‹ Précis d'anatomie pathologiqueChapitre 131 sur 182 · I. — LÉSIONS DU DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

I. — LÉSIONS DU DÉVELOPPEMENT

I. — Tumeurs. — Les cancers primitifs du foie sont assez rares; il importe de les distinguer avec soin des cancers secondaires, qui sont au contraire extrêmement fréquents.

Cancers primitifs. — Hanot et Gilbert (1) distinguent trois formes macroscopiques de cancer primitif du foie, auxquelles ils donnent les noms de cancer massif ou en amande, de cancer nodulaire et de cancer avec cirrhose.

Dans le cancer massif, le foie est augmenté de volume plus particulièrement dans un de ses lobeSj ordinairement dans le droit; mais la forme générale de l'organe et sa coloration habituelle sont conservées. La surface externe est lisse, sans bosselures, et la masse néoplasique n'apparaît que sur les surfaces de section. La tumeur est constituée par une masse continue y assez ferme, ordinairement séparée de la capsule de Glisson par une écorce mince de parenchyme

(1) Hanot et Gilhert, Etudes sur les maladies dn foie, 1888.

TUMEURS DU FOÎE. o83

sain. Tantôt le foyer est absolument unique, tantôt quelques nodules aberrants enlèvent à cette forme une partie de sa pureté.

Dans le cancer nodulaire le foie est farci de nodules cancéreux de volumes divers. Ceux-ci sont le plus souvent arrondis; les plus superficiels forment à la surface une saillie hémisphérique, dont la partie centrale est ordinairement déprimée en cupule. Quelquefois ils ne font aucun relief et apparaissent simplement comme des taches jaunâtres superficielles. Leur centre est habituellement friable et ramolli.

C'est dans cette forme qu'on rencontre les augmentations de volume de l'organe les plus considérables.

Le cancer avec cirrhose est la forme de beaucoup la plus rare ; nous empruntons à Hanot et Gilbert les éléments de sa description. En pareil cas le foie est augmenté de volume et de poids, mais dans des limites assez restreintes. Les nodosités néoplasiques sont parfois inappréciables à l'examen extérieur ; le plus souvent cependant, elles font saillie à la surface et alternent plus ou moins irrégulièrement avec les granulations de la cirrhose. Elles sont habituellement hémisphériques, fermes, sans cupule centrale ; blanchâtres ou jaunâtres quand elles sont récentes, ramollies et transformées en une bouillie de coloration jaune d'or quand elles sont anciennes. De volume très inégal, elles oscillent entre les dimensions d'un grain de mil et celles d'une lentille ; elles atteignent parfois celles d'un pois ou même celles d'une noisette.

Sur les surfaces de section, les nodosités profondes présentent les mêmes variétés de volume, de consistance et de coloration que les nodosités superficielles. Elles peuvent être disséminées dans le parenchyme hépatique tout entier, ou, réduites à un petit nombre, respecter quelques régions qui ne laissent voir que les seules lésions de la cirrhose. Dans la majorité des cas elles sont enkystées par des capsules fibreuses.'

Le cancer avec cirrhose présente habituellement une malignité moindre que les deux formes précédentes; il constitue en réalité une tumeur intermédiaire, qui forme la transition entre les tumeurs tout à îdiiiemh'yonnaires et les tumeurs adultes ou adénomes que nous décrirons plus loin.

Cancers secondaires. — Ils sont incomparablement plus fréquents que les cancers primitifs; ils affectent presque toujours la forme nodulaire, et le foie atteint généralement un volume considérable. Le poids de 3 kilos n'est qu'un chiffre relativement faible en pareil cas; on rencontre assez souvent celui de 6 et 7 kilos.

Presque tous les cancers peuvent se généraliser au foie, mais on y rencontre surtout ceux qui proviennent du domaine de la veine porte. Le cancer primitif peut être éloigné, fort petit, et échapper à une autopsie un peu rapide; d'une manière générale, il faut être très réservé avant d'affirmer la nature primitive d'un cancer du foie.

Les caractères des nodules cancéreux sont sous la dépendance étroite de leur nature cellulaire, c'est-à-dire en somme de leur organe d'origine. C'est ainsi que les nodules d'origine pancréatique, ordinairement petits, sans saillie, sans dureté, passant facilement inaperçus, contrastent avec les nodules énormes, mous, très faciles à voir des cancers d'origine gastrique.

Les cancers lymphatiques se développent à merveille dans le foie, qui leur convient presque à l'égal de la rate. (]et organe est aussi un excellent terrain de germination pour les cancers mélaniques^ et en particulier pour ceux qui émanent de l'épithélium pigraentaire choroïdien. On y rencontre plus rarement les cancers des glandes mammaires ou utérines, plus rarement encore les cancers épidermiques.

Tumeurs bénignes. — Elles se présentent sous la forme de nodules isolés, souvent multiples, saillants

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