‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 126 sur 175 · C. Appareils sécréteurs · texte numérisé non relu

C. Appareils sécréteurs

Le tissu cellulaire se dépouille de graisse ; il ne devient que très-rarement le siège d’une infiltration séreuse. Rarement aussi trouve-t-on des épanchements aqueux dans les diverses membranes séreuses. Presque toujours , comme nous l’avons déjà vu , la plèvre s’irrite , et se couvre de fausses membranes au milieu desquelles se sécrète souvent du tubercule. La perforation de l’intestin est , chez les phthisiques , une cause assez fréquente de péritonite.

La dégénération graisseuse du foie a été constatée par M. Louis chez un tiers des phthisiques qu’il a observés ; de plus, sur quarante-neuf foies gras, quarante-sept appartenaient à des phthisiques. Ainsi, cette altération

PRÉCIS

est commune chez les phthisiques, et elle n’existe à peu près exclusivement que chez eux. Paraissant liée à la présence des tubercules dans le poumon, elle ne se montre qu un certain temps après le développement de ces tubercules ; car on n’observe l’état gras du foie que lorsque les tubercules sont déjà ramollis ou transformés en cavernes.

Telle est la seule altération notable que présente le foie chez les phthisiques. Je n’ai observé l’ictère chez ces malades, que dans un cas où après la mort je trouvai les canaux biliaires comprimés par des masses tuberculeuses. La bile n’offre rien de constant dans son aspect; les calculs biliaires m’ont paru être très-rares chez les individus atteints de tubercules pulmonaires.

L’appareil de la sécrétion urinaire s’est montré à M. J^ouis dans son état sain chez les trois quarts des sujets. Chez l’autre quart existaient des lésions diverses qui ne présentaient rien de spécial. Je n’ai trouvé non plus que très-rarement l’appareil ordinaire affecté chez les phthisiques.

D. Appareil nerveux.

Il ne présente rien de spécial chez les phthisiques. On trouve seulement les centres nerveux pâles et mous comme dans la plupart des maladies chroniques. L’action de ces centres est elle-même rarement troublée ; chez quelques-uns cependant on observe, peu de temps avant la mort, un état de délire qui ne m’a paru pouvoir être expliqué par aucune lésion appréciable de l’encéphale.

E. Appareil locomùteur .

Il est peu de maladies où les muscles s’atrophient aussi complètement que dans les cas de ces tubercules pulmonaires. On y voit rarement des tubercules. On ne doit regarder encore que comme une hypothèse l’opinion récemment émise par M. Larcher, que, dans la phthisie, les os contiennent moins de phosphate calcaire que de coutume.

L’observation a appris qu’il y a une fréquente liaison entre l’existence des tumeurs blanches des articulations et le développement des tubercules pulmonaires.

Si de ces détails nous cherchons à remonter à quelque chose de général sur la nature et les causes des lésions diverses qui compliquent si souvent les tubercules pulmonaires, nous trouverons que ces lésions peuvent être principalement rapportées à trois chefs.

1° A la même cause qui dans le poumon produit les tubercules. Cette cause se révèle soit par la production de tubercules dans d’autres organes, soit par le développement des lésions diverses qui caractérisent l’affec-

D’ANATOMIE DATHOLOGÏQUE.

tion scrophuleuse. Ces lésions manquent dans les cas assez nombreux, où danslepoumon même les tubercules ne sont pas le produit de cette cause. Les anciens avaient saisi cette distinction, lorsqu’ils avaient drvisé la phthisie pulmonaire en phthisie congénitale et en phthisie’accidentelle.

2° A l’altération consécutive de l’hématose. Celte altération ne doitelle pas nécessairement exister toutes les fois que le poumon, rempli de tubercules, est devenu, dans la plus grande partie de son étendue, imperméable à l’air ?

3° A la répétition de l’hyperémie pulmonaire sur différents organes.

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