‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 26 sur 175 · DE L 'HYPERCRINIE AVEC RÉTENTION DU LIQUIDE · texte numérisé non relu

DE L 'HYPERCRINIE AVEC RÉTENTION DU LIQUIDE

Lorsqu’un liquide vient à être séparé du sang en plus grande quantité que de coutume, deux cas peuvent avoir lieu : ou il est retenu dans la cavité même qui lui adonné naissance, ou il s’écoule au dehors.

Pour que cette sorte d’hypercrinie ait lieu, une condition organique est nécessaire : il faut que la cavité de l’organe où s’accomplit la sécrétion soit close de toutes parts, ou, du moins, qu’elle ne présente aucune issue qui permette au liquide épanché de sortir de l’économie. Dans ce cas se trouvent seulement 1° les tissus cellulaire et adipeux; 2° les membranes séreuses. Là aussi seulement peuvent se former ces collections de liquide qui sont désignées sous le terme générique d’hydropisie. On a, à la vérité, signalé également des cas d’hydropisies des membranes muqueuses ; mais elles ne peuvent prendre naissance que lorsqu’accidentellement ces membranes viennent à ne plus communiquer avec l’extérieur. Ainsi l’on a désigné sous le nom d’hydropisie de l’estomac des cas dans lesquels le pylore ne livrant plus que très-difficilement passage aux matières ingérées, celles-ci, mêlées auxproduits de sécrétion de la muqueuse gastrique, s’accumulent dans cet organe en quantité prodigieuse. Ainsi l’on a donné le nom d’hydropisie de l’utérus à des cas dans lesquels une quantité insolite de liquide se forme dans sa cavité, en même temps que l’orifice trop étroit du museau de tanche ne peut lui livrer passage. J’ai vu une fois la vésicule du fiel, oblitérée à son col, former tumeur au-dessous du bord cartilagineux des côtes. Au lieu de bile, sa cavité, distendue, contenait en grande quantité un liquide limpide semblable à de la sérosité. Ce cas n’est pas, d’ailleurs, le plus ordinaire : lorsqu’en effet un réservoir cesse de recevoir depuis long-temps le liquide qui doity être normalement déposé, on voit toute sécrétion cesser peu à peu de s’y opérer : sa cavité tend à s’effacer, et quelquefois, perdant avec sa forme son organisation spéciale, il se résout en simple tissu cellulaire.

Il n’est pas de partie du tissu cellulaire qui ne puisse devenir le siège de collections séreuses 'plus ou moins considérables. Elles sont généralement plus communes là où ce tissu cellulaire a une texture plus lâche,

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là où il occupe un lieu plus d clive. Le tissu cellulaire, dense , serré , qui double les membranes muqueuses, n’en est point exempt, quoi qu’en ait dit Bichat. Soulevées par la sérosité , ces membranes prennent souvent alors un aspect comme tremblotant ; quelquefois même elles sont véritablement fluctuantes. Parmi les membranes séreuses, le péritoine est la membrane qui se remplit le plus fréquemment de sérosité. Plus bas, nous aurons à faire ressortir quelques causes qui rendent l’ascite plus commune que les autres hydropisies. Il ne faudrait pas d’ailleurs regarder comme un résultat morbide le liquide que l’on trouve épanché dans les séreuses qui entourent l’encéphale et la moelle épinière ; là ce liquide remplit normalement pendant la vie l’espace interposé entre ces centres nerveux et les parois osseuses qui les protègent. Constaté par M. Magendie chez les animaux vivants , et sur des cadavres d’hommes ouverts très-peu de temps après la mort , ce fait important aurait pu être révélé par la simple anatomie comparée. Par elle, nous voyons en effet qu’il n’y a pas un rapport exact entre le décroissement de la capacité du crâne et celui du volume de l’encéphale ; lorsque celui-ci est très-petit , la boîte crânienne ne se moule pas tellement sur lui, qu’il ne reste entre elle et le cerveau un espace rempli par un liquide , soit séreux , soit adipeux , qui est d’autant plus abondant que la masse nerveuse est moins développée. Or chez l’homme , dont la moelle épinière est peu développée , soit comparativement à son cerveau, soit comparativement à la moelle d’autres animaux, il y a aussi un Yide bien marqué entre elle et les parois du rachis ; par induction, on pouvait donc penser que chez l’homme aussi ce vide devait être comblé par un liquide. Il sera question de ce dernier avec détail , lorsque je traiterai des maladies du système nerveux.

Il ne faudrait pas non plus attribuer à une cause morbide le liquide que l’on trouve presque toujours en petite quantité dans les membranes séreuses , lorsque l’ouverture du cadavre a été faite plus de trente heures après la mort. Dans le cas précédent, ce liquide y existait pendant la vie. Dans le cas actuel, c’est au contraire lorsque les lois vitales ont cessé complètement d’agir, lorsque la putréfaction, expression du retour complet du corps sous l’empire des lois physiques , commence à se manifester, que les membranes séreuses commencent aussi à se remplir d’un peu de liquide. Par suite de la double diminution de cohésion que subissent alors et le sang qui n’a plus de vie , et les parois vasculaires dont les molécules ont perdu leur force d’agrégation vitale , la partie la plus ténue de ce sang , le sérum , imbibe les solides avec lesquels il est en contact , et transsude dans les diverses cavités du corps. Si ces cavités sont en communication avec l’air extérieur, l’évaporation a lieu ; dans le cas contraire, il y a accumulation de ce sérum, soit pur, soit mêlé à une certaine quantité de matière colorante. D’après M. Gendrin (I) , on trouve, en général, après (I) Histoire anatomique êtes inflammations.

la mort, une plus grande quantité de sérosité épanchéedans les cavités séreuses des jeunes sujets, que dans cellesdes adultes etsurtout des vieillards.

La sérosité, épanchée en quantité surabondante, soit dans les membranes séreuses, soit dans le tissu cellulaire, présente la plupart des propriétés physiques du sérum du sang; comme ce sérum , on peut la trouver tout-àfait incolore ou bien colorée en jaune citrin , en vert, en un rouge plus ou moins foncé ; ces diverses colorations paraissent dépendre de la présence d’une certaine quantité de la matière colorante du sang ; dans l’ictère , ce liquide contient une matière colorante jaune , analogue à celle de la bile ; on y a trouvé quelquefois de l’acide urique. Comme le sérum du sang , il n’est pas spontanément coagulable; mais, comme lui aussi , la chaleur, les acides, l’alcool, l’électricité en opèrent la coagulation. Considéré sous le rapport de sa composition chimique, le liquide des hydropisies est tantôt exactement analogue au sérum du sang ; comme celuici , par exemple , il contient , terme moyen , sur mille parties, neuf cents d’eau, quatre-vingt d’albumine, et le reste en soude , matière animale qui se rapproche assez du mucus, et sels; tantôt on y trouve moins d’eau et beaucoup plus d’albumine que dans le sérum du sang ; tantôt , enfin , cette albumine y est moins abondante. Cependant elle peut y être encore en quantité assez notable , contenir , par exemple , vingt à vingt-quatre parties d’albumine sur mille au lieu de quatre-vingts que contient le sérum du sang; il peut arriver, au contraire, qu’elle n’y existe véritablement qu’en atome ; alors de l’eau pure, unie à quelques sels, constitue presque exclusivement le liquide épanché. Dans quelques circonstances, on trouve dans ce liquide , outre l’albumine , une matière animale encore mal étudiée , que l’on a appelée extra>cto»muqueuse , et qui en trouble la transparence. Elle peut être arrangée sous forme de petites molécules uniformément combinées à la sérosité qui partout alors a une légère opacité ; ailleurs elle est disposée en filaments ou en flocons, qui restent suspendus au milieu de la sérosité , et alors la transparence de celle-ci n’est troublée que là où existent ces filaments ou ces flocons. Je ne crois pas que ce dernier genre''' de modification du liquide des membranes séreuses soit lié nécessairement à un état d’irritation de ces membranes. Plus d’une fois , en effet , j’ai rencontré un liquide légèrement trouble ou mêlé à quelques flocons dans les différentes séreuses d’individus morts de maladies chroniques , et chez lesquels l’observation des symptômes , pas plus que l’autopsie , ne révélait dans ces séreuses aucun travail de phlegmasie ancien ou récent. Ainsi, dans ces différents cas, sans que les séreuses présentent ni altération de texture , ni même congestion sanguine appréciable pendant la vie ou après la mort , trois modifications de sécrétions s’opèrent dans la trame de ces membranes : l°Une partie du sérum du sang paraît s’en séparer tel qu’il existe dans ce liquide. 2° Une sorte de choix s’accomplit dans les éléments de ce sérum, de telle sorte que,

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suivant la nature de ce choix , si l’on peut ainsi dire , tel ou tel élément du sérum du sang prédomine dans le liquide épanché. 3° Soit au sein de ce dernier liquide , soit dans la trame même de la séreuse qui l’élabore , se forme de toutes pièces une nouvelle matière qui, dans le sang, n’a plus son analogue. De cette simple production on peut s’élever ainsi aux plus composées , aux plus étranges , en quelque sorte , sans découvrir souvent d’altération plus appréciable dans le solide où elles ont pris naissance.

Les causes sous l’influence desquelles de la sérosité vient à s’accumuler, soit dans les membranes séreuses , soit dans le tissu cellulaire , sont de plusieurs espèces. On voit effectivement l’hydropisie suivte également , 1° une Stimulation de l’organe où existe l’hydropisie; 2° la disparition brusque d’une autre hydropisie ; 3° la suppression de quelques sécrétions; 4° plusieurs variétés d’altérations du sang ; 3° les obstacles à la circulation veineuse ; 6° on la voit enfin coïncider avec certains états de cachexie , où n’existe plus patemment aucune des causes précédentes, mais où elles peuvent être plus ou moins raisonnablement supposées.

Ier ordre de causes. — Stimulation des séreuses ou du tissu cellulaire.

Elle peut avoir été le point de départ de la maladie , mais s’être ensuite promptement dissipée laissant comme trace de son ancienne existence une accumulation de sérosité là où a eu lieu le stimulus. Dans ce cas , la maladie inflammatoire à son début , et devant être alors traitée comme telle, ne l’est plus à une époque plus avancée, et c’est par des moyens opposés aux antiphlogistiques qu’il faut chercher alors à faire disparaître cette même hydropisie , que plus tôt on aurait prévenue par la saignée. D’autres fois la stimulation persiste , et le traitement de la collection ellemême n’est plus alors que secondaire. D’autres fois , enfin , après avoir cessé, cette stimulation se reproduit, et, chose remarquable, onia voit alors quelquefois déterminer par son retour la guérison de l’hydropisie quelle avait naguère causée.

La stimulation qui précède l’accumulation de sérosité peut avoir lieu d’abord, soit dans le tissu même où se forme l’hydropisie , soit dans un tissu voisin . Ainsi l’hydrocéphale aiguë ou chronique n’est souvent que consécutive à une irritation du tissu de l’encéphale; certaines ascites ne surviennent qu’à la suite d’une gastro-entérite; letissu cellulaire sous-muqueux s’infiltre souvent après que la membrane qui le recouvre a été le siège d’une inflammation plus oumoins longue, etsousnosyeqx nous voyons seformer certains œdèmes sous-cutanés , après que les portions de peau qui leur correspondent ont été irritées. Qui ne connaît l’infiltration séreuse qui survient assez souvent autour d’un ancien ulcère, autour même d’un ancien vésicatoire , au-dessous d’un simple sinapisme, chez des individus affaiblis par une maladie chronique?

L’induration qui peut s’emparer du tissu cellulaire d\m membre, à la suite de quelque phlegmasie chronique de la peau de ce membre, commence souvent par n’être autre chose qu’une infiltration séreuse ; et lorsqu’il arrive que cette induration se dissipe , on voit de nouveau le tissu cellulaire n’être plus qu’infiltré avant de revenir à son état tout-à-fait normal.

IP ordre de causes. — Disparition d'une hydropisie.

Lorsque de la sérosité accumulée dans une cavité séreuse ou dans le tissu cellulaire vient à disparaître brusquement, les phénomènes suivants ont été observés. 1° D’abondantes évacuations s’établissent sur diverses surfaces habituellement sécrétantes ; par elles une grande quantité de liquide aqueux sort de l’économie, et aucun accident ne survient. 2° Ces évacuations n’ayant pas lieu , la santé ne s’en rétablit pas moins. 3° En même temps qu’est résorbé le liquide épanché, sans qu’aucune évacuation se soit établie, divers accidents se manifestent : ils consistent principalement dans des troubles plus ou moins graves des fonctions principales ; on observe surtout une remarquable et subite modification des phénomènes normaux de l’innervation ; les malades éprouvent une oppression insolite ; ils tombent dans un collapsus qui quelquefois les conduit rapidement au tombeau. Enfin , dans quelques cas , en même temps que le liquide disparaît d’une cavité séreuse , il s’accumule dans une autre, où de nouveaux accidents manifestent sa présence. J’aurai toujours présent à la mémoire le cas d’un individu atteint d’une affection organique du cœur, chez lequel , en même temps que disparut une ascite , survinrent tous les symptômes qui annoncent ordinairement une de ces apoplexies assez graves pour produire la mort en quelques heures. Celle-ci ne tarda pas effectivement à survenir : à l’ouverture du cadavre, on trouva le péritoine vide de sérosité ; aucune trace d’hémorrhagie n’existait dans l’encéphale, mais les divers ventricules étaient prodigieusement distendus par une sérosité limpide, assez abondante pour soulever la paroi supérieure des ventricules latéraux et donner lieu à une fluctuation très-manifeste.

Que si nous rapprochons de ces derniers faits les phénomènes que l’on produit chez les animaux en injectant une certaine quantité d’eau dans leurs veines, nous y trouverons plus d’un trait d’analogie. Pratique-t-on cette injection après les avoir préliminairement saignés avec abondance : beaucoup d’eau peut être introduite dans leur système circulatoire, sans qu’il en résulte pour eux aucun accident. Cette eau est-elle, au contraire, mêlée à leur sang sans que la masse de celui-ci ait été d’abord diminuée, les animaux deviennent très-souffrants : leur cerveau s’affecte ; ils restent immobiles, affaissés; leur démarche est chancelante. En même temps, leur respiration s’accélère ; si l’on continue l’injection d’eau, des accidents de plus en plus graves ont lieu, et on les voit suecomher, soit par

les poumons , au milieu d’une sorte d’asphyxie , soit par le cerveau , au milieu d’un état comateux. A l’autopsie, on trouve les poumons fortement engoués de sérosité , et des épanchements aqueux dans diverses portions du tissu cellulaire et des membranes séreuses. En traitant des flux, j’aurai occasion de revenir sur ces faits et d’en poursuivre les conséquences. Ici je ne les ai cités que pour montrer comment, à la suite de la disparition brusque d’une hydropisie, une nouvelle collection séreuse peut venir à se former aux dépens du même liquide qui , de la cavité où il était épanché, repasse dans le sang, pour en être de nouveau séparé à la surface d’une autre cavité de nature identique.

IIIe ordre de causes. — Suppression de sécrétions .

L’on a remarqué depuis long-temps que dans les pays froids et humides les hydropisies sont communes ,* c’est aussi dans ces mêmes pays que le diabète est une affection fréquente. Quelle en est la cause ? Depuis les travaux de M. Edwards , il est démontré que sous l’influence d’une atmosphère humide, le double travail de perspiration, dont la peau et la membrane muqueuse des voies aériennes sont continuellement le siège, est réduit à son minimum. N’est-il pas permis de croire que la sérosité , dont le sang ne peut plus alors se débarrasser à la surface de cette partie des téguments, vient à s’en séparer dans le tissu cellulaire , dans les membranes séreuses , dans le parenchyme rénal? N’est-ce pas là le phénomène inverse de celui qui arrive lorsque la transpiration cutanée venant à s’élever à son maximum , on voit une hydropsie disparaître en même temps que la peau se couvre de sueurs ? J’ai cité ailleurs un autre cas dans lequel la résorption d’un hydrothorax accompagna l’établissement d’une exhalation insolite de sérosité à la surface des bronches. Je ne serais pas éloigné de penser que l’hydropisie qui se déclare souvent dans la convalescence des scarlatines recon. naît également pour cause une diminution de la perspiration cutanée, diminution qui a lieu pendant toute la durée de la desquammation de l’épiderme.

Parmi le très-petit nombre de cas d’hydropisies , sans cause organique appréciable , que j’ai eu occasion d’observer ( Clinique médicale , tome III ) , j’en ai vu où l’hydropisie coïncidait avec l’existence d’un seul rein. Le liquide aqueux qui remplissait dans ce cas le tissu cellulaire et les membranes séreuses était-il celui qui aurait dû normalement se séparer du sang dans le parenchyme du rein qui manquait ?

IVe ordre de causes. — Altérations du sang.

Plusieurs de ces altérations , de nature tout opposée, concourent également d’une manière puissante à la production d’un certain nombre d’hydropisies. Soit, en effet, qu’il y ait surabondance de sang dans les vais-

seaux qui le charrient, soit au contraire qu’on l’y trouve trop rare ou trop peu fibrineux , soit enfin que , sous l’influence de causes plus ou moins appréciables, il ait subi d’autres modifications qui facilitent la séparation de sa partie séreuse , toujours est-il qu'avec ces différents états du sang on voit l’hydropisie survenir.

Plus d’une fois , chez des individus dans la force de l’âge , qui présentaient tous les signes d’une hyperémie générale très-prononcée , on a vu le tissu cellulaire des membres s’œdématier , et diverses cavités séreuses se remplir de liquide. D’ailleurs rien n’indique, là où ont lieu les collections séreuses , l’existence d’un travail d’irritation ; nulle part on n’observe de symptômes qui annoncent l’affection de quelque organe ; tout ce qu’on peut saisir , c’est la coïncidence d’un état pléthorique avec l’hydropisie ; et c’est en diminuant la masse du sang par la diète et par d’abondantes saignées, qu’on fait disparaître les collections séreuses. J’ai eu occasion d’examiner le cadavre d’un de ces individus chez lesquels l’hydropisie était liée à un état de pléthore. C’était un homme de trente ans environ, qui depuis un mois était atteint d’anasarque et d’ascite, lorsqu’il entra à la charité. L’examen le plus attentif ne fit reconnaître chez lui la lésion d’aucun organe; il était plein de force et de vie ; il avait de fréquentes épistaxis, les yeux habituellement injectés, la peau généralement colorée, circonstance qui contrastait avec l’empâtement du tissu cellulaire sous-cutané . La sécrétion urinaire n’était pas diminuée; le pouls , développé ? comme ondulant, avait une légère fréquence habituelle. Peu de jours après son entrée, et sans cause connue, cet homme fut pris de délire, puis il tomba dans un état comateux, au milieu duquel il ne tarda pas à succomber. À l’ouverture du cadavre, on trouva dans le tissu cellulaire des membres et dans le péritoine une très-grande quantité d’une sérosité limpide et incolore; les viscères abdominaux, non plus que le péritoine lui-même, ne présentèrent aucune altération appréciable. Dans chaque plèvre existait à peu près un verre et demi de sérosité ; il y en avait aussi un peu dans le péricarde ; d’ailleurs pas plus de lésion dans les différents organes du thorax que dans ceux de l’abdomen. Dans le crâne, on trouva le tissu cellulaire sous-archnoïdien de la convexité des hémisphères infiltré par beaucoup de sérosité ; les divers ventricules remplis du même liquide ; rien d’appréciable dans les membranes non plus que dans la substance même de l’encéphale. Il me semble vraisemblable que d’abondantes saignées, pratiqués chez cet individu, auraient enlevé l’hydropisieet eussent enmême temps prévenu la terminaison fatale et si peu prévue de sa maladie. Dans ce cas, l’anatomie pathologique ne découvrit dans les solides aucune altération qui pût rendre compte, soit de l’hydropisie , soit des symptômes qui précédèrent la mort , soit de la mort elle-même. Je crois que ce fut là un de ces cas d’hydropisie par pléthore qui cèdent aux saignées. Quant aux accidents qui amenèrent la mort , furent-ils le ré*

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sultat de l’extension brusque de l’hydropisie aux cavités encéphaliques?

L’influence d’un état d’hyperémie générale sur la production de certaines hydropisies peut être confirmée par les expériences suivantes: si chez un animal vivant on augmente artificiellement la masse du liquide contenu dans ses vaisseaux, si on maintient ceux-ci dans un état de distension plus grand quede coutume, on favorise, d’une part, laformation des épanchements séreux , et d’autre part on rend moins prompte et moins active l’absorption des matières déposées dans le tissu cellulaire. Si l’on vient en pareille circonstance à pratiquer une saignée, on voit disparaître les épanchements séreux, et l’absorption reprend son activité accoutumée.

Il me paraît donc bien constaté que plus d’une hydropisie reconnaît pour cause un état de pléthore. Comment le second de ces phénomènes produitil le premier? l’hydropisie résulte-t-elle alors d’une sorte de transsudation mécanique de la partie séreuse du sang à travers les parois vasculaires trop distendues? est-elle plutôt une conséquence de la diminution de la force d’absorption ? c’est ce que je n’entreprendrai pas dé décider.

Un état du sang coptraire au précédent, celui dans lequel il y a diminution de la quantité normale de ce liquide et tendance à l’anémie , peut également produire l’hydropisie ; c’est ainsi qu’on la voit survenir à la suite de saignées trop abondantes ou trop souvent répétées. C’est encore ainsi que des hydropisies se sont en quelque sorte montrées d’une manière épidémique dans des temps de famine , où les habitants d’un pays , privés de leurs aliments ordinaires , étaient réduits à se nourrir de l’herbe des champs. Nul doute qu’un des premiers résultats de cette nourriture ne soit de modifier les qualités du sang, de l 'appauvrir en diminuant la quantité de fibrine. J’ai cité ailleurs ( Clinique médicale , tom. III) quelques cas d’individus morts hydropiques , dont les solides ne m’ont présenté aucune lésion appréciable , mais chez lesquels il n’y avait réellement plus de sang : soit dans les gros vaisseaux , soit dans les divers systèmes capillaires, on ne trouvait plus qu’un liquide comme séreux, d’un rouge pâle. Ici, au moins, il y a une corrélation remarquable à faire ressortir entre cette sorte de dégénération aqueuse du sang et l’existence de l’hydropisie. En cas pareil , l’irritation la plus légère , portée sur la peau , suffit pour déterminer dans le tissu cellulaire sous-cutané une accumulation de sérosité. J’ai vu récemment des sinapismes appliqués aux cuisses produire cet effet dans un cas de péritonite aiguë, qui avait été combattue par de trèsabondantes émissions sanguines. L’érysipèle se complique souvent d’œdème chez les individus avancés en âge ou affaiblis soit par de grandes pertes de sang, soit par une diète prolongée.

Enfin , sous l’influence de certains poisons , et spécialement sous celle d es venins de plusieurs reptiles , on voit rapidement survenir des hydropisies partielles ou générales. Or, en pareil cas, sur quelle partie a agi primitivement la matière septique? manifestement sur le sang. La phy-

siologie le prouverait , quand même nous n’aurions pas en quelque sorte de preuves matérielles de cette action par les modifications de qualité qu’a éprouvées le sang; on a effectivement constaté qu’il perd alors toute faculté de se coaguler. Dans cet état d’altération , sa partie séreuse l’abandonne avec plus de facilité que de coutume , soit pure , soit unie à une quantité variable de matière colorante , et il y a plus d’un rapprochement à faire entre ces empoisonnements par des venins animaux, dans lesquels l’hydropisie se trouve liée à une altération primitive du sang, et ces typhus dans lesquels, consécutivement à l’introduction de molécules animales délétères dans la masse du sang , celui-ci , altéré , flue en nature sur toutes les surfaces.

Ve ordre de causes. — Obstacle à la circulation veineuse.

L’oblitération de la veine principale d’un membre et de ses principales collatérales coïncide si fréquemment avec l’existence d’une hydropisie dans ce membre , qu’on est porté à en conclure que la première de ces altérations est la cause de la seconde (l); on comprend, d’ailleurs, que l’oblitération des veines collatérales est une condition nécessaire à la production de cette hydropisie; voilà pourquoi elle manque dans plus d’un cas où la veine principale est fortement obstruée ; voilà pourquoi on ne la produit pas non plus constamment dans le membre abdominal d’un chien dont on lie simplement la veine fémorale. Toutefois quelques doutes pourraient être élevés sur cette étiologie des hydropisies partielles ; on pourrait dire que ce que nous prenons pour la cause de l’épanchement séreux n’en est peut-être que l’effet : dépouillé de sa partie aqueuse dans les capillaires par une cause inconnue , ce sang ne peut-il pas être devenu plus facilement coagulable ? par suite de cette dernière faculté, ne peut-il pas tendre à se prendre en masse , à se solidifier , à s’arrêter . enfin dans les grosses veines? A cela on peut répondre d’abord que si la coagulation du sang dans les veines n’était qu’un effet de la privation de son sérum dans les capillaires, cette coagulation devrait s’observer aussi dans les petites veines : or c’est ce qui n’a pas lieu le plus ordinairement : ces petites veines sont libres dans la plupart des cas, des caillots commencent à apparaître dans des veines un peu plus considérables, et enfin ce n’est que dans les plus grosses que l’état de coagulation , le plus complet possible, détermine une véritable obstruction. D’ailleurs, on voit également un membre s’infiltrer par suite de la compression qu’exerce une tumeur sur sa veine principale : en pareil cas, le point de départ est évident. Enfin un rapport rigoureux peut être établi entre l’étendue de l’hydropisie et le

(1) Cette cause d’hydropisie partielle a été surtout bien signalée dans ces derniers temps par M. Bouillaud, à qui la science doit tant de travaux importants.

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point où existe un obstacle à la circulation veineuse? ainsi l’oblitération de la veine fémorale ou axillaire coïncide avec l’œdème du membre pelvien ou thoracique correspondant. Si l’oblitération a lieu dans la veine cave inférieure , les deux membres abdominaux sont le siège d’une infiltration séreuse ; mais le péritoine ne contient pas de liquide , ou bien il n’en exhale qu’à une époque très-avancée, et toujours consécutivement. Si c’est, au contraire, dans les diverses portions du système de la veine porte, dans le foie ou hors du foie, que le sang ne circule plus librement c’est dans le péritoine que l’hydropisie commence. Si, enfin, il y a obstacle à la circulation veineuse dans le centre même de la circulation, cet obstacle doit se faire ressentir partout, et partout il doit y avoir tendance à ce que des hydropisies se produisent : c’est effectivement ce qui a lieu dans les cas d’affections organiques du cœur. On a dit à tort, selon moi , que les engorgements de la rate étaient une cause fréquente d’hydropisie ; il est très-vrai qu’entre ces deux affections il y a bien souvent coïncidence ; mais la cause de l’hydropisie est alors dans le foie ou ailleurs. Très-rarement aussi, et peut-être jamais, les affections chroniques du poumon , celles même dans lesquelles il y a induration de la plus grande partie de son parenchyme, sont-elles suivies de Thydropisie, à moins qu’il n’y ait complication d’une maladie du cœur, ou qu’une cause quelconque , résidant ailleurs que dans les poumons , ne lui ait donné naissance.

Les obstacles au libre retour de la lymphe vers le canal thoracique sont-ils une cause d’hydropisie ? On ne pourrait le supposer que dans le cas où ce canal lui-même serait obstrué ; car pour les vaisseaux lymphatiques, leurs anastomoses sont si multipliées que l’oblitération de quelquesuns d’entre eux ne peut empêcher la circulation de la lymphe de continuer. Or, dans le petit nombre de cas recueillis jusqu’à présent sur l’oblitération du canal thoracique , on n’a pas observé que l’hydrepisie fût un phénomène constant ; lorsqu’elle existait, diverses lésions concomitantes pouvaient aussi la causer ; de plus , dans tous les cas de ce genre que j’ai moi-même observés, le cours de la lymphe dans le canal thoracique n’était jamais complètement interrompu ; il continuait à l’aide de vaisseaux collatéraux dilatés , qui , se détachant du canal au-dessous du point où existait l’obstruction , s’y ouvraient de nouveau au-dessus de ce point. Ainsi donc aucun fait ne démontre jusqu’à présent qu’un obstacle à la circulation lymphatique ait jamais été cause d’une hydropisie. Par la théorie , on ne pourrait pas davantage l’affirmer , puisque les fonctions du système lymphatique, ainsi que l’origine du liquide qu’il contient, sont loin d’être bien connues.

Jusqu’à présent nous avons vu l’hydropisie se produire sous l’influence de causes rigoureusement appréciables , résidant , soit dans les solides , soit dans les liquides. Dans l’état actuel de la science, peut-on rapporter

toute collection séreuse à l’une de ces causes? je ne le pense pas. Il est des cas d’hydropisies dans lesquelles rien ne prouve qu’il y ait eu ou qu’il y ait actuellement ni aucune irritation manifeste , ni suppression d’aucune sécrétion, ni altération du sang, ni obstacle mécanique à la circulation veineuse ou lymphatique. Les individus qui présentent ces hydropisies sans cause appréciable peuvent être divisés en deux classes : chez les uns, elles sont la maladie primitive ; chez d’autres , elles surviennent , comme complication , dans les derniers temps d’un certain nombre d’affections chroniques. Dans ces deux cas, on pourrait encore rapporter l’hydropisie à un état morbide du sang, mais onn’enapas la démonstration. On pourrait, toutefois , pour les individus qui deviennent hydropiques pendant le cours d’affections chroniques, dire que chez eux il y a un état de sang pareil à celui qui détermine l’hydropisie chez les individus qu’on a trop saignés. Il est en effet d’observation que , dans toute maladie chronique , le sang devient de moins en moins abondant, de moins en moins fibrineux. Mais si telle était la cause unique et réelle de l’hydropisie qui survient à la fin de beaucoup d’affections chroniques, pourquoi serait-elle si rare dans les cas de tubercules pulmonaires, dont l’existence doit si gravement altérer l’hématose ? pourquoi est-elle si commune , au contraire, dans les cas de cancers utérins ? Reconnaissons donc qu’il est un certain nombre d’hydropisies dont la cause est encore ignorée. Dire qu’elle dépend d’une irritation sécrétoire, irritation que rienne prouve, c’est se payer d’un mot, tout aussi bien que ceux qui expliquaient l’hydropisie, soitpar une altération de la sensibilité organique des vaisseaux absorbants , soit par un défaut de proportion entre les absorbants et les exhalants. N’oublions pas d’ailleurs que , pour affirmer qu’une hydropisie ne dépend d’aucune des lésions ci-dessus indiquées , il faut que l’ouverture du cadavre ait été pratiquée : il y a en effet telle de ces lésions qui ne saurait être soupçonnée pendant la vie. Qui pourrait, par exemple, reconnaître, avant la mort, soit des oblitérations de veines , soit certains états du foie , dans lesquels , sans douleur , sans trace d’ictère, le foie diminue de volume, et, s’atrophiant dans son système capillaire , ne permet plus qu’un difficile passage au sang que lui apporte la veine porte ? Cet état du foie , dont aucun signe jusqu’à présent connu ne peut révéler l’existence pendant la vie, est cependant un de ceux qui causent le plus souvent l’ascite.

L’exhalation de la graisse peut , comme l’exhalation de la sérosité , augmenter assez , dans certaines circonstances , pour qu’il en résulte un état morbide ; cette hypercrinie adipeuse peut être générale ou partielle ; dans ce second cas, elle constitue des tumeurs de volume variable , vulgairement connues sous le nom de lipômes. On ne trouve autre chose dans ces tumeurs qu’un amas de graisse plus ou moins dense; dans leur intérieur existent de nombreuses cloisons sur lesquelles se ramifient des vaisseaux, et qui ne sont autre chose que les parois desvésicules adipeuses considérablement agrandies .

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Les lipomes se développent surtout dans le tissu cellulaire sous-culané ou intermusculaire; souvent on en trouve à la fois un grand nombre disséminés en divers points de l’enveloppe cutanée. Il m’est arrivé une seule fois ( et je ne sache pas d’ailleurs qu’il y en ait des exemples cités dans les auteurs) de rencontrer une tumeur graisseuse dans le tissu cellulaire sous-muqueux de l’intestin grêle, non loin du duodénum. Elle soulevait la membrane muqueuse , et par sa forme , par sa structure , ressemblait entièrement aux lipomes sous-cutanés.

Quelle est la cause qui produit ainsi, en un point du corps , une exhalation surabondante de graisse? nous l’ignorons. Une augmentation insolite de sécrétion sans coïncidence d’aucun autre phénomène morbide , voilà tout ce que nous observons. Quelquefois , cependant, on a vu des lipomes survenir à la suite d’une stimulation évidente. Ainsi on lit, dans les Mémoires de chirurgie de Genève , le cas remarquable d’un individu chez lequel, à la suite d’un coup qu’il reçut à la partie supérieure interne de la cuisse , une tumeur se développa en ce point. L’examen anatomique de cette tumeur n’y montra autre chose qu’un amas de graisse , qu’un simple lipome. Ainsi donc à chaque pas de nos éludes nous voyons se modifier ce principe que sans cesse nous sommes conduit à reproduire , savoir , que l’irritation est la cause possible de toute espèce d’altération de nutrition ou de sécrétion ; mais que seule elle ne saurait en produire aucune (1).

§11. DE l’hYPERCRINIE AVEC ÉCÔULEMENT DU LIQUIDE AU-DEHORS.

La plupart des nosographes du siècle précédent ont admis sous le nom de flux une grande classe de maladies, dans lesquelles le phénomène le plus saillant est l’issue d’un liquide au-dehors. Mais si toute modification de sécrétion est liée nécessairement à une altération du solide qui sécrète , il s’ensuit que cette modification de sécrétion n’est qu’un symptôme, et que ce n’est pas d’après elle, mais d’après la lésion du solide dont elle est un résultat, que la maladie doit être nommée. C’est effectivement ce qu’on a eu raison de faire dans le plus grand nombre des cas. On n’admet plus

(1) Rien de plus commun que de voir dans l’économie des effets dissemblables suivre une cause identique. Voyez , par exemple, les phénomènes infiniment variés que présentent les individus qui ont pris à une même source le virus syphilitique. Voyez encore combien sont différents les symptômes généraux de la variole et de la rougeole, chez des personnes soumises à une même contagion. Le fait suivant rapporté par Johnson (Influences of tropical climates onEuropean constitution), n’est pas moins digne de remarque : Vingt-huit soldats sont occupés à travailler près d’un lieu marécageux en Amérique ; tous deviennent malades , mais tous ne sont pas atteints de la même affection. Trois meurent du choléra-morbus, cinq de dysenterie, quatre d’une fièvre dite adynamique avec couleur jaune de la peau ; les autres ont des fièvres intermittentes pernicieuses. Ainsi, dans ce cas, la spécialité de la cause n’entraîna pas la spécialité apparente de l’affection.

aujourd’hui avec les anciens que dans la plupart des écoulements par les membranes muqueuses , celles-ci ne sont qu’une sorte de filtre à travers lequel se séparent de la masse du sang certaines humeurs qui l’altéraient ; on n’admet plus que les diarrhées, qui terminent certaines maladies chroniques, sont dues à une espèce de fonte de la substance nutritive , dont la continuelle expulsion hors du corps produit le marasme. On n’admet plus ces idées, parce que cette fonte n’est prouvée par aucun fait , et que , de plus , l’anatomie pathologique a démontré que les flux des membranes muqueuses n’étaient le plus souvent qu’un effet du travail morbide tout local dont ces membranes sont si fréquemment le siège. Cependant l’adoption de cette vérité résout-elle toute la question? plus d’un fait important ne se trouve-t-il pas négligé et mis en quelque sorte hors de l’observation, par suite de l’entier rejet de la classe des flux? Dans certains cas , le flux n’est-il pas le phénomène tellement prédominant, que seul, abstraction faite de sa cause, il produit les plus graves accidents? N’est-ce pas contre lui surtout que , dans plus d’une circonstance , doit être spécialement dirigé le traitement? là où il a eu lieu, nTarrive-t-il pas souvent que l’ouverture des cadavres ne montre aucune lésion, ou du moins ne découvre que des lésions dont l’intensité n’estnullement en rapport avec la gravité des symptômes? Enfin ne trouvons-nous pas plus d’un état morbide où la cause du flux doit être cherchée, non plus seulement dans la trame même du tissu d’où s’échappe le liquide; mais loin de ce tissu, soit dans d’autres solides, soit dans le sang? Sur ces différents points, l’observation répond affirmativement : elle montre des cas dans lesquels il semble convenable de conserver le nom de flux à certains états morbides. Ainsi à la peau , dans quelle autre classe rangerons-nous ces sueurs abondantes, qui tantôt existent pendantle cours de plusieurs maladies aiguës ou chroniques, et qui, tantôt se montrant comme l’affection principale, onttellement frappé les observateurs, qu’une épidémie en a reçu son nom (lasuette.) Jeveuxbien que dans^cecas il yait en même temps lésion plus ou moins grave de quelque organe interne ; mais toujours est-il que l’exhalation excessivement abondante dont la peau était le siège n’en dépendaitpas uniquement; toujours est-il qu’à la peau même il n’y avait d’autre phénomène morbide appréciable que l’augmentation d’activité de sa fonction habituelle de perspiration. Par quel autre nom que par celui de flux désignera-t-on ces transpirations partielles très-abondantes qui ont lieu chez quelques individus aux aisselles ou à la plante des pieds , ou bien ces sueurs générales copieuses qui fatiguent , épuisent certaines personnes , dont la santé n’est pas d’ailleurs autrement dérangée? Il n’est pas rare d’observer de pareilles sueurs chez les convalescents ; elles disparaissent à mesure que les forces se rétablissent ; ailleurs on les voit céder à l’emploi de substances dites toniques et astringentes, soit appliquées directement sur l’enveloppe cutanée , soit administrées à l’intérieur. Comment désigner encore autrement que par le nom de flux

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les sueurs avec refroidissement de la peau , dont se couvre quelquefois le corps des mourants? ce phénomène si vulgaire est pourtant encore inexpliqué. Expliquera-t-on davantage pourquoi, parmi les phlegmasies, le rhumatisme articulaire aigu avec fièvre est une de celles où les sueurs sont les plus fréquentes et les plus copieuses ; pourquoi , chez les individus atteints de tubercules pulmonaires suppurés , les sueurs sont un phénomène si constant, tandis qu’au contraire la peau est d’une sécheresse si remarquable chez les personnes qui ont une gastrite chronique ? Chez les phthisiques , la transpiration cutanée doit-elle suppléer à la transpiration pulmonaire suspendue ? Peu nous importe , pour le sujet qui nous occupe , la cause de ces différences. De tout cela tirons seulement la conséquence que plusieurs sueurs méritent d’être classées et décrites à part dans un cadre nosologique, et que dans ce cadre elles ne peuvent trouver place qu’à titre de flux.

Plusieurs maladies des membranes muqueuses présentent également comme phénomène prédominant et même unique un écoulement abondant de liquide. Celui-ci peut être , ou du sang, ou de la sérosité , ou du mucus.

Les flux sanguins des membranes muqueuses ne sauraient être confondus avec les diverses nuances de phlegmasies de ces membranes : une épistaxis n’est pas un coryza. Sans doute , dans ces deux cas, il y a le plus souvent, comme phénomène commun, une congestion sanguine. Mais, 1° dans l’hémorrhagie, les conditions de l’hyperémie sont telles, que le sang, au lieu de s’accumuler dans les vaisseaux du tissu muqueux, s’en échappe à mesure qu’il y arrive. Comment en pareil cas les vaisseaux se trouvent-ils modifiés pour donner issue au sang qui les traverse? c’est ce que nous ignorons. 2° L’hyperémie n’est pas seulement active comme dans toute phlegmasie ; elle peut encore être , soit passive , soit due à un obstacle mécanique à la circulation veineuse; j’en ai donné les preuves en traitant précédemment des différentes espèces d’hyperémie. 3° L’existence d’une hyperémie n’est pas même nécessaire à la production de toute hémorrhagie. Il suffit, pour qu’elle ait lieu , que les qualités du sang soient modifiées de telle sorte que ses molécules aient perdu leur force de cohésion accoutumée ; alors le sang s’échappe des vaisseaux avec la plus grande facilité , et en plusieurs points de l’économie se produisent simultanément des hémorrhagies remarquables par l’absence de tout travail d’irritation, là où elles ont lieu. C’est ce qu’on observe dans le scorbut , dans les maladies typhoïdes , dans toutes ces affections où , soit par l’étude des causes, soit par l’inspection même du sang, l’on ne peut douter que ce liquide ne soit réellement altéré 1

A cette espèce d’hémorrhagie me semble, par exemple, devoir se rapporter un cas d’hématurie, que j’ai eu occasion d’observer chez une vieille femme atteinte d une affection cancéreuse de l’estomac. Quinze jours environ avant sa mort , de nombreuses taches purpurines apparurent sur

T D’ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Î9â

l'enveloppe cutanée , et pendant ce même espace de temps une notable quantité de sang s’écoula chaque jour avec les urines. Des taches rouges se montrèrent sur les conjonctives, et l’une de celles-ci, soulevée par lesahg* vint à former autour de la cornée un épais bourrelet , d’un rouge pourpre, semblable à celui qu’on observe dans le chémosis. A l’ouverture du cadavre, on trouva de nombreuses ecchymoses, semblables à celles delà peau, 1° dans le tissu cellulaire sous-pleural et sous-péritonéal ; 2° à la surface interne des cavités du cœur; 3° en divers points du tube digestif, un liquide sanguinolent remplissait les voies d’excrétion de l’urine. Par la pression, on exprimait un liquide semblable des mamelons de la substance tubuleuse. De plus, on ne trouva partout, soit dans le cœur, soit dans les vaisseaux, qu’un sang violacé, liquide, sans apparence dé caillot. Un cas absolument semblable a été rapporté récemment par M. Stollz. ( Archives de Médecine , tom. XV.) Il y avait également, dans ce dernier cas, une apparence de chémosis due à la même cause. La femme qui fait le sujet de l’observation de M. Stoltz, était enceinte; et, chose bien remarquable, des ecchymoses semblables à celles que présentèrent la plupart de ses tissus, furent trouvées également dans les poumons, le péricarde, le cœur et les vaisseaux du fœtus.

Le fait suivant a été rapporté par le docteur Schreyer. ( Bulletin des Sciences médicales. Avril 1828.)

Parmi cinq enfants d’une famille, le premier s’étant mordu la langue, eut une hémorrhagie à laquelle il succomba ; le deuxième et le quatrième sont parfaitement bien constitués; le troisième et le cinquième, au contraire, ont une disposition remarquable aux hémorrhagies. Tous ces enfants sont du sexe mâle.

Le troisième et le cinquième, âgés l’un dé cinq ans, l’autre de quihzë mois, offrent à des époques variables, aux jambes et aux cuisses, des taches bleues qui se gonflent jusqu’à la grosseur d’un œuf de pigeon, prennent alors une teinte jaune-verdâtre, et ne saignent pas, à moins qu’on ne les ouvre mécaniquement ; mais si cela arrive, l’hémorrhagie ne s’arrête que lorsque le malade est tombé en défaillance, et son corps devenu pâle commeun cadavre. Le sang qui s’écoule est rouge d’abord, il devient enfin comme de la lavurede chair, et alors les taches bleues disparaissent. Une pression exercée sur l’ouverture avec les doigts, et continuée, suivant l’assertion des parents , pendant vingt-quatre heures , sert alors à arrêter l’hémorrhagie. Il ne se forme jamais un véritable coagulum pour boucher l’ouverture après l’hémorrhagie ; les enfants se rétablissent lentement ; mais d’ailleurs ils sont bien nourris et forts, jusqu’à ce que l’hémorrhagie se renouvelle. Une fois l’ainé des deux enfants eut une hémorrhagie par une dent cariée, et il en fut très-affaibli. Le cadet n’a pas la même disposition à un aussi haut degré. Ni le père, ni la mère, ni les aïeux des enfants n’ont rien eu de semblable.

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Leflüi de perspiratoire,”qui sous forme de vapeurs, est sans cesse exhalé à la surface des membranes muqueuses, comme il l’est sur toute surface ( séreuse , cellulaire , vasculaire , cutanée ) , est quelquefois exhalé en beaucoup plus grande quantité que de coutume ; au lieu de vapeur, c’est un liquide plus ou moins abondant que fournit alors la membrane muqueuse ; elle sue comme la peau. Cet écoulement, ce flux peut exister à un très-haut degré , sans être accompagné d’aucun désordre organique remarquable de la membrane ; l’énorme quantité de liquide qui , en un très-court espace de temps , peut ainsi sortir de l’économie , est la cause d’une série de phénomènes morbides, analogues à ceux que produit toute grande déperdition. Ces phénomènes sont principalement les suivants : 1° L’apparition d’un sang remarquable par sa couleur d’un noir foncé et par la prédominance de sa partie fibrineuse, double phénomène qui résulte de ce que l’exhalation séreuse accidentelle qui a eu lieu a dépouillé le sang de sa partie albumineuse. 2° La suspension ou la diminution d’activité des autres sécrétions. 3° Le refroidissement subit de l’enveloppe cutance , et l’absence de son travail habituel de perspiration. 4° Le rapide anéantissement des forces. 8° Divers troubles fonctionnels du système nerveux, semblables à ceux qui surviennent souvent à la suite des grandes pertes de sang, et qu’il ne faudrait pas toujours regarder comme dus à une exaltation réelle des forces de ce système.

La production de ce flux séreux n’est liée à aucun degré déterminé d’irritation ; la plus légère, comme la plus intense, le produit également. Quelquefois il s’établit consécutivement à la suppression brusque d’une sueur ; l’impression d’un froid humide sur la peau d’individus exposés auparavant à une très-forte chaleur est aussi suivie parfois d’un flux séreux intestinal très-abondant; ailleurs, en même temps que disparaît une hydropisie , fin liquide d’aspect semblable à celui qui remplissait le tissu cellulaire ou une cavité séreuse flue à la surface d’une membrane muqueuse. C’est ainsi que j’ai vu la brusque résorption d’un hydrothorax coïncider avec un écoulement séreux très-abondant par la membrane muqueuse des voies aériennes, et une ascite être remplacée par un flux intestinal que constituait en prodigieuse quantité un liquide qui semblait être purement aqueux. Dans ces différents cas, il ne me semblerait pas déraisonnable d’admettre que c’est le même liquide qui, repris dans la cavité séreuse et porté dans le torrent circulatoire, est ensuite séparé de la masse du sang, sur l’une des grandes'surfaces d’élimination ; c’est ainsi que l’eau, injectée dans les veines d’un animal vivant , s’échappe par la membrane muqueuse des bronches ; c’est ainsi que continuellement on voit des liquides étrangers, introduits par absorption dans la masse du sang, s’en séparer avec l’urine.

Il est une grande classe de maladies que les anciens nosographes ont désignées sous le nom de catarrhes, et qu’ils distinguaient avec soin des

maladies inflammatoires. Produites particulièrement chez les individus d’une constitution molle et lymphatique , régnant surtout dans des pays humides et froids , ces maladies étaient spécialement caractérisées par un excès de sécrétion des diverses membranes muqueuses , avec ou sans mouvement fébrile. Le traitement consistait à modifier la sécrétion muqueuse par les substances aromatiques > les amers, les purgatifs ou les révulsifs cutanés; on n’employait qu’accidentellementla saignée ; les boissons purement émollientes étaient proscrites. Regardés maintenant comme de simples résultats d’un travail de phlegmasie , les flux muqueux ont cessé d’être classés et décrits comme des affections distinctes des phlegmasies des membranes muqueuses , et ici encore , à mon avis, l’on a été beaucoup trop loin en théorie : on peut concevoir en effet une augmentation acci dentelle dans la sécrétion des follicules muqueux, sans qu’ils soient l e siège d’un travail d’hyperémie active ; de même qu’on voit sans cesse , sous l’influence de causes nombreuses , l’urine être sécrétée plus abondamment que de coutume, sans qu’il y ait néphrite. Y a-t-il stomatite, lorsque, sous l’influence d’une émotion morale, labouche se sèche , ou que la langue se charge tout-à-coup d’une quantité insolite de mucus? en accordant que dans tout flux muqueux il y ait irritation antécédente , ce qui dans bien des cas est plutôt supposé que démontré , toujours faudra-t-il convenir que c’est là un mode spécial d’irritation; car, après la mort, cette irritation ne se manifeste par aucune lésion appréciable ; maintes fois > par exemple , surtout chez les enfants , j’ai trouvé lametnbrane muqueuse intestinale parfaitement blanche , et ayant son épaisseur et sa consistance normales, dans des cas de diarrhées muqueuses , soit récentes, soit anciennes. Je n’ai pas trouvé plus de lésion dans des membranes muqueuses bronchiques d’individus atteints de catarrhes pulmonaires chroniques. De plus , on ne peut nier que plusieurs de ces flux muqueux ne soient traités avec le plus grand succès par diverses substances plus ou moins stimulantes. Plus d’un flux muqueux intestinal cède, par exemple, tantôt aux astringents, tantôt aux purgatifs amers, à des substances en un mot qui semblent surtout agir en substituant une autre modification à la modification actuelle des follicules muqueux. J’ai connaissance d’un cas dans lequel une femme, tourmentée de digestions pénibles avec vomissement presque quotidien de mucosités blanchâtres, qu’elle appelait des glaires, a été guérie par l’usage d’eaux minérales ferrugineuses et de la rhubarbe. Dirais-je en passant que ce serait une grave erreur dépenser que la fièvre qüi accompagne certains flux muqueux aigus , prouve nécessairement la nature inflammatoire de ceux-ci? par cela seul qu’un organe est dérangé de son mode normal de nutrition , de sécrétion , d’innervation , la fièvre peut naître ; il n’importe pas d’ailleurs à la production du mouvement fébrile que ce dérangement soit avec augmentation , diminution ou perversion de l’action vitale de l’organe ; le seul fait de la souffrance d’une partie vivante, quel qu’en

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soit le mode, suffit pour mettre en jeu les sympathies d’où résulte la fièvre. L’existence de celle-ci n’implique donc pas nécessairement l’idée de l’existence de la stimulation d’un organe : dans toute fièvre il n’y a donc pas à combattrecette stimulation; il faut faire cesser un trouble, tantôt circonscrit et purement local , tantôt affectant dans leur universalité, soit le sang, soit les centres nerveux. Dans beaucoup de cas, l’indication n’est pas plus d’affaiblir que de stimuler, de tirer du sang que d’administrer des toniques, et voilà pourquoi, par exemple, un certain nombre de fièvres , qui résistent également aux saignées et au quinquina , cèdent à des purgatifs.

La sécrétion des différents organes glanduleux peut également, comme celle des membranes tégumentaires , devenir plus abondante , sans que l’organe sécréteur paraisse être en aucune façon altéré dans sa texture. Ainsi , par exemple , il m’est plus d’une fois arrivé de trouver exempts de lésion appréciable le foie et ses annexes , chez les individus dont le tube digestif, tantôt sain, tantôt malade , contenait de la bile en beaucoup plus grande abondance que de coutume , ou qui avaient rendu pendant la vie, soit par les vomissements , soit par les selles , une énorme quantité de ce liquide. J’ai eu occasion d’examiner quatre cadavres d’individus morts avec le diabète. Chez un seul, les reins étaient remarquables par leur volume et parla forte injection sanguine de leur substance ; chez les trois autres, les reins n’offraient rien de particulier. Je n’ai non plus rencontré rien de morbide dans les glandes salivaires d’un homme qui avait depuis long-temps un ptyalisme , dont aucune cause appréciable n’avait provoqué l’établissement. D’un autre côté , l’on ne voit pas que l’inflammation des glandes parotides soit accompagnée d’une salivation remarquable. N’est-ce pas aussi un travail suî generis que l’écoulement des larmes produit par une impression morale ? A défaut de connaissances plus approfondies sur ce qui se passe dans l’intérieur de la glande pour que sa sécrétion soit augmentée , constatons au moins l’indépendance dans laquelle se trouve de tout autre travail morbide celui qui donne lieu à cette augmentation de sécrétion , en conservant à celle-ci un nom particulier, en la désignant sous le nom de flux.

D’après l’ensemble des faits et des considérations qui précèdent , je crois être fondé à admettre , sous le nom de flux , une classe de maladies dans lesquelles l’écoulement d’un liquide à l’extérieur est le phénomène le plus saillant, celui autour duquel se groupent tous les autres, et contre lequel doit spécialement être dirigée la thérapeutique. Ces divers caractères s’appliquent très-bien, par exemple, au choléra-morbus : des évacuations excessivement abondantes, soit de bile, soit de mucus ou de sérosité, en signalent particulièrement l’existence. De l’abondance extrême de ces évacuations dépendent surtout les autres symptômes; c’est enfin à supprimer ces évacuations que tendent les indications thérapeutiques ; de là le

grand succès de l’opium dans le traitement du choléra-morbus ; de là , au contraire, le danger ou au moins l'insuffisance des seules émissions sanguines.

Sous le rapport de leur siège , les flux doivent être distingués en deux classes : ceux des membranes et ceux des tissus glanduleux.

Sous le rapportée leur nature, il faut admettre 1° des flux sanguins; 2° des- flux séreux. Le liquide qui les constitue, plus ou moins analogue au sérum du sang, forme la matière de beaucoup de flux des membranes tégumentaires externe et interne , et de quelques flux de parenchymes. Ainsi , dans le diabète non sucré, l’urine n’est en très-grande partie composée que de sérosité; 3° enfin il faut admettre des flux qui résultent d’un excès dans la sécrétion des divers liquides fournis par les organes sécréteurs proprement dits. (Flux muqueux, salivaire , bilieux, urinaire , etc.)

Quels que soient leur siège et leur nature , les flux sont actifs ou passifs, aigus ou chroniques , continus ou intermittents, sporadiques ou épidémiques, et même endémiques. Les faits précédemment cités me semblent démontrer l’existence de ces différents flux.

L’organe qui est le siège d’un flux peut présenter la l’étatqui pourtout anatomiste constitue son état naturel ; 2° une coloration remarquable de son tissu; 3° une congestion sanguine, soit active, soit passive, soit mécanique , sans autre altération ; 4° diverses altérations de texture. Ce qui frappe surtout dans un grand nombre de flux , c’est l’apparente légèreté des lésions que l’on trouve dans l’organe qui en a été le siège.

Hors de l’organe siège du flux , on trouve / comme coïncidant souvent avec lui : 1° Un état d’irritation des membranes auxquelles aboutit l’organe sécréteur. 2° Une modification imprimée à l’innervation ; il n’est pas de sécrétion dont une impression morale ne puisse ainsi brusquement augmenter l’abondance. S° La suspension brusque ou lente d’autres sécrétions ; c’est là peut-être une des causes du choléra-morbus endémique des Indes Orientales. 4° La résorption du liquide morbidement accumulé dans les aréoles du tissu cellulaire ou dans les cavités séreuses. 5° L’élimination , hors du corps , de diverses substances étrangères qui y ont été introduites par voie d’absorption.

Examinés par rapport à leur influence, les flux peuvent être ou nuisibles ou d’un heureux effet. Ils sont nuisibles , soit par l’épuisement qu’ils causent, soit par les divers troubles sympathiques qu’ils excitent. Ils sont avantageux, ou en entraînant avec eux des matières nuisibles introduites dans le sang, ou en étant eux-mêmes constitués par ces matières, ou en produisant vers l’organe qui en est le siège un travail fluxionnaire , dont la manifestation coïncide avec la disparition d’un travail morbifique fixé sur un autre point.

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