II
1,8 rnKCis
lieu très-pou de touips nprès la mort ; mais le phis
souvent ces gaz n'étant qne le produit de la putréfaction , ce sera lorsque la putréfaction sera déjà assez
avancée, que les gaz auxquels elle aura donné naissance pourront nu'>diricr la couleur du sang et changer en une leinle brune , verte , elc, , la teinte rouge , qui déjà existait pendant la vie ou qui s'était formée après la mort, soit par hypostase, soit par inibibilion. La bile qn'on trouve après la mort en qnanlilé plus ou moins considérable dans le tube digestif, en tapisse le plus ordinairement la surface interne, sans la colorer; mais quelquefois la matière jaune imbibe la membrane muqueuse, se combine intimement avec elle , et il en résulte une couleur jaune que par le lavage on ne fait pas disparaître. Cette couleur peut n'exister que par taches isolées; ailleurs, elle peut, occuper uniformément une grande étendue : c'est dans l'estomac, où naturellement n'existe pas de bile, que l'on trouve souvent cette couleur jaune très -prononcée. Plus d'une fois , par exemple, j'ai rencontré uniformément teinte en belle couleur d'ocre toiiîe la surface interne de la moitié droite du ventricule. Je serais porté à croire que ce phénomène peut être dû à la présence dans l'cslomac d'un acide, qui doit tendre à séparer de la bile sa matière jaune. Ainsi i5olée, celte matière se combine plus facilement, par imbibition, avec les tissus qu'elle touche, iN'est-cepas ainsi qu'on explique la coloration jaune que présente la membrane muqueuse duodénaîe dans certains cas d'empoisonnement par l'acide sulfurique?
En résumé, la membrane muqueuse gastro -intestinale , dans l'état sain , n'a pas une couleur une et
d'anatomie PATnoLOGiQT:ii. 19
invariable ; elle n'est parfaitement blanche <juei dans lin assez petit nombre de cas que j'ai indiqués. Hors ces cas , elle présente , sans cesser d'être saine , divers degrés de coloration qui dépendent, 1*. de l'hypcrémie passive qui dans toute agonie tend à s'opérer dans les parties richement pourvues de vaisseaux capillaires ; 2*. d'obstacles mécaniques à la circulation veineuse établis plus ou moins de temps avant la mort; 3". de l'accumulalion hypostatique du sang vers les parties déclives; 4*. de la transsudalion de ce même sang à travers ses vaisseaux; 5°. d'une autre espèce de transsudalion qui peut s'opérer , dans quelques cas du moins , à travers la capsule de la rate ; 6'. de la présence de divers gaz dnns les voies digcstives i.u moment de la mort ; 3;°. du développement d'autres gaz , plus ou moins long-temps après la mort , à l'époque variable où s'établit la putréfaction ; 8°. de la combinaison de la matière jaune de la bile avec divers points de la membrane muqueuse gastro-intestinale; 9°. eufin , de l'introduction accidentelle, dans le tube digestif, de divers principes coiorans qui peuvent teindre Sa surface interne, et produire ainsi une couleur qui simule plus ou moins parfaitement un état morbide. Des colorations produites par ces diverses causes , les unes ne peuvent être en aucune manière confondues avec la couleur inflammatoire ; les autres n'en diffèrent que par des caractères souvent peu tranchés ; d'autres enfin, et spécialement celles notées sous les numéros 1 et 5 , et de plus quelques variétés de celles notées sous les numéros 2 et 4 > se confondent entièrement avec la couleur que produirait dans le tube digestif une irritation qu'on y produirait artificielle-
àd PRÉCIS
ment par riniroduction d'un acide mint'ral étendiï d'une quanfilé d'eau suffisante pour qu'il injecte , sansr les désorganiser, les portions de tissus avec lesquelles il est mis en contact.
Il est, de plus, important de noter que, toutes choses égales d'ailleurs, la couleur de la membrane muqueuse gastro-intestinale présente quelques nuances, i". suivant les parties où on l'examine; u°. suivant les âges ; 3°. suivant que, dans l'estomac ou dans le duodénum et le jéjunum , le travail de la digestion s'opérait ou non à l'instant de la mort. Ainsi, dans les cas où chez un adulte l'on trouve la membrane muqueuse décolorée , on peut constater , ainsi que l'a fait remarquer M. Billard , qu'elle est blanchâtre dans l'estomac , d'un blanc cendré dans le duodénum et le jéjunum; que celte nuance cendrée diminue vers la fin de l'iléum , et qu'enfin dans le gros intestin la membrane muqueuse redevient d'un blanc plus mat. Sous le rapport des âges , les précieuses recherches de M. Billard ont appris que la membrane muqueuse sastro-inteslinale est rose chez le fœtus et chez ie jeune enfant, d'un blanc laileux et satiné chez l'adolescent; que chez l'adulte elle prend une légère nuance cendrée , surtout dans le duodénum et dans le commencement de l'intestin grêle , et qu'enfin, chez le vieillard, cette nuance cendrée devient plus prononcée et plus générale , en même temps que les veines sousmuqueuses, dilatées et remplies de sang, soulèvent et colorent la membrane qui les recouvre. D'autres fois, cependant , chez certains vieillards qui meurent décrépits , exsangues , la membrane muqueuse intestinale est remarquable par son extrême pâleur. C'eht
D ANATOMCE I'AriiOLOrTirH,E. 2 1
même, chez des vieillards, et chez de lrè«- jeunes eiifaiis morts dans le marasme , que je crois avoir constaté l'état le plus complet de décoloration de la suri'ace interne des voies digestives.
J'ai parlé plus haut des modifications que le travail de la digestion imprime à la couleur de la membrane muqueuse gastrique intestinale.
L'épaisseur et la consistance normales de la mciubrane muqueuse digestive ne sont pas moins importantes à bien déterminer que sa couleur.
Dans son état physiologique, il s'en faut que^cetli' membrane soit également épaisse dans tous ses points. M. Billard a établi que le maximum de cette épaisseur existe dans le duodénum , et le minimum dans le colon. Entre ces deux extrêmes on trouve : i". la portion pylorique de l'estomac, où la membrane muqueuse est à-peu-près aussi épaisse que dans le duodénum; 2". sa portion splénique, où cette épaisseur est beaucoup moindre ; 3°. le rectum ; 4°- le jéjunum ; 5". l'iléum. La grande épaisseur de la muqueuse duodénale dépend surtout des follicules nombreux qui la parsèment; dans l'estomac, c'est le corps môme de la muqueuse qui a un excès d'épaisseur. M. Louis a cherché à mesurer exactement l'épaisseur relative des diverses portions de la membrane muqueuse gastrique. L'épaisseur de cette membrane dans la grande courbure représente , d'après lui , trois quarts de millimètre; celle de la petite courbure, un tiers h trois quarts de millimètre; et celle du grand cul-de-sac ^ un tiers à trois cinquièmes seulement de millimètre. Certains plis que forme la membrane muqueuse, soit dans reslomac , soit ailleurs, coulribuent à lui donuet
aa PRÉCIS
une aiigmentalion apparente d'épaisseur. Là oà ces plis existent, il arrive assez souvent qu'on trouve une rougeur plus intense cjue dans leurs intervalles; c'est ce qu'on observe , par exemple , pour les valvules conniventes de l'intestin grêle. Mais, si, en opérant une traction de chaque côté de leur base , on sépare les deux portions adossées de muqueuse qui constituent chaque valvule connivente , la membrane déplissée ne paraît pas plus rouge que les portions environnantes.
Dans ce que je viens de dire de l'épaisseur de la membrane muqueuse digestive, j'ai supposé que cette membrane était examinée chez un individu mort d'une maladie aiguë, et dont l'intestin n'était pas gorgé d'une trop grande quantité de sang par l'une des causes précédemment indiquées. Lorsque ce dernier cas a lieu, l'épaisseur de la muqueuse peut être augmentée par le sang qui en distend les vaisseaux, sans que, pour cela, on puisse considérer la muqueuse comme malade. D'un autre côté, chez les individus qui succombent dans le marasme j sans qu'il y ait chez eux irritation gastro-intestinale , la membrane muqueuse digestive s'amincit d'une manière notable ; elle s'atrophie comme la tunique musculaire qui lui est subjacente ; ainsi s'atrophient, en pareil cas, beaucoup d'autres tissus. Cet amincissement est surtout remarquable dans l'estomac, dont la membrane muqueuse, vers le grand cul-de-sac en particulier, ne représente plus alors qu'une sorte de toile extrêmement fine. Sans doutç une membrane ainsi amincie n'est plus dans son état physiologique ; sans doute il doit y avoir dérangement dans ses fonctions j elle
d'aN-ATOMIE l'ATHOLOGtQUE. 2.")
ne doit plus qu'im|jarfailement digérer, coinuie le muscle atrophié ne se contracte plus que d'une manière imparfaite. A ce degré, l'amincissement des ^ parois de l'estomac devient un état morbide ; mais , avant qu'il soit parvenu à cet état, on peut trouver l)eaucoup d'aulres degrés où la diiuinulion d'épaisseur de la membrane muqueuse gastrique est physiologiquement en rapport avec certains états du mouvement nutritif général. Enfin , il me paraît assez vraisemblable que dans la membrane muqueuse digestive doivent se présenter de grandes variétés individuelles d'épaisseur, comme il s'en présente dans l'enveloppe cutanée, comme il y a aussi des différences tout individuelles de volume dans les systèmes musculaire, osseux, etc.
La consistance de la membrane muqueuse gastrointestinale est , en général, en raison directe de son épaisseur. La consistance de la membrane muqueuse est beaucoup plus considérable dans la portion pylorique de l'estomac que dans sa portion splénique ; dans le colon , où l'épaisseur de la muqueuse est à son minimum j sa consistance est aussi très-faible. Dans l'estoniac , dn peut admettre que la membrane muqueuse a son épaisseur naturelle, lorsqu'après l'avoir incisée, sans que les tissus subjacens, et en particulier la membrane lamineuse, aient été lésés par l'incision , on peut facilement en détacher avec une pince des lambeaux assez considérables : il faut qu'on puisse les enlever plus grands dans la portion pylorique que dans la splénique. Dans le duodénum, la disposition ^c la membrane muqueuse est telle , qu'on ne sau-
SJ PRECIS
i*aif en dotachor <:l<*s lambeaux aussi conskléiablos cjm(?> cïans l'ésloma^. I>ans le reste de l'inleslii» , exceptdans le rectum, la membrane muqueuse, bien que flans son état physiologique, se rompt et se déchire, des qu'on essaie d'en détacher quelques lambeaux. Dans ces difiérens points^ d'ailleurs, Ves mêmes circonstances physiologiques qui font varier l'épaisseur de la membrane , comme h quantité de sang qui J'abreuve, et l'état général de la nutrition , en foni également varier la consistance. Ainsi, en même temps que la membrane muqueuse s'amincit, elle tend à se ramollir sans qu'il y ait existence antécédente ou actuelle d'un travail d'irritation.
La membrane muqueuse digestive peut être modifiée, après la mort, dans sa consistance, comme nous avons déjà vu qu'elle l'était dans sa couleur. Ce ramoliissemeat cadavérique a été constaté dans deux circonstances principales ; r. long-temps après la mort, et lorsque déjà des signes de putréfaction existaient dans le cadavre ; 2°. très-peu de temps après la cessation de la vie.
Dans le premier de ces deux cas, la membrane muqueuse ne perd qu'assez lentement sa consistance. Plus d'uiic tbiis il m'est arrivé cfe ne la trouver encore en aucune façon ramollie sur des cadavres d'individus morts depuis huit à dix jours , dont les intestins étaient verts et distendus par des gaz, avec exsudation sanguine, ecchymoses dans l'épaisseur de leurs parois, emphysème sous-muqueux en plusieurs points. Au-delà du dixième jour la membrane muqueuse diminue de consislajice , puis elle se ramollit de plus eti.
d'a^ATOMIL l'ATIlOLOCIQUE. sS
ptiis; du quinzième au dix-huitième jour cllo devient comme de la bouillie , et du vingt-cinquième au trentième elle n'est plus reconnaissable.
Exposée à l'aÎF, la membrane muqueuse se ramollit beaucoup plus rapidement. M. Billard laissa ètenda sur une table pendant douze jours un tube digestil ouvert ; la température de la chambre était de dix degrés au-dessus de zéro , et le soleil y pénétrait chaque jour. La membrane muqueuse ne commença à se ramollir que le sixième jour, époque à laquelle la putréfaction était déjà avancée; le dixième jour elle était pultacée, et, le onzième, elle ne représentait plus qu'une bouillie verdâtre d'une grande fétidité.
Soustraite au contact de l'air et placée sous l'eau, la membrane muqueuse ne se rammollit plus, au contraire, que très-lentement : après avoir laissé séjourner pendant deux mois une portion d'intestin dans la môme eau, M. Billard ne constata qu'au bout de ce t<'mps un ramollissement sensible de la muqueuse ; « cependant, dit-il, elle conservait encore une certaine consistance. Au bout de trois mois seulement on la trouva tellement ramollie , qu'elle ne ressemblait plus qu'à une sorte de couche purulente très-fétide.
Il suit de ces faits que le ramollissement cadavérique de la membrane muqueuse gastro -intestinale ne survient que lorsque la putréfaction est déjà parvenue à un assez haut degré, et passé le temps ordinaire pendant lequel on procède dans la plupart de» cas à l'ouverture des corps. Ainsi donc il semblerait qu'on ^<î devrait jamais regarder comme effectués iiprès la mort les ramollissemens bien prononcés de Umufjueusc gastrique, qu'on observe dans ccllcmeu3>
brane vingt à vingt-quatre heures après la mort. Cependant la solution de celte question se trouve enibarrass(^e , si je puis ainsi dire , par quelques faits dans lesquels , sur des chiens tués dans un Irès-bon état de santé, et ouverts peu de temps après la mort, on a trouvé la membrane muqueuse gastrique entièrement ramollie. De semblables faits ont été vus par M. Bretonneau. M. Trousseau, qui les rapporte [Jrcliiv. de médecine jf tom. XII, pag. 345), adoptant une idée de Hunter, qui aujourd'hui compte en Angleterre de nombreux partisans, attribue en pareil cas le ramollissement de la muqueuse gastrique à l'action dissolvante des sucs sécrétés par l'estomac. D'après plusieurs médecins anglais , ce ramollissement pourrait même s'étendre à toutes les tuniques de l'estomac, et il pourrait en résulter une perforation de ce viscère opérée après la mort. Les argumens sur lesquels ils fondent leur opinion sont les suivans :
1°. Plusieurs, fois en ouvrant des cadavres d'hommes et surtout de divers animaux , on a trouvé les parois de l'estomac singulièrement ramollies ou perfoi;ées , bien qu'avant la mort rien n'eût annoncé chez ces êtres une affection gastrique, et que la plupart d'entr'eux eussent été tués lorsqu'ils semblaient jouir d'une santé parfaite. Adams a trouvé de semblables perforations dans des estomacs de chiens ; Carlislc et Cooper, dans des estomacs de lapins, et Spallanzani, dans des estomacs de poissotis. Avant eux, Iluntcr avait rencontré l'estomac perforé chez un prisonnier qui se laissa mourir de faim.
2". Dans ces différcns cas on n'a trouvé aucune trace de péritonite autour de la perforation , ce qui
d'akatomie pajuologique. «7
aurait du arriver, si la comuiunicalion onlre la cavilé de restouiac et celle du péritoine s'était efl'ectuée pendant la vie.
5°. Le docteur Allan Burns trouva sur un cadavre humain l'estomac perforé là où cet organe est en conlacl avec le foie. S'étant assuré cjue celui-ci était intact, il procéda, deux jours plus tard, à un nouvel examen; mais alors de nouvelles altérations avaient eu lieu; ia portion de foie qui suppléait aux parois détruites de l'estomac était elle-même notablement ramollie et réduite en détritus ; il n'y avait d'ailleurs encore aucun signe de putréfaction sur le cadavre. Dans ce cas, dit M. Burns, n'esl-il pas évident que l'espèce de fonte éprouvée par le foie fut due à l'action dissolvante du même suc qui avait commencé par attaquer et détruire une portion des parois gastriques?
4°. Sur un homme jeune et bien constitué, qui présentait à l'épigastre tme fistule stomacale , suite d'un coup de feu, le docteur Lovell^ chirurgien en chef des armées des Klats-Unis , recueillit une certaine quantité de suc , qui s'écoulait par la fistule. Reçu immédiatement dans une fiole, ce suc y fut mis en contact avec de la viande, et l'on vit qu'il la dissolvait avec une grande activité de la périphérie au centre; elle fondait, dit l'auteur de cette observation, comme un morceau de gomme arabique qu'on tient dans la bouche. Si telle est l'activité du suc gastrique , ne peut-on pas concevoir que si après la mort il se trouve dans l'estomac en certaine quantité , et doué de certaines qualités, il puisse opérer la dissolu-
i»8 vnvA.is
tioti des luniques du ventricule, comme on vient do
voir qu'il dissolvait la chair morte?
D'après ces faits , faut-il admettre, comme une chose démontrée, le double phénomène du ramollissement et de la perforation des parois de l'es^tomac effectué après la mort par le suc gastrique? Je pense que ces faits doivent être pris en considération , mais qu'ils ne sont ni assez nombreux , ni assez circonstanciés pour qu'il ne faille pas attendre que de nouvelles observations viennent en confirmer ou en infirmer les conséquences.
Les follicules, isolés ou agglomérés, qui parsèment la membrane muqueuse gastro-intestinale , jouent un rôle capital dans les maladies de cette membrane ; i! est donc important de bien déterminer quelles variétés d'aspect ils peuvent présenter , sans cesser d'être pour cela dans leur état physiologique.
Dans la plus grande partie des cadavres d'adultes , dont le tube digestif ne semble point altéré, on ne trouve de follicules bien manifestes qu'en deux points de ce tube ; savoir, au pourtour de l'orifice cardiaque de l'estomac, et dans le duodénum. Déplus, dans la partie inférieure de l'iléuin , on trouve certains endroits où , au toucher , les parois intestinales semblent plus épaisses qu'ailleurs , et où , placées entre l'œil et la lumière, ces mômes parois n'ont pas leur transparence accoutumée. C'est là que chez d'autres individus apparaissent les follicules agminés, que l'on connaît sous le nom de glandes de Peyer.
Chez les enfans, les follicules sont naturellement plus développés, et sont, apparens dans un plus grantj
d'aNATOMIE rATHOLOGIOtTE. 2()
nombre de points. Ainsi il est commun chez eux , quand même rien n'indique l'existence d'une affection intestinale, de trouver à la surface interne, soit de l'intestin grêle, soit du gros intestin, des pelils corps arrondis, blancs ou grisâtres, percés d'un orifice central, dont le pourtour est souvent coloré en un gris foncé, et qui, bien manifestement , ne sont autre chose que des follicules. Chez un grand nombre d'enfans dont le tube digestif ne paraît pas avoir élé non plus altéré , on trouve avec ces follicules isolés d'autres follicules agglomérés, pressés les uns à côté des autres en innombrable quantité , de manière à constituer par leur réunion de très-larges plaques (jui peuvent occuper dans l'intestin grêle l'étendtie d'un à trois pieds. Au centre de chacun de ces follicules on trouve souvent un point coloré en gris-bleuâtre ou en noir, d'où résulte pour la plaque entière un aspect pointillé. Ayant trouvé ces plaques (glandes agminées de Peyer ) à ce degré de développement, et ainsi colorées , chez desenfans morts subitement d'accidens, ou de maladies iout-à-fait étrangères à l'appareil digestif, je crois pouvoir établir qu'elles ne constituent point dans l'enfance un état pathologique. Mais chez l'adulte, sont-elles un indice de maladie? Nul doute que chez plusieurs individus qui succombent avec une diarrhée chronique, la lésion la plus remarquable , la plus saillante , qu'on trouve dans le tube digestif, soit un développement insolite des follicules, développement semblable à celui que nous venons de voir tout-à-l'heure exister normalement chez l'enfant. En outre , chez plusieurs autres indiv»dns, convalescens d'une gastro-entérite avec svmp-
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lûmes graves, dilsadynamiqueset ntaxiquos, el morts d'une autre maladie, j'ai rcnconlro souvent à la surface interne du tube digestif, vers la fin de l'iléum , les glandes agminées de Peyer apparaissant sous la forme de vastes plaques pointiliées de noir. Je crois que , dans ce dernier cas , les plaques pointiliées , découvertes par la nécroscopie , indiquaient un état d'hypertrophie de ces corps , vestige de l'irritation récente qui les avait frappés. Mais cet état d'hypertrophie aurait pu persister, sans qu'il en résultât aucun accident. Ce qui le prouve, c'est que chez d'autres individus adultes on trouve un pareil état des follicules, bien qu'à l'époque où la mort est survenue il n'y eût aucune espèce de maladie dans les voies digeslives. En définitive, je pense que le grand développement des follicules intestinaux n'est pas chez l'adulte un état normal : il peut résulter d'un travail antécédent de phlcgmasie aiguë, et persister comme vestige de ce travail ; il peut aussi avoir lieu sans trace appréciable d'irritation antécédente, être lié à une simple exagération de la nutrition normale ; ou , si l'on veut, il peut dépendre de ce que la nutrition de ces follicules persiste à être , chez l'adulte , aussi active qu'elle l'était chez l'enfant» C'est ainsi que chez l'adulte le foie peut rester aussi développé qu'il était dans les premières périodes de son existence ; c'est encore ainsi que chez un homme de moyen âge on peut trouver , sans qu'il y ait maladie, les divers ganglions lymphatiques aussi gros qu'ils le sont chez l'enfant. 11 suit de ces considérations, que les follicules intestinaux, soit ceux qui sont isolés» soit ceux qui, par leur agglomération vers la partie inférieure de
d'anatoaîie pathologique. 5i
l'iléum, y constituent les plexus de Peyer, peuvent, chez l'adulte, être tantôt apparcns, et tantôt à-peuprès invisibles , sans que ni l'un ni l'autre de ces cas soit véritablement un état morbide, en ce sens que tous deux peuvent avoir lieu , sans qu'il en résulte aucun désordre des fondions digestives. L'analomie comparée nous montre, d'ailleurs, comme un état normal un développement très-grand de ces follicules. Ainsi, sur la plupart des chiens sacrifiés aux expériences physiologiques , on trouve dans l'intestin grêle de nombreuses et vastes plaques pointillées de noir, tout-à-fait semblables à celles qui existent aussi chez l'homme , mais d'une manière si peu constante , qu'on a regardé comme pathologiques les cas où on les a rencontrées. On les a également observées dans le canal intestinal d'un £[rand nombre de moutons tués pour les boucheries. Bien souvent aussi j'en ai constaté l'existence sur les chevaux ; mais , ignorant si ces animaux n'avaient point eu d'affection des voies digestives, je ne puis pas, chez eux comme chez les êtres précédens , donner l'existence de ces plaques comme une preuve qu'elles appartiennent à l'état de santé.
Les tissus subjacens à la membrane muqueuse se présentent, dans l'état sain, avec les caractères suivans :
Le tissu cellulaire sous-muqueux doit être sous forme d'une couche blanche , d'une assez grande densité , parcourue ou non par un certain nombre de veines plus ou moins gorgées de sang. La tunique charnue doit être pâle, semblable pour la couleur aux muscles des animaux à sang blanc, ayant son
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maximum d'opaâssciir dans la portion pyloriquc de l'estomac et dans le rectum, paraissant d'autant plus épaisse, que l'intestin se trouve plus resserré. Chez les individus qui meurent dans le marasme, sans irritation chronique du tube digestif , la tunique musculaire gastro-inteslinale s'atrophie notablement. Le tissu cellulaire interposé entre cette tunique et le péritoine est à -peu -près invisible dans l'état sain ; il faut tenir compte de cette disposition , parce que, dans certains cas pathologiques, ce tissu peut s'hypertrophier et contribuer à la formation de plus d'une tumeur.
Rien n'est plus variable qiie la capacité présentée par les intestins dans les diiférens cadavres. Mais ce qu'il faut bien savoir, c'est que d'une part ou peut trouver le tube digestif très-rétréci , bien qu'il ne pré-' sente d'ailleurs aucune lésion appréciable, et que d'autre part on peut le trouver très-large , bien qu'il présente des traces non douteuses d'irritation. Quelquefois on trouve un seul point rétréci , formant comme une sorte d'étranglement; et , soit au-dessus, soit au-dessous de ce point, l'intestin est très-ample; cependant on ne rencontre pas plus de trace d'irritation dans le point rétréci qu'ailleurs. J'ai observé plusieurs fois une grande blancheur à la surface interne d'estomacs qui étaient tellement revenus sur euxmêmes, qu'ils surpassaient à peine le volume du colon. J'ai trouvé très-amples d'autres estomacs qui avaient été désorganisés par de l'acide suifarique.
La surface interne du tube digestif doit être lubréfiée dans l'état sain par une quantité médiocre d'un mucus grisâtre, visqueux . qui se rassemble en pulpe
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assez consistante sur la lame du scalpel , avec lequel on gratte légèrement la membrane. Dans l'estomac , ce mucus est pur, lorsqu'il n'est pas mêlé aux substances avalées ; il s'y accumule, et y est ultérieurement digéré dans les cas où aucun aliment n'est pris depuis long- temps. On en sollicite la sécrétion en introduisant dans l'estomac un corps inerte , soit un caillou autour duquel il s'amasse , soit une éponge , qu'on en retire imprégnée de ce mucus. Dans l'intefstin grêle, ce mucus est mêlé à une certaine quantité de bile; dans le gros intestin il est remplacé par des matières fécales , que l'on trouve souvent en grande quantité dans le colon d'individus qui cependant n'ont rien mangé depuis long-temps.