II. ATROPHIE DU TUBE DIGESTIF
Cette atrophie peut avoir son siège, soit dans l’ensemble des couches qui composent les parois gastro-intestinales, soit dans l’une de ces couches seulement.
L’atrophie de la membrane muqueuse présente deux degrés : dans un premier degré , cette atrophie est caractérisée par la diminution du volume des villosités; quelquefois même on ne peut plus en trouver de trace. Dans un second degré , la trame même de la membrane est singulièrement amincie ; elle ne ressemble plus qu’à une toile fine, assez semblable à la membrane très-peu épaisse qui tapisse les sinus maxillaires. L’affaissement des villosités est tantôt général et tantôt partiel. On ne les observe plus dans un Certain nombre de points, tandis qu elles existent bien développées dans l’intervalle de ces points. Celle absence partielle de villosités peut dépendre de deux causes, ou d’un simple état d’atrophie de la membrane muqueuse, ou d’ulcérations cicatrisées, dans lesquelles il n’y a encore de reproduit que la trame de la muqueuse.
L’atrophie de la membrane muqueuse s’observe assez souvent dans les cas de maladies chroniques ; elle peut coïncider , soit avec un état d’anémie , soit avec un état d’hyperémie , soit avec des ulcérations ou d’autres altérations de texture.
La membrane musculaire est aussi sujette à s’atrophier. Les plans charnus qui la constituent deviennent alors beaucoup moins apparents; leurs faisceaux sont séparés par des intervalles que remplit du tissu cellulaire ; et parfois ce n’est qu’avec peine qu’on retrouve éparses çà et là quelques fibres charnues, minces, pâles, et qui sonft à peine distinctes du tissu cellulaire au milieu duquel elles sont comme disséminées.
L’atrophie de la membrane musculaire peut coïncider avec une atrophie des autres membranes ; mais elle peut aussi survenir en même temps , au contraire, que d’autres tissus s’hypertrophient ; c’est ainsi que l’épaississementdu tissu cellulaire sous-muqueux est fréquemment accompagné d’une disparition à peu près complète de la tunique charnue. Nous avons déjà parlé dans le parapraphe précédent de cette sorte de balancement de nutrition .
Enfin l’atrophie peut exister à la fois dans toutes les tuniques des parois gastro-intestinales ; celles-ci sont alors singulièrement amincies ; elles ne semblent plus constituées que par une trame séro-celluleuse très-fine transparente et incolore : extérieurement une membrane séreuse , intérieurement une couche lisse, sans villosités, sans vaisseaux apparents, sans follicule , n’ayant plus d’une manière distincte les caractères des membranes muqueuses , voilà tout ce qu’on observe.
La portion splénique de l’estomac est assez fréquemment le siège de cette
espèce d’atrophie ; c’«st ensuite dans la partie inférieure de l’intestin grêle qu’on la retrouve le plus communément.