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CHAPITRE III

LÉSIONS DE SÉCRÉTION

Les centres nerveux sont susceptibles de devenir le siège de nombreuses productions morbides , qui toutes peuvent être rapportées à une altération de la sécrétion perspiratoire (l), qui a lieu dans ces centres comme dans tout tissu. Ici, comme partout ailleurs, cette altération de sécrétion suit manifestement, dans un certain nombre de cas, une augmentation de vitalité , une irritation , d’où est résulté une afflux insolite de sang, et une vicieuse séparation de ses matériaux; comme partout ailleurs, il n’est aucune de ces altérations de sécrétion qui ne puisse reconnaître ce point de départ ; mais aussi, comme partout ailleurs, il n’en est presqu’aucune pour laquelle ce point de départ doive être regardé comme constant et nécessaire.

Les produits de sécrétion morbide se présentent dans les centres nerveux sous trois états :

Ier État. Combinaison intime du produit sécrété avec le tissu nerveux molécule à molécule. (Productions morbides infiltrées.)

IIe État. Existence du produit sécrété dans une cavité accidentelle, dont les parois sont formées par la substance nerveuse elle-même, qui autour de la cavité présente le plus ordinairement différentes altérations. (Productions morbides non enkystées.)

IIIe État. Existence du produit sécrété dans une cavité accidentelle, dont les parois sont constituées par une ou plusieurs membranes de nouvelle formation. Autour de cette cavité la substance nerveuse est le plus ordinairement saine. (Productions morbides enkystées.)

Les parois des kystes qui emprisonnent les productions morbides des centres nerveux sont loin d’être identiques. Les tissus qui entrent dans leur composition sont le tissu vasculaire, le tissu cellulaire, le tissu séreux, un tissu cellulo-vasculaire qui a souvent la plus grande ressemblance avec le tissu muqueux , le tissu séreux , le tissu fibreux, le tissu cartilagineux, le tissu osseux. Ces différents tissus peuvent exister isolés ou réunis dans un même kyste. L’époque où ce kyste est complètement formé est souvent

(l) Je sais bien qu’en attribuant l’origine des sécrétions morbides , dont les parenchymes organiques peuvent être le siège, à une altération de leur sécrétion perspiraloire, je n’émets en définitive qu’une hypothèse ; et si je m’en sers, c’est parce que, dans l’état actuel de la science, cette hypothèse, en rapport avec les faits connus, me paraît propre à les lier et à les théoriser.

aussi l’époque où des productions morbides, qui jusqu’alors avaient manifesté leur existence par des symptômes plus ou moins graves, ne s’annoncent plus par aucun accident; cela tient bien certainement à ce qu’aulour du kyste la substance nerveuse, restée malade jusqu’au moment de sa formation, a repris son état sain. De là se déduit la conséquence que la gravité et la nature des symptômes auxquelles donne lieu un produit morbide quelconque développé dans les centres nerveux, dépendent moins du seul fait der l’existence de ce produit morbide, que des conditions organiques ou vitales dans lesquelles se trouve la substance nerveuse qui l’entoure.

La différence de nature des produits morbides qui se développent dans les centres nerveux établit dans ces produits une division toute naturelle, que nous allons suivre, en consacrant un article spécial à la description de chacun de ces produits, telle du moins qu’elle peut être faite dans l’étal actuel de nos connaissances , qui présente encore sur ce point un grand nombre de lacunes.

ARTICLE PREMIER

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