et présentent souvent des espèces d’appendices ramifiés. Quelquefois cependant leur forme est j)lus simple et leur cavité sans division 5 c’est ce qu’on voit, par exemple , chez les makis. Leurs parois généralement minces sont , dans quelques cas , parsemées de cryptes, qui leur donnent une apparence glanduleuse.

Entre-t-il du tissu contractile dans leur composition? C’est ce qu’il n’est pas possible de démontrer anatomiquement ; on ne peut que conclure sa présence de la manière brusque et énergique dont le sperme est lancé hors de ces petites poches.

Les vésicules séminales sont constamment doubles, excepté chez les lièvres, où les deux vésicules se confondent et n’en formciàt qu’une seule.

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Canal éjaculateur. Le canal éjaculaieur de l’appareil mâle des inaiimiifères, ou plutôt de leurs vésicules séminales, est également double. Il part des poches de dépôt et va se terminer dans l’urètre, en recevant, plus ou moins près de sa terminaison, le canal déférent du même côté. Dans la plupart des cas cette jonction n’a lieu qu’au moment où les deux conduits arrivent à l’urètre, et quelquefois même chacun d’eux s’abouche séparément dans celui-ci. D’autres fois, au contraire, et c'est le cas de l’homme et des singes, la rencontre du canal éjaculateur avec le canal déférent se fait plus tôt et il en résulte un canal commun , qui bientôt atteint le conduit urétro-sexuel (l).

Organes accessoires de sécrétion génitale. Les organesdont nous voulons parler n’appartiennent qu’aux mammifères. Nous n’en avons pas fait mention en nous occupant de l’appareil femelle, parce qu’ils ne s’y montrent pas avec des caractères aussi prononcés et aussi spéciaux que chez le mâle. Nous les observons néanmoins dans les deux sexes, au voisinage du conduit éjaculateur et surtout vers sa terminaison. Chez la femelle ils sont représentés par des cryptes plus ou moins nombreux, disséminés autour du vagin, et versant à la surface de celui-ci, surtout au moment de l’orgasme produit par le coït, une humeur abondante, muqueuse, et qui exhale une odeur sui generis assez forte. Chez le mâle, ces cryptes se réunissent pour former des glandes plus ou moins considérables, dont la plus importante et la plus constante est celle que nous connaissons sous le nom de prostate. La prostate paraît manquer chez quelques mammifères ,, du moins comme corps glanduleux distinct. Chez ceux qui la possèdent, nous la trouvons généralement située vers l’origine de l’urètre, canal qu’elle embrasse même plus ou moins complètement dans quelques espèces, chez V homme ^ les quadrumanes^ les chéiroptères^ par exemple.

( 1) L’urctre ne (lolt-il pas en effet être considéré, le mâle, comme Tunalogue de la cavité vulvaire ou Uiellc?

à partir de ce point clie* urctro-sexuelle de la fe-

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Elle verse dans ce conduit, au voisinage de sa jonction avec les canaux éjaculateurs, un fluide incolore, visqu*eux, particulier, qui, sécrété en très grande abondance au moment de l’émission du sperme, se mêle à ce dernier produit, et concourt, selon toute vraisemblance, à faciliter son action sur le produit de l’appaieil femelle. On sait que, du moins pour notre espèce, l’ablalion des testicules ne suflit pas pour priver complètement les sujets qui y sont soumis de la faculté d’entrer en érection, et d’éprouver à quelque degré l’orgasme qu’amène le coït : cet organe est accompagné chez eux de l’émission d’une certaine quantité de fluide prostatique, dont le passage dans l’urètre est peut-être laeause de la sensation de plaisir qu’ils éprouvent alors.

La forme et le volume de la prostate varient beaucoup dans les divers ordres de mammifères. Elle est très volumineuse chez les cétacés^ chez les carnassiers . Elle ne forme le plus souvent qu’une seule glande dont la masse laisse tout au plus apercevoir l’indice d’une division lobulaire; c’est ainsi que nous la trouvons en particulier chez Vhomme^ chez les singes^ les carnassiers, etc., mais dans quelques cas elle se compose de plusieurs masses distinctes : cette glande est alors ordinairement double , comme cela se voit chez les ru?ninans , ou quadruple, ce qui a lieu dans Véléphant et dans le cheval. Quand elle se montre ainsi divisée, son tissu est aussi moins dense, plus celluleux, et n’a pas l’apparence charnue qu’il offre chez l'homme. Le nombre des ouvertures par lesquelles cette glande débouche dans l’urètre varie beaucoup.

Outre la prostate, nous trouvons encore chez un grand nombre de mammifères d’autres organes de sécrétion , notamment une paire de petites glandes, connues sous le nom de glandes de Coxcper, qui viennent s’ouvrir chacune par un seul canal dans la partie bulbeuse de l’urètre. Ces glandes sont quelquefois parenchymateuses, et tel est leur cas chez les carnassiers , les quadrumanes, les ruminans ; d’autres fois, elles ne sont que vésiculeuses, et c'est ainsi qu’elles se présentent chez quelques rongeurs^ tels que la marniolle, etc. Fort petites dans quelques espèces, chez

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Yhommo, par exemple, où elles ne dépassent pas le volume d’un pois, les {^landes de Cowper atteignent chez d’autres des dimensions beaucoup plus considérables j ainsi, chez le chameau, elles ont la grosseur d’un œuf de pigeon 5 chez plusieurs rongeurs, et chez Véléphant, elles sont aussi très volumineuses. Leur produit est visqueux, demi-transparent, d’une teinte légèrement bleuâtre : on ne lui connaît d’autre usage que celui de lubrifier le canal de l’urèlre.

Organe excitateur. L’organe excitateur, qui n’était que rudimentaire dans l’appareil femelle des mammifères, parce qu’il n’y rendait que des services d’une importance médiocre, joue au contraire un grand rôle, et acquiert un développement remarquable dans l’appareil mâle. 11 s’y montre très spécialement organisé pour un accouplement parfait, c’est-à-dire pour s’introduire dans le canal éjaculateur de l’autre sexe, pour y produire l’excitation nécessaire à l’accomplissement des fonctions génératrices, pour y porter le fluide fécondateur.

L’organe excitateur mâle, ou la verge, le pénis des mammifères, est une sorte d’appendice érectile placé audevant de l’anus, et percé dans toute sa longueur d’un canal qui donne passage à l’urine et aux fluides séminaux. Cet appendice tient plus ou moins immédiatement par sa racine aux os pubiens 5 il est parfaitement libre par son extrémité opposée. La direction de celle-ci et celle de l’organe entier sont surtout déterminées par la disposition variée qu’affectent certains replis tégutaires destinés à les protéger. En effet, outre son tégument propre, la verge reçoit de l’enveloppe générale des prépuces, espèces d’expansions ou de pincemens, qui tantôt la laissent libre et pendante à l’extérieur, dans l’état de repos; tantôt la retiennent plus ou moins étroitement appliquée contre la paroi abdominale, et la contraignent de se diriger ou vers l’anus, ou vers l’ombilic, lui livrant issue quelquefois vers l’un de ces points et quelquefois vers l’autre. Les cas où l’organe excitateur est ainsi renfermé dans un fourreau adhérent à la paroi de l’abdomen sont les plus communs ; nous ne connaissons guère que Vhonvmc, les quadrumuncs

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et ICvS chéiroplères qui aient la vcrjjo (le ses replis nientaires libres et pendans.

Le voluuje de la verge varie beaucoup chez les divers ordres de mammifères. C’est chez les proboscidie7is que cet appendice nous offre le plus de développement. Il est tellement long chez V éléphant , que pour pouvoir être logé tout entier dans son fourreau, il s’y reploie, et forme une véritable S. Après l’éléphant, ce sont les solipèdesj et après ceux-ci les ruminayis ^ (jui nous présentent la verge la plus volumineuse.

Quant à la forme de l’organe excitateur, elle est en général plus ou moins exactement cylindrique. Sa partie terminale se distingue ordinairement des autres, et constitue ce qu’on nomme le gland. Le gland ne répond j)as toujours à l’idée que son nom rappelle. Si quelquefois il se montre sous la forme d’un renflement ovalaire , dans un grand nombre de cas, il n’est représenté que par une sorte de cône grêle et alongé. Il offre, au reste, des différences nombreuses et considérables , et varie non-seulement d’une famille ou d’un genre à l’autre, mais d’une espèce à l’espèce voisine (i).

Ainsi, dans quelques cas, cette partie de la verge est ovalaire, comme nous le voyons chez l’homme, ainsique chez quelques singes; d’autres fois, chez les solipèdes, par exemple, elle est cylindrique, comme le reste de l’organe j très souvent elle est conique , plus ou moins alongée, plus ou moins grêle et effilée, c’est ce que nous observons chez plusieurs digitigrades.^ et notamment dans le genre chat. Chez quelques animaux , le gland présente des espèces de bourrelets qui lui donnent des formes plus ou

(1) Ce sceau de la spécificité placé ainsi à l’entrée de l’appareil cliargé de la reproduction de l’espèce, est bien digne d’être remarqué. Qui ne voit là comme une garantie de l’intégrité et de la conservation de celle-ci? Les différences dont il s’agit ne sont cependant pas tellement grandes, du moins en général, que tout croisement entre des espèces voisines soit impossible ; l’existence des produits hybrides, elle* les mammifères eux-mêmes, est un fait trop connu et trop incontestable pour qu’on puisse nier la possibilité de ce croiisement; mais la rareté de ce produit atteste asseï que la nature a mis d’étroites limites à ses propres écarts.

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moins singulières, celle d’un champignon, par exemple, que nous voyons à des degrés différens chez les sapajous et chez le rhinocéros. Enfin, chez les didelphes , le gland se bifurque pour s’approprier au double vagin de la femelle, et Turètre lui-même se partage entre ses moitiés.

J’ai dit plus haut que l’organe excitateur mâle des mammifères était par sa composition anatomique éminemment propre à s’introduire dans le conduit éjaculateur de la femelle, pour y porter et l’excitation et le fluide fécondant que réclame la génération. C’est ce qu’il me reste à démontrer.

A quelle condition la verge pouvait-elle s'introduire dans le canal destiné à la recevoir, et franchir les obstacles que lui oflrent ou l’étroitesse, ou la direction de ce canal, ou même assez souvent les replis et les brides qui en occupent l’entrée? A la condition de pouvoir se raidir contre ces obstacles, et acquérir, au moins dans le moment de l’accouplement, une consistance et une inflexibilité plus ou moins grandes. Cette condition se trouve remplie de deux manières , dans la composition anatomique de l’organe qui nous occupe : d’abord, et constamment par la présence d’un tissu érectile très abondant, puis quelquefois par celle d’un os plus ou moins considérable, dont nous avons déjà signalé la première appai’ition dans le clitoris de quelques femelles.

Le tissu érectile est l’élément prédominant de la verge j il se retrouve dans toutes ses parties, mais surtout dans deux masses alongées , qu’il forme à lui seul , et qui lui doivent leur dénomination de corps caverneux. Ces masses s’étendent ordinairement des os pubiens jusqu’à l’extrémité ou près de l’extrémité de l’organe excitateur. A peu de distance de leur origine , elles se rencontrent et s’unissent, pour ne former, dès ce moment, qu’une seule masse symétrique , une sorte de cylindre creusé à sa face inférieure d’un sillon plus ou moins large , dans lequel se loge le canal urétro-sexuel. Une couche fibreuse et très dense enveloppe le tissu fibro-vasculaire , qui constitue les corps caverneux, et envoie des espèces de brides dans l'intérieur de celui-ci. Cette disposition permet à la verge

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de soutenir reffbrt d’une turgescence sanguine suffisante pour faire succéder à sa flexibilité et à sa mollesse naturelles un haut degré de raideur et de dureté. Chez les cétacés, la couche fibreuse des corps caverneux est tellement épaisse, qu’elle forme environ la moitié du diamètre total de l’organe excitateur.

Nous retrouvons encore du tissu vasculaire érectile dans les parois du canal urétro-sexuel , et surtout à l’extrémité de ce conduit. Ici le tissu dont il est question forme par son abondance la partie terminale de la verge, c’est-à-dire, le gland (l). L’urètre, après avoir longé la face inférieure de l’organe excitateur, où il se loge dans le sillon médian qui résulte de la jonction des deux corps caverneux, l’urètre, dis-je, va s’ouvrir par un orifice de forme très-variable, selon les espèces et selon la forme du gland, tantôt à l’extrémité de celui-ci, tantôt un peu avant cette extrémité, quelquefois un peu sur le côté. Nous avons déjà dit que chez les didelphes ce canal participe à la division du gland, et se trouve ainsi disposé pour distribuer le fluide séminal dans les deux moitiés de l’appareil femelle.

Enfin, chez beaucoup de mammifères , un os plus ou moins développé et placé surtout dans la partie terminale de la verge , vient augmenter la consistance de celle-ci, et concourt à faciliter son introduction dans le vagin et son action stimulante sur ce conduit. Cet os , de forme trèsvariable, se rencontre déjà chez les singes; mais il est surtout très commun chez les carnassiers : souvent il eompose à lui seul la partie résistante du gland, et détermine sa forme et ses dimensions.

La raideur et la dureté de la verge suffisent ordinairement à l’excitation qu’elle doit produire sur l’appareil femelle, et, dans ce cas, la peau qui revêt le gland est douée d’une sensibilité exquise , qu’elle doit à sa finesse, à l’abondance de son réseau nerveux, sensibilité qui s’exalte parla fluxion sanguine érectile du tissu sous-jacent , et qui se conserve à la faveur de l’abri que le repli prépu-

(1) Quelquefois cependant le gland est formé en partie par le corps caverneux qui se piolonge alors jusqu’à l’exlréuiité du pénis.

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ti.ll fournit au {tI.iikI. Mais il est des espèces chez lesquelles ce dernier est disposé pour une excitation beaucoup plus énerjjique que celle qui peut résulter du simple frottement d’un corps raide, mais uni, sur une surface plus ou moins irritable. Chez ces espèces , le ^land porte des papilles ou des écailles d’une certaine consistance, quelquefois même des épines, des pièces dentelées, des crochets. Plusieurs TotKjenvs ^ tels que le cochon d Inde^ Xogoutt^ le castor^ ont leur gland couvert d’écailles. Celui du cochon d’Inde est armé en outre de deux cornes ou crochets renfermés dans une poche qui se déroule au-dehorset les fait saillir au moment de l’érection. Celui de Vngoiiti se distingue par deux lames cartilagineuses placées sur ses côtés, tenant à lui par un de leurs bords, et libres par l’autre, qui est dentelé comme une scie.

Les espèces du genre chat ont l’extrémité de la verge hérissée d’épines , dont la pointe se dirige en arrière. On conçoit quelle excitation doivent produire de pareilles armes; aussi les amours de ces animaux sont-ils plutôt accompagnés de douleur que de plaisir , du moins chez la femelle, qui cependant se montre en général très désireuse des caresses du mâle.

Le gland et les replis prépuciaux des mammifères sont semés de cryptes plus ou moins nombreux, qui sécrètent une humeur sebacee, fort odorante. Ces cryptes et leur produit sont quelquefois très abondants , notamment chez les carnassiers et chez les rongeurs. Les premiers forment même , dans quelques espèces , des amas glandiformes , et nous voyons des poches annexées au prépuce recueillir l’humeur sécrétée par ces organes ; c’est ce qui a lieu en particulier chez le castor et chez le petit ruminant connu sous le nom de musc ( le moschus moschiferus ).

Tous deux nous fournissent des produits sébacés, d’une odeur prononcée et sui generis , que la médecine met à contribution, à titre de stimulans, le cas#oreî/m etXemusc. Les poches dans lesquelles se forment et s’accumulent ces substances, s’ouvrent comme le prépuce, chez le castor, près de l’anus; chez le chevroiain porte-musc , vers l’ombilic.

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Il est de toute vraisemblance qu’un des usages d’une humeur aussi odorante que celle qui est sécrétée par les cryptes prépuciaux, doit être, au moins chez beaucoup d’espèces , d’avertir les individus de sexes dilTérens du moment du rut. Cette humeur est, en effet, beaucoup plus abondante à cette époque que dans tout autre moment.

Les mammifères mâles portent comme leurs femelles des organes mammaires; mais ces organes demeurent sans usage chez eux, et semblent n’exister que pour compléter l’analogie des deux appareils.

APPAREILS DES RELATIOIVS DE l’aNIMAL

DELXIÈME DIVISION.

APPAREILS SP3ÉCIALEMENT DESTINÉS A ÉTABLIR LES RELATIONS DE L’ANIMAL AVEC LE MONDE EXTÉRIEUR.

Considérations générales snr ces appareils.

Les relations de l’animal avec le monde extérieur consistent dans l’action de ce monde sur l’organisme, et dans l’action de l’organisme sur le monde 5 c’est donc aussi une double action qui va de la surface au centre , et du centre à la surface. C’est ici , comme pour la nutrition, la surface qui intervient pour recevoir du dehors et transmettre à l’organisme , pour recevoir de l’organisme, et donner ou rendre au-deliors; c’est encore la surface, c’est l’enveloppe et ses dépendances qui nous fourniront les appareils que nous avons maintenant à étudier.

Lorsque c’est le monde extérieur qui agit sur l’organisme, l’enveloppe intervient comme protectrice, ou comme agent sensible, comme organe de sensation} elle se modifie en conséquence. Lorsqu’au contraire, c’est l’organisme qui agit sur le dehors, cette même enveloppe devient organe de mouvement. C’est nécessairement toujours sur la partie la plus superficielle que portent les modifications qui font du tégument un instrument de sensation ou de protection} c’est, au contraire, sur sa partie la plus profonde que porteront celles qui doivent le convertir en appareil locomoteur. Remarquons toutefois que cette localisation, toute générale qu'elle soit , n’existera pas encore dans les ébauches inférieures de l’organisme animal, et qu'elle demeurera même long-lemj)S imparfaite} car les tissus les plus superficiels conserveront l’élément

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