‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 34 sur 64 · LÉSIONS CONGÉNITALES DE NUTRITION · texte numérisé non relu

LÉSIONS CONGÉNITALES DE NUTRITION

La plupart de ces lésions résultent d'un arrêt de développement, et représentent souvent les dififérens états du cœur, tels qu'on les observe , soit dans la série animale , soit dans les diverses phases d'évolution de l'embryon humain.

11 en résulte pour le cœur des altérations de conformation qui peuvent se réduire aux suivantes :

1°. Absence du cœur.

2°. Développement incomplet du cœur.

3°. Excès de développement du cœur.

Après avoir décrit ces différentes altérations, je parlerai , dans deux autres paragraphes , des vices de direction et de situation du cœur.

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§. I. Absence du cœur, ou acardie.

II est une époque de la vie intrà-iitérine pendant laquelle on ne trouve encore aucune trace du cœur, et cependant il existe déjà des vaisseaux. Cet état , normal chez l'embryon , s'est quelquefois retrouvé chez des fœtus beaucoup plus avancés , et même à terme ; à la'place du cœur, qui manquait complètC'uicnt, on a trouvé, en pareil cas, tantôt desimpies réseaux vasculaires, sans aucun tronc, comme cela se voit chez les zoophytes; tantôt on a constaté l'existence des seuls vaisseaux ombilicaux qui s'abouchaient, dans le corps du fœtus, avec quelques petites ramifications vasculaires; tantôt , enGn, la veine ombilicale se continuait elle-niôme avec un système artériel.

Presque tous les cas d'acardie, observés jusqu'à présent , ont été vus chez des fœtus privés de cerveau , et le plus souvent aussi de moelle épinière ; il est remarquable en effet , le cœur manque presque toujours chez les acéphales. Cela a été si bien reconnu , que dans une dissertation sur l'acéphalie (Berlin, 1821), Elben a donné comme synonyme du mot acéphale j celui de monstre privé de cœur. Son travail est effectivement intitulé : De accpliaiis ^ $ive monstris corde carexitibus disscriatio.

Le cœur peut manquer aussi, mais beaucoup plus rarement, chez les fœlus pourvus de cerveau et de moelle épinière. Uu cas de ce genre , dont l'aulhcnticilé ne saurnit ôtre révoquée en douk', u été rap-^

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porté par Marrigues (i) : à la place ordinairement occupée par les organes thoraciques, on ne voyait autre chose qu'une vessie remplie d'eau; il n'y avait ni cœur, ni poumon, ni trachée-artère, ni veine cave, ni aorte , ni thymus ; les côtes étaient bien conformées. Le cerveau , le cervelet et la moelle épinière avaient leur aspect normal ; il n'y avait ni nerf optique, ni nerf olfactif , ce qui coïncidait avec une imperfection de développement des yeux et du nez. Le tube digestif avait une conformation bien digne de remarque : la portion sus-diaphragmatique , conformée comme dans l'état normal, se terminait inférieurementen cul-de-sac. Dans l'abdomen on ne trouvait point d'estomac , mais seulement adhéraient au mésentère trois portions d'intestin , entièrement isolées les unes des autres , et fermées à chacune de leurs extrémités.

§• n. IXÉVELOPPEfflENT INCOMPLET OU IRBÉGULIER DU CŒUR.

( Atélccardle, )

La plupart des conformations normales que présente le cœur dans la série des animaux ont été rencontrées accidentellement chez l'homme.

a. Une seule oreillette, un seul ventricule, artère pulmonaire naissant de l'aorte.

b. Quelques traces de la cloison des oreilk-ttes j un seul ventricule ; l'aorte et l'artère puiraonaire naissant chacune isolément de ce venlrlcule.

(i) Ce fait iinportaut se trouve consigné avec tous ses détails dans le ^oino M du Ri^pçrtoiro d' analomiç et de pli^siulogie pallwto^'"/ uc , pag. 5.

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c. Séparation incomplète des oreillettes ; rudimens de la cloison des ventricules; on voit cette cloison commencer à apparaître au sommet du cœur, et s'étendre peu-à-peu jusqu'à sa base.

d. Séparation complète des ventricules ; séparation incomplète des oreillettes ; persistance du trou de botal. Ce dernier vice de conformation coïncide souvent avec l'absence ou au moins le développement incomplet de la cloison des ventricules.

€. Absence de l'orifice auriculo-ventriculaire droit; persistance du trou de botal. et du canal artériel.

Ces différens degrés d'atélocardie coïncideut fréquemment avec d'autres vices de conformation , qui consistent aussi dans une imperfection de développement. D'autres fois , au contraire , en même temps que le cœur semble s'être arrêté dans son évolution , d'autres organes ont subi un excès de développement, et ce n'est pas là le seul cas où la nutrition , plus active que de coutume dans une partie , devient par cela même moins active dans une autre partie. C'est ainsi que chez des fœtus, dont la plupart des organes sont doubles, il arrive qu'on trouve un cœur composé seulement d'une oreillette et d'un ventricule , ou bien d'un ventricule et de deux oreillettes. Quelquefois chez les fœtus doubles on voit d'un seul ventricule partir deux aortes ou deux artères pulmonaires.

Enfin Tatélocardie , dans plusieurs de ses degrés , peut exister chez des individus dont toutes les autres parties sont d'ailleurs très-bien conformées. Alors la vie extrà-utérine est possible ; c'est ainsi qu'on a plus d'une fois trouvé sur des cadavres d'adultes et de vieillards une absence plus ou moins complète, soit

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de la cloison des oreillettes, soit de la cloison des ventricules. Dans ces cas il y a pendant toute la vie mélange des sangs artériel et veineux, sans qu'il en résulte toujours la maladie connue sous le nom de cyanose.

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