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DU TUBE DIGESTIF CONSIDÉRÉ DANS L.’ÉTAT DB MALADIE

Nous avons étudié dans le chapitre précédent les différents aspects que peut présenter le conduit gastro-intestinal, et nous avons vu combien ces aspects peuvent varier , sans qu’il y ait pour cela état morbide des voies digestives. C’est cet état morbide dont l’étude va maintenant nous occuper. Dans plusieurs cas nous trouverons que quelques-unes des altérations qui appartiennent à la modification morbide se confondent tellement avec quelques aspects de l’état sain modifié par Tune des causes précédemment énumérées , qu’il nous sera impossible de les distinguer. Nous saurons alors rester dans le doute, en attendant que de nouveaux faits nous éclairent. D’autres fois, nous rencontrerons des états du tube digestif que nous n’hésiterons pas à reconnaître pour des produits de la maladie ; mais souvent alors s’élèvera une autre question : quelle est la nature de ces états bien évidemment morbides ? sont-ils le résultat d’une irritation , ou en d’autres termes d’une augmentation de l’action organique du tissu où ils ont leur siège ? dépendent-ils au contraire d’une diminution de cette même action organique ? ne reconnaissent-ils ni Tune ni l’autre de ces causes , mais seulement une perversion de la nutrition ? Ces diverses questions , tantôt nous pourrons les résoudre , mais tantôt aussi, ne trouvant point

PRECIS

assesz de faits pour y répondre, nous les laisserons indécises. Car rien ne fausse plus la direction d’une science que de prétendre devancer ces faits , que de chercher à tirer la formule d’un problème dont on ne possède pas encore tous les éléments.

Les différentes altérations dont nous allons nous occuper peuvent exister isolées ou réunies ; la plupart sont tour à tour cause ou effet les unes des autres. Mais pour les étudier , il faut bien que nous les séparions.

Devions-nous désigner sous le terme commun de gastro-entérite aiguë ou chronique toutes les lésions dont nous allons donner la description? Selon nous, c’eut été préjuger la solution de plus d’une question encore indécise. Nous avons cru mieux servir la science en évitant de prononcer celte expression, qui n’a point de valeur par cela seul qu’elle est trop générale. Nous allons donc décrire isolément les différentes lésions qui ont été comprises dans ces derniers temps sous ce terme générique ; nous trouverons que ce sont toujours des lésions de circulation, de nutrition ou de sécrétion. En parlant de chacune d’elles , nous chercherons à en pénétrer la nature, à évaluer le rôle principal , secondaire ou nul , que l’irritation joue dans sa production , soit qu’on puisse prouver ce rôle directement , soit qn’on ne puisse le démontrer que par voie d’analogie ou d’induction.

ARTICLE PREMIER

LÉSIONS DE CIRCULATION

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