MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
Si l’on a égard à la grande activité des fonctions de cet appareil, si l’on se rappelle que les reins sont un émonctoire continuellement ouvert, par lequel s’échappent de l’économie, à l’aide d’un travail d’élimination, la plupart des substances non assimilables qui y ont été introduites, on sera conduit en théorie à admettre que l’appareil urinaire est un de ceux dont les altérations doivent être les plus fréquentes. Voyez de plus avec quelle rapidité merveilleuse toutes les influences qui tendent à modifier l’homme apportent du changement dans la sécrétion urinaire. Il n’est presque pas une maladie aiguë ou chronique dans laquelle il n’y ait altération de t'urine, soit en quantité, soit en qualité. Les diverses qualités des aliments et des boissons ne la laissent jamais en quelque sorte semblable à ellemême. La moindre variation atmosphérique suffit pour altérer la proportion de ses principes constituants ; une simple émotion morale suffit pour la rendre semblable à de l’eau ou pour en accélérer l’excrétion. On sera, je croîs, long-temps sans savoir pourquoi, dans les affections dites nerveuses, dans l’hystérie, par exemple, l’urine pâlit d’une mahière si remarquable, et devient pareille à l’eau de roche la plus limpide ; et cependant, au milieu de ces causes continuelles de perturbation, l’appareii urinaire, modifié sans cesse dans son acte de sécrétion n’est pas très-fréquemment altéré dans son organisation , il l’est certainement beaucoup moins souvent qu’on ne serait porté à le penser , en n’ayant égard qu’au trouble si fréquent de ses fonctions. Dans la plupart des maladies soit aiguës soit chroniques, l’ouverture des cadavres ne montre dans les reins aucune altération appréciable ; le reste de l’appareil ne se montre pas plus souvent lésé, de telle sorte que voilà encore un cas où le trouble des fonctions d’un organe ne nous est pas révélé sur le cadavre par ses désordres matériels.
ARTICLE PREMIER