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CORPS THYROÏDE

Je n’ai d’autre raison de parler ici de ce corps, dont les fonctions sont aussi inconnues que la structure , que parce qu’il est comme annexé au conduit aérifère, sans en être une dépendance, et parce que je ne pourrais en parler ailleurs.

Les lésions qui ont été jusqu’à présent observées dans le corps thyroïde sont les suivantes :

1° Tuméfaction aiguë de sa substance, par simple hyperémie, due soit à une stase sanguine dans son intérieur, soit à une infiltration de son tissu. On voit quelquefois une semblable tuméfaction survenir à la suite de violents efforts; elle peut alors se montrer subitement. Elle s’établit un peu plus lentement, mais encore d’une manière aiguë, chez des individus qui sont soumis à certaines conditions hygiéniques défavorables. Ainsi , M. Coindet de Genève a parlé d’un régiment, composé de jeunes recrues, qui furent presque tous atteints d’une tuméfaction considérable du corps thyroïde peu de temps après leur arrivée à Genève, où ils buvaient tous de l’eau d’une même pompe; ils changèrent d’habitation et de boisson, et le corps thyroïde reprit promptement ses dimensions ordinaires.

2° Augmentation de volume du corps thyroïde par hypertrophie de sa substance. Cette hypertrophie peut être assez considérable pour qu’il en résulte la formation d’une tumeur divisée en plusieurs lobes, comme le corps thyroïde lui-même, qui occupe tout le cou , descend jusqu’au-devant de la poitrine, et peut quelquefois gêner la respiration d’une manière notable.

L’hypertrophie du corps thyroïde n’est qu’un phénomène peu important pour le simple anatomiste, et son histoire mérite peu de l’arrêter longtemps. Mais pour celui qui étudie les causes des maladies, il n’en est plus de même : cette lésion ne se présente plus à lui comme une simple lésion locale , il la voit se lier à une modification profonde de la constitution tout entière, il la voit se produire sous l’influence de causes qui agissent sur des populations entières, et qui dans beaucoup de pays rendent celte affection endémique.

PRÉCIS

3° Augmentation de volume par développement de productions accidentelles à l’intérieur du corps thyroïde. Ces productions sont très- variées. Les unes sont liquides : ce sont des matières semblables à de la sérosité, à de la gelée, à du miel, à du suif, qui tantôt infiltrent simplement la substance de ce corps, et qui tantôt y sont contenues dans des cellules plus ou moins multipliées. On y trouve aussi des productions solides, des masses fibreuses, cartilagineuses et enfin osseuses. J’ai vu un corps thyroïde transformé en un kyste à parois osseuses, que remplissait une substance semblable à du miel. Du reste, ces cellules, ces kystes, ainsi que le liquide gélatineux qu’on y rencontre, ne paraissent être que l’exagération du tissu normal du corps thyroïde, qui, dans son état naturel, semble composé d’un nombre infini de granulations d’où l’on exprime un liquide visqueux. Le premier effet de la simple hypertrophie du corps thyroïde est de rendre plus manifestes et ces granulations, et le liquide dont elles semblent être l’organe sécréteur. Ces granulations se transforment d’abord en simples vésicules à parois membraneuses; puis la texture de celles-ci se modifie, et en même temps s’altère aussi le liquide quelles fournissent. C’est ainsi que dans l’ovaire, un certain nombre de productions, les plus différentes les unes des autres, reconnaissent pour point de départ un trouble rapporté dans la nutrition et dans l’exhalation des ovules.

4° Augmentation de volume par dégénération squirrheuse. Cette altération est plus rare dans le corps thyroïde que les précédentes.

Les diverses lésions que nous venons de passer en revue sont ordinairement confondues sous le terme générique de goitre. Ainsi donc, par cette expression, on a dénommé des lésions fort différentes dont la terminaison ne saurait être la même, et qui ne peuvent céder au même mode de traitement. L’iode, qui dans ces derniers temps a été regardé comme un spécifique contre le goitre, ne peut certainement triompher avec une égale facilité de ses diverses espèces ; et s’il a ramené à leur volume naturel des corps thyroïdes augmentés de volume soit par hyperémie, soit par hypertrophie, soit par infiltration séreuse, gélatineuse, mélicérique, etc., il n’est pas vraisemblable qu’il fit également disparaître des goitres ou bronchocèles spécialement constitués par de la matière osseuse ou squirrheuse. Ajoutons encore qu’on a souvent confondu avec une augmentation de volume du corps thyroïde lui-même des tumeurs produites par le gonflement du tissu cellulaire qui l’entoure, ou des ganglions lymphatiques du voisinage.

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