CHAPITRE III Broncbes
I. — Bronchite capillaire. — La bronchite capillaire était autrefois décrite comme une affection spéciale sous le nom de catarrhe suffocant. Elle est aujourd'hui considérée par la plupart des auteurs comme le processus initial de la broncho-pneumonie ; on admet qu'elle n'existe seule que lorsque les malades succombent avant la production de la pneumonie lobulaire. Peut-être ne faut-il pas faire aussi bon marché de son individualité ; quoi qu'il en soit, il est certain qu'on la rencontre parfois isolée et qu'elle mérite une description spéciale.
Caractères macroscopiques. — Quand les malades succombent à la bronchite capillaire proprement dite, elle est d'ordinaire à peu près également répandue des deux côtés.
Ce qui frappe, au premier abord, c'est la distension emphysémateuse excessive et générale des deux poumons ; on trouve aussi par places de petites plaques d'atélectasie, surtout vers les bords tranchants de l'organe. Le parenchyme est décoloré, anémié par le fait même de l'excès de tension de l'air qu'il contient.
Sur la coupe le parenchyme est pâle, il ne laisse écouler aucun exsudât ; cependant par la pression, on fait sourdre de ci, de là, quelques gouttelettes de pus, très petites, qui sortent des bronchioles intra-lobulaires. Les bronches plus volumineuses sont peu atteintes et souvent même parfaitement intactes.
En pareil cas on ne trouve ni pneumonie catarrhale ni foyers de pneumonie lobulaire. La bronchite capil-
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laire ainsi isolée est d'ailleum rare ; absolument exceptionnelle sur un organisme sain, elle est un peu plus fréquente comme affeolion addition nellp dans diverses maladies du cœur ou dit poumon.
Caractères hlstaloglqueB. — L'examen histoloffique montre que l'inllammation est alors limitée aux broncbefl Intra-lobnlaires, dont le calibre est inférieur ii un millimètre. Leur lumière est presque tou-
jours oblitérée par un bouchon cellulaire, constitué par des cellules assez volumineuses, profondément altérées, faisant corps avec le revêtement épilliélial proliféré et remanié qui parait être le point de départ du processus (fig. 83).
En même temps les pnrots de la bronche sont infiltrées par de petites cellules embryonnaires ; celte
infiltration s'étend quelquefois jusqu'au tissu conjonctif qui entoure rartériole pulmonaire correspondante, sans atteindre cependant les alvéoles voisins et sans compromettre la circulation artérielle.
Quand la lésion est un peu plus ancienne, le bouchon oblitérant perd sa cohésion ; il tombe facilement et manque sur les coupes ; la p€7*te de substance qui en résulte est arrondie, limitée par les parois bronchiques infiltrées de cellules embryonnaires et plus ou moins méconnaissables.
II. — Bronchite chronique. — Dans les inflammations chroniques le revêtement épithélial est modifié, il perd plus ou moins complètement ses cils vibratiles; les cellules jeunes, encore mal formées, abondent dans ses couches profondes.
L'inflammation se propage jusqu'à la tunique externe des bronches, sans présenter cependant aucune tendance à envahir les lobules pulmonaires voisins. Le tissu conjonctif de la muqueuse est infiltré de cellules embryonnaires ; quand l'inflammation se prolonge et passe à l'état chronique, cette infiltration détruit la plus grande partie des /Î6res élastiques ; elle dissocie et atrophie les fibres musculaires lisses; elle détermine l'inflammation des cartilages.
Celle-ci est suivie tantôt d'incrustation calcaire et d'ossification, tantôt de dégénérescence et de disparition des Ilots cartilagineux. L'incrustation calcaire et l'ossification des cartilages sont parfois si intenses chez les vieillards que les bronches arrivent à former des tuyaux absolument rigides.
Les glandes muqueuses elles-mêmes peuvent être atteintes; cependant elles résistent d'ordinaire plus ou moins victorieusement à l'inflammation qui les entoure, tant par le fait de leur situation profonde que par la protection qu'elles reçoivent de leur charpente fibreuse.
Le tissu conjonctif périphérique s'hypertrophie ; il se