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MALADIES DU PRODUIT DE LA CONCEPTION

Elles peuvent avoir leur siège soit dans les annexes du fœtus, soit dans ce fœtus lui-même.

La membrane de l’amnios exhale quelquefois une quantité de sérosité beaucoup plus abondante que de coutume ; de là une espèce particulière d’hydropisie dont tous les livres d’accouchement contiennent la description. De la sérosité peut aussi s’accumuler dans le tissu cellulaire très-fin qui unit l’une à l’autre les membranes amnios et chorion ; du sang soit liquide, soit coagulé, peut également s’épancher entre ces deux membranes. M. Deneux a vu des cas de ce genre. Cette même membrane peut devenir le siège d’un travail d’irritation, dont un des résultats est la formation d’adhérences qui unissent entr’elles les deux lames de l’amnios, et peuvent devenir pour le fœtus, d’après M. Geoffroy-Saint-Hilaire, la cause d’un certain nombre de vices de conformation.

On a constaté dans le placenta l’existence d’un assez grand nombre d’états morbides. Indépendamment des adhérences contre nature qu’il contracte quelquefois avec l’utérus, de son implantation au col, et de quelques déviations de sa forme normale, le placenta a présenté aux observateurs la plupart des lésions de nutrition ou de sécrétion dont nous avons vu des exemples dans les différents organes. Ainsi on le trouve quelquefois hypertrophié, et, d’après M. Desormeaux (l), une des variétés de la môle charnue des auteurs n’est autre chose qu’un placenta en hypertrophie.

D’autres placentas sont, au contraire , remarquables par leur extrême petitesse ; ils sont comme flétris, desséchés, véritablement atrophiés ; c’est là pour le fœtus une cause d’arrêt de développement et de mort.

M. Desormeaux a trouvé plusieurs fois des placentas dont le tissu était

(1) Dictionnaire de médecine, par MM. Adelon , Andral , Béclard , etc., article OEuf. (Pathologie.)

converti en une substance de couleur blanche jaunâtre, semblable à celle des ligaments jaunes. Dans cette substance, d’apparence homogène, sans trace d’organisation, on ne découvrait plus aucun vaisseau, ou bien les branches vasculaires qu’on y rencontrait encore avaient un volume beaucoup moindre que de coutume. Cette singulière transformation peut être partielle, ou occuper la presque totalité du placenta. Pour peu qu’elle occupe une grande étendue, il en résulte un état de dépérissement du fœtus, puis sa mort et l’avortement.

Quelques auteurs disent avoir trouvé du pus dans le placenta ; on y a aussi rencontré d’autres produits de sécrétion morbide : ainsi M. Lobstein a vu quelquefois des placentas parsemés d’espèces de cordons osseux, qu’il croit n’êlre autre chose que des vaisseaux dont les parois se sont ossifiées. Plusieurs observateurs ont cité des cas de concrétions calculeuses trouvées dans le placenta ; et M. Desormeaux a vu toute la face utérine du placenta recouverte par une couche calcaire. Ainsi la courte durée de 1 existence du placenta ne le met pas à l’abri de la formation de ce genre de produits, qui partout ailleurs ne se développent que si lentement.

Au nombre des productions morbides qui prennent quelquefois naissance sur la face utérine du placenta, et qui semblent y occuper la place d’un fœtus qui ne s’est pas développé, il faut placer un amas de vésicules dont nous avons déjà parlé, et qu’on a désignées sous le nom d’acéphalocystes en grappes. Quelques auteurs ont pensé que ces vésicules pourraient bien n être autre chose qu’un produit de la dilatation des vaisseaux superficiels du placenta; ce qui semblerait appuyer cette opinion, c’est la disposition normale elle-même de ces vaisseaux. Yoici en effet la description qu’en donne M. Desormeaux : « En examinant, avec M. Yelpeau, des œufs humains d’un mois à six semaines , il dit avoir reconnu , soit à l’œil nu , soit avec une loupe dont le grossissement est du double, que l'extrémité d’une infinité de ramuscules vasculaires nés de branches plus ou moins considérables (ramuscules latéraux, comme il les appelle), présente un renflement subit, arrondi ou ovale, qui offre l’apparence d’une vésicule ; ces renflements existent aussi en grand nombre sur la continuité de ces ramuscules, de sorte que ces rameaux vasculaires présentent l’aspect d’une grappe de groseilles , ou, pour mieux dire, d’une des grappes de vésicules dont l’ensemble compose la môle hydatidique ; en certaines parties la surface de ces œufs ressemble complètement, mais en infiniment petit, aux grosses môles hydalidiques ; cette disposition est si fréquente qu’on serait tenté de la regarder comme naturelle à cette époque du développement de l’œuf. Ces renflements paraissent bien formés par les vaisseaux eux-mêmes , et ne peuvent être regardés comme des hydatides , jeunes encore, adhérentes aux vaisseaux ou à des pédoncules qui leur seraient propres. L’examen de ces pièces fait naturellement naître l’idée que la môle hydatidique n’est que le produit de cette disposition, soit naturelle,

PRÉCIS

soit morbide , portée au plus hautr point de développement, (l). »

Les maladies de l’embryon et du foetus sont nombreuses. Pendant les neuf mois que le nouvel être passe dans le sein de sa mère , l’on y a découvert la plupart des lésions qui ont été observées pendant le cours de la vie extra-utérine ; de plus il présente une multitude de vices de conformation qui ne se produisent que pendant la vie intra-utérine. Ces vices de conformation résultent la plupart d’un défaut ou d’un excès de développement des différents organes du foetus. Ayant déjà indiqué les principaux , soit dans le premier volume , soit plus loin , en décrivant en particulier les maladies des divers appareils, nous n’y reviendrons point ici. Déjà aussi en divers endroits de cet ouvrage nous avons parlé de plusieurs états morbides du fœtus, des variétés d’hyperémies que l’on trouve quelquefois dans ses organes, des altérations diverses de nutrition ou de sécrétion qu’on y rencontre ; je ne vais donc en présenter ici qu’un tableau général.

Le tube digestif offre souvent chez les fœtus mort-nés une injection sanguine plus ou moins vive; mais les causes qui peuvent produire cette injection pendant le travail de l’accouchement sont si nombreuses, que la seule existence de cette injection n’est pas suffisante pour démontrer que dans l’intestin du fœtus a existé un travail d’irritation. Dans d’autres cas, cet intestin a été trouvé notablement ramolli , et sa surface interne , au lieu d’être plus ou moins colorée, était d’une pâleur remarquable. Chez le fœtus, cette grande pâleur des voies digestives me semble annoncer plus sûrement un état morbide que leur coloration. Chez un enfant mort six jours après sa naissance, çt venu au monde maigre, pâle et très-petit, M. Billard a trouvé dans le duodénum une végétation de la muqueuse, qui certainement s’était développée avant la naissance (2). Chez un autre enfant, également âgé de six jours, ila rencontré un endurcissement squirrheux du tissu cellulaire sous-muqueux de l’intestin. Nul doute que celle altération ne se fut aussi produite avant sa naissance. Chez des enfants morts le lendemain ou le surlendemain de leur naissance, le même observateur a constaté un état de tuméfaction, avec rougeur, des glandes agminées de Peyer, un commencement d’ulcération de quelques-uns des follicules isolés de Brunner, enfin de simples plaques rouges circonscrites avec friabilité de la muqueuse.

L’appareil circulatoire présente aussi chez le fœtus quelques lésions dignes de remarque. Un fait que la théorie n’aurait pas prévu , c’est que l’irritation du péricarde, terminée par la formation de pseudo- membranes ou d’un épanchement purulent dans sa cavité, est une maladie assez commune chez le fœtus, plus peut-être qu’elle ne l’est chez l’adulte (3). Dans

(1) Dictionnaire de médecine, article cité.

(2) Oper. cit , page 373.

(3) Ibidem, page 569. .

un des cas observés par M. Billard, des adhérences très-solides unissaient les deux feuillets du péricarde, et attestaient l’ancienneté de la maladie. M. Billard (l) a trouvé chez une fille de deux jours une dilatation considérable des cavités droites du cœur, avec amincissement extrême de leurs parois. Chez un garçon de deux jours, il a vu un anévrysme du canal artériel, qui ressemblait à un gros noyau de cerise : des caillots fibrineux, pareils à ceux qui existent dans les sacs anévrysmaliques, en remplissaient l’intérieur, et ne laissaient au sang qu’un étroit passage. Enfin ce sang lui-même est quelquefois altéré chez le fœtus dans ses propriétés physiques. M. Billard a signalé quelques cas dans lesquels, chez des enfants morts peu de jours après leur naissance dans un état de décoloration générale avec marasme complet, on n’a trouvé partout, au lieu de sang, qu’une matière liquide semblable à du chocolat (2).

L’appareil respiratoire est un de ceux où l’on a rencontré chez le fœtus les lésions les plus graves. Ainsi plusieurs observateurs ontcitédes cas de poumons hépatisés chez des fœtus mort-nés, ou chez des enfants morts peu d’heures après qu’ils étaient venus au monde (3). J’ai vu deux cas de ce genre : le poumon droit, dans sa presque totalité, offrait une hépatisation rouge aussi prononcée qu’on peut l’observer chez l’adulte. J’ai trouvé sur un autre fœtus des foyers purulents disséminés à l’intérieur d’un des poumons. Quant aux tubercules, j’ai déjà eu occasion de parler de leur extrême rareté dans le poumon du fœtus. Dans la plèvre, comme dans le péricarde, on a trouvé des fausses membranes, des épanchements de sérosité, de sang ou de pus.

Parmi les appareils de sécrétion, on trouve assez fréquemment altérés chez les fœtus :

1° Le tissu cellulaire (œdème des nouveau-nés) ; j’en ai déjà parié.

2° Les membranes séreuses. J’ai signalé tout-à-l’heure la nature des altérations que présentent souvent chez le fœtus le péricarde etlaplèvre; ces mêmes altérations se retrouvent aussi fréquemment dans le péritoine. J’ai vu chez un enfant mort deux jours après sa naissance tout le paquet intestinal soudé par des adhérences celluleuses intimes et très-consistantes.

3° Le foie, dont l’hyperémie, avec ou sans épanchement de sang, est commune pendant le cours de la vie intra-utérine, et dans lequel on a quelquefois rencontré des tubercules (Husson, Dupuy.)

4° Les reins, qui, chez plusieurs fœtus , ont été trouvés transformés en de vastes poches remplies de sérosité ou de matière puriforme. Cette altération des reins est ordinairement liée à cet âge à un état d’oblitération

(1) Oper. cit., page 565.

(2) Ibidem , page 567.

(3) Ibidem, page 652.

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complète ou incomplète des voies d’excrétion de l’urine ( uretères, ou urètre). M. Desormeaux (l) a rapporté, d’après Hoffmann, l’histoire d’un cas de concrétion calculeuse, du volume d’un gros noyau dépêché, trouvée dans la vessie d’une fille morte trois semaines après sa naissance. La mère offrait tous les symptômes d’un calcul rénal.

Je parlerai, en traitant des maladies de l’appareil cérébro-spinal, des états morbides de cet appareil chez le fœtus. Divers degrés d’hyperémie active ou passive, des épanchements de sang dans les centres nerveux ou autour d’eux, un ramollissement de la substance de ces centres accompagné quelquefois d’une remarquable odeur d’hydrogène sulfuré, des foyers purulents dans l’encéphale, une accumulation plus ou moins considérable de sérosité dans ses ventricules, et de plus de nombreux vices de conformation dépendant la plupart d’un arrêt de développement, tels sont les principaux états morbides qui ont été signalés.

Rappelons encore que le tégument externe du fœtus est le siège de plusieurs états morbides, analogues à ceux qu’on y observe chez l’adulte (variole, rougeole, pemphygus, ulcérations dites syphilitiques), etque dans l’appareil locomoteur ont été ?ues plus d’une fois des luxations et des fractures, dont la cause est encore inconnue.

Quant aux organes qui n’existent en quelque sorte que pour le fœtus , ou qui du moins ont chez lui leur maximum de développement, on les a vus également malades. Ainsi M. Véron (2) a rapporté des cas de suppuration du thymus, et j’ai trouvé moi-même chez un fœtus une des capsules surrénales pleine de pus. On pourrait croire aussi que les ganglions lymphatiques, en raison de leur grand développement dans l’enfance, doivent être chez le fœtus plus souvent malades que d’autres parties, qui n’auront que plus tard une certaine activité de nutrition et de vie. Mais les ganglions lymphatiques n’ont pas chez le fœtus le grand développement qu’ils acquièrent peu de temps après la naissance; ce développement n’a même guère lieu qu’après la première année, et il y a une coïncidence entre le défaut de développement de ces ganglions, pendant cette première époque de la vie, et l’extrême rareté de leurs altérations à la même époque. Du reste, pour tous les autres organes une semblable coïncidence est loin d’être constante : ainsi le poumon, inactif jusqu’àla naissance, est cependant un des organes qu’on a trouvés le plus souvent malades chez le fœtus. L’étude des divers états morbides du fœtus peut aussi nous apprendre que les altérations diverses dont nos organes sont susceptibles peuvent se produire spontanément et sans le concours appréciable d’aucune influence extérieure.

Le produit de la conception se développe quelquefois en d’autres lieux

(1) Article Œuf ( Pathologie ) du Dictionnaire de médecine.

(2) Mémoire lu à l’Académie royale de Médecine.

que dans la cavité utérine; on dit alors qu’il y a grossesse extrà-utérine. Dans l’état actuel delà science, quatre espèces de grossesse extrà-utérine doivent être admises. L’embryon peut en effet se développer, 1° dans la cavité péritonéale; 2° dans l’intérieur de l’ovaire ; 3° dans la cavité de la trompe ; 4° dans l’épaisseur même des parois de l’utérus. Les trois premières espèces de grossesse extrà-utérine sont connues depuis long-temps; de ces trois espèces, la grossesse tubaire est plus commune que les deux autres. La quatrième espèce a été récemment établie dans un mémoire de M. Breschet (l), où il a rassemblé les faits recueillis soit par lui-même, soit par d’autres observateurs, tels que Schmidt, Albert, Hederich, et M. Dance : depuis la publication de ce travail, et l’intéressant rapport de M. Geoffroy St. Hilaire (2) , auquel il a donné lieu , deux nouveaux faits de ce genre ont été recueillis, l’un par M. Ménière (3), et l’autre par M. Gaide à l’hôpital St. -Antoine dans le service de M. Rayer (4) ; de telle sorte qu’aujourd’hui on possède neuf faits bien authentiques qui attestent que le produit delà conception peut quelquefois se développer, au moins jusqu’à une certaine époque, au sein même des parois utérines.

Lorsque l’embryon a pris son développement dans le péritoine, il y est constamment entouré d’un kyste à parois plus ou moins épaisses. Lorsqu’il occupe l’ovaire, cet organe se trouve transformé en une vaste poche qu’on ne reconnaît être l’ovaire , que parce qu’elle existe dans le lieu où l’on rencontre ordinairement l’ovaire, et que d’ailleurs l’on n’en découvre nulle autre trace. Lorsque c’est la trompe qui loge le fœtus , elle présente, là où ce fœtus existe, une dilatation considérable, au-delà et en-decà de laquelle on la voit se continuer avec sa forme et ses dimensions accoutumées. Lorsqu’enfin c’est dans l’épaisseur même des parois de l’utérus que la grossesse a lieu, on trouve dans la propre substance de cet organe, à l’un de ses angles, près de l’insertion de la trompe, une poche dont les parois sont formées par le tissu même de l’utérus plus ou moins modifié. Des neuf cas de grossesse de ce genre qui ont été jusqu’à présent recueillis, six ont eu lieu du côté gauche, et trois seulement du côté droit. La poche accidentelle où est logé le fœtus n’a aucune espèce de communication soit avec la cavité de l’utérus, soit avec celle de la trompe correspondante. L’orifice utérin de cette trompe est oblitéré , circonstance qu’il ne faut pas perdre de vue dans la détermination des causes qui ont pu produire cette espèce de grossesse.

Les embryons qui se développent soit dans l’épaisseur des parois utérines, soit dans la cavité de la trompe, n’y arrivent jamais à terme ; peu de mois après la conception, la poche qui jusqu’alors les avait contenus

(1) Répertoire d'anatomie , tom.I.

(2) Ibid., tomel.

(3) Archives de médecine, tome II.

(4) Journal hebdomadaire , tome I.

PRECIS

vient à se déchirer, ils tombent dans la cavité du péritoine, et une irritation mortelle de cette membrane en est le résultat presque inévitable.

Dans les deux autres espèces de grossesse, le fœtus peut arriver jusqu’à terme : à cette époque les femmes éprouvent tous les phénomènes qui ordinairement précèdent l’accouchement , puis plusieurs cas peuvent se présenter: 1° au milieu de ces phénomènes la mort peut survenir; 2° ils disparaissent, le fœtus meurt, et il peut rester indéfiniment, sans occasionner aucun accident, dans l’abdomen de la mère ; 3° au bout d’un temps plus ou moins long, des débris de ce fœtus sont expulsés par diverses voies , tantôt par le rectum , tantôt par une ouverture fistuleuse qui s’est spontanément établie en un point des parois abdominales : au milieu de ce travail d’expulsion, la mort peut survenir, mais d’autres fois ce travail est suivi du retour à une santé parfaite.

Les changements que subit le fœtus, lorsqu’il séjourne long-temps soit dans l’ovaire, soit dans le péritoine, sont dignes de remarque. Il est d’abord des cas où le squelette seul continue à se développer ; à l’ouverture du cadavre on ne trouve que ce squelette , aussi complètement formé qu’il le serait chez un enfant naissant; seulement les os qui le composent sont remarquables par leur petitesse , et, entassés à côté les uns des autres, ils n’ont plus leurs rapports accoutumés. Dans d’autres cas , on ne trouve plus que des débris de ce squelette avec des dents, des morceaux de peau , des poils , le tout plongé dans une matière grasse plus ou moins abondante. Dans d’autres cas enfin, on rencontre, au milieu d’un kyste , un fœtus pourvu de toutes ses parties, et aussi bien conformé qu’un fœtus à terme. Un cas de ce genre bien remarquable a été consigné dans un journal américain (mai 1828), et traduit dans le tome onzième du Journal des Progrès et institutions médicales. Ce cas est relatif à une femme qui porta pendant quarante ans dans l’abdomen un fœtus à terme très bien conformé , qui au bout de ee temps n’avait subi que des altérations peu importantes. Cette femme, morte en 1823, à l’âge de 73 ans, était devenue enceinte en 179 3 de son septième enfant. L’accouchement n’eut pas lieu, et elle jouit d’une bonne santé jusqu’à sa mort, qui fut due à une dyssenterie. À l’ouverture du cadavre , on trouva dans l’abdomen une tumeur osseuse qui adhérait aux parois abdominales et aux intestins, et qui ne présentait aucune ouverture ; elle était située au bas de la région épigastrique. Cette tumeur était un kyste à parois osseuses , qui contenait un fœtus paraissant à terme , et bien développé. Il adhérait aux parois du kyste par plusieurs points de son corps, sa position ressemblait exactement à celle du fœtus contenu dans l’utérus. Il était long de onze pouces et demi , les muscles et la peau étaient plus fermes et plus consistants que dans l’état ordinaire, la peau était même en grande partie ossifiée , excepté dans les points où elle était recouverte par les plis des bras et des cuisses. Le cuir chevelu était ossifié dans sa totalité ; on distinguait quel-

ques traces de cheveux et des débris de cils. Le cerveau avait l’aspect d’une masse pulpeuse, molle, de couleur cendrée. Les organes thoraciques et abdominaux étaient très-bien conservés ; on les eût pris pour ceux d’un enfant nouveau-né. L’intestin contenait du méconium, noir et consistant comme de coutume. La langue était ferme et de couleur cendrée , les ongles étaient complètement développés. On ne put apercevoir aucune trace de cordon ombilical ni de placenta.

Dans tous les cas de grossesse extrà-utérine, l'utérus, vide du produit de la conception, éprouve cependant une partie des modifications qu’il subirait s’il avait reçu l’embryon. Ainsi son volume augmente, son tissu prend une apparence musculaire, et à sa surface interne se forme une membrane caduque. J’ai trouvé cette membrane très-développée, et parcourue par des vaisseaux beaucoup plus considérables et plus nombreux que dans les grossesses naturelles, dans l’utérus de la femme dont M. Gaide a rapporté l’histoire. En pareil cas , on voit aussi pendant la vie les mamelles se tuméfier, et la sécrétion du lait s’accomplir.

PRÉCIS

APPAREIL DE LUNNERYATION.

Si la variété des désordres fonctionnels d’un organe se trouvait en rapport constant avec la variété de ses désordres de texture, aucune partie ne devrait offrir de plus nombreuses lésions que les centres nerveux ou que les cordons qui en partent ; cependant il n’en est point ainsi : ces lésions ne sont qu’en assez petit nombre ; bien souvent elles ne sont nullement en rapport avec la nature ou l’intensité des symptômes. Plus d’une fois on ne rencontre même aucune espèce de lésion dans ces centres ou dans ces cordons, bien que pendant la vie leurs fonctions aient été gravement dérangées. Il est cependant très-vraisemblable que ces lésions existent ; mais elles nous échappent, et comme il est peu de désordres fonctionnels du cerveau et des autres parties du système nerveux qui ne puissent ainsi exister sans lésion appréciable, il s’ensuit que, dans les cas où l’on trouve quelque lésion, il faut être très-circonspect pour lui attribuer les désordres fonctionnels ; caria lésion appréciable est souvent purement accidentelle, secondaire ou consécutive ; et c’est une autre lésion que nos sens ne nous font pas découvrir, qui dans bien des cas a causé le trouble de la fonction. Ce qui fortifie cette manière de voir, c’est que cette même lésion à laquelle , dans un cas , on attribue tel symptôme , se montre absolument identique dans vingt autres cas où les symptômes les plus différents les uns des autres se sont manifestés : c’est qu’on la retrouve dans d’autres circonstances où il n’y a eu même aucun trouble des fonctions nerveuses; c’est qu’enfin, si pour expliquer les symptômes les plus différents, on ne découvre plus d’une fois qu’une même espèce de lésions, il arrive aussi que pour expliquer des symptômes identiques, on trouve les lésions les plus diverses.

Ainsi donc, dans l’état actuel de la science-, ce n’est qu’avec une grande réserve qu’on peut expliquer, par la nature des lésions trouvées suivie cadavre, les désordres fonctionnels que les centres ou les cordons nerveux ont présentés pendant la vie; malgré les importants travaux récemment entrepris sur ce point, il y a encore ici dans la science une grande lacune à remplir.

Si la diversité des désordres fonctionnels du cerveau et de ses dépendances ne peut toujours s’expliquer par la diversité même de la nature des

lésions que découvre l’anatomie, peut-on toujours s’en rendre compte par la diversité du siège de ceslésions?

Oui, dans quelques cas, mais non pas dans tous; et ici encore il reste à combler des lacunes nombreuses. L’anatomie pathologique n’a encore que rarement confirmé les résultats auxquels ont conduit, relativement aux fonctions des diverses parties des centres nerveux , soit la physiologie expérimentale, soit l’anatomie comparée. Souvent, au contraire, elle a infirmé ces résultats. Je ne pense pas que dans l’état actuel de la science, les faits fournis par l’anatomie pathologique puissent donner autre chose que de simples probabilités sur les fonctions des diverses parties des centres nerveux. Du reste, qu’a encore fait autre chose, dans la plupartdes cas, la physiologie expérimentale (l)?

(1) On trouvera dans la Clinique Médicale , 2e édition (Maladies du cerveau) , plusieurs observations qui pourront servir à montrer jusqu’à quel point les données de l’anatomie pathologique peuvent éclairer ces questions.

PRECIS

SECTION PREMIÈRE

MALADIES

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