‹ Précis d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 39 sur 57 · IL · texte numérisé non relu

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Irait dans leur intervalle , fournissait les branches intercostales antérieures et postérieures correspondantes, rampait un moment sous la plèvre, et, se continuant avec ua tronc artériel intercostal , venait se jeter dans l'aorte à un demi-pouce au-dessous du point rétréci. La cervicale profonde présentait cette particularité , que, parcourant un trajet moins considérable et descendant plus directement le long de la partie postérieure et supérieure du dos , elle se divisait en trois branches volumineuses qui , pénétrant séparément dans la poitrine entre les intervalles des quatre premières côtes, et fournissant également les intercostales correspondantes, arrivaient à l'aorte, dans laquelle elles se débouchaient par aut'.nt de larges ouvertures. Une disposition semblable s'observait du côté gauche. La cervicale transverse et la cervicale profonde un peu moins volumineuses, mais suivant le même trajet , pénétraient également dans la poitrine et venaient se terminer au côté gauche de l'aorte^ au-dessous du point rétréci. On remarquait, en outre, de ce côté l'intercostale supérieure , laquelle, née de la sous-clavière, venait se confondre avec le tronc de la dernière intercostale aortique ; les artères mammaires internes droite et gauche étaient remarquables par leur volume considérable; leur calibre dépassait celui de Thumérale. Toutes deux, après avoir parcouru leur trajet accoutumé, et diminuant un peu vers la partie inférieure du thorax, augmentaient sensiblement de calibre, devenaient très-flexueuses ; puis, se continuant avec l'épigastrique , et ne constituant avec elle qu'un tronc unique dont le volume dépassait celui des iliaques externes, elles venaient se jeter dans

d'anâtomie pathologique. 5;i

î'artère crurale , qui s'en trouvait considérablement augmentée. Les tuniques de l'aorte ne présentaient aucune altération de texture, si ce n'est dans quelques peints isolés, où elles se montraient légèrement épaissies. Près du point rétréci les membranes semblaient être également dans un état parfait d'intégrité. Vu à l'intérieur, le rétrécissement avait une forme circulaire très - régulière ; son diamètre était celui d'une plume de corbeau.

Dans les cas que je viens de rapporter, le rétrécissement de l'aorte a-t-il été le résultat d'une maladie survenue à une époque plus ou moins éloignée de la vie intrà-utérine ? c'est ce qu'il est impossible de décider. Mais il est d'autres cas où l'on ne peut douter que telle ne soit l'origine du rétrécissement de l'aorte ou d'autres artères. C'est lorsqu'on en trouve les parois épaissies, ou la cavité diminuée par la présence d'ossifications ou autres produits morbides. Le rétrécissement dû à ces causes est parfois assez considérable, pour que le calibre de l'aorte abdominale se trouve réduit au calibre de l'artère fémorale. J'ai vu un cas où l'une des iliaques externes, transformée en un canal presque complètement osseux, présentait une cavité si petite qu'un stylet de médiocre grosseur put à peine y être introduit. Cette sorte de rétrécissement peut exister dans une grande étendue de l'artère, ou n'avoir lieu que dans un lieu très-circonscrit ; il peut être produit dans ce point par une lame osseuse qui proémine au dessus du niveau de la surface intérieure du vaisseau.

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m. Obtitérat'wn des artères.

Elle a été vue assez souvent dans plusieurs artères de second ou de troisième ordre , et quelquefois dan& le tronc aortique lui-même.

Lorsqu'on examine le point où existe l'oblitération de l'artère 5 on reconnaît que cette oblitération n'est pas toujours due à la même cause. Ainsi , là où l'artère ne présente plus de cavité, tantôt on ne trouve autre chose qu'un simple cordon ligamenteux pareil à celui que forme chez l'adulte l'artère ombilicale; tantôt le point où l'artère est oblitérée est occupé par des caillots fibrineux très-denses , très-résistans , présentant des traces d'une organisation plus ou moins avancée , adhérant intimement aux parois de l'artère , et se confondant avec elles. Tantôt enfin l'oblitération résulte de l'obstruction complète de la cavité de l'artère par des oncrétions ossiformes.

La première espèce d'oblitération a été observée deux fois dans l'aorte ; une fois chez un jeune homme de quatorze ans dont on trouva l'aorte complètement oblitérée au niveau du point d'insertion du canal artériel ( i ) , et une autre fois chez un second individu également âgé de quatorze ans , et dont laorte était oblitérée dans Tétendue de six ou de sept lignes au dessous de la sous-clavière gauche (2). Chez ces deux individus le cœur était augmenté de volume;, chez tous deux il y avait eu tous les signes d'une aflce-

(i) Aslley Cooper, Mémoire sur la (i^aiure de l'aorte, (2) Journal de Corvisart, etc. y tom. XXXHI.

d\\NATOMIE rATliai.OGIQUE. ^Jù-

tien organique du cœur; chez tous deux, enfin, la circulation avait continué à l'aide des artères collatérales considérablement dilatées. Mais chez le premier, le canal artériel était transformé, comme de coutume , en cordon ligamenteux, tandis que, chez le second, il était perméable et d'un grand calibre.

La seconde espèce d'oblitération a été plus fréquemment observée que la première; toutefois on n'en a pas cité d'exemple pour l'aorte. Plus d'une foison t'a vue coïncider dans les artères des membres inférieurs avec la gangrène dite sénile, et l'on peut raisonnablement penser qu'en pareil cas c'est l'oblitération des artères qui produit cette gangrène ; au moins n^en est-elle pas l'effet, car chez un individu mort à l'hôpital Beaujon avec une gangrène de l'un des pieds, et dont toutes les artères de la jambe de C€ côté étaient complètement obstruées par des caillots fibrineux d'une grande consistance, nous avons trouvé, M. Blandin et moi, un commencement d'obstruction semblable dans les artères de la jambe du côté opposé , et cependant de ce côté il n'y avait aucune trace de gangrène, mais aussi il n'y avait encore que rétrécissement 'considérable des vaisseaux, et non oblitération comme du côté où la gangrène existait. 11 me paraît très-vraisemblable que si l'individu eût vécu plus long-temps , les artères du côté non gangrené se seraient obstruées de plus en plus, et qu'alors de ce côté aussi le pied aurait été frappé de gan-

grené.

En disséquant le corps d'un individu mort d'une attaque d'apoplexie, et chez lequel existaient quatre dilatations anévrysmales de l'aorte, l'une à la (in do sa

crosse, l'autre au niveau de la septième vertèbre dorsale, la troisième au niveau de la première vertèbre lombaire, et la quatrième immédiatement audessus de la bifurcation de laorte , Chaussier a trouve entièrement obstrués par des caillots de sang fibrineux, solides, semblables à ceux qui remplissaient les poches anévrysmales , les orifices de plusieurs artères intercostales, de l'opisto-gastrique, et de la mésentérique supérieures; de telle sorte qu'il ne restait que l'artère mésenlérique inférieure pour envoyer le sang aux organes digestifs : cependant le volume du tronc de cette artère n'était pas augmenté ;, mais ses branches avaient acquis plus de volume, et en y injectant un liquide, on le voyait se distribuer à l'estomac , au foie, à la rate, au mésentère , comme si aucune artère n'avait été oblitérée (i).

Nous trouvons un exemple de la troisième espèce d'oblitération dans un cas qui a été publié par le docteur Goodisson de Dublin (2). Près de l'origine de l'artère mésentérique inférieure existait sur le trajet même de l'aorte une tumeur dure comme un morceaude pierre. C'était l'aorte elle-même dont les parois étaient devenues le siège d'une ossification considérable , qui , faisant saillie à l'intérieur de l'artère , n'avait laissé d'autre cavité qu'un très -petit pertuis, obstrué lui-même par une concrétion fibrineuse d'une grande densité; l'auteur de l'observation la compare à la substance musculo-cartilagineuse qui forme les parois de l'estomac de certains oiseaux. L'artère sacrée moyenne avait complètement disparu; l'artère iliaque

(î) Bulletins de la FacuHé de Mcdcclnc , luui VI , pag. i49- (■a) îbid. , pag. lôS»

D ANATOMIE PATlIOLOCiOlJE. O'^l)

pituiillve gauche dans toute son étendue, une partie de l'iliaque externe de ce côté, et le commencement de l'iliaque primitive droite, ne présentaient plus aucune trace de cavité. Il en était de même de l'artère mésentérique inférieure à son origine.

Malgré toutes ces oblitérations, la circulation avait continué à l'aide des changemens suivans survenus dans la disposition normale des vaisseaux.

Les artères mammaires internes étaient volumineuses et très-flexueuses. Celle du côté gauche s'anastomosait , près de l'épine postérieure et inférieure de l'os des îles, avec une branche considérable provenant d'une des intercostales. Au tronc qui résultait de cette union se rendait une branche très-considérable qui se détachait de l'aorte, entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires: ces vaisseaux, réunis en un seul, s'abouchaient dans l'artère circonflexe de l'i- Jéum, considérablement agrandie, et celle-ci conduisait enfin le sang dans l'iliaque externe, au dessous du point où elle était oblitérée à droite, le cours du sang était à-peu-près rétabli comme à gauche. Les extrémités inférieures n'étaient nullement atrophiées.

Béclard pensait qu'une des causes de la gangrène sénile pouvait être l'oblitération des artères par l'ossification de leurs parois, soit que cette ossification fût assez considérable pour en épaissir les parois au point de les mettre en contact, soit que quelque lame osseuse , détachée de ces parois, vînt à obstruer la cavité du vaisseau.

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