CHAPITRE IV
LÉSIONS DE SÉCRÉTION
Dans l'état normal , il ne s'accomplit d'autre sécrétion dans le cœur qu'une exhalation de graisse entre
(i) Bulletins de la Faculté de Médecine, loin. II.
D ANATOMIE PATIIOLOGIQIE. ôiy
ses fibres musculaires, et une exhalation insensible (le sérosité, telle que celle qui a lieu partout où existe une molécule vivante. De là deux ordres de lésions de sécrétion : les unes consistant dans une modification de l'exhalation graisseuse, et les autres dans une modification de l'exhalation séreuse.
ARTICLE PREMIER
LÉSIONS DE l'exhalation GBAISSEtlSE DL' COEtJR.
Le cœur doit avoir normalement autour de lui une certaine quantité de graisse. Dans les maladies chroniques , où existe une émaciation générale , il arrive le plus souvent qu'on ne trouve plus aucune trace de cette graisse. D'autres fois , au contraire , elle est beaucoup plus abondante que de coutume; elle pénètre alors entre les fibres charnues, et en même temps celles-ci deviennent plus rares et plus pâles ; elles subissent une véritable atrophie. On a donné à cet état le nom de dégénération graisseuse du cœur ; cependant les fibres charnues ne sont point transformées en graisse, elles sont seulement beaucoup moins apparentes, et il faut arriver jusque très- près des cavités pour trouver quelques traces de fibre musculaire. Il y a cependant quelques cas où l'on pourrait dire plus exactement que le cœur a subi une transformation graisseuse : alors, non plus dans l'intervalle des fibres charnues, mais dans leur trame même, on trouve déposée une matière qui graisse le papier et
5l8 PRÉCIS
le scalpel; dans ce cas, c'est la fibre musculaire ellemême qui semble comme infiltrée de graisse. Je n'ai jamais vu une pareille altération que vers la pointe du cœur, et Laennec ne l'a non plus jamais rencontrée que dans cet endroit , ou dans d'autres parties très-circonscrites. Une teinte jaunâtre semblable à la teinte des feuilles aiortes accompagne cette infiltralion graisseuse , elle n'existe que là où l'infiltration a lieu.
Les individus dont le cœur atrophié est en môme temps surchargé de graisse, sont-ils plus sujets que d'autres à périr par une perforation du cœur? on ne l'a pas constaté. On trouve toutefois dans l'ouvrage de M. Bouillaud le cas d'un prêtre qui mourut subitement, et chez lequel on trouva une perforation de l'oreillette droite; le cœur de cet individu élait prodigieusement gras; on ne décrit pas d'ailleurs dans quel état se trouvaient les fibres musculaires.
On a regardé autrefois l'état gras du cceur comme une cause d'asthme et de mort subite ; il n'y a rien de démontré à cet égard.