I. MALADIES DES CALICES, DU BASSINET ET DES URETÈRES
La membrane muqueuse de ces divers conduits s’hyperémie quelquefois. On ne trouve souvent autre chose que cette hyperémie chez des individus qui, depuis un temps plus ou moins long, rendent des urines puriformes ou sanguinolentes, etqui éprouventune douleur, variable en intensité, à la région des reins et dans le trajet des uretères.
Cette même membrane muqueuse peut s’épaissir soit dans toute son étendue, soit partiellement ; de là peut résulter une oblitération permanente ou passagère du conduit qui transmet l’urine des reins dans la vessie. J’ai trouvé une fois dans un bassinet une tumeur fongueuse, rouge, molle, à large base, du volume d’une petite noix, etqui semblait n’êlre autre chose qu’une végétation de sa membrane muqueuse.
M. Louis a cité un cas dans lequel existaitune hypertrophie notabledes
parois des calices du bassinet et des uretères , avec augmentation de leur cavité. Ces parois avaient plus du double de leur épaisseur normale, et le volume des uretères était triplé. En même temps qu’existait cette hypertrophie, les reins, d’une pâleur remarquable , étaient réduits à la moitié de leur volume ordinaire.
Comme toutes les autres membranes muqueuses , celle dont nous étu dions actuellement les lésions peut sécréter du pus, sans être pour cela né cessairement ulcérée. Je l’ai vue couverte d’une couche couenneuse épaisse, semblable à la pseudo-membrane du croup. M. Louis a cité un cas dans lequel toute la surface interne des uretères était tapissée par une couche de matière tuberculeuse , ayant d’une demi-ligne à une ligne d’épaisseur, très-ferme du côté où elle touchait les parois de l’uretère, molle et friable dans son côté libre. Cette même matière existait dans le bassinet. Le parenchyme même du rein était en grande partie occupé par de la matière tuberculeuse; il y en avait aussi dans les poumons (l).
Le calice, le bassinet et les uretères sont susceptibles de se dilater à un point extrême, dans les cas où un obstacle quelconque s’oppose à la libre arrivée de l’urine dans la vessie. Il est fréquent de trouver les uretères notablement dilatés dans beaucoup de cas d’affections de l’utérus, dans lesquelles la cavité de la vessie est rétrécie par des tumeurs développées autour d’elle.
Si, au contraire, l’obstacle qui empêche le libre écoulement de l’urine est situé près des reins, la portion d’uretère située au-dessous de l’obstacle se rétrécit et peut même s’oblitérer complètement.
L’uretère présente en outre un certain nombre de dispositions anormales qui se sont formées avec l’être lui-même, et qui sont liées à une aberration de développement. Comment les expliquera-t-on par la dichotomie brownienne?
Ainsi, l’on a vules deux uretères unis entre eux par un canal transverse. Quelquefois il part d’un même rein deux uretères, qui peuvent s’ouvrir isolément dans la vessie, mais qui le plus souvent se réunissent en un seul conduit avant de verser l’urine dans ce réservoir.
Lorsque la vessie manque, ou n’existe qu’à un état rudimentaire, les uretères se terminent ailleurs que dans la cavité de cet organe. Ainsi on les a vus s’ouvrir, 1° à l’ombilic; 2° dans le rectum; 3° dans le vagin; 4° dans l’urètre. Dans plusieurs de ces cas le calibre des uretères a été trouvé singulièrement augmenté, comme si, en l’absence de la vessie, ils tendaient à former un réservoir supplémentaire. C’est ainsi que, dans les cas d’absence de la vésicule du fiel, on voit quelquefois les conduits biliaires se dilater d’une manière insolite.
(1) Recherches sur la phthisie, pag. 129.
PRÉCIS