DILATATIONS DES BRONCHES
forme autour des bronches enflammées des anneaux concentriques de sclérose. Quand celle-ci se propage plus ou moins loin dans les espaces interlobulaires, elle donne naissance à une véritable pneamonia interstitielle d'origine bronchique.
Ces diverses lésions entraînent à leiir suite une dilatation de la bronche plus ou moins durable ; celleci peut disparaître quelque temps après la guérison de la bronchite, pourvu que les lésions destructives n'aient pas été profondes, et que les muscles, simplement paralysés et un peu atrophiés, soient encore susceptibles de régénération.
III. — Dilatations bronchiques. — Les bronchectasies peuvent être congénitales, par Taplasie d'une région plus ou moins limitée du parenchyme pulmonaire. Elles sont bien plus souvent acquises.
Très fréquentes dans la tuberculose pulmonaire chronique, elles peuvent se rencontrer toutes les fois que les bronches ont été prqfondément modifiées dans leur structure par l'inflammation chronique.
Pathogénie. — Sous l'influence de l'inflammation les bronches perdent plus ou moins complètement les éléments élastiques, musculaires et cartilagineux qui leur donnaient leur résistance ; elles se laissent alors facilement dilater par la pression faible mais continue du courant respiratoire. L'accumulation des produits de sécrétion, ordinairement muco-purulents, les efforts de toux, viennent ajouter leur action aux causes précédentes.
La sclérose péribronchique elle-même, et la rétraction du parenchyme qu'elle détermine, jouent parfois un certain rôle dans la production des bronchectasies. Il peut en être ainsi d'ailleurs, aussi bien quand la sclérose est elle-même d'origine bronchique que lorsqu'elle est au contraire primitive par le fait d'une pneumonie interstitielle d'origine quelconque.
Siège. — Les bronchectasies a*observent sur toutes
les parties de l'arbre bronchique ; mais il existe des différences nosologiques et anatomo-pathologiques importantes entre les dilatations des bronches intralobulaires et celles des tuyaux bronchiques plus volumineux.
Les dilatations des bronches capillaires se présentent soUs la forme de petites ampoules, du volume d'une tète d'épingle en verre, ordinairement superficielles, souvent sous-pleurales, à parois peu résistantes. Elles communiquent avec une bronche, mais sont remplies demuco-pus, et rappellent l'aspect des grains jaunes de la broncho-pneumonie, ou même des petites cavernes tuberculeuses. Leur surface est lisse, régulière, parcourue quelquefois par des travées conjonctives blanches nacrées.
Au microscope, on trouve souvent, mais non toujours, un revêtement épithélial ; les parois sont exclusivement conjonctives, embryonnaires ou fibreuses, suivant l'ancienneté de la lésion. Ces dilatations des bronches capillaires sont consécutives à la bronchite capillaire ou à la pneumonie lobulaive ; elles restent indépendantes des lésions des grosses bronches.
Les dilatations des bronches proprement dites sont à la fois plus importantes et plus fréquentes. Elles se présentent sous la forme de cavités beaucoup plus volumineuses que les précédentes, à parois plus résistantes ; c'est à elles que s'applique surtout la description qui va suivre.
Variétés. — Elles sont le plus souvent perméables à l'air et s'interposent simplement sur le trajet de l'arbre bronchique. Dans quelques cas au contraire la bronche qui leur a donné naissance e^iohlitérée et la dilatation se présente sous la forme d'une ampoule kystiqtte, tantôt à revêtement et à contenu muqueux, tantôt à parois fibreuses et à contenu caséeux, jaunâtre, presque solide. Ces bronchectasies oblitérées existent surtout aux sommets des poumons; elles sont plus rares que