DE LA TRANSFORMATION CUTANÉE
Lorsque la peau a subi une solution de continuité avec perte de substance , le tissu cellulaire sous-cutané devient le siège d’un travail d’hyperémie active , dont le résultat est la production d’un tissu qui représente plus ou moins parfaitement le tissu détruit. Le plus souvent la nouvelle peau n’est pas complète, si l’on peut ainsi dire ; elle est uniquement constituée par une couche cellulo-fibreuse pareille au derme de l’enveloppe cutanée , et, de plus, par la couche épidermique. Celte peau incomplète est d’un blanc plus mat que celle qui l’entoure ; elle est manifestement dépourvue de la couche vasculaire, dans laquelle circule ou se dépose la matière colorante ; cela est surtout bien évident chez le nègre, dont les cicatrices cutanées restent souvent blanches. D’autres fois la portion de peau nouvellement produite ne se distingue par aucun caractère du reste de^’enveloppe cutanée ; en étant d’abord très-différente, elle peut insensiblement lui devenir parfaitement semblable; c’est ainsi qu’on a vu des cicatrices , long-temps remarquables par leur blancheur plus
grande que celle du reste de la peau, se colorer peu à peu; quelquefois même elles acquièrent une couleur plus foncée que celle du reste de la peau ; dans ce cas , une augmentation de sécrétion de matière colorante a suivi l’activité insolite momentanément imprimée au mouvement nutritif. Cette couleur plus foncée de la cicatrice peut aussi dépendre de ce que la circulation capillaire y est plus lente. ( Voy . pour l’explication de ce fait la lre section.)
Lorsqu’une membrane muqueuse se trouve accidentellement exposée à l’air, et qu’elle reste en contact avec lui, on observe des changements remarquables dans sa couleur, qui devient de plus en plus pâle, dans sa consistance qui augmente, dans son organisation qui tend à se rapprocher de plus en plus de celle de la peau. L’anatomie n’a pas encore démontré si dans des membranes muqueuses qui revêtent ainsi l’aspect de la peau on retrouvait effectivement les diverses couches dont l’ensemble constitue l’enveloppe cutanée.
ARTICLE IV