‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 124 sur 182 · GANGRÈNE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

GANGRÈNE PULMONAIRE

monie gangreneuse lobalre le poumon est augmenté de volume, induré, d'un rouge >ineux, et parfois même très noir. A la coupe, il est gorgé de sang noir; souvent on y constate des foyers hémorrhagiqûes, qui parfois vont jusqu'à former une apoplexie difTuse, avec des caillots très abondants] qui s'échappent sur la surface de section. Les limites de la lésion se confondent peu à peu avec le tissu ambiant, on ne trouve pas les lignes de séparation nette de la pneumonie lobaire franche. Le parenchyme est gorgé de liquides, mou, très friable ; il ne va pas au fond de l'eau; il est souvent infiltré de gaz, et exhale une odeur de putréfaction caractéristique, identique à celle que présente l'haleine des malades pendant le cours de l'affection. L'odeur parfois peu intense doit être recherchée de près ; elle est moins accusée dans les cas où l'hémorrhagie est abondante.

Le lavage à l'eau entraine le sang et fait disparaître avec lui la coloration noire; le parenchyme prend alors une teinte grise et un aspect de dentelle fine, à mailles très étroites, des plus typique. On constate de plus des ulcérations très étendues, sinueuses, anfractueuses, très irrégulières, à bords mous, qui n'ont pour parois que des lambeaux flottants et déchiquetés du parenchyme.

Les foyers circonscrits de la forme lobulaire, sont anondiSf ordinairement du volume d'un œuf d'oiseau ; les bords sont mieux limités et le centre plus avancé en désorganisation que dans les foyers lobaires. L'hémorrhagie faisant plus ou moins défaut, la coloration est simplement ^?'tse; le centre souvent cavitaire est rempli d'un liquide sanieux, grisâtre.

La gangrène pulmonaire s'observe quelquefois dans le cours de la tuberculose ; les foyers des deux affections se combinent alors en proportions variables, et il est souvent difficile de faire la part de ce qui ressortit à chacun des deux processus.

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Caractères histologiques. — La destruction moléculaire du parenchyme atteint son maximum dans \t)s parties centrales; le détritus, qui s'y trouve ne contient que des éléments méconnaissables , il est constitué par des grumeaux déchiquetés, renfermant les vestiges des tissus préexistants : fibres élastiques ou conjonctives ; granulations pigmentaires d'origine sanguine à toutes leurs étapes de transformation; granulations graisseuses, margarine, leucine, tyrosine et jusqu'à des cristaux de phosphate ammoniacomagnésien.

Dans la partie encore cohérente des foyers gangreneux, les lésions sont moins avancées. Les vaisseaux sont d'ordinaire oblitérés par du sang coagulé; mais les caillots sont mous, friables et certainement de production secondaire.

Outre les éléments du sang extravasés, très variables d'abondance, les alvéoles contiennent des cellules épithéliales granuleuses irrégulières, beaucoup moins nombreuses et moins tassées que dans les pneumonies que nous avons déjà étudiées. Le revêtement épithélial a complètement disparu ; il n'est représenté que par des cellules desquamées. Le réseau capillaire ne se retrouve plus, sa disparition si complète et si brusque est sans doute la cause des hémorihagies en nappe fréquentes en pareil cas. Les parois des alvéoles sont affaissées, très épaissies, mais elles ne sont plus constituées que par du tissu conjonctif en nappe, faiblement coloré par le carmin, ayant perdu son aspect fibrillaire. Les fibres élastiques ont complètement disparu, de telle sorte qu'il en résulte un aspect histologique spécial et assez caractéristique bien qu'il n'ait pas encore été nettement décrit.

Cette disparition des fibres élastiques concorde avec ce fait, signalé par Fiiehne, que les détritus de la gangrène pulmonaire contiennent un ferment très semblable à la trypsine, qui jouit de la propriété de

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