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CHAPITRE PREMIER Plèvres

Nous ne ferons pas l'histoire complète des lésions anatomo-pathologiques des organes annexes de l'appareil respiratoire ; ce serait s'exposer à des redites inutile^. Les inflammations de la plèvre ne se séparent par aucun détail important des inflammations des séreuses telles que nous* les avons déjà décrites. Ici, comme dans les chapitres qui vont suivre, nous nous contenterons de décrire les lésions qui sont spéciales aux organes considérés et qui n'ont pu trouver place dans la description générale.

I. — Adhérences pleurales. — Nous avons vu comment l'inflammation des séreuses s'accompagne ou se termine souvent par des adhérences de leurs feuillets ; pour la plèvre principalement, il y a un certain intérêt à reconnaître à l'autopsie la nature et la signification des adhérences que l'on constate.

Les inflammations aiguës du poumon, quand elles sont superficielles, déterminent des adhérences molles, lâches, formées par des plaques minces et transparentes; on les trouve sur tous les points où la séreuse s'adosse à elle-même : entre le poumon et la paroi costale, entre les lobes eux-mêmes.

LÉSIONS DES PLÈVRES. itl9

Les adhérences plus résistantes, mais encore faciles à rompre, formées par des plaques cohérentes, sont le fait d'inflammations pulmonaires chroniques; elles se forment plus facilement aux sommets où les mouvements respiratoires sont moins étendus; elles reconnaissent le plus souvent pour cause la tuberculose intra-pulmonaire.

Les adhérences consécutives à des pleurésies sont plus abondantes et plus étendues. Quelquefois elles sont lâches, spongieuses et peuvent être infiltrées d'oedème; dans ce cas, leur épaisseur peut atteindre 2 centimètres et même davantage. Le plus souvent elles sont compactes et fusionnent étroitement les deux feuillets de la séreuse en une lame mince mais solide. En pareil cas, la sclérose de la plèvre s'accompagne presque toujours d'une sclérose pulmonaire de propagation qui constitue ce qu'on a appelé la pneumonie pleurogëne (Voir fig. 47).

Les poussées congestives aiguës, de même que la congestion chronique, sont très fréquentes dans les bases pulmonaires ainsi transformées.

Dans quelques cas des adhérences plus ou moins solides limitent par une ligne continue des épatlchements liquides de diverses natures, auxquels on donne alors le nom de pleurésies enkystées.

II. — Pneumothorax. — La présence de gaz dans la cavité pleurale est presque toujours le fait d'une déchirure du poumon; la fermentation putride de certains épanchements peut donner naissance à des gaz intra-pleuraux, mais le fait est extraordinairement rare,

La perforation du poumon présente tout naturellement des caractères en rapport avec sa cause. Il n'est pas besoin de décrire l'aspect d'une plaie trau-ruatique directe, ou produite indirectement par un fragment de côte fracturée , non plus que l'aspect d'une déchirure jiHT rupture (Vune véfiicule emphys&ma-

teuse. La perforation de beaucoup la plus fréquente est celle qui est le fait d'une caverne tuberculeuse superficielle à marche rapide.

En pareil cas, et par le fait même du mécanisme de sa production, la perforation est d'ordinaire large, arrondie, à bords minces. Les cavernes perforées atteignent habituellement le volume d'une noisette et la perforation occupe près des deux tiers de leur partie saillante. Ces perforations présentent les plus grandes variétés de siège; leur lieu d'élection est le lohe supérieur du poumon, au niveau de la partie inférieure de sa face postérieure.

Le contenu de la plèvre varie suivant les cas, depuis l'épanchement séreux du pneumothorax simple, aseptique, qui suit la rupture de vésicules emphysémateuses, dans la coqueluche par exemple, jusqu'à i'épanchement putride du pyopneumothorax gangreneux, qui résulte de la rupture d'un nodule lobulaire de gangrène diffuse.

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