MATIÈRES GRASSES
Les matières grasses , qui se développent en divers points de l’économie, peuvent se diviser en deux espèces, suivant qu’elles présentent une identité parfaite de propriétés physiques et chimiques avec- la graisse de l’état normal, ou suivant qu’elles s’en éloignent plus ou moins.
La première espèce de matière grasse n’est pas le plus ordinairement une production nouvelle ; elle n’est autre chose que la graisse de l’état physiologique sécrétée en quantité plus abondante que de coutume. Il en a été question dans le premier chapitre de cette troisième section.
La seconde espèce de matière grasse ne présente plus un aspect semblable à celui de la graisse normale, bien qu’elle lui ressemble par la na-;
PRÉCIS
ture des principes constituants , sans lesquels elle ne serait point une graisse. C’est ainsi qu’on trouve quelquefois, en diverses parties du corps, des kystes plus ou moins volumineux remplis par une matière tout-à-fait semblable à du suif. Tantôt cette matière constitue à elle seule toute la tumeur; tantôt elle est mêlée à d’autres produits de sécrétion morbide, ou à diverses altérations de nutrition. Les tumeurs formées en totalité ou en partie par une matière grasse semblable à du suif, ne sont pas trèsrares dans l’ovaire. J’ai cité ailleurs ( Clinique Médicale ) un cas de kyste à parois cartilagineuses, ayant le volume de la tête d’un fœtus à terme, développé entre les lames du mésentère, et que remplissait une matière comme suifeuse. On a quelquefois rencontré au milieu d’une semblable matière un nombre plus ou moins considérable de poils.
On voit quelquefois s’atrophier le tissu propre des divers parenchymes organiques, et à sa place se dépose une matière grasse, facilement reconnaissable à ses propriétés physiques. On dit alors que ces parenchymes sont transformés en gras. Nous suivrons plus tard cette altération dans les différents organes, lorsque nous traiterons en particulier de l’anatomie pathologique de chacun d’eux.