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BRONCHO-PNEUMONIES, K

ce fait aplatis et diminués de volume; leur cavité est remplie non seulement par des cellules épithéliales desquamées, mais par de petites cellules embryonnaires fermentées, analogues à celles des parois bronchiques elles-mêmes.

Les alvéoles les plus voisins de la bronche contiennent surtout les petites cellules embryonnaires, englobées dans un exsudât un peu fibrineux. Plus loin il n'existe plus guère de cellules épithéliales desquamées, il n'y a plus de fibrine, les parois alvéolaires sont intactes. De là la division du nodule péribronchique en trois zones qui se succèdent de dedans en dehors ; d'abord les parois de la bronchç infiltrées; puis une zone dite de pneumonie fibrineuse péribronchique; eniin, plus en dehors, une zone de pneumonie catarrhale, qui se perd peu à peu dans la simple congestion pulmonaire périphérique.

L'inflammation peut atteindre jusqu'au tissu conjonctif périlobulaii^e ; de là quand les noyaux sont superficiels l'irritation phlogogène se propage jusqu'à la surface libre de la plèvre.

Dans son évolution ultérieure le nodule se détruit par l'évolution même des cellules embryonnaires fermentées qui le constituent; la. suppuration se collecte et forme les grains jaunes, les abcès péribronchiques, toujours en continuité avec une bronche.

Sur les coupes qui portent suivant la longueur de la bronche altérée (fig. 87), on constate que la lésion atteint cette bronche sur une certaine étendue, qu'elle forme autour d'elle un manchon allongé (fig. 87) et non une simple virole arrondie. A mesure qu'on s'éloigne du foyer du petit abcès, l'inflammation de la paroi bronchique est moins profonde et s'irradie moins loin dans le parenchyme; sur les limites de la lésion Y épit hélium persiste encore sur les parois bronchiques déjà infiltrées; il s'arrête sur une ligne nette, comme trauraatique ; il ne prend pas une part directe à la lé-

sion, qui paraît être sous-épithéliale et de nature conjonctive.

IV. — Pneumonie épithéliale catarrhale. — Elle constitue une des formes anatomiques de la bronchopneumonie. Les termes de pneumonie catarrhale, de pneumonie épithéliale, de splénisation, ont une signification à peu près équivalente; cette forme correspond à la pneumonie lobulaire à noyaux confluents de Joffroy , elle a mérité encore par le mode de distribution qu'elle affecte le nom de bronchopneumonie pseudo-lobaire.

La pneumonie catarrhale à forme lobaire est assez fréquente chez les enfants nouveau-nés, elle est alors assez difficile à distinguer de la pneumonie lobaire franche.

Caractères macroscopiques. — La pneumonie* catarrhale présente une certaine ressemblance avec la pneumonie 'fibrine use ; comme elle, elle s'étend sur une étendue assez grande et se présente sous la forme de nappefi lobaires. Elle occupe d'ordinaire le lobe inférieur des deux poumons ; parfois elle se limite à leurs parties postéro-inférieures.

Au début, la pneumonie catarrhale rappelle l'aspect de la période d'engouement de la pneumonie fîbrineuse ; plus tard le tissu est plus plein, plus sec, un peu grisâtre.

Elle présente en somme presque tous les caractères de la pneumonie fibrineuse, mais notablement atténués. Tout d'abord le poumon est à peine augmenté de volume; il est mollasse, rénitent; il ne possède pas la cohésion de celui de la pneumonie fibrineuse. Souvent il n'est pas complètement vide d'air, et il crépite encore un peu sous la pression ; il admet une certaine quantité d'air par l'insufflation ; il ne plonge pas nettement dans l'eau, tantôt il s'enfonce lentement, tantôt il flotte entre deux eaux.

La pression fait sourdre des gouttelettes mncn-puru-

BHONCnO-PN EU MOMES. ù33

lentes qui sortent des petites bronches; la surface de section n'est ni sèche ni granuleuse, elle est uniformément rouge et se recouvre d'un liquide opaque, sanguinolent; son aspect rappelle celui d'une coupe de la rate, d'où le nom de splénlsatiou qui a été donné & cette lésion anatomiqiie.

En dehors des nappes de pneumonie catarrhale on trouve parfois des nodnles disséminés de pneumonie lobulalre et des Ilots affaissés d'atëlectasle ; les lobes supérieurs sont souvent le siège d'un emphysème supplémentaire.

Caractères histolo^qaes. -^ A l'examen histologiqne on constate l'intégrité des parois alvéolaires; seuls les vaisseaux capittaires sont turgides et saillants.' '

Vexstidat est in Ira- alvéolaire comme celui de la pneumonie nbrineuse ; mais d'une part la fibrine fait défaut nu elle forme tout au plus un réticulum très fin dansquelquRs alvéoles; d'antre part

les cellules contenues dans '"'S ** ~ Pneumonii- i-niar^ rRxsudat{fig.8»)Hontvolumi ''"'''

nenses, arrondies ou polyé- ( irmées .Diei-aiiiiol.ipeï driques, à protoplasma très "-«ogesiionnp-i r ceiiulu «pigranuleux; elles contiennent b^,*l,"uhtole'"'""' '°°*"* parfois deux ou trois noyaux ;

il s'agit sans aucun doute de cellules epithéliales do l'alvéole, tuméfiées et dcsquamées L exsudât n'est pas hémorrhagique et on ne rencontre au milieu des cellHles;ÈpithéIiales que quelques globule^ blâmas ou rouges assez rares. Les cellules ont subi en somme une altération un peu différente de tellequi appartient à lafermentation de la pneumonie flbiin use

L'essudat catarrhal qu'on obser\e dans cette forme de broneho-pneiimonip est absolument semblable à

celui qu'on rencontre, à titre de lésion réactionnelle banale^ autour des lésions microbiennes ou irritatives Jes plus diverses. Les descriptions classiques confondent d'ailleurs ces deux lésions sous la même dénomination de pneumonie catarrhale.

Quand la résolution survient, les cellules se fragmentent par dégénérescence granulo-graisseuse; les granulations sont résorbées à leur tour par les lymphatiques. Pendant un temps plus ou moins long les cellules de Tépithélium de revêtement restent tuméfiées; elle ne reprennent qu'à la longue leurs caractères normaux.

V. — Broncho-pneumonie chronique. — La bronchopneumonie proprement dite affecte souvent chez les enfants une marche prolongée, subaigue plutôt que véritablement chronique. Les grains jaunes, les petits abcès bronchiques disséminés sont la caractéristique essentielle de cette forme.

La pneumonie catarrhale peut aussi passer à l'état chronique ; on ne constate pas' alors la fonte purulente des nodules péribronchiques et l'aspect est très semblable à celui des masses caséeuses delà tuberculose. Les noyaux pneumoniques sont jaunâtres ou gris, imperméables à l'air, très secs et très peu vascularisés. Quand les lobules sont encore gris et un peu rosés, les alvéoles contiennent des cellules épithéliales polyédriques, peu différentes de celles de la pneumonie catarrhale aiguë. Plus tard les vaisseaux s'atrophient ou s'oblitèrent, ils ne tardent pas à devenir imperméables ; les cellules subissent la dégénérescence granulo-graisseuse complète, mais sans se fusionner et sans perdre leurs caractères épithéliaux; enfin elles s'atrophient et se ratatinent, et les lobules deviennent jaunâtres.

Les cloisons alvéolaires ne sont pas altérées; les bronches sont ordinairement enflammées, couvertes de muco-pus ot dilatées dans tout leur trajet.

ABGÉS DU POUMON. i>35

Dans d'autres cas, la broncho-pneumonie chronique donne simplement naissance à des pneumonies interstitielles sclérosantes.

VI. — Suppuration. — Le poumon est assez fréquem'ment le siège d'abcès semblables à ceux des autres organes. Us prennent leur point de départ dans le iissu conjonctif ipériàhéolsàre, péribronchique ou'périlobuJaire. De la destruction des cloisons connectives résulte une cavité pleine de pus, de volume variable et à parois anfractueuses; sa communication avec les bronches n'est pas immédiate ; quand elle arrive à se produire, le pus s'évacue par la bronche et détermine une vomique.

Les abcès superficiels s'ouvrent parfois dans la cavité pleurale et déterminent un pyopneumothorax; dans d'autres cas l'inflammation plus lente provoque des adhérences entre les deux feuillets de la séreuse, et le pus se fraye lentement un chemin vers l'extérieur à travers un espace intercostal.

Lés abcès primitifs sont assez rares; ils peuvent se montrer comme complication terminale dans toutes les formes des pneumonies.

Les abcès secondaires résultent de la propagation des abcès des organes voisins ; ceux du médiastin, des ganglions trachéo-bronchiques , de l'œsophage, ou même du foie à travers le diaphragme, peuvent déterminer par continuité plus ou moins directe des abcès intrapulmonaires .

Les abcès métastatlques sont fréquents dans le poumon, comme dans tous les organes, par le fait de l'infection purulente quel qu'en soit le point de départ. Ces abcès ordinairement multiples sont dus à la dissémination par la circulation des microbes pyogènes entraînés par le sang loin du foyer primitif.

Les abcès métastatlques se présentent sous la forme de petits nodules disséminés, qui s'accroissent assez

b'36 APPAREIL RESPlRATOlttE.

rapidement. Leur noyau d'origine est entouré d'une zone de pneumonie catarrhale assez cohérente, mais très prompteraent une gouttelette de pus apparaît au centre et la fonte du tissu progresse rapidement.

Au microscope, on constate au début une desquamation irritative de Tépithélium alvéolaire, qui s'accomgne de Yépaississement des parois et de leur infiltration par des cellules embryonnaires en voie de fermentation pyogénique. Bientôt le pus détruit les cloisons ; les cellules épithéliales disparaissent et l'abcès est constitué. Des îlots de suppuration étendue résultent parfois de la confluence de nodules voisins ; Vaspect lobule de la périphérie trahit alors le mode de formation de la lésion.

Quand la prolifération cellulaire est trop intense, l'arrêt de la circulation entrave la formation du pus et provoque la dégénérescence graisseuse des cellules prolîférées; de là une sorte dlnfarctus blanc, de forme régulière et d'aspect caséeux. La périphérie en est très vasculaire, souvent hémorrhagique.

La peumonie morveuse est une pneumonie purulente, constituée surtout par des lymphangites, et dont les caractères se rapprochent de ceux des abcès métastatiques,

VIL — Lymphangites pulmonaires. — Les vaisseaux lymphatiques du poumon sont intéressés dans toutes les inflammations de cet organe ; ils présentent un exsudât de même nature que celui qui remplit les alvéoles pulmonaires, fibriiieux, catarrhal ou purulent^ suivant qu'il s'agit de pneumonie lobaire, de pneumonie desquamative ou d'abcès.

On se plaît à comparer l'endothélium des vaisseaux lymphatiques à celui des alvéoles pulmonaires et à expliquer ainsi la similitude des exsudats ; mais les exsudats contenus dans les lymphatiques proviennent plus souvent de la résorption des produits des alvéoles que de l'inflammation des lymphatiques eux-mêmes.

LYMPHANGITES PULMONAIRES. 537

Les lymphatiques ne jouent qu'un rôle assez restreint dans les lésions infectieuses qui intéressent le tissu pulmonaire proprement dit; leur importance î^'accroît dans les infections à localisation conjonctive ou lymphatique, et notajnment dans les pleurésies. Toutes les inflammations pleurales ont une grande tendance à se propager dans les espaces connectifs de la charpente pulmonaire, qui sont en continuité plus ou moins directe avec le tissu sous-pleural. Elles intéressent d'abord les cloisons interlobnlaires, et de là peuvent atteindre les zones périr asculaires et péribronchiques.

A l'état aigUy la lymphangite suppurée accompagne d'ordinaire les pleurésies purulentes; le processus peut aller assez loin pour élargir les espaces interlohulaires, séparer les lobes de leurs connexions normales et mériter le nom de pneumonie disséquante. Les alvéoles voisins des lymphatiques enflammés sont intéressés par propagation; ils deviennent le siège d'un certain degré de pneumonie catarrhale.

A l'état chro)nquey dans les pleurésies terminées par l'épaississement subinflammatoire de la plèvre, le tissu conjonctif en continuité avec le tissu souspleural épaissi, s'hypertrophie à son tour. Ces lymphangites chroniques déterminent la formation de travées de sclérose, décroissantes de dehors en dedans, qui partent de la surface pleurale et s'étendent plus ou moins loin dans la profondeur de Torgane. La sclérose intéresse à la fois les parois alvéolaires, les tissus péribronchiques et les éléments des bronches elles-mêmes; par là elle peut, comme toutes les variétés de scléroses ])ulmonaires, déterminer des dilatations bronchiques. Ce processus sclérosant s'accompagne souvent de poussées congestives répétées; de là résulte une pneumonie interstitielle spéciale, que nous avons déjà eu occasion de signaler ailleurs et

qui est connue sous le nom de pneumonie pleurogène.

VIII. — Gangrène pulmonaire. — La gangrène pulmonaire est considérée comme une terminaison assez rare, mais plus ou moins banale de toutes les inflammations du poumon. En réalité, il s'agit là d'une maladie infectieuse par^îcM/û^re, qui possède une spécificité aussi étroite que les autres maladies microbiennes du poumon (1), Toutefois elle est très rarement primitive et diverses causes occasionnelles ont sur elle une influence prépondérante.

La pneumonie gangreneuse se présente sous deux formes d'apparence distincte, décrites sous les noms do gangrène diffuse et de gangrène circonscrite : elles ne diffèrent guère que par la localisation des lésions qui dans un cas occupent un lobe entier, tandis que dans l'autre elles se limitent à quelques lobules circonvoisins ; dans les deux formes la gangrène est toujours difl'use dans le parenchyme de la zone intéressée. Ces deux formes mériteraient mieux les noms de gangrène lobaire et de gangrène lobulaire, sans attacher toutefois à ce dernier terme un sens trop étroit, car on observe des degrés intermédiaires, et de plus la gangrène circonscrite frappe presque toujours plusieurs lobules circonvoisins. Gangrène lobaire et gangrène lobulaire paraissent d'ailleurs se rattacher à la même maladie et ne sont sans doute que des localisations d'étendue variable de la même infection. On les rencontre fréquemment associées; quand im poumon présente un lobe atteint par la gangrène, on trouve habituellement du côté opposé un ou plusieurs foyers gangreneux lobulaires.

Dans quelques cas la rupture d'un foyer superficiel détermine un pyopneumothorax.

Caractères macroscopiques. — Dans la pneu-

(l) Bard et Charmeily De la gangrène pulmonaire, sa spécificité, sa contagion. Lyon mé'licat, 1886.

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