‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 29 sur 64 · Go P.'lRCiS · texte numérisé non relu

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1)0 sont pas sruk-ment los denfs diles de lait qui ont ainsi un dcvcloppemoot prrcocc» ; avant que l'enfant n'ait vu le jour, on peut facilement constater dans ses mâchoires tous les germes bien dessinés des dents de la seconde dentition. Ces détails anatomiques étaient nécessaires pour nous servir à concevoir plusieurs des vices de conformation des dents dont il va être question.

Le premier de ces vices de conformation est une aberration dans l'époqne du développement normal des dents. Tantôt il est prématuré , et c'est ainsi qu'on voit venir au monde des enfans dont les mâchoires sont déjà garnies de dents: l'on a constaté chez des fœtus de six mois l'existence de dents déjà parfaitement ossifiées ; il paraît , d'ailleurs , que chez certains animaux c'est une loi de leur organisation , que non seulement plusieurs dents existent toutes développées à l'époque de leur naissance; mais chez eux encore, chose plus remarquable! plusieurs de ces dents doivent normalement tomber avant que l'être n'ait vu le jour. Dans ce cas, d'après M. Cuvier , se trouvent les cochons d'inde ; il paraît aussi que , dans le fœtus de la baleine, la mâchoire inférieure se trouve garnie de dents, dont on ne découvre plus aucun vestige chez l'animal adulte. Tantôt, au contraire , l'évolution dentaire est relardée : ainsi il y a des individus qui n'ont pas eu de dents avant sept ans. En pareil cas, on pourrait admettre que la première dentition a manqué, ou bien parce que les germes n'en ont pas existé , ou bien parce que la pulpe , bien que développée comme de coutume , n'a pas sécrété ta portion dure: ainsi les bulbes pilifères ne pro-

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Uuisont pas nécessairement de poil; ainsi, d'après M. GooftVoy-Saint-Hilaire , la pulpe dentaire existerait isolée chez les oiseaux , sans jamais sécréter cette portion dure qui, pour le vulgaire, constitue seule la dent. Dans ce cas, il y a donc absence de la première dentition; d'autres fois, le cas contraire arrive : les ij;ermes des deals de remplacement sont absens ou ne se développent pas, et alors tantôt les dents de lait persistent toute la vie , mais on remarque seuleuient qu'elles diminuent peu-à-peu de volume par une véritable usure, car elles n'étaient point faites pjur une si longue durée d'existence ; tantôt ces dents tombent comme de coutume , mais elles ne sont pas remplacées. Enfin il y a des cas où, pendant toute la vie , s'observe un défaut absolu du développement des dents. On a vu plusieurs individus parvenir, sans jamais avoir eu de dents, à un âge trèsavancé. Si chez ces individus on observe le bord libre des mâchoires, on voit qu'il y a chez eux persistance du iibro-cartilage dont ce bord est revêtu chez les enfans qui n'ont pas encore de dents, fibro-cartilage qui se reproduit chez les vieillards , et qui existe toujours chez les ruminans, là où normalement leur mâchoire est dépourvue de dents. L'absence de ces corps peut être seulement partielle , et ici encore l'on remarque un certain ordre dans cette imperfection de l'évolution dentaire. Ainsi, les grosses molaires , dites dents de sagesse^ sont plus souvent absentes qu'aucune autre dent , et les incisives manquent plus souvent que les canines et les petites molaires. On a vu des cas où aucune incisive n'était développée, et l'on a cité un exemple de ce genre ,

OÙ une semblable disposition était héréditaire dans une famille; d'autres fois» il y a seulement quelques incisives de moins. On a vu , par exemple, manquer les deux latérales; ailleurs les deux centrales de l'une des mâchoires ou de toutes deux. On a quelquefois admis à tort qu'il y avait absence d'un ou de plusieurs corps dentaires, dans des cas où quelque-uns de ceux-ci étaient plus ou moins intimement réunis et confondus. Celte fusion de deux ou de plusieurs dénis, peut avoir lieu dans toute leur étendue, ou ne s'être effectuée qu'en une de leurs parties , dans leur racine, leur collet ou leur couronne. Souvent leur réunion est tellement intime , qu'il y a continuité parfaite de la substance osseuse , et Fo/i a cité des cas où par suite d'une semblable fusion , il n'y avait à une mâchoire que trois dents volumineuses , et même qu'un seul corps dentaire. Mais souvent aussi la réunion des dents s'opère par l'apparition d'une substance nouvelle chez l'homme , analogue à celle qui chez certains anlmimx sert également à réunir plusieurs dents, entre lesquelles ou la trouve interposée, substance que les naturalistes connaissent sous le nom de couche corticale ou de cément. C'est ainsi , par exemple, que sont constituées les dents dites corn- -posées de Céiépliant, et qui ont commencé par être simples. C'est encore ainsi qu'au rapport de M. Geol- 'À froy-Saint-Hilaire, l'os maxillaire des oiseaux commence par être garni de petites denticules qui, plus tard, par leur réunion intime , constituent la partie cornée du bec.

Au lieu d'être absentes ou diuiiuuées de nombre , les dents sont quelquefois plus, nombreuses que de

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coutume, et cela arrive dans trois eonditions principales : ou bien parce que les dents de lait ne tombent pas à mesure que se sont développées les dents qui doivent les remplacer , ou bien parce que de véri-^ tables dents surnuméraires prennent naissance, ou bien enfin parce qu'une môme dent vient à rcpoua.scr. Le premier cas n'exige pas de commentaire ; le second rappelle le cas des doigts surnuméraires : ici d'ailleurs trois degrés existent : dans un premier degré , il y ;t aggiégalion de plusieurs germes, et les dents surnuméraires sont unies à la dent normale ; dans un second degré, elles en sont complètement séparées; dans un troisième de 2; ré , on voit se détacher de la dent normale elle-même un appendice , un prolongement osseux qui a plus ou moins la forme régulière de la dent dont il est une dépendance, qu'il semble comuie doubler, et qui dans plusieurs cas d'ailleurs ne parait être qu'une simple exostose. On a donné à ces espèces d'appendices dentaires le nom de dents prolifères. Les dents surnuméraires, qui ont une existence entièrement indépendante de celles des dents normales, peuvent être sur la même ligne que celles-ci; ce cas est toutefois le plus rare : ainsi Sœmmering a vu cinq incisives à la mâchoire supérieure ; jMeckel parle d'un cas où, chez une fille de quinze ans, rachitique , de petites pointes osseuses, semblables aux denlicules tles poissons, étaient interposées entn^ les dénis normales, et Tesmer dit avoir observé un individu chez lequel existaient à la mâchoire supérieure quatre molaires surnuméraires rangées sur la même ligne que les autres, dont trois à droite et une à gauche. Le plus souveul:, ces dents surnuméraires constitueiU:.,

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une autre rangée plus.ou moins loin de celle des dents normales. Elles peuvent être , par exemple , immédiatement situées derrière les dents incisives , ou disséminées sur la'voûte palatine. On a vu une canine logée dans l'épaisseur de l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur. Sandifort a cité un cas dans lequel il y avait trente-six dents à chaque mâchoire ; les incisives et les canines, doublées de nombre, les deux molaires antérieures triplées, constituaient plusieurs séries. les unes au-devant des autres. Les dents surnuméraires ont été plus souvent observées à la mâchoire supérieure qu'à l'inférieure. Quant aux espèces de dents qui ont le plus de tendance à augmenter de nombre , les incisives et les canines doivent être, sous ce rapport, placées avant les molaires.

Une dent tombée peut-elle repousser une ou plusieurs fois? En ihéorie , on peut le concevoir ; il suffit pour cela que la pulpe ou portion sécrétante de la dent ne soit pas détruite. Un de nos plus savans dentistes, M. Oudet, s'est assuré , par l'expérience, que chez certains animaux la reproduction d'une denl enlevée dépend de cette condition ; il a vu que si on enlève les incisives d'un lapin, en laissant intacte la pulpe de ces dents , elles ne tardent pas à se reproduire. 11 y a des cas bien avérés où une seinblable reproduction a eu lieu chez l'homme. Meckel en a rassemblé trente-deux observations, dans lesquelles on trouve que la reproduction s'est efl'ecluée onze fois pour les incisives , onze fois aussi pour les canines, et douze fois peur les molaires. L'un des faits qu'il rapporte est relatif à un enfant de quatre ans , dont les os maxillaires s'exfolièrent à la suite d'une

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rougeole ; plusieurs de ses dents étant tombées furent remplacées par d'autres qui occupèrent la même place ; mais ces dents ainsi repouss('es tombèrent à leur tour à l'époque de la deuxième dentition , qui eut lieu comme de coutume.

Soit que la pulpe des dents survive dans certains cas à la chute de celles-ci , soit qu'elle se reproduise, soit que des ger-mes surnuméraires existent dans les mâchoires, il y a des cas où, plus ou moins longtemps après l'époque où sont tombées les dents de la seconde dentition , de nouvelles dents viennent à paraître ; et comme cela a surtout lieu dans un âge avancé . l'on a donné à cette troisième pousse de dents le nom do dentition des vieillards. Sur douze cas de ce genre que j'ai trouvés épars dans les auîeurs, l'individu le moins âgé avait trente ans ( Blankard ); un second avait cinquante ans ( Budès ) ; un troisième cinquante-trois ans ( Lanzoni ); un quatrième cinquante-sept ans ( Bauer ); un cinquième soixantetrois ans ( Lochner ) ; «m sixième soixante-dix ans ( Sennert ); deux avaient quatre-vingts ans ( Diemerbroeck , llusca ) ; un neuvième quatre-vingt-deux ans ( Bloch ) ; un dixième quatre-vingt-douze ans ( Isabeau } ; et des deux derniers l'un avait cent quatre ans ( Rusca ) , et l'autre cent dix-neuf ans. Dans ces diflérens cas, tantôt une seule dent a repoussé, tantôt plusieurs, tantôt toutes. Ces dents sont ordinairement d'un petit volume et de peu de durée.

]/augmentationde volume des dents peut dépendre d'un développement anormal ou de leur couronne ou de leur racine.

Parvenue à sa graiidcur accoutumée , la couronne

des dents tend-elle encore naturellement à croître ? jNjîiI doute qu'il n'en soit ainsi normalement chez certains animaux , chez les rongeurs , par exemple ; cependant cet accroissement continuel est sans effet, parce qu'à mesure qu'elles tendent à s'allonger, à mesure aussi elles s'usent, de telle sorte que leur grandeur reste la même. La disparition d'une marque que l'on a faite aux dents incisives d'un lapin démontre que, dans ces dents , il y a simultanément accroissement réel et usure à proportion. Cette usure semble résulter du frottement que les dents correspondantes des deux mâchoires exercent continuellement l'une sur l'autre. Si , en effet , l'une de ces dents, n'existe pas , on voit celle qui lui correspond prendre un accroissement indéfini , en se contournant souvent de la manière la plus bizarre., à-peu-près comme certains ongles qu'on laisse croître. Cet accroissement peut aussi avoir lieu par suite d'un simple changement de direction des dents, et sans qu'aucune soit absente. Sur. la tête d'un vieux rat qui a été présenté à l'Académie royale de Médecine par le docteur De^vergie aîné , j'ai observé dans les dents incisives la disposition suivante : la dent incisive supérieure droite, à peine sortie de son alvéole , se portait obliquement dç haut en bas et d'avant en arrière dans l'intérieur de la bouche ; parvenue au niveau de l'ouverture postérieure des fosses nasales, elle se recourbait en haut, s'introduisait dans la fosse nasale gauche , la parcourait d'arrière en avant ; puis, arrivée à l'orifice antérieur de cette fosse , elle perçait l'os maxillaire, s'eniiaiieait dans l'alvéole de l'incisive placée à colé d'elle, puis, chaugeaut encore du direction, elle allait se

termiaer en pointe au-dessous de l'orbite gauche. Les, deux incisives de la mâchoire, inférieure , singulièrement allongées et recourbées , ressemblaient à deux défenses. L'une d'elles, se portant en haut, se recourbait en cercle , et passant au-devant de l'orbite gauche oblitéré par elle , elle touchait le crâne , et semblait être sur le point de le perforer. Le bord inférieur de l'orbite présentait une gouttière où la dent était togée , et l'œil était atrophié.

L'augmentation de volume des racines des dents a été plus souvent observée chez l'homme qu'une pareille augmentation dans leurs couronnes. On peut aussi trouver ces racines augmentées de nombre : ainsi l'on a yu des molaires pourvues de quatre ou cinq racines ; les canines et les incisives en ont présenté deux, mais jamais au-delà de ce nombre.

La configuration des dents est rarement altérée. Cependant l'on a vu quelquefois les couronnes des molaires, ou tranchantes comme chez les carnivores, ou à ^ros tubercules comme chez les ruminans, ou dentelées comme chez les insectivores. Si nous recherchons pourquoi de pareilles altérations sont infiniment rares , peut-être en trouverons-nous la raison dans, ce fait d'anatomie. comparée , savoir , que telle configuration des dents est riîroureusement liée , dans la série animale, à telle modification correspondante dans la disposition de la mâchoire , de la tête , du, tube digestif tout entier , dies membres , de tout l'être en un mot. Ainsi donc , l'existence chez l'homme d'une molaire tranchante , qui semblerait n'être qu'un yice de conformation bien peu important, serait eu

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réalité une aberration des lois de l'organisme beaucoup plus remarquable que ne l'est, par exemple , la monstrueuse conformation des dents incisives du rongeur dont il a clé question dans le précédent paragraphe.

La direction des dents est sujette à plus d'une variété. Les racines présentent plusieurs espèces de courbures : dans les dents qui en ont plusieurs, on les voit quelquefois singulièrement diverger, devenir obliques, transversales même , ressembler à des espèces de crochets , et de ces vices de direction peu-vent résulter de grandes difficultés pour l'avulsion de la dent. Les couronnes de toutes les dents peuvent être sirauhanémenl modifiées dans leur direction ; ainsi , par exemple , cette direction peut être telle dans les dents inférieures, qu'elles soient toutes situées sur une ligne plus extérieure que la ligne occupée par les dents d'en haut. D'autres fois ce changement tle direction est partiel. Les incisives, par exemple, peuvent j^résenter trois espèces d'obliquité , une antérieure, une postérieure, et une latérale. Les canines s'inclinent fréquemment en arrière; cela doit même arriver pour celles de la deuxième dentition , si elles sortent avant la molaire qui est en contact avec elles ; car, pour que la canine trouve place sur une même ligne que les deux autres dents, il faut nécessairement que les deux molaires antérieures de la seconde dentition , plus petites que celles de la première , aient remplacé celles-ci , et laissent ainsi un plus grand espace à la canine de remplacement, dont le germe est situé directemeat au-desso.'? de la molaire

d'anatomie i»AT!forof;iQur. 269

plus considérable qui doit tomber ( i). Si les molaires antérieures de la seconde dentition présentent rarement des vices de direction, c'est que, plus petites que celles qu'elles remplaceni , elles trouvent toujours assez d'espace pour ne pas dévier de leur direction normale. Cependant cette direction est quelquefois notablement modifiée : ainsi l'on a cité des cas où deux petites molaires étaient adossées l'une contre l'autre ( Sœmoiering, Serres ). Quant aux grosses molaires, resserrées pour leur développement dans un espace plus étroit, elles doivent offrir plus fréquemment des vices de direction. La connaissance de la situation des germes des secondes dents dans l'intérieur des mâchoires, de leurs rapports avec les dents de lait, de la route que suivent ces secondes dents pour arriver au bord libre des os maxillaires , rend d'ailleurs raison d'un fait donné par l'observation, savoir, que les dents de remplacement sont, plus souvent que les premières dents, modifiées dans leur direction.

Les dénis peuvent enfin présenter plus d'une déviation de leur situation normale: tantôt elles existent encore sur le bord alvéolaire, mais non plus à leur place naturelle ; tantôt elles se montrent plus ou moins loin de ce bord. D'après M. Serres, une dent ne pourrait jamiiis être dérangée de sa place accoutumée , au point qu'il y ait transposition des divers ordres de dents sur le bord alvéolaire, et que, par exemple, une canine prît la place d'une incisive, ou

(i) / bvii sur ce sujet le beau travail de M. Serres, Sur le dcvcloppC' n'cnt diS dents.

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s'inlerjDOsât entre les molaires. Il trouve la raison de celte impossibilité dans l'existence du gubernaculum dentis, et de la spécialité de l'appareil vasculaire destiné à former chaque dent. Cependant quelques faits déposent contre cette assertion. Ainsi Meckel a observé un cas oh une dent canine de remplacement s'était développée entre les deux premières dents molaires : dans ce cas l'alvéole où était contenue la canine de première dentition avait persisté. Ce f;iit prouve d'ailleurs que ce n'est pas à l'aide d'une simple pression mécanique exercée sur les dents de la première dentition par les dents de la seconde , que celles-ci les remplacent. Ici, en effet , la canine était tombée , bien qu'au-dessous d'elle n'existât aucune dent qui tendît à la chasser. J'ai vu un cas où les incisives étaient séparées par une canine interposée entr'elles.

Les dents peuvent en outre apparaître quelquefois en d'autres lieux que sur les bords alvéolaires. Albinus, Ruysk , Yan-Swieten, Sabatier, en ont observé d'implantées sur la voûte palatine. Sandifort a fait mention d'un cas dans lequel immédiatement audessous du trou sous-orbitaire existait une dent ressemblant à une petite molaire ; il y avait absence de la seconde petite molaire et de son alvéole. Meckel parle d'un autre cas dans lequel une dent située entre le bord alvéolaire et l'orbite avait sa racine en bas. Enfin on a vu des dents qui , implantées dans la paroi supérieure du sinus maxillaire , proéminaient dans l'orbite. Beaucoup d'animaux nous offrent, comme condition normale de leur organisation, ces diverses situations des dents, qui constituent chez l'homme

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autant do cas pathologiques. Ainsi , chez les mammifères, on trouve déjà quelques variétés dans la position qu'affectent les dents dans les os maxillaires et inlermaxillaires ; chez plusieurs reptiles la voûte palatine en est parsemée : chez les poissons on en trouve, suivant les espèces, dans la voûte palatine, dans le vomer , dans les os ptérygoïdiens , dans certains appendices osseux de l'os hyoïde: enfin, chez certains mollusques, c'est dans l'estomac que se retrouve l'appareil dentaire. Il y a des cas où dans l'espèce humaine on pourrait croire d'abord à l'existence 'de dents implantées derrière le bord alvéolaire , sur un os surnuméraire. Tel est le cas de l'anencéphale , qui , en raison de la double rangée de dents qu'il offrait, avait été désigné par M. Geoffroy - Sain tïlilaire sous le nom de diodoncépliale. Les incisives, situées sur un plan antérieur aux autres dents, étaient soutenues, dans cette position insolite, par un os qui semblait être de nouvelle formation ; mais un examen plus attentif découvrit que cet os n'était autre chose que l'incisif séparé des maxillaires et poussé au-devant d'eux.

Le conduit musculo- membraneux par lequel les alimens sont transmis de la bouche dans l'estomac n'offre qu'un très-petit nombre de vices de conformation : la théorie de ceux-ci ne peut d'ailleurs être éclairée par l'anatomie de développement; car on ne possède encore que des notions très -vagues sur le mode de formation du pharynx et de l'œsophage.

Oa possède des exemples d'absence complète du pharynx , mais ce cas rare n'a été jusqu'à présent observé que chez des acéphales. On l'a vu terminé

en cul-dc-sac à l'un OU à i'aiitro de ses orifices. On l'a trouvé double c])cz les fœtus qui avaient deux tètes et deux cols soutenus par un seul corps. Quelquefois enfin on a disséqué des fœtus dont le pharynx présentait une dilatation partielle , une sorte de pocho plus ou moins analogue à celle que possèdent cer^ tainsoiseaux. Tantôt cette poche était constituée par la totalité des tuniques du pharynx; tantôt ses parois étaient uniquement formées par la membrane muqueuse distendue et faisant hernie à travers la tunique jnusculaire.

Les vices de conformation de l'œsophage sont un peu plus variés que ceux du pharynx. L'étude de ses imperfections de développement peut jeter quelque jour sur son mode normal de développement , qui n'est pas plus connu que celui du pharynx. 11 y a des cas où l'on n'a trouvé que son extrémité supérieure terminée en cul-de-sac; entre celui-ci et l'estomac il n'y avait que du tissu cellulaire. D'autres fois on voit partir du cardia un conduit, qui , après s'être prolongé en haut dans l'espace de quelques pouces,^ linit par un cul-de-sac, au-delà duquel on ne trouve plus que du tissu cellulaire , comme dans le cas précédent. Quelquefois l'œsophage représente un cordon plein , sans cavité dans toute son étendue ; ailleurs cette cavité ne cessait d'exister qu'un peu au-dessus de l'insertion de l'œsophage à l'estomac. Dans un cas de ce genre publié par Van Cuych , l'enfant vomit tout ce qu'on essaya de lui donner, et succomba trois jours après sa naissance. Astley Cooper a rapporté un autre cas dans lequel il y avait absence complète de l'œsophage ; le pharynx se terminait en

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cnl-de-sac, et l'estomac était sans orifice cardiaque; l'enfant vécut huit jours. Ces clifférens vices de conformation sont assez semblables à ceux que présente assez souvent le rectum. Un autre cas plus bizarre que les précédens est celui qui a été publié par M. Martin dans VObservateur des Sciences médicales (Marseille, juillet 1826): sur un enfant mort trentesix heures après sa naissance, on ne trouva d'autre trace de l'œsophage du côté du pharynx qu'un canal long de quelques lignes, qui se terminait en cul-de-sac. Mais immédiatement au-dessus de la naissance des bronches , la trachée-artère présenta un orifice à travers lequel un stylet ayant été introduit pénétra dans un tuyau membraneux , élastique , du calibre d'une petite plume , qui se rendait à l'estomac , et établissait ainsi une communication entre la cavité de cet organe et les voies aériennes. C'est ainsi que dans plus d'un cas d'absence du rectum , on voit le colon s'ouvrir dans la vessie ou dans quelque autre-organe. Au lieu d'être absent ou imparfaitement développé^ l'œsophage peut tendre à se développer en excès. Cela arrive d'abord dans les cas de fœtus plus ou moins complètement doubles dans leurs diverses parties î chez ceux dont un seul thorax supporte deux cols l'œsophage est simple inférieurement et se double supérieurement ; chez ceux, au contraire, qui ont un col simple et deux thorax ^ c'est seulement dans sa portion thoracique qu'on le voit se diviser. La tendance de l'œsophage à la duplication a été aussi observée dans des cas où il n'y avait chez l'individu aucun autre vice de conformation. Ainsi, dans les planches d'anatomie pathologique de Meckel . on trouve IL 18

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représenlé un œsophage qui , au niveau de la première côte , se divisait en deux conduits : ceux-ci éloignés l'un de l'autre en forme de demi-cercle , restent isolés jusqu'à la hauteur de la sixième côte , puis ils se rapprochent , se réunissent intimement ; et enfin l'œsophage redevient simple et demeure tel jusqu'à son insertion à l'estomac. D'autres fois, sans qu'il existe d'ailleurs aucune altération organique , l'œsophage se renfle inférieurement , de manière à simuler le jabot des oiseaux.

Dans quelques cas de transpositions générales des viscères , l'œsophage a été trouvé couché sur le côté droit du corps des vertèbres ; je ne sache point qu'on ait observé d'autres vices de situation de ce conduit.

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