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(i<'S subslances déJélcres onl été introduiles? Or. ces désordres de fonctions et d'organes que produit l'expérimentateur, lorsqu'il introduit directement dans le sang diverses substances délétères, sont également ceux qui se produisent sous l'influence de la piqûre ou de la morsure de certains animaux; ce sont encore ceux qui naissent par suite du contact de viandes d'animaux morts du charbon ; ce sont encore ceux qu'on observe dans les varioles, rougeoles, scarlatines , dites de mauvais caractère. Ce sont ces mêmes désordres qui se manifestent chez les individus exposés à des émanations putrides , végétales ou animales , à des miasmes dégagés du corps d'autres hommes malades eux-mêmes et entassés dans des lieux resserrés où l'air s'infecte sans cesse , sans pouvoir se renouveler. Enfin, ce sont ces mêmes désordres qui apparaissent chez des individus dont le sang n'est qu'imparfaitement ou que vicieusement réparé par wne alimentation insuffisante ou malsaine. , Dans tous ces cas que saisissons-nous comme élément commun , si je puis m'exprimer ainsi ? Ce n'est pas la lésion déterminée d'un ou de plusieurs organes; car la nécroscopie n'en a plus d'une foisc découvert aucune, ou bien elle n'a montré que des congestions semblables à celles qu'on observe dans mille autres circonstances , et qui , cependant , ne ■j^roduisent aucun accident analogue. Que trouvonsnous donc? Un sang vicié par son mélange avec des substances délétères; puis, comme conséquence de celte viciation du sang, une altération des fonctions du système nerveux ; puis enfin , une fois lésés dans leur ensemble, le sang qui nourrit les organes, et le
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système nerveux qui les vivifie , nue inodiGcatiou constante , mais non toujours appréciable , de ces organes dans leurs fonctions ou dans leur texture.
Enfin , des maladies semblables à plusieurs des précédentes , soit sous le rapport des symptômes , soit sous celui des résultats de la nécroscopie , surviennent assez souvent dans des cas où aucune substance délétère n'a été introduite dans le sang, et où rieii ne prouve directement que ce sang altéré ait été la cause première des phénomènes morbides. Si cependant entre ces phénomènes et ceux qui ont évidemment apparu sous l'influence d'un sang vicié , il y a parfaite identité, si l'ouverture des cadavres n& montre pas plus ici que dans les cas précédens de lésion constante dans les solides, et si l'on voit toujours un certain nombre de symptômes fondamentaux apparaître , soit que ces lésions manquent ou existent , quvi devrons-nous logiquement et physiologiquement en conclure? C'est qu'ici encore , comme dans les cas précédens, la cause première de^ la maladie semble devoir être rapportée au sang , qui , sous l'influence de causes inconnues , s'est ici spontanément altéré , comme ailleurs il se vicie par suite de son mélange avec diverses substances étrangères. Peut-être y a-t-il des cas de ce genre où la modification du sang n'est elle-même que secondaire à une modification du système nerveux : si , par exemple , sous l'influence d'une vive émotion mtu'ale , ce système , tout-à-coup perverti dans son action , cesse d influencer convenablement les difierens organes où le sang s'élabore , ceux où il se dépose , ceux où il prend de nouveaux matériaux, ce sang ne devra-t-il
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pas s'allérer à son tour? et de là ruille désordres or-r ganiques et fonctionnels, qui varieront beaucoup ea raison du n.ode et de l'intensité de l'altération primitive de l'innervation. Alors on pourra voir naître d'une manière sporadique ces mêmes maladies typhoïdes ou autres que nous avons vues tout-à-1 'heure régner épidéraiquement , sous l'influence de causes nianitestes d'infection du sang. Sans doute , je le répète encore , il y a dans tout cela probabilité sans certitude ; mais qu'y a-t-ii de plus dans l'opinion de ceux qui regardent tous ces désordres comme le résultat constant, nécessaire, d'une inflammation aiguë de. Ve.stomac? Est-ce à dire que celle-ci n'a jamais lieu? Un ne me supposera pas sans doute une pareille opinion. Mais , ce que j'affirme ^ c'est que plus d'une fois rien ne démpnlre l'existence de celte gastrite, qu'on ne peut Tadmeltre que par analogie , et qu'il y a autant de physiologie dans une de ces hypothèses que dans l'autre. Si donc il n'y a de tous côtés qus des conjectures plus ou moins vraisemblables , il doit y avoir utilité pour la science à ce que toutes soyent présentées, pourvu qu'on ne les donne que comme des conjectures, basées, toutefois, sur assez de faits, sur assez de considérations physiologiques pour devoir être prises en considération. Il me paraît bien certain que les théories du solidisme en général , que celle de l'irritation en particulier, sont insuffisantes pour rendre raison de tous les faits observés. En pareille position que faut-il faire ? Prendre un autre point de vue , et examiner ce qu'il nous donnera.
Jusqu'à présent je n'ai signalé sommairement que les cas des maladies aiguës dont on peut, avec queL-
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que fonde II) en t , placer la cause prennère dans l'altération du sang. A cette même altération semblent aussi pouvoir être rapportées un certain nombre d'atTections chroniques. Interrogeons encore les faits à cet égard.
Lorsqu'un individu se nourrit en surabondance d'alimens très- azotés, iorsqu'en même temps son corps dépense peu, son sang devient très-riche en fibrine, et il est disposé aux maladies inflammatoires dont j'ai déjà parlé. Voilà souvent tout ce qu'on observe. Mais , chez d'autres , placés dans les mêmes circonstances, on voit s'établir dans le rein une sécrétion surabondante d'acide urique (gravelle) ; et souvent, en même temps que cet acide existe dans i'urine en beaucoup plus grande quantité que de coutume, il vient à être morbjdement sécrété en plu-^ sieurs points de l'économie : il remplit les articulations , ib se dépose entre les tissu» fibreux qui les entourent ; on le retrouve en amas entre les faisceaux de plusieurs muscles, dans le tissu cellulaire sous-cutané, et jusque dans les extrémités spongieuses des os. J'ai trouvé des dépôts d'acide urique dans toutes ces parties simultanément chez un individu, mort à la Charité , et dont l'observation se trouve consignée dans la dissertation inaugurale du docteur Fauconneau Dufrène. En pareil cas il semble que vet acide urique , qui apparaît de toutes parts , et que la chimie reconnaît d'ailleurs être un des principes immédiats aqimaux le plus fortement azotés, il semble, dis-je, que cet acide , sous l'influence d'une nourriture éminemment azotée , s'est formé ^n excès dans le sang, d'où il s'est séparé, i". par
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son éinoncloirc naturel , 2°. dans la trame ou à la surface d'autres organes. Aussi, comme l'a remarqué M. Magendie, le meilleur moyen pour faire disparaître cette sécrétion surabondante d'acide urique est de changer le régime des individus , de leur donner des alimens le moins azotés possible. Or, dans tout cela que voyons-nous? des alimens qiti modifient la composition du sang, et par suite'âes maladies produites. D'après ces idées , il y aurait donc autre chose, dans les affections dites goutteuses, que la simple irritation toute locale d'un organe , celle-ci ne serait qu'un phénomène secondaire , et dans ces affections il y aurait d'autres indications à remplir que celle de combattre les douleurs articulaires par des émissions sanguines. Ce ne serait pas une objection à ces idées que de dire que la gravelle et les différens dépots d'acide urique s'observent quelquefois chez des individus qui sont loin de se trouver dans les conditions d'alimentation que je viens de signaler; car on peut concevoir qu'indépendamment du régime l'azote du sang peut devenir spontanément prédominant, et que par suite une plus grande quantité d'acide urique peut se former ; mais il est d'observation que ce n'est pas là le cas le plus commun (1).
On trouve dans le précieux ouvrage du professeur Dupuy sur l'affection tuberculeuse un fait qui rentre
(i) Les expériences de M. Edwards ont récemment démontré que l-'s animaux expirent moins d'azote pendant 1rs saisons froides. N'est-ce pas là une des causes qui, dans les pays froids et liumides , peut favoriser la formation surabondante de l'acide urique? Ce serait en pareil cas ujie bécréiiuu qui en suppléerait une autre.
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dans la série des précédens. Ce savant rappoile que sur plusieurs vaches dans les poumons desquelles on irouva d'abondans dépôts de carbonate de chaux, ou constata que le lait contenait également de ce sel une beaucoup plus grande quantité que de coutume. A cette époque avancée de la vie où plusieurs organes deviennent si fréquemment le siège de dépôts de phosphate calcaire, est-ce dans le sang, où ce sel serait surabondant, qu'il faudrait en chercher la cause ?
Sous l'influence d'autres conditions dans les r.gens extérieurs par lesquels le sang se répare ou s'élabore (alimens et air) , on voit naître divers ordres de maladies, dont le point de départ, en pareil cas, semble encore devoir être placé dans le sang ; de plus, ces diverses maladies naissent plus ou moins souvent , sans qu'il y ait eu modification antérieure de l'air et de l'alïmeiitalion; mais comme les phénomènes restent les mêmes, il semble raisonnable de conclure que la cause en est la même , que celte cause réside toujours dans le sang. L«à, en effet, où il y a identité d'effets, ne doit-on pas reconnaître identité de causes? Passons en revue plusieurs de ces états morbides , dans les productions desquels l'altération du sang me semble jouer un grand rôle.
Dans des temps de disette , on a vu des populations entières être réduites à chercher une alimentation insuffisante dans l'herbe des champs, et s'en nourrir plus ou moins exclusivement. Or, en pareil cas, Lous les observateurs ont vu paraître , à la suite de ce genre de nourriture, un état morbide constant, savoir, l'hydropisie , comme si, à mesure que le sang devenait de plus en plus pauvre , dépourvu de fibrine , et
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qu'il n'était presque plus que de la sérosité, celle-ci, s'échnppait plus facilement des vaisseaux, et s'auiassait soit dans le tissu cellulaire, soit dans les diverses cavités séreuses. D'ailleurs, cette espèce de dialhèse séreuse peut aussr se manifester spontanément» J'ai consigné ailleurs (^Clinique médicale, tom. HI) l'histoire de quelques individus hydropiques dont l'ouverture des cadavres, ne présenta aucune altération appréciable dans lessolidçs, mais chez lesquels il n'y avait partout, au lieu de sang , que de la sérosité. Du moins ce sang était-il partout dans u^ état tout spécial; il était privé de sa matière colorante, et s'il contenait encore de la fibrine, celle-ci avait perdu la faculté de se coaguler ; elle était dissoute dans la sérosité surabondante qui était partout l'élément. chimique prédominant. L'hydropisic coïncidant avec un pareil état du sang, peut se manifester soit chez des individus qui auparavant étaient bien portans, soit chez d'autres épuisés par une longue maladie. Les premiers y semblent comme disposés par leur teint pâle, blafard, leurs chairs molles, l'état de demi-^ infiltration habituelle de leur tissu, cellulaire souscutané. Applique-t-on des sangsues sur cette peau décolorée? Au lieu de véritable sang, c'est souvent «ne sérosité roussâtre qu'on voit sortir des piqûres, et, comme alors il n'y a pas de coagulation possible, c'est souvent avec peine qu'on parvient à arrêter cet écoulement. Déterraine-t-on sur la peau une irrila-r tion quelconque? Peu de rougeur apparaît, mais dan^ le tissu cellulaire subjacent au point irrité on voits'efr fectuer une rapide accumulation de sérosité- Ainsi, dans ce cas, le produit de l'irrilalionse trouve être
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détefiùiné par l'état tia sang, lait bien manifeste, et qui n'est pas sans importance sous le rapport des inductions. Comparez la peau anémique de ces individus avec la peau brune et ferme des hommes bien constitués, avec la peau d'un rose vermeille qui accompagne l'état de pléthore ; comparez encore ces différentes colorations avec la teinte habituellement jaune des personnes que l'on dit être d'un tempérament bilieux, et qui d'ailleurs se portent bien. Il est clair qu'on ne peut pas regarder comme doué des mômes qualités , comme contenant les mêmes principes , comme devant agir identiquement sur les tissus , le liquide qui , chez ces diQérens individus , parcourt le tissu cellulaire de la peau ; mais ce liquide n'est en définitive qu'une fraction de la[ masse totale du sang, et il peut faire juger de l'état général de celui-ci.
Il est une maladie qui a rendu, si je puis ainsi dire, la plupart des solidistes infidèles à leur doctrine. C'est le scorbut. Les causes sous l'influence desquelles il se développe épidémiquement, les symptômes qui le caractérisent, l'état remarquable du sang lui-même, les espèces de lésions que découvre l'ouverture des cadavres , tout se réunit dans cette maladie pour prouver qu'elle a son siège dans une altération primitive du sang. Mais il est des cas où cette viciation du sang, chez les scorbutiques, est le résultat évident des mauvaises qualités de l'air et des alimens. Il y a d'autres cas où c'est lout-à-fait spontanément que survient ie scorbut. Dans ce second cas, niera-t-on l'altération du sang, parce qu'on ne voit pas la cause qui a pu la produire? Ce serait oubHer que tous les jours ,