‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 129 sur 175 · APPAREILS DES SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

Tout organe de sécrétion se réduit à une surface plus ou moins étendue où un liquide se trouve séparé du sang. Doit-elle être peu considérable? cette surface reste plane ; doit-elle offrir une plus grande étendue? elle commence à devenir concave et à se creuser en cavité. Tantôt elle ne présente encore qu’un seul enfoncement ; tantôt elle se divise en deux ou trois ; tantôt enfin les enfoncements se multiplient, et ils s’alongent en canaux, sans cesser toutefois de se terminer chacun en un cul-de-sac. Cette dernière disposition est évidente chez les animaux inférieurs. Chez eux, en effet, certains organes sécréteurs, qui chez l’homme ne forment qu’une masse homogène, perdent l’aspect parenchymateux, et ne sont plus constitués que par un assemblage de canaux fermés à une de leurs extrémités, comme un cul-de-sac; tel est le foie des insectes ; ou enfin ils ne sont plus formés que par un seul conduit plusieurs fois contourné sur lui-même ; tel est le testicule de l’ascaride lombricoïde.

La connaissance de ces faits peut être de quelque importance pour nous éclairer sur le mode de formation et sur la nature de plusieurs états morbides des organes de sécrétion.

Nous avons parlé, dans le premier volume de cet ouvrage, soit des causes qui, existant hors de l’organe lui-même, peuvent en modifier la sécrétion, soit de l’influence que peut exercer sur toute l’économie l’altération de la sécrétion la pljus simple et la moins importante en apparence. Ainsi, voilà des classes entières de maladies dont la cause ou le point de départ ne saurait nous être révélé par Tanatomie pathologique. Bien plus, l’organe même dont la sécrétion a été troublée pendant la vie, peut se montrer, après la mort, exempt de toute altération appréciable. Reconnaîtrezvous après la mort que la peau d’un phthisique se couvrait chaque jour d’une sueur abondante ?

Déjà aussi nous avons dit que les diverses substances sécrétées ne pouvaient normalement se séparer du sang que dans des organes particuliers dont la spécialité de texture entraînait la spécialité de sécrétion. Cependant nous avons trouvé, comme faisant exception à la loi précédente, ce fluide perspirable qui se forme partout où existe une molécule vivante. Toute

PRÉCIS

fois ce fluide lui-même se forme d’une manière plus appre'ciable dans le tissu cellulaire et dans les membranes séreuses. L’exhalation de ce fluide paraît être même la principale fonction de ces parties ; aussi ai-je cru devoir ranger leurs maladies parmi les maladies des appareils de sécrétion. Toutefois, ayant déjà parlé (tome Ier ) de leurs principales altérations, je ne ferai ici qu’en présenter le tableau général. Je ne dirai rien non plus des maladies des follicules, parce que la description des états morbides de ces petits organes sécréteurs ne saurait être séparée de la description des maladies des membranes tégumentaires. Je n’aurai donc à insister ayec détail que sur les maladies des organes glandulaires proprement dits.

SECTION PREMIÈRE

MALADIES

DES APPAREILS SPÉCIAUX DE SECRÉTION PERSPIRATOIRE . (Tissu cellulaire et membranes séreuses.)

Considéré hors des organes dont il constitue la trame , et dans lesquels il paraît être le point de départ de tant d’altérations diverses (soit de nutrition , soit de sécrétion ) , le tissu cellulaire présente des lésions qui ne diffèrent en rien des lésions des membranes séreuses. Qu’est-ce en effet qu’une membrane séreuse , si ce n’est une grande vacuole de tissu cellulaire?

Dans le tissu cellulaire comme dans les membranes séreuses , les altérations peuvent être présentées, soit par l’élément solide qui les constitue, soit par le fluide qui remplit leurs cavités. Les membranes séreuses ellesmêmes sont beaucoup moins souvent altérées dans leur tissu proprement dit que dans la couche celluleuse qui en tapisse la surface externe.

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