IP SECTION
Lésions dénutrition.
Î' Augmentation de quantité du sang.
Diminution de quantité du sang.
Altérations de (
l’arrangement < Tices de conformation, des molécules. (
i Augmentation.
— de leur nom- 1 ( Atrophie,
bre. j Diminution. <
( (Ulcération.
— de leur con- j Ramollissement, sistance. (Induration.
— deleurnature. j Transformation.
IIIe SECTION.
Lésions de sécrétion.
Altérations delai
quantité des 7 ^ . ,
matières sécré- ^uanUté- . .
J | Diminuée.
Augmentée. <
l Épanchem.
Flux.
tées.
IVe SECTION.
Lésions du sang.
Ve SECTION.
Lésions de l’innervation.
J l Formation en un lieu inso- f En nature.
— de leur situa- ; lite. j
tion. J Transport en un lieu inso- i
\ lite. (En éléments.
! Modification de composition de la sécrétion normale.
Sécrétion nouvelle.
^Altérations des propriétés!
physiques du sang. ( Primitives.
■ — de ses propriétés chimi- (
ques. ) Consécutives.
— de ses propriétés physio- 1
logiques.
{Primitives.
Consécutives.
Les lésions de circulation capillaire , de nutrition et de sécrétion , doivent être divisées en deux groupes, suivant quelles reconnaissent pour cause une modification toute locale de la partie qui en est le siège (érysipèle par insolation, suppuration autour d’un corps étranger), ou suivant quelles sont liées à une modification, soit du sang, soit de l’innervation (pétéchies des scorbutiques, abcès des scrofuleux). Le trouble que subit
PRECIS
alors un organe dans son mode normal de circulation , de nutrition et de sécrétion , n’est plus que la traduction , la manifestation extérieure d’un trouble plus général , qui produit une série d’affections locales. Ainsi , par exemple, les lésions de nutrition si multipliées que présentent les individus scrofuleux , ne sont certainement pas indépendantes les unes des autres ; toutes se rattachent à une cause qui se manifeste à nous par l’existence de cette série de modifications de nutrition et de sécrétion dont l’ensemble fonde une manière d’être qu’on est convenu d’appeler constitution scrofuleuse.
Après avoir étudié d’une manière toute expérimentale ces lésions diverses, on peut essayer de remonter à leur cause. Sont-elles toutes le produit d’une simple modification de l’excitabilité normale , qui , pour leur donner naissance, diminue quelquefois, et le plus souvent augmente? Comme, dans la plupart des maladies il y a presque toujours une époque où se montrent des phénomènes qui paraissent annoncer un accroissement local ou général de l’excitabilité physiologique, on a été assez naturellement porté à considérer cette augmentation d’excitabilité , qu’on a appelée irritation , comme la cause de la plus grande partie des lésions d’organisation ou de fonctions ; mais l’extrême fréquence d’un phénomène n’entraîne pas l’idée de sanécessité ; la coïncidence de deux faits ne prouve pas que l’un soit la cause de l’autre. D’un autre côté , ceux qui ont nié que l’irritation pût être le point de départ de toutes les lésions de nutrition ou de sécrétion, eussent été, ce me semble , plus près de la vérité, s’ils eussent dit que seule elle était insuffisante pour leur donner naissance ; car il me paraît indubitable qu’il n’est aucune de ces lésions à la production de laquelle l’irritation ne puisse concourir. Une fois qu’un tissu est devenu le siège d’une stimulation passagère ou durable , légère ou intense ; une fois que plus de sang a commencé à y affluer , toutes les altérations possibles de nutrition ou de sécrétion peuvent s’y développer, l’hyperthrophie comme l’atrophie, l’induration comme le ramollissement, le cancer ou le tubercule, comme le cartilage ou l’hydatide , etc. Mais, en pareil cas, l’irritation ne saurait être considérée que comme un élément du phénomène; elle concourt à sa production , mais seule elle ne saurait le produire ; quels que soient ses degrés d’intensité et de durée , seule elle ne saurait rendre compte de la spécialité de chaque production morbide. Ainsi l’irritation ne peut être considérée que comme préparant la formation des diverses lésions organiques ; elle n’en détermine ni la nature, ni même l’existence. Dans un certain nombre de cas où cette irritation n’est plus démontrée par aucune preuve directe, une légitime induction peut encore nous porter à l’admettre ; mais, d’autres fois, cela n’est même plus possible; dans ce dernier cas, d’ailleurs, l’atonie n’est pas plus prouvée que l’irritation : tout ce qu’on voit, c’est une modification , une perversion de l’acte nutritif ou sécrétoire ; aller au-delà, c’est
conjecturer. Le rôle de l’irritation me paraît se borner à apporter un dérangement dans les phénomènes de nutrition et de sécrétion. Mais en théorie , nous pouvons concevoir qu’un pareil dérangement ait lieu sans préexistence nécessaire d’un accroissement d’excitabilité ; qu’y a-t-il de commun entre une augmentation d’excitation et le dépôt , dans le tissu cellulaire, de tubercule ou de cartilage, à la place de la vapeur séreuse qui remplit ordinairement ses aréoles? En théorie, l’irritation ne doit être considérée que comme préexistant fréquemment , mais jamais nécessairement, aux diverses lésions organiques; en fait, voilà aussi ce qu’une observation impartiale nous conduit à admettre. Lorsqu’on a rapporté au phénomène de l’irritation toutes les lésions dites organiques , lorsqu’on les a regardées comme l’ irritation transformée , n’a-t-on pas procédé comme les métaphysiciens qui ont regardé la sensation comme le point de départ de tous les phénomènes intellectuels et moraux, et qui les ont aussi appelés la sensation transformée ? Il ne serait pas difficile de prouver que les idées de l’école de la sensation ont guidé à leur insu les fondateurs ou les élèves de l’école de l’irritation, comme l’ontologie de Scott a inspiré les théories souvent sublimes de Yan Helmont , comme le spiritualisme des écoles philosophiques du dix-septième siècle a produit l’animisme de Stalh , et n’a pas été étranger à la doctrine du vitalisme de Barthez.
On a comparé le rôle joué par l’irritation dans l’état de maladie à celui que remplit l’excitation dans l’état de santé. Essayons donc de déterminer la nature et les limites de l’influence exercée par cette excitation sur les phénomènes physiologiques. On a admis avec raison que l’air est un excitant de la membrane muqueuse des voies aériennes ; mais là ne se borne pas l’influence de l’air : l’air agit sur le sang ; il le modifie d’une manière chimique et vitale tout à la fois ; plusieur# de ses principes sont directement absorbés et remplacés par d’autres ; dans cette série de phénomènes , quel rôle joue l’excitation ? un rôle bien secondaire ; nous explique-t-elle ces phénomènes? nullement. L’aliment détermine par sa présence dans le tube digestif une augmentation de vitalité, il y produit un appel de fluides ; il X excite. Mais est-ce là tout ? ici encore , comme pour le phénomène de l’hématose pulmonaire , cette excitation n’est qu’un des éléments du phénomène ; elle n’est pas l’unique condition de son accomplissement. Il en est de même pour les diverses sécrétions : lorsqu’on admet qu 'excitée par le sang, la glande produit un liquide , comme le muscle excité par un instrument piquant produit un mouvement, on n’émet qu’une hypothèse ; et en accordant même que dans ce travail de sécrétion il y ait de l’excitation produite, cevqui n’est pas prouvé, dans cette excitation ne consiste certainement pas le phénomène tout entier. Que sait-on de plus , et en quoi a-t-on avancé la question , lorsqu’on a dit que la conception est le résultat de l’excitation de
PRÉCIS
l’oyule par le sperme ? Ainsi , dans l’état physiologique , l’hypothèse de l’excitation n’explique véritablement aucun phénomène , elle ne saurait rendre compte de l’accomplissement du moindre acte yital; souvent , enfin, on la suppose. Elle n’explique pas plus l’état sain que son excès ou son défaut n’expliquent l’état morbide.
Lorsque l’augmentation de l’excitabilité normale , ou M irritation, est accompagnée de rougeur, de tumeur, de douleur, on l’a appelée inflammation. Créée dans l’enfance de la science , cette expression toute métaphorique était destinée à représenter un état morbide dans lequel les parties semblent brûler, s’enflammer, comme si elles avaient été soumises à l’action du feu. Reçu dans le langage, sans qu’aucune idée précise lui ait jamais été attachée sous le triple rapport des symptômes qui l’annoncent , des lésions qui la caractérisent , et de sa nature intime , l’expression d 'inflammation est devenue une expression tellement vague , son interprétation est tellement arbitraire , quelle a réellement perdu toute valeur ; elle est comme une vieille monnaie sans empreinte , qui doit être mise hors de cours, car elle ne causerait qu’erreur et confusion. 11! inflammation ne peut plus être considérée que comme l’expression d’un phénomène complexe qui comprend plusieurs autres phénomènes, dont la dépendance n’est ni nécessaire, ni constante.
Dans ce qui va suivre , je ne décrirai donc pas l’inflammation ; car ce mot, à force de tout embrasser, finit par ne plus rien représenter. Il n’importe pas de déterminer si tel ou tel groupe de lésions doit être ou non rapporté à ce qu’on appelle une inflammation ; ce qu’il importe, c’est de bien étudier chacune de ces lésions , c’est d’essayer de remonter à leur cause et de pénétrer leur nature.
SECTION PREMIÈRE
LÉSIONS DE CIRCULATION
Ces lésions sont au nombre de deux : tantôt la quantité normale de sang que les capillaires doivent contenir est augmentée ; tantôt elle est diminuée. Nous désignerons sous le nom d 'hyperémie l’augmentation de quantité de sang , ou en d’autres termes , sa congestion , quelle que soit d’ailleurs la cause de celle-ci; nous désignerons sous le nom d 'anémie la diminution de quantité du liquide nutritif.